Sébastien Tellier : "Kiss the beast", mouton & George Michael

Sébastien Tellier : "Kiss the beast", mouton & George Michael

Nova le soir • 03/02/2026 • 01:51:01

Dans Nova le soir, à l'occasion de la sortie de son album "Kiss the east", Sébastien Tellier est venu nous faire écouter ses morceaux, de George Michael, de mouton et de masculinité ou comment être fort et sensible en même temps.
Nova le soir, c'est du lundi au vendredi de 20h à 22h, pour changer de disque en bonne compagnie, avec Charline Roux et ses invité.es

Transcription

C'est ensemble de gestes portes à noms, l'éco-santé.
En imaginant l'éco-santé, Harmonie Mutuelle vous aide à agir plus tôt, plus vite et autrement sur votre santé.
L'éco-santé, c'est un mouvement pour tous.
Faites de petits gestes quotidiens qui changent tout.
Une balade à vélo, un rendez-vous chez le dentiste, ou chez le gynécologue, ou même le recyclage de vos lunettes.
Des actions simples et concrètes qui préservent votre santé.
Découvrez l'éco-santé sur harmonietirémutuelle.fr slash éco-santé.
Harmonie Mutuelle avant son collectif.
Radio Nova.
Nova le soir.
Écoutez, Nova le soir, échanger de disques avec Charline Roux et ses invités.
Le soir.
Bienvenue dans Nova le soir et autant faire simple car son nom sera bien plus attractif que toutes mes circonvolution langagière, l'invité du jour et Sébastien Tellier.
Il vient nous parler de son nouvel album Kiss the Beast et nous proposera une playlist de qualité de Georgio Moroder à Barry White en passant par Christopher Cross.
Sébastien Tellier en interview et en live aussi.
La joie est intense, même si elle sera forcément contrebalancée par l'impitoyable roast de l'invité, par la non moins impitoyable paloma.
Nova le soir, c'est parti.
Et comme Sébastien Tellier est à l'honneur, vous l'aurez compris, je vous ai choisi un titre qui m'a gourou isé sur l'album My God Is Blue.
On écoute que je suis en ville.
Nova le soir.
Panique.
Qu'est-ce que je vais bien entendre ?
Bonibanan.
Myarcais.
Santigolle.
La BO de Belle Flower.
Frank Zappa, sans hésiter.
Les morceaux de Bravour.
Il est temps de passer aux morceaux de Bravour, donc le thème m'a été inspiré par le titre du nouvel album de Sébastien Tellier, Kiss the Beast.
De choix saufrait à moi le top animalier ou le baiser.
On garde la ménagerie pour plus tard.
Alors sur Instagram, on vous a demandé vos morceaux préférés en lien avec l'art de la galoche.
Et vous nous avez répondu, par exemple, desire under your spell.
Partant du principe tout à fait démocratique du vote, j'assume le trolling de Bonne à loi.
Et sur le thème chanson pour s'embrasser, Frédéric nous a proposé ça.
Avoir nos chemins se rencontrer.
Si si, destiné par Guy Marchand.
En contrequême, ce jeu vous propose un titre d'une évidence littérale folle.
Mais qui pour s'y opposer, Prince et Kiss ?
Pour la proposition suivante, je reconnais bien la génération absorbée par ce clip
dans lequel on pouvait assister à une pelle de compètes en plan séquence.
Damon, you are my high.
Et même joueur d'ambiance dans le clip du titre qui suit des jeunes gens qui s'embrassent fougueusement.
On écoute You and Me, Disclosure, Flume et Elisabeth Little.
Disclosure, dans Nova le Soir, on marque une courte pause
et on se retrouve dans un instant avec Sébastien Thélier.
Nova le Soir.
T'es Nova le Soir, échanger de disques.
Avec Charlene Rue et ses invités.
Obsession se dit d'une idée, d'une image, d'un mot qui s'impose à l'esprit,
sans relâche, ça marche aussi avec le son.
Et disons tout simplement que parmi ceux imaginés par mon invité,
ils sont quelques-uns à vivre dans mon esprit sans payer de loyer.
Fantino, Cochonville, L'amour et la violence, Larry Tournel,
en sage me sent unique, spoiler non.
Bref, je ne vais pas vous citer toutes ces chansons qui m'obsèdent,
ça en dit plus long sur moi que sur lui.
Figure, incésissable, iconoclast, ça c'est pour la revue de Press Express
et sachez aussi que quand on tape son nom pour le googler,
les recherches associées sont couple, sexualité et sans barbe.
Quelle drôle d'idée.
Chaque fois que je prends un méchant coup de pelle,
comptez sur moi pour le partager son premier album.
L'incroyable vérité est sortie il y a 25 ans
et depuis il revient nous hanté avec une belle régularité
et toujours de nouvelles folles idées.
C'est donc de son nouvel album Kiss the Beast qu'il vient nous parler.
Aujourd'hui, album évidemment sujet à de nouvelles obsessions,
mais ça c'est un autre sujet.
En tout cas, voilà la preuve que la félicité produit aussi de choix des objets.
Bonjour Sébastien Tellier.
Bonjour.
Comment ça va ?
C'est une question qu'on se pose pas assez.
Oui, c'est vrai.
Moi, ça va bien.
L'album vient de sortir.
Je suis très content tout simplement.
Ça se passe super bien et tout ça.
En même temps, je fais des répétitions pour préparer la tournée.
Je suis vraiment dans une bonne période.
C'est vraiment très sympa pour ce moment-là.
Mais accompagner la sortie d'un album t'aime ça,
c'est-à-dire aller en parler,
ou est-ce que parfois tu as l'impression que ce que tu as à dire
est précisément dans l'album et que tout le discours additionnel
peut être parfois un peu pénible ?
Alors, c'est vrai que ça peut être...
Non, on ne sait pas que ça soit...
Ça ne m'est pas vraiment pénible.
Je sais que ça ne fait pas génial de dire ça,
mais j'aime plutôt bien me raconter.
Parler de moi, ça me va.
C'est juste que parfois je suis un petit peu fatigué.
Et puis je suis tellement casagné aussi.
Parfois, j'aimerais rester juste dans mon lit, évidemment.
Mais bon, je ne fais pas bouddé mon plaisir, comme on dit.
Donc, je suis quand même très content de faire tout ça.
Bon, après, indice que c'est un long process.
Peut-être que là où je me sens le mieux,
c'est quand je compose, quand j'enregistre et tout ça.
Mais n'empêche que cette période-là est très sympa aussi.
Alors, merci de t'être levée de ton lit aujourd'hui.
Et d'autant plus merci qu'on va t'entendre en live.
Ce qui est vraiment un truc qui, moi, me fait hyper plaisir.
Je pense que je ne suis pas la seule.
A inviter exceptionnels dispositifs exceptionnels,
je vais te laisser le temps de descendre de ce studio,
car on a trouvé un endroit tout particulier.
Vous pouvez le voir bientôt en vidéo.
Pour un double live,
on va découvrir l'un des morceaux de ce nouvel album,
Naive de cœur.
Et tu as aussi choisi, cadeau,
d'interpréter la riturnelle avant de te laisser descendre.
Pourquoi avoir choisi la riturnelle
dans tous les morceaux que t'avais à nous proposer ?
La riturnelle, déjà, parce que c'est mon titre phare.
C'est mon titre le plus connu et tout.
Et puis aussi, j'aime bien le faire,
parce que je chante le couplet.
Donc, il y a un couplet unique dans cette chanson.
Je le chante vraiment dans un style différent
que l'original.
J'aime bien le faire.
Comment je pourrais dire ça ?
Enfin, ça m'amuse, j'ai l'impression de m'amuser en le faisant.
Et ben, Sébastien Tellier en live
dans Nova le soir, c'est maintenant.
Nova, le soir.
One, one, one, one.
Nova, le live du soir
de Nova le soir.
Avec Charline Roux.
Nova le soir.
Et si, on changeait de disque.
Le soir, avec Charline Roux.
Sébastien Tellier, l'invité
de Nova le soir.
Vous venez de l'entendre en live.
Sébastien, c'est un septième album,
Kill The Beast.
Je ne sais pas si tu t'intéresses à ce genre de choses,
mais c'est en numérologie.
C'est l'esprit, l'introspection et la sagesse spirituelle.
Est-ce que ça va à cet album ?
Ça pourrait aller à cet album, effectivement.
Mais un peu de loin quand même,
dans le sens où
je n'ai pas pensé du tout à faire ça.
J'ai vraiment essayé de faire des bonnes chansons, tout simplement.
Donc, des belles suites d'accord.
Et puis, après, de trouver des textes sympas.
Mais je ne me suis pas dit
« Tiens, je vais faire ça, oui, il faut que ça représente ça ».
Par exemple, je n'ai jamais pensé
mais pas une seule fois à la maturité
en créant l'album.
Le célèbre, le célèbre album de la maturité ?
Le célèbre album, voilà.
Mais par contre, c'est vrai que j'ai essayé
d'y insuffler un peu plus de raisons d'habitude
dans le sens où
chez moi d'habitude, il y a comme ça
des sortes de pulsions musicales.
Je me jette à l'eau.
Voilà. Et puis, dans une classe,
j'ai vraiment construit l'album.
J'ai mis des années et des années à le préparer.
Et j'ai voulu vraiment
mener toutes les chansons à bien
qui est comme en écologie,
zéro déchets.
C'est un album que tu qualifies
de monumental maximaliste.
Et pour autant, tu dis, dans le dernier numéro
Désin Rock, que tu ambitionnais
de faire un disque facile à écouter.
C'est quoi un album facile à écouter ?
C'est un petit peu comme mes films préférés
de 1980, c'est-à-dire
les films de Spielberg, etc.
J'adorais cette période parce que
justement, c'était des sujets profonds
qui parlaient de vrais trucs.
Mais c'était facile à regarder.
En fait, ça m'a marqué.
Je suis resté là.
Je suis resté bloqué en 1982.
Et donc, enfin, c'est pas vrai du tout.
D'ailleurs, c'est comme ça que je me suis
façonnés artistiquement en regardant ces films-là
qui avaient du succès à l'époque.
Et là,
j'avais envie de faire ça quand même
de parler de moi, parfois de parler de trucs profonds
ou pas profonds, mais un peu
un peu délire
existentiel, ce genre de trucs et tout.
Mais je voulais que ça soit facile à écouter.
Surtout, je voulais pas faire de chansons
à tiroir qui soient difficiles à comprendre
dans le sens où je voulais que le texte
raconte vraiment ce qu'il a raconté
sans deviner des trucs derrière
ou sans savoir lire entre les lignes.
Je parlais des Désin Rock. Je mentionne
que tu fais la couve des Désin Rock,
à laquelle tu poses avec un Daniel.
Et une très bonne interview, évidemment,
comme chaque fois menée par Franck Vergeade.
Est-ce qu'il m'amène à cette question ?
C'est tout simplement parce que
je me sens à la fois le bisou
et la bête.
Je pense que je suis un petit peu des deux.
Aussi, je me suis aperçu. Alors moi,
je précise à chaque fois que quand je parle d'une bête,
même beast,
dans mon esprit, c'est pas une bête qui fait peur
mais c'est une bête fait de désir et d'instinct.
Donc c'est notre part animale.
C'est pas un monstre caché dans la forêt.
C'est notre côté bestiale.
Et puis, ce côté bestiale,
plutôt que de le combattre, parce qu'il serait certainement
plus fort que nous, autant l'embrasser.
Donc kiss the beast
pour embrasser
tout ce qu'on est finalement. Parce que
je me dis aussi, alors, je vais pas partir
dans les trucs trop longs, mais que
comme la nature nous a fait telle qu'on est,
on n'a pas spécialement
besoin de rejeter certaines facettes de nous.
Je pense que je comprends. Il faut
s'accepter de toute façon.
C'est des trucs qui sont trop puissants pour rapport à nous
pour qu'on puisse les gommer.
Donc autant s'amuser avec ses désirs et ses instants.
Alors ton animal totem, ce serait quoi ?
Je pose la question de manière pas
si inocente, puisque tu as aussi composé
l'abandon original du film Animal Totem de Benoît de l'épine.
Oui c'est vrai. Et si j'avais un animal totem,
ça te poursuit.
Qu'est-ce que je... L'autre jour, je riais bien
parce que j'ai un ami australien et lui il me demandait
quoi l'animal totem de la France.
Et je suis disais un rooster,
un coque. Ça nous faisait bien heureuse
de comment choisir un coque.
Non, qu'est-ce que j'adore comme animal ?
Bah non, j'adore les moutons,
j'adore les loups évidemment.
Et puis quand j'étais petit, j'ai eu
quelques cochons d'indes
qui ont fini enterré dans le jardin
des parents. Comme tous les cochons d'indes.
Voilà, exactement. C'est ça qu'on faisait
des cochons d'indes.
Donc voilà, j'aime beaucoup aussi évidemment les dauphins.
Et pour finir avec l'animal,
la pochette de l'album Signé Mondino
te représente sur fond rose de face,
lunette réglementaire, barbe rutilente,
mais la série d'un coup de griffes,
un coup de griffes qui laisse apparaître.
Alors je voudrais nous le dire si c'est des cheveux supplémentaires
ou un pelage à la colorimétrie conforme
à la barbe. Comment est-ce qu'elle a été réfléchie
cette pochette ? Alors Jean-Baptiste Mondino
déjà est obsédé par le concept.
C'est-à-dire il ne fait pas juste des photos,
il faut vraiment qu'il y ait un sens derrière.
Mais pour lui c'est extrêmement important,
en tout cas si lui n'y voit pas de sens,
pour lui ça n'a plus aucun intérêt.
Donc ce qu'il voulait c'était encore,
parce que je disais tout à l'heure, c'est-à-dire de la,
enfin je sais pas si je l'ai dit d'ailleurs,
mais la sauvagerie maîtrisée.
Donc une bête certes, mais toute bien coiffée.
Enfin, juste comme il faut quoi.
Donc il a passé des heures et des heures
à replacer chaque mèche.
Parce que j'ai aussi des poils qui ressortent
de la chemise. Et donc tout ça,
c'est comme s'il peignait un tableau,
mais vraiment, il a mis des heures
à replacer comme ça toutes les mèches.
Et puis après, il a pris sa photo,
mais pour lui c'était hyper important
que tout soit parfait.
Et justement pour lui, il fallait vraiment
que ça soit kiss the beast, c'est-à-dire
un truc une bête certes, mais
avec qui on a envie de passer la soirée.
Comme à chaque invité je t'ai demandé
de venir avec ta musique.
Tu t'es prêté à l'exercice et pour démarrer.
Un duo suisse double pour un titre
de 1985 de Captain of the Heart.
Pourquoi ce titre-là ?
J'adore ce titre, parce que
j'aime tous les sons, c'est
très tendre, en même temps
c'est lumineux,
beaucoup de clarté, c'est à la fois chaud et clair.
Donc ça, déjà j'aime beaucoup.
Et puis c'est tout ce romantisme
des années 80
que j'adore. C'est-à-dire, c'est une nostalgie,
mais pas
encore une fois pas sombre, pas délétère.
Comme les Spielbergs.
Exactement, il y a cette douceur,
il y a ce truc.
Et puis c'est toutes mes années top 50 aussi.
Parce que
quand je grandissais dans ces...
j'en parle souvent, mais dans cette banlie
lointaine, dans la périphérie de Sergi
Pontoise, en fait
le top 50 c'était
vraiment une fenêtre sur le monde,
une fenêtre sur la culture, et comme
dans le quartier,
pas grand monde était bien habillé,
stylé, je sais pas comment
dire, il y a un côté un peu banal
entre banal et médiocre
je sais pas trop comment dire.
Et là, je voyais enfin des mecs
et des filles super bien sapés,
super bien coiffés, avec qui chante
super bien
et donc ça me faisait vibrer
mais ça veut dire que ailleurs, quelque part
il y a ce monde-là qui existe.
Après au fur et à mesure, je me suis dit
évidemment tout ça est complètement fabriqué
c'est des heures et des heures de coiffure
et de stylisme, mais
n'empêche que ça a débloqué chez moi
un truc, une vraie envie d'appartenir
à tout ça, j'avais à l'époque
quand je regardais le top 50
j'avais envie d'être dans la télé
Paul dans Novalessoir, The Captain of the Heart
c'est le titre, le choix de Sébastien
Thélier, une entremité aujourd'hui
venu nous parler de son nouvel album
Kiss the Beast, alors je me faisais la réflexion
en écoutant ce titre, c'est quand même
un type de variété, certes daté
mais qui a pour particularité d'avoir
des chanteurs assez exceptionnels, ils sont
quelques-uns comme ça, est-ce que t'es sensible
au voix aussi ? Ah mais complètement
déjà moi je rêverais de chanter comme Georges Michael
qui est ma voix masculine
préférée parce que
c'est cristallin, c'est glamour, c'est
sincère, en même temps
c'est hyper technique mais ça se sent pas du tout
juste de temps en temps, enfin je veux dire
c'est vraiment pour moi le sommet de la voix
c'est Georges Michael mais
j'aime toutes les voix de cette époque
enfin les grandes voix
Culture Club, Buck George
ça a absolument
fabuleux et puis
en fait
c'était vraiment des grands musiciens à l'époque
parce qu'à la fois, les mecs au clavier
jouaient par exemple des accords très complexes
de jazz mais au service d'une pop
facile à écouter
et délicieuse
mais aussi le joueur de sax
était vraiment
un monstre, le batteur pareil
très précis, enfin tous les musiciens
de l'époque étaient extrêmement bons
et finalement le début des années 80 c'est pas très loin
longtemps après la motone
ou dans la musique
c'était pas
un art de nonchalant ou de feignant
c'était attention quand on faisait de la musique
il fallait bosser, il fallait être bon, il fallait être archipro
et là on arrivait à une sorte de quintessence
en fait du niveau des musiciens
mélangé à la technique
qui commençait vraiment à s'améliorer
comme par exemple les grandes tables de mixage
qu'on pouvait programmer à l'avant
c'est donc au fur et à mesure du mix
à répéter certains schémas, des choses comme ça
donc ça fait que c'est
il y a, c'est des grands chanteurs
qui sont des d'immenses professionnelles
et en plus accompagner de la bonne technologie
c'est-à-dire le bon dosage de reverb
le bon dosage de chorus, de délai
et tout ça, ça crée vraiment
une grande grande magie dans la voix
Est-ce que pour toi
le mot variété a un truc un peu
répulsif ou pas du tout
alors ça l'a été, enfin
non, ça dépend, la variété
de mon enfant c'est mon adolescence, pas de problème
après quand je suis devenu
enfin on va dire semi-adulte
là ça me
je trouvais ça abominable
c'est-à-dire entre
mes 17 et mes 30 ans
j'avais beaucoup de mal
mais ce cas c'est que si
cette période-là moi je l'ai vécu
dans les années 90 et donc c'était aussi
beaucoup de, en France par exemple
des boys band, c'était vraiment
de la musique poubelle, enfin
désolé pour ceux qui adorent ça
je sais pas, mais moi de mon point de vue c'était ça en tout cas
et donc là j'ai eu un énorme rejet
et au fur et à mesure de
réfléchir à la musique
en fait ce que j'ai vraiment essayé de faire
pour être tout à fait sincère c'est que
j'ai vraiment essayé de tuer
cette espèce de snobisme en disant
il y a des trucs oui, il y a des trucs non
je me suis dit mais c'est débile
d'écouter de la musique comme ça
parce qu'une personne ça coupe de chaud
ne me plaît pas ou qu'elle a pas les bonnes chaussures
j'aime pas ce qu'elle fait
c'est impossible en fait
donc après j'ai commencé
à reprendre pied
et à reaimer la musique
pour ses qualités intrinsèques finalement
si il y a une bonne suite d'accord
je me suis dit une belle envolée
donc j'ai réussi
à reconnecter avec tout ça
et maintenant je n'ai plus aucun problème avec la variété
enfin si elle est bien
j'en reviens Kiss the Beast
du titre Naïf Ducker
tu as écrit sur instagram
au moment de dévoiler le clip
je voulais dessiner le portrait du nouvel homme idéal
pas une figure virile ou invincible
mais un homme tendre vulnérable
qui ose avouer sa naïfeté et ses tempêtes intérieures
en quoi est-ce que la masculinité
a changé ?
ça a changé parce qu'on peut
les hommes ne peuvent plus
permettre d'être audieux
tout ça parce qu'ils sont des hommes
et que c'est censé le faire pour eux
comme s'il y avait
un ticket privilège
ou le truc charlier la chocolaterie
qui avait une sorte de ticket dans la plaquette de chocot
leur disant pas de problème pour toi
c'est journée porte ouverte
et en fait on se rend compte que ça c'est pas possible
ça devient inadmissible
il faut bien inventer un avenir
et donc moi je me suis amusé
juste à inventer l'homme idéal
mais en y réfléchissant
justement en écrivant les paroles je me disais mais quand même
c'est assez dur d'être cet homme idéal
parce que en fait quand on est tendre et rêveur
naïf de coeur
on n'a pas encore totalement basculé
dans le monde d'après
donc il y a encore plein de mecs qui sont pas comme ça
et eux ils utilisent leurs forces
leurs pouvoirs pour continuer
à être des rouleaux compresseurs
on se fait juste compresser
on est pris dans un truc qui est
plus fort que nous
et puis c'est très difficile parce que moi j'aime bien essayer
de manier un peu les paradoxes tout ça
mais c'est vrai que être à la fois fort
et sensible
c'est un équilibre qui est hyper dur
à obtenir
parce que finalement
être fort c'est quoi
c'est vite passer aux autres choses
être fort c'est de
pas avoir trop d'empathie
être en vie de ces journées 24-24
dans l'empathie
ça freine
il y a un truc qui est
on n'est pas fort
on est affaibli par toute cette tristesse qui nous entoure
et donc
voilà ça parle de tout ça et c'est pour ça que si
c'est pas juste une chanson qui fait en faronne
genre j'aurais pu faire l'homme du futur
et sensible ou c'est pas quoi un truc super positif
ça s'est arrêté trop terrible
j'aurais jamais mis mais évidemment
mais c'est pour ça que la chanson est très triste
parce qu'en fait
essayer d'être ce mec là, ça entraîne vachement de douleur
donc
c'est ça l'univers global du morceau
et c'est en ça que The Beast est un album
de contraste je trouve
et on y reviendra dans un instant
on retourne à taper les listes
alors ça jusqu'en 1983 j'ai passé des heures
à essayer de reproduire le sifflé maléfique de cet intro
je n'y arrive toujours pas à ce jour
c'est celui de Break Machine avec Street Dance
pourquoi est-ce que tu as choisi ce titre ?
j'adore ce titre et ça montre
j'adore Intrasequement
Intrasequement je vais le dire au moins une quinzaine de fois
et
ce que j'aime bien c'est que
déjà c'est cette énergie
c'est super positif et tout
et pour moi c'était vraiment quand j'étais petit
c'était vraiment l'âme de New York
c'était Brooklyn, Le Bronx
et aussi c'était
en fait la première fois que les mecs se sapevaient vraiment
sur Vatadidas
avec le ghetto blaster et tout
et j'étais fasciné par cette imagerie
la cible
et puis en fait longtemps après je me suis aperçu
j'ai appris qu'en fait non c'était des parisiens
qui étaient derrière tout ça c'était deux mecs du Sentier
et le sifflé tu le tiens
non mais c'est un synthé qui fait le sifflé
oui bah oui malheureusement
Break Machine dans Nova Le Soir
Street Dance parce que c'est le choix de Sébastien Tellier
et je vais le retenter je m'en fous je sais que c'est synthétique
mais
non toujours pas
jamais je n'ai pas évolué depuis 1983 mais le tout
c'est de se lancer avec une forme de certitude
le temps que tout le monde se remette de cette panade totale
et on poursuit la conversation dans un instant
Nova Le Soir
est toujours en compagnie de Sébastien Tellier
venu nous présenter Kiss The Beast
son nouvel album
un album dont je te disais il y a un instant
que je l'entends
moi comme un album de conflits intérieurs
à tonalité multiple de fait
est-ce que c'est ce que tu as raconté
qui donne la mélodie
ou est-ce que c'est systématiquement la mélodie
qui inspire la gravité
ou la légèreté du texte
en général de toute façon je commence
par accord mélodie
c'est vraiment ce qui me vient en premier
enfin il se trouve que j'ai écrit un petit poème
à Mandine
pour Noël
mais
oui voilà
mais je ne me mets jamais par exemple
sur la terrasse
pour juste écrire un texte
c'est forcément
un synthé ou de la guitare
et là je trouve sur la mélodie
j'essaie d'entendre
ce qu'elle m'évoque
et puis je me dis ben
tiens j'ai envie de parler de ça par dessus
mais avant de savoir de quoi parler en fait
il y a certains mots qui viennent
parce qu'on se dit bah tiens ce mot se marie tellement bien
avec cette phrase musicale
ok on se lance là dessus
et d'ailleurs c'est exactement comme ça dans un compo aussi
c'est que c'est déjà tombé sur un tout petit bout
finalement de musique
donc une suite on va dire de 3 accords
avec un tout petit bout de mélodie
et là autour là je me mets à travailler
pour construire une compo
et ben je fais pareil avec les textes en fait
le tout long de la chanson allez je trouve
on va dire peut-être 3-4 mots
qui me semblent bien se marier
avec la chanson et puis
autour là je me mets à travailler pour construire
un vrai texte
parce qu'il y a des contrastes assez étonnants
c'est-à-dire que le danger n'est pas forcément
où on croit dans les morceaux
par exemple il y a un titre qui s'appelle
mouton
et ben ce titre précis
moi je trouve qu'il a une tonalité qui est presque
plus inquiétante que celui qui s'appelle
loup
alors que dans l'imaginaire commun
oui bien sûr non mais c'est vrai
parce que en fait je voulais d'un mouton
je voulais faire un parallèle entre ma vie d'homme
et le mouton parce que
je voulais pas parler de moi littéralement
donc j'ai pris
ce destin
d'un mouton qui gambade dans la prairie
puis qui
qu'on met dans un camion et qu'on emmène
finalement à la batoire moi j'ai voyé un parallèle
entre mon enfance
ma vie d'adulte où je suis dans le camion
puis la mort qui est notre
batoire à nous
et finalement tout ça je voulais pas raconter
ça aurait été vraiment trop glauque
si je m'étais dit j'étais enfant
puis après j'y crevais
ça aurait été atroce
cette histoire de mouton rend le truc un peu plus
un peu plus poétique
plus digeste et puis aussi
un mouton c'est tellement mignon qu'on peut que s'y attacher
donc ça je me suis bien
le public va accrocher parce qu'on parle d'un petit animal
tout doux
aussi à l'époque quand j'ai écrit le texte j'étais obsédé
par la détresse dans les yeux
si y'a bien un animal dont on voit la détresse dans les yeux
c'est le mouton
il y a une image forte comme ça de la détresse
et donc j'avais envie
de parler de ça
par exemple justement quand j'ai eu
à proposer le morceau mouton
à un moment la première phrase qui m'est venue
c'était
au fond des yeux la détresse
et je me disais ah ouais c'est sympa
ça j'aime bien ça
et après le mouton je me suis dit tiens c'est sympa
parce que je vais pouvoir mettre un bellement
enfin je sais pas si le mouton bel mais je vais pouvoir mettre un bell
et je me suis dit ah c'est sympa
je vais pouvoir faire un truc vraiment très sombre
ultra d'arc mais avec comme ça
des petites facéties
des trucs sans tomber dans le loufoque
je me suis dit tiens je tiens un bon truc
et donc c'est vrai que le mouton il y a
ce côté hyper lourd
hyper
en plus c'est
c'est une sorte d'ouragan
il y a un truc comme ça musical
une sorte de tempête musicale un peu
dit que loup j'avais pas envie de mettre en valeur
ce loup j'avais envie qu'il soit un petit peu ridicule
et donc j'ai fait une musique plus légère
parce que aussi le loup
alors c'est un loup un peu spécial c'est un loup
qui se déguise en chien pour
mieux commettre ses méfaits on va dire
et puis pour cacher qu'il est vraiment
justement c'est un peu le thème de la banque
cacher ses instants
et tout et donc
je l'ai un peu ridiculisé
finalement
ce loup jusqu'à la toute fin du morceau
où là je l'achève
et on entend ce hurlement de loup
avec
tout l'orchestre philharmonique
qui suit
cette mort de loup
lui c'est pas juste qu'on l'emmène à la batoire
c'est j'ai l'impression que c'est moi qui le tue
le loup
et il y a aussi que le mouton je parlais
d'imaginaire collectif le mouton c'est celui qui suit
et toi si je m'abuse
tu as toujours cherché à te distinguer peut-être
plus qu'à devenir célèbre
alors j'ai toujours voulu
être quelqu'un d'un peu spécial
je me suis évertué
à essayer de proposer quelque chose d'unique
alors c'est pas toujours réussi mais parfois salé
et puis
par plein d'autres côtés
je suis un mouton
enfin je m'arrête au PA
j'achète du bureau supermarché
sinon tu aurais fait des gros titres
ce serait au courant avec d'autres recherches associées
que tes de ton nom
je sors dans la rue habillée
je paye l'addition à la fin du resto
donc quand même si si j'ai une bonne vie de mouton
il faut bien rentrer dans le rang
parce que ça existe aussi des gens
qui partent vivre dans la forêt
alors ils sont pas très nombreux c'est peut-être pas les meilleurs
mais
il y a des mecs qui le font
et aussi il y a des vies qui me font rêver par exemple
les marins qui partent hyper longtemps
ça existe encore un peu
les aventuriers et tout
ça continue à me faire rêver mais moi je suis pas un aventurier
je suis un casanier donc voilà
je suis mouton à ma façon
un casanier qui écoute de la bonne musique
puisque dans ta playlist également
ça me réjouit de la même manière
Christopher Cross je pensais pas l'annoncer dans Nova le soir
ça me fait très plaisir avec Sailing
ce morceau là
Sailing c'est parce que
quand on est à Ibiza en famille
on loue un bateau et puis de Ibiza en fait
on va visiter les petites criques de Fort-Montérin
c'est très agréable
et puis donc là cet été
je me suis dit tiens je vais faire une petite playlist
qui ne m'arrive absolument jamais
et je me suis dit tiens je vais faire une playlist
pour le bateau
et puis j'étais tombé sur Sailing
ça me rappelait beaucoup de souviens mais il y a très longtemps
j'avais oublié ce morceau
et puis là
donc je me l'appelais la playlist
à la maison je prépare ça
et puis je la remets sur le bateau et là on avance vers Fort-Montérin
et il y avait les enfants
tout à l'avant du bateau, les chevaux au vent
à Mandine pardon
j'ai qu'en chournons
à Mandine allongée
qui prenait le soleil avec cette chanson
Sailing et c'était vraiment le paradis
c'était parfait
c'était une journée parfaite
Master Blaster
pour le coup c'est un titre que j'ai choisi
pour Sébastien Tellier
puisqu'il m'a semblé comprendre que tu étais assez fan
de Steve Wander
en tant qu'il ne l'est pas
oui c'est vrai c'est le plus grand musicien
de tous les temps
tout y passe
donc il est parfait
on parle aujourd'hui de Kiss the Beast
ton nouvel album c'est un album pour lequel
t'es très entouré
tu es donc le captain américain des Avengers suivants
Sébastien Oscar Halter
collaborateur entre autres
Taylor Swift, Charlie X-X
pour les arrangements cordes Owen Palette
compositeur pour lui-même et arrangeur
de The Last Shadow Puppets
et puis sur ce titre devenu chez moi une obsession
je parlais d'obsession au début
Nile Rogers et la chanteuse américaine Slater
c'était pour le plaisir d'en écouter un extrait
je en boucle
vraiment en boucle
qu'est ce que tu es allé chercher chez tous les gens
que je viens dénumérer
je leur ai demandé de l'aide en fait
c'est ça que je voulais c'était que
encore une fois amener mes chansons
à bonne destination mais pour ça
c'est très dur finalement d'avoir tous les talents
enfin pas finalement c'est très dur d'avoir
tous les talents en musique
à la fois bien chanter faire les bonnes lignes de bass
choisir la bonne reverb pour la snare
bien mixer le tout, être un bon producteur
être spontané, enfin
il y a tout un tas de trucs qu'il faut être
une chanson c'est pas juste une chanson
je sais pas combien de corps de métier
pour parler un peu de façon pro
sur une chanson mais beaucoup
beaucoup je veux dire
et donc finalement quand je sentais qu'un truc allait me résister
au lieu de m'acharner tout seul
et certainement de me perdre un peu
je me suis dit bah je vais demander à des gens de m'aider
donc cette chanson
je voulais que ça soit une chanson chantée par une fille
parce que pour moi c'était pas
donc c'est une chanson qui parle de la nuit
de sortir la nuit, des plaisirs de la nuit tout simplement
les danser, l'emboîte et tout
et puis
mais je voulais pas que ce soit une bombe de meuf
qui sorte quoi
ça sera étudiante
et donc je voulais que ça soit
voilà moi ce que je voulais c'était qu'on
s'imagine des filles super cool
qui vont de boîte en boîte et tout
donc j'avais besoin d'une voix de fille tout simplement
j'ai cherché longtemps
c'est finalement Emmanuel de Burtel
le boss de ma maison disque de Bicose
bien sûr et qui m'a proposé
Slater
chanteuse donc d'hyperpop et là j'étais tout content
parce qu'elle chantait exactement
comme j'ai imaginé cette voix féminine
dans mon esprit
mais c'était fabuleux c'est-à-dire
c'était vraiment
justement c'était la destination
elle était là, elle y a été
et elle était hyper sympa en studio, hyper disponible
et puis elle a montré tout son talent
à l'américaine
beaucoup de propositions, beaucoup de variations
derrière il y a la mélodie principale
mais elle fait tout les coeurs
plus plein de petits bonus de coeurs
des petits trucs comme ça
des décorations donc c'était fabuleux
il y a aussi bien sûr quitte que dit
bon pas ça quitte que dit c'est un peu différent d'ailleurs
je l'avais mis à part, il y a une petite histoire
il y a une chronologie si tu me permets
bon c'est-à-dire qu'il y a quelques années
2024 en l'occurrence
quitte que dit samplez ceci
sur le morceau Chunky
il samplez Roche et du coup en
2026 sur kiss the beast
ce titre amnésia
parce que tu disais je suis allé chercher
ce que je n'arrivais pas à faire
tout le monde ne peut pas se payer le luxe
de dire allô au one palette
allô quitte que dit allô Nile Rogers
oui c'est vrai que ça peut sembler
être un peu fou mais pourtant
ça s'est passé très très naturellement
par exemple quitte que dit bah c'est sur instagram
qui m'a dit qu'il voulait travailler
avec moi et puis dans la foulée
il a samplez une de mes chansons donc
on s'est dit bah quand tu passes à paris
vas-y on fait du studio ensemble
donc voilà j'ai préparé mon coup
j'étais prêt pour quand il est arrivé
puis on a enregistré la chanson
Nile Rogers c'est très différent parce que
je le connaissais déjà pas mal
finalement parce qu'on était géris de la même
maison de couture en même temps
donc j'ai fait pas mal de dîner avec lui
des interviews, des vidéos, des photos
etc donc je le connaissais
il s'entend d'ailleurs très très bien avec Amandine
enfin ma femme j'aurais pas parlé d'Amandine mais
voilà et donc
quand il a fallu
trouver un guitariste pour cette chanson
it's a amandine qui m'a dit
encore une fois
tu devrais appeler Nile parce que lui
il ferait ça certainement très très bien
effectivement je lui ai dit bah oui
c'est une évidence et donc en fait on lui a
simplement envoyé un texto
avec la chanson
pas encore tout à fait finie mais presque
donc il manquait la guitare
et il a dit tout de suite ok je vais le faire
donc voilà et ensuite
ben c'est vrai alors attends
y'a Oskarol sur le producteur de The Weeknd et tout ça
ben non mais c'est pareil la juve de la chance
parce qu'en fait on a envoyé un message
à son management
tout ça bon voilà
parce que j'osais pas trop lui je connaissais pas du tout
donc je marchais sur deux oeufs donc j'ai préféré
commencer par le management
et là il me dit mais c'est dingue comme j'ai écouté
Sexuality donc là c'est un album que j'ai fait
en 2008 avec Guiman Dedaft
et lui vraiment il s'est construit
pardon mais je ne savais pas du tout il s'est vraiment construit musicalement
avec cet album donc il a tout de suite dit oui
donc et tout s'est passé un peu
comme ça finalement avec des gens qui m'aimaient bien
ce que je faisais qui m'ont dit oui
en poursuit avec ta playlist
en titre de 1978
bon ben les fans de cinéma reconnaîtront
Alain Parker le film avec Brad Davis
un trauma collectif je crois
l'ABO est signé Giorgio Moroderre
ce film c'est Midnight Express
pourquoi est ce que t'as choisi ce morceau là
alors j'ai choisi ça parce que finalement
c'est un morceau
que j'avais découvert petit
quand le film était passé à la télé
mes parents l'avaient regardé donc je me souviens
de l'avoir entendu mais pas vraiment
mais je suis sûr de l'avoir entendu petit
et puis en grandissant
finalement au lycée aussi j'étais
souvent enfin je ne savais pas
quel camp choisir c'était soit
Run DMC
donc Rap US Machin soit Guns N'Roses
et les deux vivaient à côté
je ne savais pas si je devais
je l'ai dit 100 fois mais je ne savais pas
si je devais m'habiller en Ardose
ou façon hip hop
et puis un jour je suis retombé sur ce morceau
de Moroderre
et là je me suis dit non mais c'est ça que je veux en fait
c'est pas rap
c'est pas rock
c'est électrotouchante
c'est ça que j'aime bien
cette espèce de truc lancinant
sur cette électronique mais pas au service de la danse
au service de l'émotion
Giorgio Moroderre dans la playlist
de Sébastien Tellier
jusqu'ici je crois que tout se passe
à peu près correctement
je n'ai pas réveillé la bête
c'est peut-être le moment
où je peux se passer quelque chose
parce que chaque jour mes invités se font copieusement rostés
par quelqu'un
qui a porté cette activité au rendard
Paloma, première gagnante de Dragris
Dragris France
Hugo Bardin de son nom complet
et comme on est en France on n'a pas appelé ça le rostre
on appelle ça le roti
c'est parti
Salut Charline
aujourd'hui tu reçois Sébastien Tellier
Sébastien
en bonne homosexuelle flamboyant
je te respecte
je confesse n'écouter que Milaine Farmer
Donna Summer et Amanda Lyre
mais j'avoue avoir une petite passion secrète pour toi
Sébastien
et c'est depuis mes premiers et mois de jeune adulte
oui Sébastien tu as été la BO
des débuts de ma vie sexuelle
comme beaucoup de gens de ma génération je pense
doit-on te remercier pour autant
je ne sais pas on y reviendra
Sébastien on te compare régulièrement
à Jésus ou à Frédéric Beck Bédé
comme quoi en France dans l'imaginaire collectif
quand t'as une barbe et des chevelons
t'es forcément ou le fils de Dieu ou un fils de pute
Sébastien ta carrière c'est simple
t'as écrit la riturnelle
et depuis tu fais semblant de travailler
à la riturnelle
tu peux la mettre à un mariage, à un enterrement
à une rupture, à une coloscopie
ça marche partout et le pire
tu ne la jamais refaites
toute ta carrière c'est bonjour
j'ai écrit un chef d'œuvre en 2024
oui et après j'ai essayé
des costumes
en part t'as compris un truc fondamental
soigné ton look
en France pour coucher il faut être beau
ou mystérieux ou célèbre
toi tu ne cocher aucune de ces cases
donc tu en as inventé une quatrième
être gourou hyper sexuel
sur le papier ça pue un peu du cul
mais force est de constater que ça a marché
barbe longue pour cacher l'absence de machoir
lunette noire pour dissimuler un regard vitreux
ou une possible conjonctivite
un costume blanc pour faire croire à une pureté spirituelle
alors que ton projet depuis le début est très clair
tu as demandé la France
Sexuality
un album sur le sexe fait par un mec
qui parle du désir comme un prof de philo sous l'exomile
même un vibre ma sœur
écouterait ton album en se disant
non mais là c'est trop cérébral
non Sébastien je suis une mauvaise poids
parce que moi ça m'a bien excité cette affaire
si tu savais le nombre de rapports sexuels ratés
dont tu as été la bande son officiel
Sexuality, la rétournelle, divine
t'as littéralement saboté
une génération entière de partenaires
à 20 ans quand on baissait sur ta musique
on se disait wouah c'est sensuel
c'est profond c'est cosmique
la réalité c'est qu'aucun humain n'a jamais été
à la hauteur de la promesse sexuelle de ta discographie
tu n'as pas juste fait de la musique erotique
Sébastien tu as créé des attentes irréalistes
et ça ne s'arrête pas là car après
il y a eu my god is blue
après l'erotisme chic façon
disco 80
tu es passé à la franc-maçonnerie
des hipsters je suis le nouveau
rael prosternez-vous
et les gens t'ont cru
plus grave encore t'as influencé une génération entière
de type qui se sont dit attends
si lui peut être un symbole alors moi aussi
et la catastrophe culturelle
des centaines de types sans talent
fils à papa, olivrea, bien plein
se sont tous mis à faire de la musique tiède en murmurant
l'amour, le temps, la nuit
pas des chansons
non non non de la musique d'ambiance
des mecs qui jouent devant la mer
à Cannes sur la plage dans une plage privée
ou sur un rooftop à paris
du soleil pendant que des gens boivent des spritres trop chères
ils ont tout copié
de ton look, de ton immobilité
de ton air pénétré
la majorité d'entre eux finira exactement
là où il mérite dans des playlist de l'hôtel coast
car aucun n'a compris que toi au moins
t'avais de l'humour
alors bravo Sébastien, t'as niqué des gens
t'as inspiré des médiocres, t'as traumatisé
des lits d'étudiants et t'as laissé d'ailleurs
toi une génération entière de mecs en costume blanc
qui pensent encore qu'ils sont désirables
parce qu'ils ont un synthé et une barbe
c'est pas rien, allez bisous
le roti de Paloma
je laisse la réponse à l'accusé
oui bah y a pas que du faux
j'ai pu y piocher
quelques petits vrais éléments
oui complètement, j'ai bien aimé
cette imitation des chanteurs
devant la plage
c'est tout à fait ça
je crois en l'entendant de certains infectivants
le trait est un peu appuyé
mais si tu y trouves des éléments
tout à fait constitutifs de ta biographie
ouais c'était fun
après je me suis pas arrêté la rétournale
parce que juste après je t'ai fait sexualiser
évidemment que non
on marque une courte pause et puisque tu parlais lui
dans un instant je propose qu'on écoute George Michael
j'ai choisi Freedom de manière tout à fait arbitraire
mais si tu préfères un autre titre
on peut tout à fait le changer
c'est parti
Nova le soir
George Michael dans Nova le soir
avec Freedom en titre que j'ai choisi
pour Sébastien Tellier car je partage
cette passion
je suis folle de cette voix
de cette personne, de tout ce qu'il a fait
des débuts en collectif jusqu'à la carrière solo
oui c'est très étonnant parce que je me souviens
à sa mort, dans beaucoup de médias français
quand ils annonçaient sa mort
c'était presque avec un sourire en coin
et j'avais même vu
parce que sa mort m'avait vraiment interpellé
donc j'étais un on-stop sur les chaînes d'infos
et sur une chaîne d'infos
il le présentait comme l'inventeur
du short en jeans
c'est comme ça qu'il voit
George Michael
c'est vraiment passé à côté
de tout ce qu'il a amené
à la musique, de son immense talent
donc c'est vrai que parfois en France
on voit George Michael un petit peu comme un zoo zoo
alors que justement c'est un immense professionnel
pour moi
c'est un géant totalement de la musique
j'imagine que tu connais cette image d'archive
je crois que c'est les répétitions d'un tribute
à Freddie Mercury
où George Michael est sur scène en train de répéter somebody to love
alors déjà il chante
c'est insensé et que dans les coulisses
on voit quelqu'un derrière qui est complètement ébaillie
et c'est David Bowie
donc ce que part rien non plus
c'est vrai que George Michael est bien meilleur chanteur
que David Bowie
après
on peut se sentir plus d'une team ou de l'autre
mais technique en vocalement
il est quand même meilleur
disons que Bowie
moi je sais que j'ai écouté Bowie
mais se cacher un peu plus derrière des manières
dans les que
George Michael
c'est vraiment tout en sincérité
j'ai préparé
quelques petits extraits qui doivent te remmener
à des endroits particuliers
te ramener plutôt que te remmener parce que ce verbe n'existe pas
en fait on n'est pas une erreur près mais bon
des moments de carrière particuliers
je te laisse commenter une fois que tu les as identifiés
hey
tu veux trouver de l'argent
c'est ce que j'ai fait
tu veux trouver de l'argent
tu veux trouver de l'argent
oui
c'est une première fois
il s'agit donc d'un extrait de semi-braquage de voiture
dans
Stec de Quentin Dupieux
tu es donc face ici à Eric Judor
je voulais juste savoir quelles étaient tes souvenirs
de ce film
ah oui
déjà j'avais joué dans le premier film de Quentin Dupieux
le non film où j'avais le rôle principal
et là attention
c'était un scénariste
un peu directif
j'étais un réalisateur
qui tentait de tourner un film son caméra
c'était tout un truc
le mec qui croyant à fond
c'était Kavinsky qui était face à toi
et c'était Kavinsky qui devait jouer dedans
et qui refusait de jouer dedans
enfin qui a refusé
c'est tellement n'importe quoi qu'il n'y a pas au rendissement
et puis après Stec
et là ça m'a permis de rencontrer Eric
et qu'il y a un petit weir
c'était vraiment
parce qu'ils sont fous
mais ce sont des vrais fous
c'était la première fois que je rencontrais des gens vraiment fous de cette manière là
c'est à dire
surexcité
en permanence
dans l'excès
très inspiré
j'ai l'impression qu'il faut encore plus de blagues
ou de n'importe quoi
dans la vraie vie que à la télé
c'est à dire dans la vraie vie c'était n'importe quoi
et je ne sais pas pourquoi
mais c'est souvent qu'on s'est rejoint chez moi
à l'époque j'habitais dans le volume
bon bref et avec Quentin
du pieu
et Eric et Ramsey ils venaient chez moi
et à chaque fois qu'ils venaient chez moi que j'entendais sonner
oh là ça y est c'est parti
et les mecs c'est vrai qu'on passait parfois 8 heures
d'affilée ensemble
à dire et faire complètement
n'importe quoi avec eux
un peu en chef de troupe
et puis voilà ce film
je l'ai vu qu'une fois quand il est sorti
je m'en souviens pas très bien
le dernier arrivé fan de Phil Collins
c'est tout ce que j'ai à dire sur ce c'est resté vraiment
au panthéon mais d'ailleurs on est d'accord qu'il y a un hommage
à ce film dans Divine
sur Sexuality
la mention des shivers
c'est ça le gang du film
il y a un gang dans ce film c'est vrai qu'il s'appelle les shivers
et donc je l'en parle dans cette chanson
que j'ai chanté à l'horizon
shivers look
look
là c'est les shivers
c'est tiré de ça je me suis dit
tiens ça sonne bien son gros lage
j'ai envie de parler de ça
mais c'est vrai qu'il y avait encore Kaminsky
dans ce deuxième film
ouais non c'était ah non mais si
ce que j'ai oublié de dire c'est que sur ce film
j'ai fait la musique de steak
avec Quentin Dupieux
et Sébastien
c'est comme ça que j'ai commencé à travailler aussi avec Sébastien
qui qu'on retrouve sur Kiss The Beast
qui a coproduit quelques morceaux
j'ai annoncé plusieurs extraits
ils arriveront par la suite car je prends du temps
je divague
je converse
petite pause musicale avant de retrouver le reste des extraits
tu as choisi Barry White
just the way you are
oui j'aime beaucoup
j'ai découvert Barry White
enfin je connais Barry White depuis toujours parce que quand j'étais petit
j'étais déjà très connu
mais j'ai redécouvert la récemment Barry White
et je me suis dit mais c'est vraiment
aussi un immense musicien mais c'est pareil
tout le monde le sait déjà évidemment
mais il y a vraiment un truc magique avec lui
notamment je me souviens d'une vidéo
où il explique un petit peu
quand on construit un morceau
son feeling
de la base du rythme
des violons et tout
déjà c'est énorme en soi
même quand Barry White fait des instruits
c'est des instruits d'énorme killer
c'est de la très très haute qualité
et donc voilà on entend l'instruit du truc
je me suis dit je me souviens pas de cet instruit
mais là quand je chante c'est genre c'est n'importe quoi
tellement c'est qualitatif
tellement
c'est de la folie et j'aime bien aussi
parce que souvent il parle un peu
au début des morceaux
il fait des petites intros comme ça
c'est faussement tranquille
et donc j'adore
je suis aussi un très très grand fan
de Barry White
mais pour toutes ces facettes
pas que pour sa facette
de chanteur
ou bien sûr bon bah ça
il a une voix complètement hors norme
mais aussi en tant que
producteur arrangeur
c'est immense
you are
and the place made me die
before the familiar
and I don't see you anymore
I would not leave you
in times of trouble
we never could have come
this far
at times
I'll take the bad times
I'll take you just the way you are
some new fashion
don't change the color of your head
hey that is have my broken passion
to work that hard
no law
I just want some
someone to talk to
won't you just the way you are
weighs me
the same old someone that I do
what will it take till I believe
and I said I
that's for a whole lot
I could not love you
love you just the way you are
want to talk to
le soir
après Barry White
un deuxième titre choisi par Sébastien Tellier
il est signé Ennio Morricone
pourquoi celui-là ?
Ennio Morricone aussi
c'est un méga-champion
évidemment
quand j'étais
je sais comme ça que je me suis construit
c'est qu'en fait en France
pour moi ce qui assurait vraiment
c'était ceux qui faisaient de la musique de film
donc Michel Legrand, de Le Rue, François de Roubaix
et donc ça m'a donné comme ça
le tout premier morceau de piano
que j'ai appris c'était le vieux fusil de François de Roubaix
donc je me sentais en quelque sorte
à partenir à cette culture de la musique de film
et puis quand j'ai découvert ce morceau
Morricone je me suis dit mais attend mais c'est qui lui
et puis après au fur et à mesure j'ai commencé à voir les westerns et tout
j'étais ah ouais d'accord ok c'est un génie
et je suis resté fan depuis
depuis tout ce temps-là
je suis fan de Morricone
c'est vraiment c'est pareil c'est un talent inouï
une façon d'enchaîner les notes qui est parfaite
pareil la production, les réverbes
sur la snare, les réverbes sur les viols
comment ils dirigent les orchestres
comment ils dirigent les violons
ce petit côté à la fois incisif
incisif pardon
et à la fois hyper émotionnel
de ce qui, mais dans cette chanson
c'est vraiment énorme
et puis c'est une chanson
une musique qui passait souvent à la télé
parce que c'était le
professionnel et surtout
de la publicité
royal canin
nourriture pour chien
et qui passait beaucoup plus souvent à la télé que le professionnel
donc finalement
ça m'avait marqué
et je trouve aujourd'hui un petit peu ce côté animal
enfin je sais pas comment dire dans Kiss the Beast
j'ai l'impression aussi
j'imagine, j'ai une chanson en fait
qui ressemble un peu à celle de Morricone
enfin proportion gardée
qui s'appelle Romantique
et c'est pas pour rien qu'elle est sur Kiss the Beast
parce que je vois cette espèce d'animal
enfin cette espèce d'animal soutien
qui court, ralentit comme ça
c'était beau, c'était super
c'était un bergé allemand
et c'est marrant parce qu'aujourd'hui un bergé allemand
ça fait plus personne n'osera mettre un bergé allemand
dans une pub, enfin une pub positive
sauf s'il y a des méchants dans la pub
il pourrait éventuellement avoir un bergé allemand
mais à l'époque c'était...
sauf si il jongle
qui fait le coquin malin
mais là c'était, on avait
à l'époque comme qu'on était en change
une vision positive du bergé allemand
je sais pas si tu as eu l'occasion d'entendre
ce que Benoît de l'épine a dit ici
pour Animal Totem, il en est absolument fou
parce qu'il dit que t'étais la seule personne
à être capable d'être compétitif avec la nature
même en fait, de ne pas l'avoir parasité
ouais c'est très sympa
non mais c'est lui, j'ai senti qu'il voulait faire
un film écolo
très proche de la nature, on montrait
tout l'amour qu'il a pour
le naturel en général finalement
et j'ai vraiment juste essayé
d'aller dans son sens
mais c'est arrivé au bon moment
voilà complètement
je sais pas, enfin
ce que j'aime bien chez lui c'est qu'il fait des films
déjà que personne
d'autre ne se permettrait de faire
c'est-à-dire que c'est des trucs coopètes
c'est des ovnis à chaque fois, j'avais déjà travaillé avec lui
Saint-Amour avec deux par dieu
et Poulverde
et finalement c'est des sortes
de films, on a l'impression qu'il y a zéro maîtrise
mais d'ailleurs il n'y en a pas vraiment
c'est vraiment du cinéma
mais justement
comme si c'était du cinéma un petit peu improvisé
alors que le cinéma maintenant c'est hyper cadré
mais c'est normal parce qu'une journée de tournage
ça coûte tellement cher
qu'on ne peut pas se lancer dans du n'importe quoi
ou du peut-être
et lui il est toujours dans ce peut-être
c'est pour ça que j'adore bosser avec lui
parce qu'il n'y a pas les mêmes contraintes
que dans un film normal
c'est-à-dire cette liberté
qui saut que trois à lui
il me loque trois à moi
donc pour moi c'est super parce que j'ai juste à m'amuser
juste d'écouter ce qu'il me dit
au mieux à ce qu'il me propose de faire
tu parlais de sensations d'improvisation
un peu comme cette émission
j'imagine parce que j'ai annoncé plusieurs extraits
évidemment je discute je discute je ne les envoie pas
donc voici un autre extrait
qui a un rapport avec des choses que tu as fait
alors je le dis honnêtement
comme la cérémonie d'ouverture des J.O.
comme ce genre d'événement
voici un moment qui m'a rendu chère d'être française
la revision 2008
voilà tu nous représentais
ça m'a fait plaisir qu'elle souvenir
est-ce que toi t'en gardes ?
j'en garde un très bon souvenir
c'est juste quand je réécoute comme ça
encore avec l'image ça passe mieux mais juste le son
c'est que
les backing vocals sur ceux qui chantent derrière moi
je ne chante pas très bien
ça m'énerve un peu je me dis j'aurais dû plus
mais je m'en veux à moi-même parce que
j'aurais dû plus les faire bosser
ça m'énerve un peu
après j'ai quand même passé des bons moments
on s'était en Serbia
j'étais dans une sorte d'hôtel
il y a un centre aquatique
pour être pareil
à quoi le lande
à quoi boulevard
moi tout au lieu de telle rinage
n'hésite pas vraiment je suis là
c'est ce que je vois tu connais tout
donc à quoi boulevard c'était
une sorte d'aqua boulevard immense
mais sans eau
c'était formidable c'était vraiment
on aurait cru que c'était à l'abandon
mais enfin non pourtant des gens ils dormaient et tout
mais il y avait ce côté abandonné
j'avais adoré ce bâtiment
au tal point que
après ce type d'architecture
je ne sais même pas comment ça s'appelle
à commencer à m'obséder comme
les lycées et les collèges qu'on fabriquait
par exemple en 87-88
ces trucs là
c'est immonde
en même temps j'adore ça
il y a des tubes bleus
il y a des endroits spécifiques pour des plantes un peu tropicales
mais il y a quand même de la moquette
c'est ces trucs là
et à un moment j'ai cherché une maison comme ça
je voulais absolument habiter dans un truc comme ça
et puis j'ai jamais trouvé
peut-être que c'est pas plus mal
peut-être que c'est pas plus mal
je propose qu'on marque
de nouveau une courte pause
on se retrouve dans un instant avec
Robert Wyatt
tous les soirs
Nouvelle soir
de 20h à 22h
sur l'album rock bottom je sais
c'est bassin telier ne l'a pas choisi
parce que c'est vraiment
un album que tu cites dans à peu près toutes les interviews
donc j'avais besoin de savoir pourquoi
mais complètement
en fait c'est simple c'est que mon père était fan
de Pink Floyd quand je suis devenu ado
avec mes amis
on était fan de Pink Floyd aussi
donc c'était très important pour nous Pink Floyd
c'était pas pour déconner on les écoutait religieusement
et puis dans
plein d'interviews de Pink Floyd
ils citaient Robert Wyatt
à un moment on s'est quand même demandé
de faire un rock bottom
donc on s'est dit bah je ferai quand même qu'on écoute
parce que ça a l'air d'avoir eu
un énorme impact sur eux
et donc c'était un été
j'en souviens très bien au mois d'août
une copine à nous en bon bref
nous prête un appart à Paris
rue du Faubourg Saint-Honoré en plus
assez chic machin
grande bévitrée et à un moment
un soir on se l'achète
j'imagine je crois fnac d'éternes
pour acheter le cd
on se l'écoute et
le soleil
cognait à fond dans la bévitrée
mais on crevait chaud il devait faire je sais pas
moins 40°
et on se met ce disque
et là je me dis oh la la
moi je m'envole avec le disque
j'ai chaud je suis mal à l'aise
le disque est d'une tristesse infinie
et là ça a imprimé un truc
en moi ou
pour moi ce disque c'est un peu la musique
véritable c'est comme si
tout le monde pardon
a inventé un peu
un petit peu mais lui était totalement
sincère, c'est-à-dire totalement pure
c'est déchirant parce que c'est un disque
effectivement il est tombé
d'un balcon en faisant le zoive
donc il était paralysé et c'est
la première musique qui compose
tout ce disque après son accident
et donc il hurle
sa souffrance mais
avec des jolis notes
avec une jolie voix
des accords de jazz
mais qui sont d'une grande pureté
enfin il y a un truc
qui est magique dans ce disque
pour moi c'est pareil il est vraiment au panthéon
de la zik
il a une place même à part je dirais
parce que ce disque est tellement bien
je l'ai souvent dit mais c'est vraiment vrai
c'est que ce disque est tellement
émouvant que
je peux pas l'écouter
je suis triste
je suis complètement avec lui
alors ok je me dis c'est hyper cali
à un moment je suis obligé d'arrêter
je suis trop ému
ce qui signifie que la musique passe d'abord
par le corps avant de passer par la tête
quand tu l'écoutes ou...
on peut dire ça c'est vrai que moi j'ai mis longtemps
j'ai longtemps intellectualisé
la musique et je le regrette
parce que c'est vrai que moi à un moment
je pense avoir un peu confondu
art contemporain et musique
alors que finalement la musique
presque moins cesserébrale
mieux c'est vrai que ça s'adresse vraiment au corps
après il faut quand même être un peu intellect
il ne s'agit pas de
faire des rythmes sur lesquels danser
il faut quand même que c'est aussi la poésie
c'est aussi le romantisme et tout ça
pour moi la musique mais quand même
il y a ce truc là et donc
moi ça me fait plaisir parce que je suis tellement equisobiste
j'ai repris pieds vis-à-vis de tout ça
c'est-à-dire je me suis vraiment remis
en question, je me suis vraiment mis face
au miroir en disant mais Sébastien
c'est quoi ton rapport à la musique
qu'est-ce qu'il faudrait qu'il fasse pour que ça soit super
et ça ça fait partie des trucs que je me suis dis
dans une musique encore une fois simple
à comprendre mais aussi que tu ressens
directement sans avoir besoin de réfléchir
et c'est aussi
ce que j'ai essayé de faire à travers qu'isobiste
tu l'envisages comment sur scène qu'isobiste
tu pensais déjà j'imagine
oui oui parce que...
tu sais tout là j'imagine qu'avec la tournée qui arrive
ça veut dire 25 ans de musique à mettre
dans une 7 listes qui doit pas être un exercice
des plus simples si
en même temps je suis vraiment content
de refaire une tournée c'est vraiment un truc
qui me plaît énormément
donc
aussi je suis très bien entouré
de superbes musiciens qui jouent extrêmement bien
et c'est un concert qui sera
vraiment joué c'est-à-dire c'est pas des trucs qui sortent
des ordi
c'est chaque d'autres qu'on entend
et joué par un musicien
il y a ce côté
réaliste dont j'avais hyper envie
et ça va être très beau parce qu'il y a très peu de temps
j'ai découvert enfin très peu de temps
donc quand même quelques... plusieurs semaines
la scénographie donc
le style de la scène et tout ça
j'ai trouvé ça très beau
c'est assez formidable
donc je suis très pressé de présenter ça
aux gens et pour ce qui est de la 7 listes
aussi je suis content parce que
ce qui est très dur c'est quand t'as sorti juste
ton premier album et donc généralement
en premier album ça dure quoi 40...
40 minutes quoi on va dire
mais un concert ça dure une heure et demi
donc t'es obligé de faire des versions
extended à fond des morceaux
de placer quelques reprises
et ça c'est vraiment dur
maintenant ça y est j'ai pu qu'à piocher
à m'amuser, choix de riches
problème de riches comme on dit voilà
et donc voilà donc je joue
quand même finalement je l'ai joué assez simple
c'est à dire que je fais
ce qu'on pourrait appeler mes golds
c'est un peu bizarre donc à la riturnelle
roche etc bon bah bien sûr
et puis quelques morceaux
du nouvel album alors il y a
des versions qui sont proches
notamment dans mes anciennes chansons
très proches de leur version d'origine
et puis d'autres morceaux que je me permets
vraiment de transformer
d'on est un petit peu ailleurs
pour surprendre un peu les gens
et on pourra te voir entre autre date
au festival Will of Green le vendredi
5 juin alors sages que s'il y a une folle
qui passe devant la scène en débardeur sur Cochonville
tu me reconnaitras
ce sera moi
je rappelle donc que l'album est dispo
il s'appelle Kiss the Beast merci mille fois
c'est bastien telier d'être passé par ce studio
merci à toi
et on se quitte avec Balon de tes derniers choix
Michel Colombier Emmanuel
alors si j'ai bien compris
Michel Colombier c'était l'arrangeur
de films
qui vont des films de Michel Deville
à Purple Rain pour Prince
il a fait Purple Rain je savais pas
mais je sais qu'ils aient aussi beaucoup
d'habillage pour la télé etc
et ce morceau que je vous propose
c'est justement la musique de nuit
j'imagine de France 2
ça s'appelait comme
c'était pas le même nom à l'époque cette chaîne
Antenne 2
ça s'appelait Antenne 2
et voilà quand les programmes se terminaient
il y avait un très joli dessin animé
et ça c'est la musique qui l'accompagnait
et c'est vraiment une musique qui me boule ouvert
c'est vraiment des plus belles musiques qui existent
Michel Colombier Emmanuel
pour Clair ce nova le soir
nous avons rendez-vous demain à 20h avec Félix Moati
et tout de suite vous
et moi aussi j'avoue avec la matinale de la nuit

A poursuivre

Vous aimerez aussi

Autres episodes proches

Yamê : crash-test, Stromae et live exclusif

Podcast · Nova le soir

Yamê : crash-test, Stromae et live exclusif

Dans Nova le soir, Yamê est venu nous faire écouter ses morceaux à l'occasion de la sortie de son album, il nous a parlé de ses inspirations comme Stromae et d…

Articles lies