disiz : “on s’en rappellera pas”, l’album qui ne s’oublie pas

disiz : “on s’en rappellera pas”, l’album qui ne s’oublie pas

Nova le soir • 24/11/2025 • 40:11

Au programme du Score : disiz revient avec on s’en rappellera pas, un quatorzième album magistral où shoegaze, électro, french touch et chanson se croisent pour raconter le présent avec urgence et liberté. Entre émancipation artistique, récits intimes, références pop et collaborations XXL (Kid Cudi, Théodora, Iliona…), il dévoile un artiste décomplexé, inventif et pleinement lui-même. Disiz répond aux questions de Charline Roux.
Côté actualité culturelle, L’Espoir fait rire paraît chez Glénat : un livre solidaire imaginé par Camille Besse, réunissant 136 dessins drôles et sensibles signés par de grands noms de la BD. Avec deux textes de Zabou Breitman et Doully, l’ouvrage reverse 100 % de ses bénéfices au Secours populaire.

Transcription

Remonter le temps à l'Atelier des Lumières est viver une expérience immersive hors du temps.
Léonard de Vinci, Raphaël, Michel-Ange, les chefs-d'œuvre des grands maîtres
prennent vie en lumière, en musique et en mouvement.
Renaissance, un voyage fascinant au cœur de l'époque qui a changé notre regard sur le monde.
Réservation sur atelier-lumières.com
Radio Nova
Le score du bon son de la conversation sur Radio Nova avec Charline Roux.
Bienvenue dans le score, un épisode d'eau extrêmement musical,
puisque c'est Dixis qui vient nous parler de son nouvel album, on s'en rappellera pas,
et partagez sa playlist, on le retrouve juste après l'actu du jour.
Le score, l'actu du jour.
Coup de projecteur aujourd'hui sur un petit bouquin pour une grande cause
et avec des artistes de grande qualité.
L'espoir ferri, et on est le titre, c'est publié chez Gléna
à l'initiative de la dessinatrice de presse Camille Bess,
par ailleurs bénévole au secours populaire.
Elle a donc réuni quelques-uns de ses éminents collègues
pour proposer 136 dessins, évidemment drôles, mais pas que,
parmi les auteurs rassemblés entre autres.
Bousar, Cambon, Soulesier.
La couverture est signée Catherine Meurice,
Zabou Bretman et Doulis, il signe deux très beaux textes.
Je vous livre ici un extrait de celui de Doulis.
C'est fou comme le jugement des autres peut être écrasant.
Parfois le regard d'un voisin, d'un proche ou même d'un inconnu
est plus lourd apporté que la précarité elle-même.
C'est dingue ce concept de juger l'autre,
alors qu'au fond, on sait très bien qu'un jour,
ça pourrait aussi nous arriver.
Peut-être est-ce justement cette peur qui nous pousse à juger ?
Tout le monde a le droit de chuter,
tout le monde peut ou est susceptible de tomber.
Et bien souvent ce sont ces chutes-là
qui se transforment ensuite en magnifiques ascensions,
peut-être même les plus belles.
Encourager quelqu'un à se relever,
s'émiser sur le beau, sur le puissant,
c'est croire en la résurrection d'un être humain de son vivant.
Et ça, c'est le plus beau des cadeaux.
Le reste est à découvrir dans l'espoir fait rire.
12,50 € séparue chez Gléna
et je précise que 100% des bénéfices
sont reversés au secours populaire.
On a appris sa disparition aujourd'hui.
Alors hommage musicale ce soir à Jimmy Cliff,
on écoute You Can Get It If You Really Want.
Par où commencer ?
Bon, la musique, allez !
14 albums en 2050,
elle est le palmarès de mon invité,
mais comme je ne suis pas une fille de chiffre,
un langage que je maîtrise assez mal,
bon banquier pour à vous le confirmer,
j'ajoute à la quantité, une grande diversité,
une qualité d'écriture insensée,
il n'a pas ailleurs publié deux romans,
une ouverture musicale à 360 degrés,
bref, la qualité.
Un artiste cinéphile aussi,
j'ajouterai en témoigne le grand soin,
apporté à ses clips et des titres référencés
du genre This Is Un Cain ou This Is He La.
D'ailleurs, le cinéma lui a aussi tendu les bras
et je vois donc de recevoir pour son nouvel album
au titre un brin provocateur,
on s'en rappellera pas, publicité grandement mon songeur,
je vous le dis tout de suite.
Il a été la peste Peter Funk à annoncer
This Is The End,
moi je pense que ce qui lui va le mieux,
c'est This Is It,
point, parce qu'il le vaut bien.
Bonjour, This Is He La.
Ouais, merci beaucoup.
Ouais, avec plaisir, bonjour.
Et merci de passer par ce studio.
Je parlais de ta cinéphilie,
si on s'en rappellera pas,
devenez un film,
tu voudrais qui pour le réaliser ?
Moi.
Ah, il y a toujours cette ambition-là ?
Ah oui, plus que jamais.
C'est mon premier amour le cinéma,
c'est juste par déterminisme que j'en ai pas fait.
Ouais.
Parce que c'était plus évident de faire de la musique
quand j'avais 15 ans dans les années 90,
parce que j'avais pas trop de référents
ni devant ni derrière la caméra.
C'était exceptionnel,
des Eloise Hickton,
les Spackley et en France,
des jeunes comédiens d'origine rebeux.
Mais c'est mon rêve ultime, ultime,
parce que ça contient tout,
l'écriture, la musique, l'image.
Enfin, c'est ce que je veux faire,
c'est ce que je vais faire.
Mais de toute façon,
enfin j'ai l'impression que tu envisages
tous tes projets comme un projet global.
Ah, toujours.
Avec tout dedans.
Toujours, c'est l'art total.
Les images le sont.
Toujours.
Mais tu es d'accord que ça fera un super bon film,
cet album.
Bah j'espère.
Ouais, j'en suis persuadée.
On va en parler dans un instant de cet album.
Comme à chaque invitée,
je t'ai demandé de choisir 6 titres
dans les playlists de Nova
pour démarrer.
Bah ce sera Fals,
My Number, on l'écoute
et on en parle juste après.
Le score.
Jusqu'à 20 heures.
Sur Radio Nova.
Fals sur Nova,
My Number, dans la playlist de D-6.
Pourquoi Fals ?
En fait, je ne sais pas,
en quelle année s'est sortie ce titre-là,
si on peut regarder.
En tout cas, c'est la même époque
que Vampire Weekend.
2013, me souffle tant pas du toit le rillette.
Voilà.
Littéralement, à travers le studio, c'est Paul.
Donc c'est à peu près la même année
que Vampire Weekend,
que Phoenix,
quand ils ont eu leur gros, gros, gros succès.
Et en fait,
c'est espèce de turnover
comme un vinyl,
où parfois c'est telle musique,
telle musique, telle musique.
Et depuis pas mal d'années,
c'est le rock et le rap
pour aller très vite, qui se tire la bourre.
Bah moi, j'ai pris ce play-là du rock à ce moment-là
parce qu'il était mélangé avec plein de choses.
Quand j'écoutais justement The Fals,
la manière de jouer,
je n'ai pas le nom du guitariste,
mais ça m'évoque,
les guitares africaines comme Vampire Weekend
et une espèce de dextérité
vraiment pic et précise.
Et dès qu'il y a du mélange vertueux,
c'est ce que se recherche dans la musique.
Et du coup, Fals,
ça fait partie des groupes
qui, à cette époque-là,
m'ont complètement envouté.
Tu dirais qu'il y a parfois des mélanges assez peu vertueux ?
Ça arrive des fois que c'est...
Appropriation.
Ouais, appropriation, exactement.
Je pensais pas à ça, mais très juste.
Ou parfois juste,
c'est des mélanges comme avec un plat
où tu mélanges des sauces
qui vont pas ensemble.
C'est ça, l'ambition de la cuisine fusion.
Et non, ça ne marche pas tout le temps.
Parfois, c'est à côté.
Il y a une question rituelle dans cette émission.
Quelle place prend la musique dans ta vie de tous les jours,
celle que t'écoutes,
pas celle que tu fais ?
Oui.
Elle est capitale et omniprésente
depuis que j'ai des souvenirs par rapport à la musique.
Donc quand j'avais 4, 5 ans,
c'est vraiment une culture qui ne m'a jamais quitté.
Et voilà.
Donc c'est omniprésent,
tout le temps, tout le temps, tout le temps, tout le temps.
Quand tu vas pas très bien,
est-ce que tu es du genre à écouter des playlists hyper joyeuses
pour te remonter le moral rapidement ?
Ou au contraire,
laisser la chance de s'effondrer et des playlists
genre méga tristes histoire de sourdrer en beauté ?
Non, je pense que je n'ai pas ce rapport-là à la musique
parce que je fais de la musique.
Donc quand je ne vais pas bien, je fais de la musique.
Donc du coup, je ne vais pas chercher
chez d'autres artistes, une catharsis.
Je l'incarne.
Tu vas tout seul, très bien.
Dans un instant, on écoute Mélodrama,
puisqu'il n'y a aucune bonne raison de ne pas le faire,
que ce sera juste après la pub.
Le score, 18h30, 20h,
sur Radio Nova.
Dixies, Théodora, Mélodrama.
Sur l'album, on ne s'en rappellera pas,
toujours en présence de Dixies.
Je voulais te demander, est-ce que tu sais,
quand tu enregistres un titre comme Mélodrama,
que tu tiens un morceau avec un potentiel
aussi énorme et qui va résonner à ce point-là ?
Est-ce qu'on le sait au moment où on le fait ?
On ne sait jamais dans ces dimensions-là.
Mais là où Ford, de 25 ans, de carrière,
et surtout d'avoir essayé de chercher ma ligne,
mes convictions en dehors de tout format,
ça a été très dur pendant longtemps.
Mais parce que je n'ai pas cédé à ça,
je pense qu'aujourd'hui, j'ai cette faculté-là
à me faire tellement confiance quand je suis en studio,
peu importe ce qui va se passer.
C'est-à-dire que même si Mélodrama n'avait pas été ce hit-là,
je savais que c'était Ford dans tous les cas.
Et si c'était que dans mes concerts à moi, ça me suffisait.
Mais je savais que c'était de la dynamite.
Pas comme ça, mais je le savais.
Mais là, il y a carrément un extrait du texte
qui est passé dans le langage courant.
Moi, je l'entends régulièrement chez moi.
Je suis comme un son que tu n'aurais pas chasam.
C'est assez fou, en fait.
Oui, ça, c'est vraiment une phrase que j'ai depuis au moins,
parce qu'on avait ce jeu-là justement
pour se faire découvrir de la musique.
Par exemple, on sociabilise, on se connaît pas.
Et puis, tout de suite, je dis « vas-y, fais-moi le jeu ».
En gros, c'est que tu me fais écouter des titres.
Et puis je dis honnêtement,
si j'aurais chasam ou pas les titres que tu me fais écouter.
Et si j'avais chasam ce titre-là,
tu m'en fais écouter un autre.
Et après, on tourne le truc comme ça.
Et j'ai fait une métaphore avec les relations humaines.
J'ouvre des guillemets, lus sur Instagram.
« Meilleur entrée de couplée depuis longues times ».
Faudra que je raconte un jour
ce que j'ai vu de la puissance de Theodoras.
C'est une phrase de Dixie.
Theodoras, elle a 21 ans, si je dis pas de bêtises.
Elle arrive en studio, on écoute mon album.
Et après, on se revoit en studio
parce que je lui ai invité sur mon disque.
Et elle m'a évoqué notre manière de faire,
de moi, un mec de 47 ans
qui avait 15, 20 ans dans les années 90,
ou c'était une autre époque.
Donc, tu avais la chance d'aller en radio
ou d'avoir un espace en studio.
Et tu pouvais pas enregistrer chez toi.
Ça veut dire que c'est comme les américains,
quand tu viens, le temps, il est précieux.
Donc, t'écris vite, tu poses vite.
C'est one drop, comme on dit.
Et la génération de Theodoras, ils ont pas ça
parce que tout est facilité, les home studios, les trucs et tout.
Sauf qu'elle, son nom boss lady, elle le porte vraiment pas pour rien.
Elle m'a absolument impressionnée
parce qu'elle avait la même fou que moi quand j'avais 20 ans.
C'est-à-dire qu'elle arrive en studio,
elle écoute 30 minutes,
elle écrit en 30 minutes et elle pose en 30 minutes.
C'est-à-dire que la puissance de ce qu'elle a fait
là-là, c'est sans effort, c'est sans effort.
Et c'est pour ça qu'une artiste comme Theodoras,
c'est un phénomène et qu'on ne peut pas la comparer
à d'autres trajectoires, d'autres artistes,
un artiste en développement, je sais pas quoi et tout.
C'est au-delà de toutes ces questions-là.
Elle est prête.
Ah ouais, elle est calibrée, c'est une star genre, c'est une star.
Et après, j'ai vu plus loin,
à part après des TikToks qu'elle avait fait il y a quelques années
où tu sens déjà qu'elle chante de fou,
qu'elle a une attitude de fou, c'est un phénomène.
C'est vraiment un phénomène, vraiment.
Le titre de cet album, on ne s'en rappellera pas,
il a été très largement commenté.
En même temps, c'est le meilleur moyen de se prémunir
contre l'oubli, ce genre de titre.
C'est un album préoccupé.
Oui, mais comment ne pas l'être à l'époque de la pénurgie ?
Bien sûr.
Mais en quoi le titre résonne avec tes préoccupations ?
Parce que, en gros, j'arrête pas de le dire,
mais bon moi, j'ai grandi dans les années 90.
Donc, j'étais à l'école,
et puis à l'école, on m'a appris les horreurs de la guerre,
de la Première Guerre mondiale, de la Seconde Guerre mondiale,
avec les atrocités que l'être humain a été capable de se faire à lui-même.
Et je n'aurais jamais pensé que dans ma vie d'adulte,
je vivrais à une époque où sur des parties de la Terre,
le monde est à feu et à sang,
et fait écho à des choses abyssal qui nous terrorisent tous.
Jamais j'aurais pensé ça.
Et du coup, ma réponse à ça, c'est qu'on ne se rappelle pas
des leçons de l'histoire et de ce qu'on a appris,
parce qu'on est capables de se retrouver dans les mêmes impasses
et encore plus renforcer par rapport à une époque
où les téléphones sont omniprésents
et que maintenant on ne se souvient plus des choses
parce qu'on les a vécues, on se souvient des choses
parce qu'on a une photo et un repère dans notre téléphone.
Et dans lequel on est.
Et dans lequel on se préforce.
Exactement.
Du coup, moi, c'est un déchirement pour moi,
parce que je ne fais pas de jeunisme.
J'ai l'âge que j'ai, j'ai 47 ans.
Il y a une partie de moi qui est adolescente
puisque je découvre des choses à cet âge-là
puisque je ne les ai pas vécues à 20 ans,
mais j'ai quand même 47 ans de vie sur cette planète.
Et il y a des choses qui sont très, très, très inquiétantes.
Notamment l'amnésie collective par rapport au mal qu'on se fait
et par rapport à un monde d'avant où il y avait des choses bien
et qu'on passe dans quelque chose qui, moi, me semble moins bien.
Je me suis demandé quel était ton rapport au présent
parce que ton alias, DCIS, ça indique quand même une forme d'instantanéité.
DCIS, c'est tout de suite et maintenant, quoi.
C'est ça.
Mais moi, j'ai un rapport autant qui est très marginal
parce que je peux me le permettre
et parce que c'est un cliché d'artiste, mais c'est la réalité.
Je vis de la musique,
même si ça a été dur parfois dans des séquences de vie extrêmement compliquées.
Mais j'ai un rapport autant qui est de toute façon très poétique, j'allais dire.
C'est-à-dire qu'effectivement, le passé,
c'est une source d'inspiration pour tout un tas de choses.
Mais j'ai déjà annulé le futur plusieurs fois dans ma vie
par rapport à mes choix artistiques, genre peu importe ce qui va se passer.
Je ne me projette pas dans un succès ou une réussite.
Je fais ce que je ressens maintenant.
Mais c'est concret, c'est pas des phrases de philosophe grec et tout.
C'est juste que c'est appliqué à ma propre vie.
Je vis maintenant, je fais des choix maintenant.
On verra ce qui va se passer, mais ce n'est pas très important.
C'est ce que je vis maintenant.
Du coup, tu as vraiment très, très bien choisi ton nom, pour le coup.
Bah oui.
On ne peut pas faire mieux.
Nouvelle pose musicale, non pas pose.
Nouveau choix, en fait, parce qu'on explore ta playlist également.
Frank Ocean, Thinking About You, pourquoi lui ?
Parce que je pense que, à ce jour, c'est le dernier artiste hyper libre,
hyper talentueux, l'artiste totale dont on parlait.
Moi, c'est l'affiliation avec Prince.
C'est des artistes, c'est des monstres.
C'est des monstres.
Et il sait se faire attendre.
En plus.
Le score sur Radio Nova.
Try, try, try, this is featuring Kid Cudi sur ton nouvel album.
Rien que ça.
Ouais.
Je sais bien parce que c'est vraiment le genre de phrase
qui ne nécessite pas d'en rajouter derrière avec Kid Cudi, ouais.
Et il y a quoi maintenant ?
Il y a quoi ?
Dans la liste des guests, c'est assez folle.
Il y a Kid Cudi, il y a Ilona, il y a Theodora.
On l'a entendu il y a un instant.
Zoé, Marshall, Prinsley, Laurent Bouzzi.
Bah ouais.
On ne s'interdit rien.
Bah non, que des gens que j'aime, qui m'inspirent,
sans j'allais dire, il n'y a pas de...
Evidemment, il y a des noms aussi.
Laurent Bouzzi et Kid Cudi, c'est incroyable dans l'ename dropping.
Mais un artiste comme Prinsley.
Moi, je serai pas là sans cet artiste-là.
Prinsley pour resituer, c'est un compositeur qui vient de Belgique
et qui a fait toutes les grandes oeuvres et les grands instruits de Damso.
Et pour d'autres aussi, pour lui, c'est aussi un artiste et tout ça et tout.
Mais c'est mon frère, vraiment, c'est mon frère.
C'est quelqu'un qui m'a appelé après Dixie Zilla,
quand personne parait un copèque sur moi
et qui m'a dit, j'étais vraiment au fin fond de la dépression,
et qui m'a dit, c'est une vie en vente studio.
C'est lui qui me réactive.
Et après, sur l'amour aussi, qui amène des puissances comme beau garçon
et tout ça.
Et là, sur ce disque-là, le morceau qu'on a afin, c'est phénoménal.
14e album, je le disais, 20 pistes,
alors qu'il navigue entre des styles différents, variés,
en sens qu'il n'y a pas de cloison.
Mais est-ce qu'il y a eu une forme de cheminement ?
Oui, le cheminement, c'est marrant.
J'ai fait un graphique, un moment autour de ce disque-là,
où j'avais vraiment fait les espèces de lignes
quand les gens, ils vont à l'hôpital, où on voit le tout,
tout.
Et j'ai fait un chemin comme ça,
qui suivait à la fois la fréquence émotionnelle,
donc les ups et les downs de la dépression, de tout ça et tout.
Et en même temps, par rapport à la prise de substance,
quand tu fumes de la beuh et tout ça et tout,
pareil, tu as des espèces de montée, de descente et tout.
Et j'ai suivi le cheminement que j'avais, c'était ça.
Peu importe dans quel esthétique sonore on allait être,
le curseur émotionnel où est-ce qu'il se situe.
Ça, ça m'a suivi pendant longtemps.
Et l'album, il est constitué comme ça.
Si on écoute, tu as des montées, des descentes,
des lendemains de fête, des bads, des interludes qui appellent la suite.
Exactement.
C'est vraiment cinématographique.
Absolument.
J'ai noté que dans les crédits, on peut lire parole, musique, mélodie.
C'est pas systématique de créditer à la mélodie.
C'est-à-dire, toi, tu signes parole, mélodie,
la musique, c'est encore différents collaborateurs.
Mais alors, comment est-ce que tu procèdes ?
En fait, soit c'est parfois des mélodies qui viennent de moi,
où je prends une petite note et puis je l'envoie au compositeur.
Par exemple, ça s'appelle la mère qui a été composée par Emmanuel Camille.
J'avais un petit début de truc qui ressemblait vaguement à ça.
Et après, Emmanuel Camille s'en est emparé
et il a composé ça.
Et après, j'ai écrit dessus.
Par exemple, sur Mélodrama, pareil.
C'est-à-dire qu'on m'a proposé quelques accords qui me plaisaient.
J'ai modifié un ou deux accords sur ces accords-là.
Et puis, j'ai eu cette mélodie.
Et donc du coup, la mélodie, elle est extrêmement importante.
Bien sûr.
C'est pour ça que je...
que je... dans les dépôts au sac sème,
pour être très très très précis.
En fonction de la puissance de la mélodie,
eh bien, je dis, bon, là, la mélodie, elle est vraiment importante.
Donc, elle prend une part de compo.
Mais c'est-à-dire que tu procètes par exemple par note vocale.
Tu as la mélodie, tu l'enregistres.
C'est ça.
Par note vocale ou quand on est en studio,
il y a des accords qui sont posés.
Et pareil, voilà, je cherche une mélodie, je pose dessus.
Et puis, le fait que je suis en studio et que je verbalise ma mélodie,
ça inspire le musicien qui est en train de faire son truc.
Donc, c'est vraiment un briquet.
C'est vraiment entrelacé.
C'est un album qui a aussi la particularité d'avoir été fabriqué entre Bruxelles,
Amsterdam, Paris, Fréjus, La Réunion.
Est-ce que tu dirais que les lieux ont une influence sur ton travail ?
C'est un endroit.
Capitale.
C'est capital pour moi.
J'ai besoin d'être dans un atelier
et d'être dédié à ce que je fais et de me couper du temps et de mes obligations.
Parce que je cherche vraiment à être en dehors de la réalité quelque part
pour mieux en parler, pour mieux en parler avec mes mots.
Donc du coup, oui, j'ai besoin de me déplacer, de vivre des choses,
d'être avec des humains.
J'ai vraiment un rapport au groupe pour moi, à faire de la musique.
Moi, j'aurais rêvé d'avoir 15, 20 ans dans les années 70 et faire partie d'un groupe.
Et d'être anglais, donc, a priori, plus tôt.
Ouais, d'être anglais, ouais, c'est sûr.
Bah, si tu veux faire du rock, en tout cas, comme disait John Lennon,
on lui demandait la question, que pensez-vous du rock français ?
Il a dit le rock français, c'est comme le 20 anglais.
Malheureusement.
Mais du coup, oui, c'est l'aspect collectif qui me plaît,
qui me galvanise.
Tout l'album est super, vraiment, je le dis.
J'ai une chanson préférée.
Est-ce que j'ai le droit de la partager ?
Pour moi, c'est la plus jolie, c'est celle-ci.
On s'en rappellera pas.
Alors, je le dis, les hommages aux mamans, c'est mon soft spot dans la musique.
Vraiment, mais celle-là, elle est particulièrement réussie.
Elle est née comment ?
Elle est née d'un voyage à Amsterdam,
où j'étais parti avec Théo, Emmanuel Camille et Clément.
Je cite leur nom parce que c'est ceux qui ont fait cette musique avec moi.
Et puis voilà, Amsterdam, Monsballah, sa film d'Ewen,
tout ce qu'on veut et tout.
Et un moment, j'atterris au riche que Muséhomme,
qui est l'équivalent du Louvre, devant le portrait de Napoléon.
Je ne savais pas qu'il était là, c'est un des portraits les plus connus.
Et on n'est pas loin du 7 octobre et de tout ça.
On n'est peut-être deux mois après.
Et je suis bouleversé de ce qui se passe dans le monde.
Et forcément, je fais un lien avec Napoléon, les guerres, les atrocités,
le fait d'avoir remis l'esclavage, le statut mineur de la femme dans le Code civil.
Enfin, tout à un truc.
Et je vois ce portrait qui ne correspond pas à la réalité historique
ou qui correspond en partie.
Et je vois ce portrait-là.
Et je suis absolument bouleversé et frappé des nouvelles du monde.
Et je me dis, ma mère aussi qui a beaucoup souffert et tout,
elle n'a pas un portrait comme ça.
Et je me dis, je vais faire un portrait de ma mère.
Et donc, je fais un portrait de ma mère.
Ma mère, c'est un éléphant.
Et à la fin, dans les couplets, je fais un portrait des femmes, des femmes et des enfants.
Mais ce n'est pas un truc misérabiliste, c'est au contraire.
Non, c'est une hyper belle chanson.
C'est-à-dire que c'est la puissance réelle, concrète, ancestrale, millénaire des femmes
qui m'ont éduqué.
Ce n'est pas, maintenant, c'est à la mode de dire ça.
Et tout le truc, moi, ça fait longtemps que je déconstruis.
Déjà, sur mon premier album et tout, je me sens légitime de le dire.
Et c'est la réalité.
Mes plus grands exemples de forces, ce sont des femmes et de la force concrète,
réelle, physique, psychologique, tout ce que tu veux.
Et mes plus grands exemples de l'acheter, ce sont les hommes.
Donc forcément, quand je vois ce portrait de Napoléon,
c'est plus beau aux atours, MDR pour moi.
Ça, on s'en rappellera.
Voilà, c'est en ça que je disais que ce titre d'album est vraiment
extrêmement mensongé.
On continue de parler de cet album.
On va aussi faire un petit tour dans ton imaginaire, si tu le veux bien.
Oui, c'est hyper prétentieux de dire comme ça.
J'adore faire ça.
On écoutera aussi Time Impala.
Ce sera juste après la pub.
Le score.
Sur Radio Nova.
Nova.
Time Impala sur Nova et Time Impala dans la playlist de D-6.
Oui, j'aime beaucoup cet artiste parce que tous les artistes singuliers
qui ont leur propre son, leur propre univers, c'est des artistes qui me parlent.
Il n'y a qu'un Time Impala.
C'est-à-dire qu'on dit, là, il a voulu faire du Time Impala.
Mais on ne dit pas Time Impala, il a voulu faire du si et du ça,
même si ça se perd de toute un tas de choses.
Tu peux faire des liens avec MGMT, tu peux faire des liens avec les Stones,
avec tout ce que tu veux.
Mais il a trouvé son joue, ce qui fait que c'est sa signature.
Non, mais c'est fait partie de ces artistes où juste une mesure et tu sais.
C'est ça, il n'y a pas de doute.
Exactement.
Tu es très sensible à ce genre d'artiste.
Je suis très sensible, comme Stromae, par exemple.
Stromae, c'est une signature.
Quand il est arrivé, tout le monde disait,
« Ouais, je veux faire des Stromae, je vais faire un truc à la Stromae,
sauf qu'on se rappelle de Stromae, on ne se rappelle pas de ce qu'on voulait
imiter du Stromae ».
Je le disais, j'ai préparé quelques petits extraits de films, de choses,
comme ça, et normalement, ça devrait évoquer d'autres trois trucs.
Qu'est-ce que tu es prêt ?
Let's go.
A patient man.
Can I help you ?
Yes, I'd like a ham and cheese, womlet, wamp fries.
I'm sorry.
We stop serving breakfast at 11.30.
J'étais obligée.
Incredible. Falling down.
Je suis clé pour Joel Schumacher, c'est en 93 avec Michael Douglas,
et toi, ça a eu les effets qu'on connaît aujourd'hui.
C'est-à-dire qu'il y a eu deux choses.
Il y a eu ce film-là, et en même temps, un album de Red Man,
je pense que c'est le second album de Red Man,
où ça râpe de fou, ça se met dans la peau d'un braqueur,
et moi dans ma tête, dans le mec qui avait 18 ans à l'époque,
c'est-à-dire que j'ai l'image et le son d'une espèce d'urgence de vie
qui me fascine et qui me remplit.
Du coup, je fais un morceau.
Il y a un petit de mon quartier qui s'appelait Bakary,
qui disait toujours avec sa tête de Manawa,
ça me fait péter les plombs.
Du coup, boum, j'ai pris ça.
Comme ils disent aujourd'hui, les jeunes, j'ai Weepin,
et j'ai fait un titre de fou.
Est-ce que tu as l'impression qu'il t'a échappé à un moment,
ce titre-là ?
Oui, il m'a échappé, mais c'est marrant,
c'est pas rapport à l'image.
Pour moi, quand je fais ça, c'est pour une mixtape,
à l'époque et tout.
Justement, je suis le fruit de Radio Nova,
parce que j'écoute DJ Clyde,
et tout ça, genre ça vient, ça rap et tout.
Rap des années 90.
Donc je le fais pour une mixtape, c'est truffé de gros mots.
À aucun moment, je me dis que ça va être un tube
et que ça va rentrer en radio.
Du coup, c'est ce qui se passe.
Et après, l'industrie, tu rentres dans l'industrie
qui est une moissonneuse batteuse,
et du coup, tu dois produire un clip.
Pour produire un clip, moi dans ma tête,
j'ai les références de Joel Schumacher.
Je vais mettre des vrais guns et tout.
Ça va être cinéma, sauf qu'on me dit non.
Pour passer à la télé, tu peux pas mettre des guns.
Donc, ça part dans l'urgence,
avec des trucs un peu cartounaises,
qu'une grosse massue et tout.
Du coup, ça me donne une image de rappeur marrant.
Et je passe des années à ramer,
à dire je ne suis pas que ça.
Non, non, bien sûr.
Il y a un vrai sujet, en plus, dans cette chanson.
Bien sûr.
Comme il y a un vrai sujet dans ce film.
C'est un vrai truc de désespérance absolue.
Exactement.
Et ce qui est marrant, c'est que moi, à l'époque,
je ne m'en rends pas compte
que cet aspect-là me touche aussi.
Juste, je suis dans un mec qui délire
et qui raconte trucs.
Mais dedans, ça parle de guerres de quartiers.
Dans le troisième couplet,
ça parle de précarité,
ça parle de tout un tas de choses.
Et de sociétés de consommation,
de consommation, pardon et tout.
Il est bien ce lapsus, moi, je crois.
Consumation.
C'est vrai.
Et du coup, je ne me rends pas compte,
mais c'est déjà des sujets qui me touchent.
Je n'ai juste pas encore le recul
pour comprendre pourquoi ça me touche.
Mais ça infuse déjà mon propos.
Extrait suivant.
Captain Trois Rivières.
Captain Trois Rivières ?
Il y a une vanne impugée ou pas ?
Quoi ?
Non, c'est la citant de Captain Canada.
C'est marrant, je voyais plus grand.
Moi, j'étais sûr que vous étiez des pecnots.
Alors ça, c'est typique des mecs qui viennent
de la ville, quoi.
Dès qu'il n'y a pas de blining autour,
ils traite tout le monde de pecnots.
C'est dommage comme comportement.
Vous êtes venu pour nos aider ?
Bah non.
Tu me cherchais du fromage à raclette,
tu vous en restes, non ?
J'ai une passion pour cette série.
Je veux dire, au corps,
placérée de Simon Astier,
donc Guy Captain Trois Rivières
et pendant aussi au nom de
Paul McCartney.
Exactement Paul McCartney.
Bah c'est une proposition justement
de Simon Astier à l'époque
qui appréciait ma musique
et qui savait que j'avais des envies
de cinéma
et donc qui m'a appelé
pour interpréter ce personnage-là
de super-héros complètement pourri
et ça m'a fait rire à l'époque.
Mais avec une particularité
par rapport aux autres super-héros
un peu défaillants,
c'est que toi, le tien,
il est en costume en fait.
Exactement.
Le vrai costume de super-héros,
il faut y aller.
C'est ça.
Il ressemble un peu au costume
dans je ne sais plus
quel film de Pixar
ou Time.
Les indestructibles.
Exactement.
Il ressemble un peu au costume
du renoi
de ce personnage-là et tout.
Ah ouais, qu'elle kiffe
de jouer ça.
Extrait suivant.
Si vous vous contentez d'écouter
l'émission
et de ne pas la regarder
sur YouTube,
vous n'avez donc pas vu
dix-six lever les deux bras en l'air.
Adam Sandler
dans Punch Drunk Love
de Paul Thomas Anderson,
c'était en 2002.
Pourquoi est-ce que ce film
de poursuit ?
Parce que je parlais
d'art total tout à l'heure
et c'est-à-dire
que ce film-là,
il m'a complètement...
En tant que je me tape du cinéma
mais celui-là m'a complètement
envahie
parce que tout est précis.
La musique,
les costumes,
le sens des plans,
pourquoi ?
La métaphore sur l'amour.
Ce que ça veut dire
viscéralement
d'aimer quelqu'un
et que
l'amour te tombe dessus,
quelle puissance
ça te donne Punch Drunk Love.
C'est magistral
de tout,
du jeu,
c'est ce que je veux faire
au cinéma,
c'est ce que je regarde.
Mais je me suis demandé
si le film t'avait pas aussi marqué
parce qu'on y voit
quelqu'un
à un endroit
où on ne l'attend pas.
En l'occurrence, Adam Sandler
qui à l'époque
enchaîne les comédies potaches
et là, d'un seul coup,
on réalise
qu'il peut être
à cet endroit-là aussi.
Extrêmement,
c'est ça,
extrêmement touchant.
Parce que toi,
tu t'arroges toujours
pour être à l'endroit
où on ne t'attend pas.
Oui, bien sûr,
puis je me reconnais
énormément dans le personnage
qui est dépressif
à la mort
mais qui ne perd pas espoir,
qui se bat
et surtout qu'il y a
un espèce
d'handicap
des relations humaines.
Moi, je suis un peu comme ça.
Et du coup,
tout est...
Enfin, ça m'a transpercé
ce film-là
et je l'ai décortiqué,
je le regarde,
je le montre aux gens
que j'aime.
Est-ce que, par exemple,
si des gens de temps d'entourage
t'annoncent qu'ils n'aiment pas
ce film,
ça devient
un red flag,
genre, c'est terminé.
On ne peut pas être amis.
Non, je ne suis pas comme ça.
Bon.
Non, non, non, je ne suis pas comme ça.
Dernier extrait.
Un homme,
lui-même,
n'est rien.
Et il n'y a pas de monde
pour celui-ci.
J'ai vu un autre monde.
Parfois, je pense que c'est
juste ma imagination.
Sean Penn, Jim Cavisall
dans la ligne rouge
de Terrence Malik.
Pareil.
Alors, ce n'est pas
tant pour le film
que pour le réalisateur
que j'ai choisi cet extrait
parce que je crois qu'il a
très fortement marqué ton
effort.
Déjà, c'est quelqu'un
de très spirituel
qui, à la base,
Terrence Malik voulait être
prêtre.
Si je ne dis pas de bêtises,
il a perdu son frère
si je ne me trompe pas.
Et tu sens
dans son cinéma
cette pesanteur spirituelle
partout dans tous les plans,
particulièrement dans
ce film-là,
la Lume Rouge
qui parle de la guerre.
C'est un,
oui,
c'est un réalisateur
qui me...
moins ce qu'il fait après
parce que j'ai l'impression
qu'il est rentré dans
une espèce de recette
de ce qu'il fait.
Il y a une certaine fois
il y a une certaine forme
de maniérisme,
même si j'ai pas tout vu
dans les derniers.
Mais voilà,
que ce soit Badlands
ou Les Moissons du Ciel,
c'est...
Enfin,
c'est vraiment
le summum de l'art
filmique pour moi
parce que c'est
hyper sensoriel,
c'est très beau.
T'es un contemplatif.
Ah bah exactement.
C'est le mot.
C'est le mot.
Ouais, c'est vrai
que je suis un contemplatif
pas.
C'est pour ça qu'il y a
toujours la mer,
dans mes disques,
tout ça.
Il y a un moment
que je vais chier,
je vais regarder la beauté
de la création,
forcément.
J'ai choisi
le titre suivant
pour toi
parce que je crois
que ce chanteur fait partie
de ton top 3,
je veux dire,
Marvin Gaye.
Voilà.
On écoute
What's going on
avec Charlene Roux.
Diangelo sur Nova,
how does it feel,
le choix
de This Is?
Ouais,
Diangelo.
Validé par Prince.
Petite tristesse
à l'évocation de son nom.
Ouais, après,
justement,
la puissance
des films
et des peintures
et des,
enfin,
des artistes,
c'est que
moi,
je le connais pas,
Diangelo.
Donc,
ça ne me peine pas
qu'il soit
parti
parce qu'il n'est pas
parti
parce que sa musique
est là.
Donc,
ça me...
heureusement,
il nous a laissé ça.
C'est ça qui est fort.
Donc,
en fait,
la musique
et la trace
que ces gens-là
laissent
dans ton ambition
de faire de la musique
à un endroit
l'ambition d'être immortelle?
Non, justement,
c'est quelque chose.
C'est pour ça aussi
que j'appelle mon album comme ça.
Ouais.
C'est-à-dire qu'à un moment
dans les conversations
que j'ai avec les gens
avec lesquels je travaille,
il y a quelqu'un qui m'a dit
quelqu'un que j'ai apprécié
normalement pour ne pas
le citer PL
de Pedro Booking
qui me dit
mais t'as pas peur
que ça fasse prétentieux
d'appeler un album
où tu t'as mis la déterre,
t'as tout mis,
tu sais très bien
que c'est un truc d'ouf,
c'est pas...
c'est pas du tout cet angle-là
et c'est pas ça qui est important,
c'est ce que je disais
même par rapport à la construction
de ce disque.
C'est pour ça que DCS
était écrit en minuscule
et que c'est inspiré de belles
hooks et tout.
En fait, c'est pas moi
qui suis important.
C'est l'œuvre
et à la fois,
je le rappelle,
collective.
Parce que ce disque-là
c'est Emmanuel Camille,
c'est Néo Nevalet,
c'est tous les gens
qui ont participé à ça.
C'est les gens
avec lesquels je travaille
autour.
Et c'est ça qui est important
pour moi.
Donc
le titre,
c'est ce qu'il est loin de moi.
Quelle est le point commun
entre Coppola,
Cobra,
La Féclochette,
la tête de Michael,
dans Triller,
Michel Pfeiffer,
Tony Montana,
Napoléon,
Julie Lesko.
Alors,
si tu me connais un peu,
moi, une question comme ça,
il faut que je prenne au moins
deux heures,
je vais passer en mode thèse
et je vais faire des liens.
Ils sont tous cités
dans cet album.
Ah voilà, merci.
Merci.
J'aime bien,
j'aime bien m'amuser
à regarder toutes les références
pop ou non dans un album.
Album a essayé
d'en faire un checker.
Ouais, ça a du sens quand même.
Bah ouais, je sais pas, ouais.
Il y a un truc...
Ouais.
Bah ouais, ouais, ouais,
c'est toutes mes références
qui sont à la fois hyper populaires,
d'être un peu plus niche,
un peu plus...
torturé,
d'être beaucoup plus mainstream.
Bah c'est le...
c'est le...
c'est la trace des inspirations
sur une trajectoire humaine,
quoi.
Très longtemps,
j'avais pas entendu parler
de Cobra.
Ça m'a réjoui au plus haut point.
Ouais, Cobra,
donc c'est un manga.
Absolument.
Avec un héros
qui était très beau
et qui avait donc un fusil
à la place du bras.
Et est-ce que tu savais
que ce héros-là,
c'est son rayon delta,
a été...
pour ces caractéristiques
esthétiques inspirées
de Jean-Paul Belmondo.
Et quand tu regardes
avec le cigare,
le nez un peu épaté
et tout,
incroyable.
Évidemment, ouais.
Incroyable.
Ouais, ça m'a ramené
dans mes jeunes années.
Avec tes idées humanoïdes
à côté,
qui étaient magnifiques.
Et c'est dans cette...
cette série-là
qu'il y avait toujours
des jeunes femmes
avec des papillons tatouées
dans le dos.
Exactement.
Exactement.
Ça m'est revenu, ça y est.
À quel moment
tu penses le moment
où tu as envie de raconter
des histoires.
Parce que j'ai l'impression
que la jeunesse,
c'est ça pour toi.
Musique, ciné...
C'est raconter des histoires,
en fait.
Raconter des histoires,
mais d'abord,
parce qu'on me raconte
des histoires.
Ouais.
Moi, je suis un petit
enfant métiste
qui va de...
je vais...
je passe
deux semaines
chez ma tante
dans le Nord,
deux semaines
chez ma tante
en Touraine
et deux semaines
chez ma tante
dans le Sud.
Et...
Et moi, j'aime écouter
des histoires.
J'aime regarder des histoires
aussi parce que je suis fiche
unique, que je m'ennuie.
Enfin, il y a tout un tas
de choses qui fait
que je me raconte plein
d'histoires, plein d'histoires.
Et puis, vers douze ans,
la télé chez moi,
elle implose.
Et tous les livres
qu'on m'avait offert à Noël
que je voulais pas dire,
bah là, je les lis.
Et là, j'ai le virus
de la littérature
et ça m'emmène
dans des endroits...
Vraiment,
c'est...
Enfin,
ça me fascine, quoi.
À quel point
ça peut me transporter
ailleurs
ou dans l'imaginaire
de quelqu'un
ou dans des situations
que je n'ai pas vécues
mais qui me font pleurer,
rire, avoir peur.
Enfin, ça me fascine.
Et t'as été...
Donc, je disais,
t'as aussi publié
deux romans,
donc vraiment l'écriture
et à tous les endroits
de ta vie.
Et t'es aussi montée
sur les planches au théâtre.
T'as joué au télot.
Avec Denis Lavand.
Ouais, ça, c'est quelque chose
aussi.
T'as l'heure que je parais
de Kid Keddi,
mais si je dois faire un parallèle...
Non, mais c'est ça.
Si tu parles de tous les
featurings...
C'est quand même assez fou.
Ouais, c'est ouf Denis Lavand
et puis,
s'accompagne
Razarka Bensadi
à Lavand
qui m'ont donné
cet énorme cadeau
d'interpréter au télot
dans un texte classique
aux amendiers.
Donc, il n'y a que des trucs
de ouf, que des noms,
que du name-dropping de fou.
Mais derrière,
il y a du travail de fou
et puis ça m'a
énormément apporté.
Je ne ferais pas la musique
que je fais aujourd'hui.
Je n'aurais pas le rapport
à la scène que j'ai aujourd'hui
si je n'étais pas passée
par cette expérience-là
qu'on appelle
le spectacle vivant
qu'on m'appelle un soir.
J'arrive pour une représentation
où j'étais extrêmement malade
et je me dis
à ma metteur en scène
Razarka
je suis trop malade,
je ne peux pas pouvoir le faire.
Elle dit mais non,
c'est pour ça qu'on appelle ça
le spectacle vivant.
Au télot, ce jour-là,
peut-être qu'il était malade.
Donc, intègre la maladie
dans ta prestation.
Et là, ça a fait
ding !
Ça m'a
sur scène aujourd'hui
si j'ai ce lâcher prise.
C'est parce que je suis passée
par là.
Si, il y a 25 ans,
on t'avait dit
que ça durerait précisément
25 ans
avec
l'épisode qui a eu
t'aurais répondu quoi ?
La vérité,
je m'en fous.
Vraiment,
c'est mon rapport
autant.
Oui, oui, c'est
hyper intéressant.
Non, je n'aurais pas fait
des fours
comme Peter Punk
qui a un disque
qui n'a pas marché
et tout ça et tout.
Mais quand je vois
ce que ça m'a apporté aujourd'hui
qui a un disque
que j'aime bien, moi.
Bah, moi je le réécoute
dans ma manœur de chanter
c'est pas aussi,
je suis pas aussi.
Mais en tout cas,
ça fait partie
du fait que j'ai pu faire
ce que je fais aujourd'hui.
Donc pour moi,
il n'y a jamais d'erreur.
Je vais m'en servir
dans tous les cas
et je ne peux
même pas prévoir
ce que ça va m'apporter
un moment ou un autre
dans le bien,
comme dans le moins bien.
Juste,
je sais pas,
on n'a pas
de rapport
on ne peut pas exercer
de pouvoir
sur ça.
Donc,
j'y vais à fond
et il y a de là
qui arrive, qui arrive.
Mais c'est très étonnant
parce que tu as ce rapport
là autant
et en même temps,
tu fais partie
d'erreurs artistes
que moi, j'ai entendu
sur le statut de rapport
il y avait une date de péremption
en fait.
Il y a un moment où il faut...
Ouais,
c'est une urgence
pour moi.
C'est une urgence que t'as
à 15-20 ans
ou justement
t'es pas dans la réflexion
ou t'es dans le...
c'est comme ça,
je réfléchis pas,
j'y vais comme ça.
Et puis,
il y a aussi la dextérité,
il y a aussi
avoir le poux
sur la société,
les mains sur le poux
de la société.
Moi, j'ai 47 ans aujourd'hui.
J'ai pas 20 ans aujourd'hui
donc il y a plein de choses.
Moi, je pense que
si je rapais aujourd'hui
c'est très ringard
pour moi.
Donc,
j'ai pas envie d'être ringard
et puis surtout,
c'est pas...
Ouais, c'est justement...
c'est juste
je ressens plus ça.
Je ressens plus
cette manière
de faire
et j'ai envie de chanter,
j'ai envie d'essayer
d'autres choses,
donc j'y vais.
Mais voilà.
Dans un instant,
DCS répondra
aux questionnaires musicals
du score.
Il faut leur répondre
du tac au tac.
Ça va être d'une violence,
non pas du tout.
Ça va être très simple.
On écoutera Jungle
et tout ça,
ce sera juste après la pub.
Jungle,
dans la playlist
de DCS.
Pourquoi Jungle ?
Pareil, c'est un groupe...
C'est vraiment un groupe
déjà
où les arrangements,
tu sens qu'ils sont beaucoup,
il y a une espèce
d'évocation
à une musique
qu'on a aimé
des années 70,
un peu disco,
même 80 et tout.
Mais je ne sais pas,
ça reste moderne
et
juste les mélodies,
le fait que ce soit
une musique complexe
mais simple à écouter,
ça me parle.
Les souvenirs musicaux,
on y reste.
C'est l'heure du
questionnaire musical
du score.
Donc l'idée, je te l'ai dit,
il faut répondre du tac au tac.
Il n'y a pas de jugement,
c'est vraiment ça fait appel
qu'à des souvenirs.
Est-ce que tu es prêt ?
Oui.
Quel est le titre
qui symbolise le mieux
l'enfant,
soit en tout cas la tienne ?
Belly Lambert
de Laurent Voulez.
Le titre de ton adolescence ?
Comment il s'appelle ?
Le monde de demain
de NTM.
Très bien.
Ton hit de Karaoke.
Mon hit
de Karaoke...
Mélodrama.
Allez hop.
Ah ouais, tu...
Ouais mais parce que je n'ai pas
d'idées, donc...
Non, tu ne me tentes
même pas à Céline Jean
ou à Aznav.
Vraiment, on reste
dans son couloir.
Non, si peut-être
One of your lover
de Prince.
Voilà, OK.
Voilà, un peu.
Très dur à chanter,
évidemment.
Évidemment, mais on est
là pour ça.
Qu'est-ce qui te propulse
immédiatement
sur la piste de danse ?
Sur la piste de danse,
c'est un morceau
qui s'appelle
weed
de Crystal Catcher.
Là, aujourd'hui.
OK.
Et le titre
qui t'en fait
immédiatement sortir ?
Toutes la musique
de Michel Sardou
peu importe
ce qui s'est passé
si c'était bien pas bien
produit par Shepaki
ou quoi,
c'est instantané.
Je me casse.
On est une conversation
assez lunaire
avec Oxmo.
OK.
Très longtemps,
c'était une chanson parodique, en fait.
Ah oui ?
Vous n'allez pas croire
que c'était un truc
premier degré ?
Non, c'était prom-dog,
bien sûr.
Ta chanson
de comédie musicale
préférée ?
Ma chanson
de comédie musicale
préférée.
J'aime pas trop
les comédies musicales
en général.
J'en ai pas.
OK.
Et la chanson
dont tu as un mal de chien
te débarrasser
une fois que tu l'as
en tête,
catégorie pénible.
Ah, catégorie pénible.
Euh...
Faites,
justement,
ça rend pas de l'honneur.
T'arrives ?
Ah ouais, bah t'as de la chance.
Et j'ai une technique,
par contre, je peux vous donner une
technique ?
Ah ouais, je suis preneuse.
Eh bien,
tu chantes une autre chanson.
Ouais.
Qui est très simple aussi.
Ça annule l'effet
et après, tu passes à autre chose.
Pas mal, je vais essayer.
Ça marche bien.
La prochaine fois que j'ai une
chanson de pub qui reste coincée
dans la tête,
je vais tenter cette technique.
Merci beaucoup d'ici
d'être passée par ce studio.
L'album s'appelle
On s'en rappellera pas.
Il est absolument formidable.
Voilà.
Merci beaucoup.
Dans un instant,
vous avez rendez-vous
avec David Blow
et le Nova Club
et on se quitte
avec le dernier titre
que tu as choisi.
En l'occurrence,
Salt Masterpiece.
Bah c'est tout simplement
une Masterpiece
et ce groupe-là,
il est incroyable.
Engagé,
trop fort,
Salt.
Merci.
Le score
sur Radio Nova
a retrouvé en podcast
sur nova.fr

A poursuivre

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