Youssef Badr : le making of de la Justice - Personnage principal S01E12
Aujourd'hui, le personnage principal est @youss_badr, juge et président d'une chambre correctionnelle à Bobigny. Il nous dévoile les coulisses de la machine judiciaire, répond aux attaques de Nicolas Sarkozy contre les magistrats et défend une justice moins "blanche" et moins élitiste. Youssef Badr vient de publier un livre "Pour une Justice à 1000 visages".
Personnage Principal, c'est l'interview hebdomadaire de Nova le matin, dans laquelle Azzeddine Ahmed-Chaouch reçoit les premiers rôles de l'actualité.
Personnage Principal, c'est l'interview hebdomadaire de Nova le matin, dans laquelle Azzeddine Ahmed-Chaouch reçoit les premiers rôles de l'actualité.
Transcription
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Bienvenue dans Personnage principal à Radio Nova.
On pense que la réalité, elle a dépassé la fiction.
Donc on sait de la fiction pour analyser l'actualité et la société.
Une fois par semaine, on va la rencontre des premiers rôles de l'actualité.
Aujourd'hui, dans Personnage principal, c'est un homme qui représente une des professions
les plus présentes dans les films, particulièrement les Polars.
C'est ni un flic, ni un voyou, ni un avocat, il est magistrat.
Bonjour, Youssef Badra.
Bonjour.
Ça va, vous allez bien ?
Très bien.
Vous avez commencé, je faisais une petite bio, vous me dites si je me trompe au tribunal de grande instance de mots.
Ça.
Puis par Quitte Bobigny, Tégéie de Paris, vous avez été également...
C'est là que je vous ai croisé pour la première fois, porte-parole du ministère de la Justice.
C'est ça.
Là, les journalistes vous appellent pour avoir des infos.
C'est de m'être chiant, mon dieu.
On a pu devenir premier vice-président adjoint au tribunal judiciaire de Bobigny, c'est ça.
Vous avez aussi créé une association court-échelle destinée à lutter contre le décrochage universitaire.
Vous avez 44 ans.
Ça, je suis pas mal là, ça va ?
C'est très bien.
Tous les personnages principaux ont une histoire forte.
Vous avez créé un livre sur la vôtre.
Ça s'appelle Une justice à mille visages.
Et c'est quoi, justement, votre origine story ?
Ça, on dit souvent ça dans les séries, votre origine story.
Comment vous en êtes arrivé là ?
Et je crois que c'est décisif dans ce que vous faites.
Est-ce que vous vous écrivez ?
Comment j'en suis arrivé aujourd'hui.
Oui, aujourd'hui.
C'est vrai.
Et à représenter, est-ce que vous voulez représenter ?
C'est vrai, dès 2026.
C'est un long chemin.
Un long chemin fait de haut, de bas, d'incertitude, de questionnement.
Arrivé en fac de droit, vraiment, par pur hasard.
Parce que c'était le seul cursus qu'il y avait voulu de moi.
Ah oui, c'était pas une vocation, bon.
Non, c'est pas du tout une vocation.
J'ai atterri à lutter de Viltaneuse.
Donc, il y a un institut d'université de technologie.
Ah ouais, rien à voir.
Voilà, ça n'avait rien à voir au départ.
Je voulais faire une école de commerce, j'ai pas pu,
parce que j'avais des bulletins qui n'étaient pas très bons en première.
Donc, j'y arrivais.
Puis, finalement, j'ai un coup de cœur avec le droit.
Et donc, du coup, c'est ce...
Je poursuis mes années d'études, première année, deuxième année.
Ça marche plutôt très bien.
Troisième année, je laisse tout tomber,
parce qu'il fallait que je travaille.
J'ai cumulé plein de jobs étudiants.
Enfin, j'ai tout fait, livrer des repas à la défense,
distribuer des tracts devant des collèges,
travailler dans le bâtiment, je fais les marchés.
Et donc, je ne pouvais plus aller à la fac.
Deuxième année, je n'y vais pas plus,
mais je rencontre un prof qui me dit,
pas ce tour à Trapage.
Ce serait dommage que tu gâches tes deux premières années et tout.
Donc, je passe tout au Trapage.
Je l'ai.
Et je me dis, bon, c'est un signe du destin.
C'est un signe de Dieu.
Je me dis, il faut continuer.
Et donc, du coup, maîtrise.
Et en fait, comment j'en suis arrivé là aujourd'hui ?
On est en pleine, juste après les émeutes de 2005,
même en pleine émeute,
on est en discussion avec un prof
dans l'amphithéâtre à Ville Taneuse,
donc en Seine-Saint-Denis.
Et voilà, et puis on discute un peu
du rapport qu'on a à la police, à la justice,
quand on s'appelle Yusef Maudibault et tout ça.
Et puis, lui, il me dit cette phrase,
il me dit, tu peux être avocat si tu veux,
c'est très bien,
mais si tu veux avoir un poids sur les choses,
en matière de justice, il faut être magistrat.
Voilà, et c'est comme ça que ça...
Voilà, après la suite,
elle serait trop longue à raconter ici,
en accéléré, mais deux ans après,
j'ai intégré l'école de la magistrature
après deux années de prépare.
Je rebondis sur quelque chose que vous venez de dire.
C'est vrai qu'on a plus d'avocats
venant de milieux, on va dire, populaires,
et d'enfants d'immigrés qui deviennent avocats
que de magistrats, pourquoi ?
Alors, je pense que la raison est très simple.
C'est que l'école nationale de la magistrature,
il y a deux raisons, en mon avis, principale.
La première, c'est que
l'examen du barreau, non pas qu'il soit facile,
c'est un examen.
Le NM, c'est un concours.
Un examen, il faut avoir la moyenne.
Un concours, il faut être dans les premiers.
Et que je pense qu'il y a déjà un tri,
il y a un tri, en fait,
effectivement, une sélection qui existe.
Concours, examen, c'est pas du tout la même chose.
La deuxième chose, c'est que je pense
qu'il y a encore, moi, un gros travail aussi
de démocratisation du métier de magistrat
qui fait qu'en fait, on peut venir
d'un quartier, on peut venir de province,
on peut venir d'un milieu modeste
et aspirer à des fonctions magistrat.
Je pense qu'il y en a encore beaucoup qui se mettent des barrières.
Il y a un sentiment d'illégitimité,
c'est-à-dire qu'on va comme représenter la justice,
donc la France, il est la Français.
Exactement.
Alors qu'à vos cas, quelque part,
on va défendre des intérêts privés
et puis on va se faire un peu d'argent.
Est-ce qu'il y a cette vision-là ?
Franchement, je ne sais pas.
Moi, je pense qu'il y a deux professions
qui sont complètement différentes
dans l'organisation quotidienne.
Il y en a une, c'est une profession libérale.
Vous girez comme un médecin,
c'est un peu de la propre structure.
Effectivement, c'est pour le meilleur comme pour le pire,
j'allais dire, en termes financiers,
en termes de responsabilité avec tout ce qu'il y a avec.
L'autre, c'est autre chose.
L'autre, c'est un engagement au service de l'Etat.
C'est vraiment deux choses radicalement différentes
avec beaucoup d'avantage, mais aussi des...
Bah oui, des quelque part des contraintes
qui font que, bah...
Évidemment, je mets de côté le devoir d'exemplarité,
ce qui est évident, mais après,
je ne suis pas moi sur le devoir de réserve et tout ça,
tout ça fait que...
Puis, on rend la justice au nom du peuple français, donc c'est pas rien.
Moi, je pense que c'est deux visions complètement différentes
des études de droit.
J'imagine que le système judiciaire,
c'est un endroit où tout le monde a son rôle.
Si on compare, par exemple, un tournage,
le magistrat, il serait quoi ?
Il serait réalisateur, scénariste, producteur...
Ah, le magistrat, il serait quoi ?
Je pense qu'il serait réalisateur.
Il serait réalisateur et puis même...
Qu'on appelle, celui qui écrit l'histoire...
Le scénariste et le réalisateur.
Parce qu'en fait, en tout cas, la place qu'il a mis en aujourd'hui
dans un procès pour caricaturer,
mais c'est pour les gens, il y a une vision très claire.
Vous rentrez dans une salle d'audience,
il y a une sonnerie qui sonne,
le tribunal rentre, il y a donc un président de d'assesseurs.
Moi, je suis le président de la personne au milieu.
Quelqu'un m'a dit un jour, une chose très vraie,
un procès, la manière dont il va se passer,
c'est la manière dont le président va l'aborder,
la manière dont le président va...
Lui, le chef d'orchestre, le metteur en scène,
c'est lui qui va écrire l'histoire du procès.
Si un procès se passe bien,
ça repose en grande partie aussi sur la personnalité.
Je pense du président et la manière d'amener les choses.
Si ça se passe mal, il y a de forte chance aussi
que ça puisse être imputable au président.
Donc je dirais que c'est lui qui est le...
Ouais, le chef d'orchestre...
Mais alors, ça se soulève quand même une question,
celle de l'égalité devant la justice,
parce qu'on se dit, selon le magistrat,
qui va me juger,
ou celui avant qui a instruit une affaire,
et c'est une affaire avec information judiciaire,
je ne vais pas être traité de la même manière.
Alors oui et non.
Non, parce qu'on juge d'abord des faits.
Et ça, je pense qu'il faut vraiment...
il faut vraiment enlever cette image,
cette idée reçue,
qui est qu'en fonction du juge,
s'il a mangé, pas mangé, s'il est bien luné, pas luné,
vous allez vous faire cartonner, c'est pas vrai ça.
Parce que d'abord, ce que vous jugez, c'est un dossier.
Un dossier, vous ne pouvez pas le travestir.
Si c'est un dossier d'agression sexuelle,
je ne sais pas moi sur une mineur de 5 ans,
le truc en tous les sens, les faits restent graves, s'ils sont établis.
Et ensuite, vous jugez un homme,
une femme avec sa personnalité,
c'est dans le positionnement qu'il a par rapport au fait.
Après, oui, dans la mesure où
c'est vrai, on est tous le fruit de son histoire,
on a tous des choses qui nous touchent,
on a tous des rapports, une perception des choses
différentes, mais je vous dirais que ça reste
quand même estomper dans la mesure où les affaires les plus graves, elles sont jugées
à 3, et que de toute façon,
pourquoi est-ce qu'on dit que la justice c'est
l'émanation de la démocratie, c'est que pour arriver
à une décision de justice,
il faut qu'il y ait une majorité de deux voix au moins
qui se soient prononcées en faveur de la culpabilité
et ensuite en faveur de la peine.
Donc de toute façon, le président ou la présidente
tout seul admettant qu'il ne vous aime pas,
il ne pourra jamais faire la loi tout seul,
ça est heureusement.
Même si il y a cette notion,
l'interprétation parfois des juges ou des magistrats
et parfois dans certaines affaires,
je vais discuter avec les avocats des deux parties,
et les deux vont me dire,
dans cette affaire, ça peut basculer d'un côté comme de l'autre,
à l'issue des débats, ça arrive à sourire.
Mais non, c'est simple.
Vous savez, j'ai toujours une idée
sur un dossier avant d'y aller,
parce que j'ai lu le dossier, je me dis que c'est grave,
j'ai toujours une idée
d'aller 98% des cas,
ça vole complètement,
c'est bousculé à l'issue de l'audience.
Heureusement, c'est-à-dire que quand on écoute
la partie civile, quand on écoute le prévenu
ou l'accusé aux assises, quand on écoute le procureur,
quand on écoute des avocats,
il y a des avocats.
Moi, c'est ça que je trouve beau dans mon métier,
c'est de me dire, je suis arrivé avec une idée
et l'avocat nous a convaincus d'autres choses.
Et ça, je trouve que c'est beau en fait.
Quoi, c'est la vérité, de l'oralité
des débats ?
C'est des moments d'audience qui arrivent à être captés.
Parfois, c'est le prévenu.
Vous allez l'écouter, il va vous toucher,
parce qu'il va vous dire, attendez,
inversement.
Parfois, vous pouvez aussi vous dire, bon,
et en fait, le prévenu, vous vous rendez compte
qu'en fait, c'est quelqu'un d'un peu inquiétant
dans le positionnement.
Je trouve que c'est bien,
c'est beau parce que c'est
la magie de l'audience
et je pense qu'il faut encore s'attarder là-dessus, heureusement.
Le métier de magistrat, il est, comme on dirait,
dans une série qui s'appelle Sèvrance,
mystérieux et important.
Vous avez l'impression que votre rôle, il est bien compris,
parce qu'on comprend pas trop le rôle
de la magistrat d'égé à plusieurs types de magistrats.
Il y a les juges, les procureurs, les juges d'assurctions,
juges du siège, tout ça, tout ça.
Quand on a fait un peu de magistrats du siège,
quand on a fait un peu de droit,
quand on a fait le métier, vous dites quoi ?
Quand je connais pas les gens, je ne dis pas la vérité.
Pour être parfaitement honnête.
Je ne dis pas la vérité parce que je sais
dans quoi je vais m'embarquer.
Après, quand je connais les gens
ou que j'ai une idée de me faire griller
pour éviter de passer pour un menteur,
je dis que je suis dans le milieu du droit
et après, quand on creuse un peu,
parce que tout le monde a toujours eu quelqu'un
qui a eu affaire à quelqu'un
et qui a eu un mauvais souvenir.
Donc c'est vrai que c'est très compliqué.
Moi, je pense qu'il y a vraiment
deux écoles.
Il y a les gens
qui ont entendu des histoires
ou qui regardent les médias
qui ont une image négative
parce qu'ils ont vu un sujet
sur une image négative de la magistrature
ou de la justice en général.
Et puis il y a ceux
qui ont franchi les portes d'un tribunal,
qui parfois ont fait un stage
ou parfois ont un enfant, un cousin, un oeuf
et qui là sont beaucoup plus nuancés
par la importance de ce métier
du rôle capital qu'on a
et deuxièmement
qui se rendent compte que c'est pas tout blanc
ou tout noir, c'est beaucoup plus nuancé que ça.
Moi, je me...
Comment définition du magistrat ?
Moi, on m'a dit un jour quelque chose de très juste
quand j'étais auditeur de justice, donc magistrat en formation
il y a 18 ans.
On m'a dit quelque chose de très juste, on m'a dit
n'oublie jamais une chose et c'est vrai.
Dans le meilleur des cas, bien je dis bien dans le meilleur des cas
un magistrat il fait un mécontent
et il se fait dans le meilleur des cas.
Je suis qui est condamné, il ne me dit jamais merci, rarement merci
dans la majorité des cas il fait de mécontents.
Donc moi, ce auquel je me rattache
généralement, c'est de me dire
on a fait de notre mieux
mais qu'en fait on est aussi des empêcheurs de tourner en rond
on est là aussi à en donner pour sanctionner un interdit
pour dire à des gens de non, ça c'est pas possible
ça c'est puni par la loi
et puis parfois les partis civils
elles sont indemnisées mais pas auteurs de ce qu'elles voudraient
donc elles sont pas contents, voilà.
Moi je pars du principe que j'essaye de être le plus pédagoc possible
d'essayer de donner la meilleure image de la justice
et puis après il en reste ce qu'il en reste
et justement
dans certains procès
les prévenus
ou les accusés qui sont face à vous
on a l'impression d'être dans un film américain
et ils reprennent les codes
des films américains, le fameux votre honneur
ils vous le servent aussi
bien sûr mais on a le droit à votre honneur
chef, beaucoup
chef, je dépargne
je reprenais et maintenant je laisse
parce qu'en fait il y a aussi des tics de langage
votre honneur
quelqu'un nous a dit un jour objection
non il nous a dit objection
parce que l'avocat posait une question
à un autre dossier
je lui dis que c'était pas comme ça, oui bien sûr
et regarde, je pense que parfois ils doivent s'attendre
à ce qu'on tape avec un marteau mais ça n'existe pas
mais pas de marteau non
c'est un con d'ailleurs c'est un marteau
c'est pour remettre le silence
c'est pour remettre un peu d'ordre oui j'imagine
mais non on n'a pas de marteau non
alors heureusement ça a rarement été le chaos
quand ça l'est parfois oui il peut y avoir des incidents
ça fait partie aussi parce qu'il y a des moments de tension
ce qui est normal
on rappelle tout le monde à l'ordre et si jamais
généralement
ça a un coup de
première avertissement ça suffit
et si jamais ça marche pas on suspend l'audience
il y a des rôles qui marquent des acteurs
est-ce qu'il y a une affaire vous qui vous a marqué plus qu'une autre
et que vous voulez
nous partager ici
il y aura une affaire qui m'a marqué plus qu'autre
il y en a plein
honnêtement il y en a plein peut-être une
oui
une affaire qui m'a
deux affaires qui m'a le plus marqué
c'était
oui un viol collectif
que j'avais eu
j'étais au parquet à popini il y a
13 ans et voilà
et en fait c'est
ça m'a marqué parce que
j'ai jamais compris comment c'était possible
d'infliger
des actes pareils
il y a une jeune gamine
de 18 ans
et que dans la foulée
des 15-20 personnes qui étaient
il n'y en a aucun qui se dit
j'ai franchi la ligne et ça
à 20 km du périph donc
oui ça me fait partie des affaires qui marquent
c'est pas la seule il y en a plein d'autres
pour des
en fait des petits détails qui vous marquent
j'avais été marqué une fois je me souviens
par un prévenu
qui donc on comprenait pas
l'engrenage qui était impliqué
implanté dans un trafic de drogue depuis très longtemps
il a été pour des violences très très grave
avec une affaire de séquestration
et en fait quand on avait creusé un peu
enfin pas besoin de creuser on s'était rendu compte
que tout était parti d'un événement marquant
dans sa vie de mineur
il était parti en vacances un été
avec des copains
sa maman biologique était morte
et donc est élevé par son père et sa belle-mère
il était revenu de vacances et sa famille avait déménagé
donc c'est à dire qu'il était revenu
il avait 17 ans et il avait trouvé
toute sa famille avec son père
et tout l'avait laissé donc il s'est retrouvé à la rue
je vous avoue que c'est des choses qui
dans un procès comme ça quand vous voulez
quand il vous raconte ça et l'impact
que ça a eu sur lui il a 17 ans tout le monde a un gain
peut avoir un enfant un cousin un neveu
de 17 ans on se rend compte de la vulnérabilité
dans lequel on est en fait il y a plein de choses
qui m'ont marqué dans ma vie professionnelle
c'est là j'en livre quelques-unes comme ça
parce que mais c'est les choses qui
qui vous impactent directement humanement parce que c'est difficile
de ne pas voir
la ouais l'impact
que ça a pu avoir sur lui
et quelque part un peu d'expliquer
bah en fait la suite de sa trajectoire
délinquante donc quoi c'est les petits trucs
que vous prenez comme ça dans le coeur
vous faites
on en discute entre nous après entre collègues
parce qu'on discute souvent entre nous
et c'est sain et heureusement mais c'est des trucs
qui vous laissent pas indemnés évidemment et vous dites
en fait l'être humain il est capable du meilleur
comme du pire en fait
est-ce que pour vous un tribunal un prétoire
c'est là où se passe le meilleur
de l'être humain
ou le pire le meilleur
parce qu'on accepte
de se conférer à des lois
démocratiques quand même et du contradictoire
dans des moments où c'est pas facile
on l'a vu dans des procès par exemple
en matière de terrorisme
par exemple ou de viol
ou est-ce que c'est là où on voit le pire
de l'être humain
non moi je pense qu'un procès
pour moi un procès c'est vraiment
un moment
un moment d'attente
important pour
d'ailleurs que soit des prévenus d'accusés
ou des parties civiles et ça doit être un moment
un moment de dialogue
un moment de réalité où en fait les choses elles doivent être redites
pour moi c'est ce que je dis souvent en prévenu
en correctionnelle même si parfois on est pris un peu par le temps
je leur dis tout à l'heure il sera trop tard
et vraiment donc s'il y a des choses à dire
ou des choses à
même des déclarations sur lesquelles vous souhaitez évoluer
parce qu'il y a beaucoup d'éléments
qui permettent de penser que
vous avez commis les faits
et c'est maintenant qu'il faut le dire
pour moi c'est vraiment le lieu
où les choses elles doivent être redites
c'est pas tellement une question de pire ou de meilleur
c'est que pour moi le procès
c'est le lieu où on doit tout dire
où tout doit être mis sur la table
pour pas qu'il y ait de regrets à commencer par nous parfois
nous arrive parfois de partir en délibérer
on n'a pas parlé de ça
moi j'ai jamais considéré
vraiment
j'ai jamais considéré qu'il y avait
des monstres devant moi
quelque soit à gravité effets
par contre il y a des gens qui ont commis des actes monstrueux
il y a des gens qui ont commis des choses très très dures
mais par contre
je vous dis je suis souvent arrivé
à l'audience avec des idées
sur un dossier et puis
souvent ma perception a
beaucoup bougé parfois avalcée
volé en éclats
sur la justice
et se dire
que c'est un moment de dialogue
moi j'ai suivi
j'ai couvert le procès du 13 novembre
et c'est ça qu'on a eu
comme impression toutes les personnes
les journalistes parce qu'il y avait ce qui se passait
à l'intérieur du paix de justice
et de la cour d'assises
et puis à côté juste en face
il y avait le bar du paix de justice
et on voyait même
toutes les parties
et certains accusés qui étaient là
ceux qui comprenaient ces livres avec les parties
en fait je ne sais plus
avec qui j'en discutais récemment
mais les moments où j'ai le plus appris
sur mon métier
c'est les moments où on a levé l'audience
on est partis
devant le tribunal de Bovini il y a un grand parvis
il m'est arrivé régulièrement de me faire gentiment
à le paguer
ou interpeller par des parents
des frères et sœurs
des prévenus parfois libres
qui ont discuté avec eux et leurs avocats
là ils se disent plus de choses
beaucoup plus de choses en réalité
presque que dans une salle d'audience
et en fait là c'est marrant de te voir
et c'est intéressant de voir que
en fait les gens y comprennent
je me souviens d'un jour d'une mère qui m'a dit
je vous ai trouvé très dur avec mon fils
mais pas de problème
je comprends, il a fait une faute
il est sanctionné, je comprends
mais je vous ai trouvé très dur
et moi donc mère je voulais vous le dire
mais après je me suis dit
j'en ai discuté le lendemain avec mes collègues
je vous disais en fait nous on est là aussi
pour sanctionner l'interdit en fait
et souvent oui, bien sûr ça ne nous empêche pas
c'est pas parce que j'ai jugé quelqu'un
que ça me dispense de le considérer
de discuter avec lui ou même quelqu'un de sa famille
heureusement c'est absolument normal ça
et vous n'avez pas peur comme ça après un procès
parce que là vous me dites que par exemple
à Bovini vous sortez j'imagine
que tout le monde sait
qu'on est là à la porte de sortie des juges
on sort tous par là
je pense que les gens ils savent
ils savent que le tribunal c'est un lieu
et puis on manque pas de respect
au prévenu, on leur manque pas de respect
on les écoute, on est là pour les juger
ils le savent très bien et puis il y a aussi
un élément qui est quand même important
déjà je pense que les gens sont responsables
et la deuxième main c'est qu'ils m'estiment aussi beaucoup
le boulot qui fait par les avocats
les avocats aussi expliquent
expliquent les peines, expliquent le processus
expliquent la procédure, c'est aussi quelque part
oui des rampards
des filtres aussi entre
entre nous mais moi j'ai jamais refusé de discuter
avec un prévenu avec des parents
devant le tribunal et j'estime que c'est normal
il faut se mettre aussi à hauteur de justice
il y a des films dont le scénario
intéresse plus que d'autres
j'ai l'impression que ça s'applique parfois au crime
là aussi je balaye devant notre porte
nous les médias notamment les crimes racistes
qui ont parfois du mal à atteindre
la une des journaux
je prends par exemple un crime qui est lieu
en janvier, la victime c'est Ismaël Allil
elle est retrouvée mort à Lyon
en janvier et on n'a pas vu
beaucoup de responsables politiques
on n'a pas vu beaucoup de chaînes d'infos
en parler pourquoi selon vous
alors qu'il y a aujourd'hui des actes
et des crimes
ou des liens caractéristiques
Honnêtement, je ne sais même pas si j'en ai moi-même
entendu parler donc c'est plus aussi
révélateur du fait que
ça n'a pas été couvert médiatiquement
pourquoi ça n'a pas été couvert médiatiquement
je sais pas, honnêtement
c'est décalifié par le...
peut-être que c'est aussi à nous
peut-être de plus communiquer dessus
peut-être de faire un communiqué de près
c'est de l'envoyer aux différents journalistes
pour les justices parce que c'est aussi comme ça
que l'information elle circule et c'est comme ça que l'information elle est relayée
honnêtement moi je n'en avais même pas entendu parler
pourquoi je ne saurais pas l'expliquer
je sais juste
qu'il m'arrive parfois de
croiser quelques journalistes avec lesquels j'ai eu
l'occasion de travailler à Bobigny
qui m'ont dit ah je suis passé, j'ai passé une tête
dans une salle d'audience j'ai vu un procès hyper intéressant
je me rends compte parfois que
l'information sur les procès ou sur les procédures
en cours ou sur les actes qui viennent de se passer
elle n'arrive pas souvent
aux organes de presse aussi parce que nous on a aussi
d'autres prérogatives et d'autres contraintes
mais je pense que c'est à mon avis c'est juste
pour moi c'est juste une circulation
de l'information en fait
bon après on va arriver et vous avez été porte-parole
donc du ministère de la Justice, moi journaliste
il y a aussi de la volonté politique
c'est à dire que le parquet
où les services de police demandent
aux différentes services
de communiquer aux journalistes telles infos
et nous les journalistes je me rappelle quand j'étais par exemple
parisien, on fait la tournée, on appelle
les différents parquets et les services de police
et donc là il choisit
selon aussi...
le parquet je pense pas, sincèrement le parquet je pense pas
le parquet je pense qu'il y a autre chose à faire
honnêtement je pense qu'il y a d'autres prérogatives
ici ce qui s'est passé dans la journée il dit au journaliste
le parquet je pense que si on l'appelle il répond
en fait si vous voulez l'actualité
l'activité d'un parquet est tellement dense
et tellement importante que lui il peut pas se permettre
pour moi un procureur ou un parquet
d'aller faire le filtre et de se dire ça on donne
ça on donne pas non je pense que
à mon avis c'est plutôt à la presse je pense aujourd'hui
d'aller chercher et c'est plutôt souvent ça qui revient
c'est on n'est pas informé de l'un, on n'a pas l'info
je pense plutôt que c'est vraiment
franchement pour moi je pense pas que c'est une volonté
de dédiverer
d'accord non mais il n'y a pas parfois
une commande dire
on devance
l'intérêt médiatique parce qu'il y a une thématique
il manque je pense pas de l'isocuté
il y en avait beaucoup et là ça c'est politique
ça c'est pour le coup c'est d'un point de vue politique
d'un point de vue judiciaire moi
il n'y a pas d'instruction du ministre de la Justice au parquet
au parquet je sais pas parce que je ne suis plus
mais moi en tout cas j'y ai passé 8 ans de ma vie
j'ai jamais vu d'instruction on nous a jamais dit
ça il faut communiquer ça il faut pas communiquer
il nous arrivait parfois quand il y avait des procès importants
d'en parler à le journaliste local du parisien
parce que c'était important aussi pour plein de raisons
c'est vraiment l'activité aujourd'hui fait qu'on a plus du tout le temps
de rater là dedans
ah bah non non bien sûr déjà au porte-parole
c'était mon activité j'avais du mal
tellement il y avait de sujets à couvrir et tout
alors là l'activité d'une juridiction si vous voulez
dans les films américains le FBI
travaille main dans la main
avec le procureur
et le juge en France
dans la vraie vie c'est pas trop ça les rapports
polyjustices écoutez par exemple ce que disait
c'est je crois il y a 5 ans le secret
international du syndicat de police alliance
soyons clairs le problème de la police
c'est la justice
c'est grave comme propos ça
non vous en pensez quoi c'est un policier qui dit ça
un repris en temps policier
oui oui sur le coup moi j'avais trouvé ça
oui j'avais trouvé ça
j'avais trouvé ça préoccupant
la part d'un fonctionnaire de police
surtout que c'est pas du tout les relations que moi
au parquet que j'ai eu
vous disiez tout à l'heure que le FBI travaillait main dans la main
avec le procureur mais c'est comme ça en fait
dans la vraie vie ici aussi
dans deux sections
importante une abobignée et une appareil
quand on dit que le procureur
de la république dirige
la police judiciaire oui c'est la vérité parce qu'en fait
il nous appelle pour un placement en garde à vue
pour des stratégies d'enquête
bien avant la garde à vue toutes les stratégies
les techniques spéciales d'enquête ça passe par le ministère public
on en discute entre nous donc
non c'est pas vrai moi je pense que
ce qui est visé là dessus c'est
j'imagine peut-être le laxisme il me semble
je crois que c'était ça
il y a deux choses pour moi
il n'y a qu'à voir le taux de surpopulation carcéral
je veux dire aujourd'hui
il y a un taux de surpopulation carcéral qui est
stratosphérique
vous savez on dit souvent les hommes mentent mais pas les chiffres
les chiffres aujourd'hui démontrent qu'il n'y a
jamais eu autant de peine d'en prisonnement ferme
avec un carcération qui ont été prononcés
sur les dernières années
le taux de population carcéral
est très élevé il n'y a qu'à franchir
l'apport d'un tribunal nous on se le comparer
sur mesiat pour se rendre compte
qu'en fait la justice elle est
tout sauf laxiste en fait
il n'y a pas de félicité du fait qu'elle est sévère
mais je pense qu'on donne
l'exacte qualification
et l'exacte peine que
les faits le justifient
après je vais vous dire honnêtement
cette déclaration là moi je l'ai pris avec beaucoup de recul
parce que c'est une déclaration d'un syndicaliste
et voilà et par principe si vous voulez
voilà j'y accrante pas beaucoup de crédit
mais une parole qui a de l'écho quand même
au sein des rangs policiers
une parole syndicaliste et moi ce qui m'importe
moi c'est ce qu'on fait quotidiennement au tribunal
voilà mais c'est un
impact dans la société c'est-à-dire
les gens qui l'entendent
les gens qui l'entendent se disent forcément
si il le dit c'est qu'il va y avoir une part de vérité
mais moi j'invite les gens à franchir
l'apport d'un tribunal voilà
mais justement sur ce point là vous êtes un peu pris en sandwich
parce qu'il y a donc les policiers
parfois sur les syndicales pour être plus précis
de l'autre vous avez aussi on en parlait un peu
les responsables politiques
qui parfois parlent de laxisme
et qui vous accusent d'idéologie
c'est quoi la place justement
de cette idéologie dans le métier de magistrat est-ce que
on peut
tout à l'heure vous m'avez dit
on est le fruit de son histoire
c'est pas pour ça qu'on est idéologiques
moi je sais pas ce qu'une idéologie c'est
avoir une idée arrêtée sur quelque chose
et être complètement imprégné de ça
encore une fois c'est-à-dire la magistrature est pas de gauche
et ce que dit souvent
moi je sais pas moi je sais pas s'indiquer
donc de manière très claire donc moi
ça n'engage que ma parole j'ai eu une carte de maman
dans ma vie celle du club de roté
donc je me sens très
très libre là dessus non non mais c'est quand même important
de préciser parce que moi souvent on me dit
bah de part ce qu'il fait il est
c'est un magistrat de gauche non en fait je suis une gauche de droite
en fait moi j'ai un dossier dans lequel il y a des faits
voilà il y a des faits
je dois juger une personne mais en fait
vous savez parfois il faut revenir au fondamentaux
je pense que attaquer la magistrature
ou attaquer les juges sur une idéologie
parce que ce serait des juges rouges et tout
c'est la meilleure manière quelque part
de en fait faire un écran de fumée
pour pas regarder en fait la réalité
la réalité du métier juge
vous prenez un dossier et puis vous savez qu'on est quand même
vachement normé et vachement quadré
vous prenez un dossier vous ne pouvez pas faire n'importe quoi
avec un dossier c'est quand même hyper important de le dire aux gens
vous ne pouvez pas faire n'importe quoi
je sais pas moi par exemple je prends quelqu'un qui a conduit sans permis
il conduit sans permis
il a jamais été condamné
il se fait interpeller une première fois il arrive devant le tribunal
il travaille il est devant vous
il vous dit bon bah je suis désolé vraiment je recommencerai pas
je suis allé chercher ma mère
et tout j'aurais jamais dû et tout
voilà on prend compte tous ces éléments là
il a jamais été condamné tout ça
généralement ça va être une peine d'amende, un stage
vous prenez quelqu'un qui est un multirécidiviste
qui a déjà mis la vie des gens en danger
qui roule comme un dingue qui a fait un refus au tempéré
vous vous doutez bien que c'est pas la même peine
qui va être prononcée
et à partir de là quand vous prenez ce raisonnement là
vous vous rendez compte que vous ne pouvez pas
faire n'importe quoi d'une part parce que vous avez un dossier
parce que vous vous rendez la justice publiquement
donc ça veut dire que les gens sont dans les salles
vous regardes la personne qui est jugée avant
qui est jugée après il vous regarde
il vous scrute les avocats vous regardes le procureur de la République
vous regardes il peut interjeter appel
ça c'est une première réalité
la deuxième c'est que vous vous rendez une décision
s'il y en a un qui est pas content
qui dit ça a été rendu par un juge rouge ou par un juge déologue
ou un juge qui fait n'importe quoi il fait appel
vous croyez vraiment que un juge va prendre le risque
de rendre une décision
imprégné de son idéologie pour dire non
moi j'estime que tous les gens qui sont
qui ont les jeux blonds il faut les relaxer
voilà parce que c'est ma conviction profonde
vous doutez bien que la cour d'appel
va mettre son nez dedans
va affirmer la décision et puis ça va descendre
on va dire attendez ce juge là il est problématique
ça pour vous dire que quand vous êtes juge
faut faire attention aux accusations
qu'on porte sur la magistrature parce que
vous ne pouvez pas faire n'importe quoi
ça vous a fait mal
quand dans des décisions
des procès récents on a mis
en cause le travail des juges
je parle de la faire Sarkozy
Libye Sarkozy Marine Le Pen
quand le juge quelque part il devient le personnage principal
et tout le monde est sur lui
c'est dangereux pour la démocratie ?
moi ça me fait pas mal parce que je
suffisamment peut-être que c'est l'âge
faisant qui fait que je...
ça me fait pas mal
dire que ça me fait mal ce serait mentir
par contre ça m'inquiète
ça m'inquiète sur deux choses
c'est la cible qu'on met sur des magistrats
et ça je pense que c'est très inquiétant parce qu'il y en a quand même
qui ont été placés sous protection policière
et ça je pense que c'est très important
de le dire parce que
des juges on en a besoin
on a besoin de gens qui puissent rendre la justice
de manière sereine et la deuxième
c'est peut-être la méconnaissance énorme
je veux dire stratosphérique
je veux dire c'est une méconnaissance
mais énorme du fonctionnement
la justice je vous donne un exemple très simple
mais vraiment basique pour que les gens comprennent
admettant qu'on dise que la décision
est rendue contre Nicolas Sarkozy
est une décision politique
mais les juges ils ont jugé sur la base de quoi
sur la base d'une enquête, l'enquête elle est faite par qui
elle est faite par des fonctionnaires de police
donc en fait ça signifie quoi
que vous avez aussi une police politique
c'est ça que ça signifie vous vous rendez compte
quand vous commencez à gratter un tout petit peu
vous voyez bien en fait que ça n'a aucun sens
vous dites ces gens qui ne connaissent pas mais
là on parle de responsabilité politique
de premier plan
c'est à la loi c'est volontaire
c'est pour faire un écran de fumée
c'est pour amener le sujet ailleurs
voilà c'est pour amener le sujet ailleurs
mais les juges dans cette procédure là
puisque le jugement était rendu public
n'ont fait qu'appliquer la loi tout simplement
et tout ce qui a été décidé par
des années et des années de
responsables politiques tout simplement
nous on ne peut pas inventer une peine
il ne faudrait pas plutôt apprendre des notions de droit
il y avait notre époque
parce qu'on a quasiment le même âge il y avait un peu de droit civique
mais on a l'impression qu'il y a
on n'a pas de culture juridique
et une culture aussi de nos institutions
est-ce que ça faudrait pas peut-être
en primaire ou au collège expliquer
aux enfants
ce que c'est être juge, que c'est être avocat
ce que c'est de rendre la justice
bien sûr il faut l'expliquer, il faut le réexpliquer
c'est pas fait aujourd'hui vraiment
c'est pas fait, ils savent pas ce que c'est qu'un avocat un juge
ils savent pas comment la justice elle est rendue
moi ce que je rendrai obligatoire c'est
un stage
parce que la justice c'est quand même pas rien
comme pouvoir, c'est comme institution
comme élément moteur
et indispensable de la démocratie
je rendrai obligatoire un stage dans un tribunal
ou une matinée, une matinée d'échange
avec des magistrats, avec des griffiers, avec des avocats
pour leur expliquer
parce que moi je me dis souvent t'en as pas marre
d'entendre les politiques et tout
moi je leur dis c'est pas les politiques que je vis
c'est le justiciable, c'est le citoyen
moi je pense qu'on aura gagné
ou en tout cas on aura fait un grand pas le jour où les gens diront
comment la justice elle est rendue
pour y avoir été, parce que je sais, parce que je connais
parce que j'ai fait un stage, parce que mon enfant a fait si
ou mon enfant m'a expliqué que ça
je pense que c'est au justiciable qu'il faut expliquer
c'est pour eux qu'on rend la justice, parce qu'on a rendu le peuple français
c'est à eux qu'on doit des explications
et c'est vers eux qu'on doit
tendre notre pédagogie
je le dis, on le dit, on le répète
à longueur d'année, la justice elle est publique
je le dis toujours aux gens, franchissez les portes
d'un tribunal, venez, venez
mais on a plein plein plein
on se rend compte que
moi j'ai jamais compris
à part la statistique
l'élément que je vous donnais tout à l'heure, un satisfaire mécontent
pourquoi est-ce qu'il y avait autant de défiance
vis-à-vis de l'institution alors qu'au final
on fait du mieux qu'on peut
tous les jours
avec des conditions, des moyens
qui sont faibles
depuis des années
et pourquoi il y a une telle défiance
en fait envers l'institution, je vous avoue que je n'ai pas la réponse
à cette question
on a un élément de réponse
déjà les discours politiques
qui ont alimenté pas mal
et peut-être aussi une mécolescence
parce que quand on sort du discours politique
les gens ont pas une mauvaise image juge
en fait on trouve ça
même dans les idées de famille
on trouve ça honorable d'être juge
par exemple, on te dit est-ce que tu veux pas être juge
comme médecin, il y a une bonne image
tout n'est pas perdu
au niveau des étudiants droits
certains quand vous leur parlez, ils vous disent tout
non c'est vraiment, il y avait du grand public
ou sinon c'est que les gens disent n'importe quoi
au sondage en fait, sinon
ils répondent autre chose
moi j'ai l'impression d'avoir
de plus en plus de jeunes autour de moi
qui ont envie de se tourner vers ce métier-là
de parler à l'assaut
j'ai rencontré énormément
c'est pour ça que je vous dis
j'ai du mal à comprendre d'où vient cette statistique
Juste quand on parle de l'assaut
on va reparler de votre livre
dans le ciné il y a beaucoup de nepo baby
comme on dit, dans votre livre on voit que c'est pas
vraiment votre cas évidemment
est-ce que maintenant vous avez l'impression
de faire partie de l'élite ou pas
je sais pas si je fais partie de l'élite
je sais pas si je fais partie de l'élite
j'ai exercé d'une fonction
à responsabilité importante, j'en suis conscient tous les jours
je me considérais pas comme étant
faisant partie de l'élite
mais non, non je vous dirais que non
j'ai exercé un métier à responsabilité
avec des responsabilités importantes
j'en suis conscient c'est plutôt ça
c'est les mille visages de la France
la France
et c'est pas, faut pas que ça fait partie
d'eux mais faut pas que ça arrêtait qu'à ça
c'est évidemment Black Blamber
mais il faut pas ça arrêter qu'à ça
c'est la petite fille d'agricultrice
la petite fille de postier qui habite
à Chartres, Adre
il y a le fils
d'ouvrier, le fils de
oui, de celui qui vient du Nord
qui est convaincu que c'est pas fait pour lui
les habitants de Roubaix, c'est voilà
c'est tout ça, c'est
rentrer dans un tribunal et se dire
le tribunal il a l'image de la société française
voilà, c'est ça
il manque de juge ou pas aujourd'hui, est-ce qu'il y a des campagnes du recrutement
parce qu'à moi il y a une époque, je me rappelle, il y avait des grandes affiches comme ça
quand on passait au cœur de Paris
on manque toujours de juge
bien sûr on est toujours en situation compliquée
même s'il y a eu des recrutements
importants faits
on manque toujours de juge parce qu'on a eu des années 17
et qu'on rattrape pas
on se dit
c'est un beau métier
je dirais pas que c'est bien payé mais c'est
correct, c'est honorable
on est correctement sa vie, on est pas à plein de
mais surtout, comme je vous le disais tout à l'heure, c'est vraiment
deux conceptions différentes entre le métier d'avocat et le métier de magistrat
on s'engage au service de l'état
et voilà, c'est avec tout ce que ça signifie
et c'est pas rien
donc en termes de symbolique c'est aussi
pas la même
non, je pense que ça attire
beaucoup beaucoup d'étudiants droits
beaucoup de jeunes quand on en parle
c'est vrai que le sujet c'est plutôt
sur le nombre de postes ouverts en fait
c'est le nombre de place au concours en fait
c'est entre les mains de la chancellerie
c'est surtout ça en fait, l'enjeu
je vais vous faire écouter une bio de films
un film que
comme ça je me dis que vous aimez
en tout cas, on est de la même génération je pense
déjà vous le connaissez, mais j'en suis sûr vous allez aimer
c'est la bio
un des morceaux de la bio
de la N
vous avez fait l'amour
j'ai vu ce que j'ai vu avec plus de
vice que le dealer de ma rue
vous avez déjà fait l'objet d'une tentative de corruption
non
c'est vraiment dans les films ça
moi je pense que c'est dans les films
j'imagine ça doit exister, le ministre en a parlé
j'imagine ça doit exister
moi j'en ai jamais fait
l'objet
et même au-delà de ça
je trouve qu'il y a un respect
et ça il faut le dire aussi vis-à-vis des prévenus
c'est pas rien de rentrer dans un tribunal
je me suis retrouvé face à
une composition de 3 magistrats
donc non j'ai jamais fait ça
beaucoup de gens dans mon entourage
proche, semi proche
m'ont dit, ah quelqu'un qui aurait une question
à te poser tout, généralement je me
suis toujours rangé pour les tenir éloignés de moi
mais voilà toujours quelqu'un qui a un service
à vous demander tout ça, c'est plutôt ça
quand on est, voilà donc moi je leur dis non
ça je fais pas, je ne renseigne pas
il faut aller voir un avocat
c'est plutôt dans ce sens là, mais tentative de corruption
quand quelqu'un vient me voir avec une mallette d'argent
vous avez déjà entendu des collègues
il y a toujours un collègue qui vous... non
moi j'ai jamais entendu autour de moi
maintenant les stupes
j'ai jamais entendu
c'est une réalité
pour vous
vous connaissez du monde quand même
vous êtes au coeur de la machine judiciaire
pour vous la justice en France c'est une super production
ou un film à petit budget
un film à petit budget
un film à petit budget mais avec des acteurs
engagés, c'est ça que je dirais
on a l'impression que c'est un film à petit budget
qui on demande de faire beaucoup d'entrée
qu'on demande de faire beaucoup d'efforts
on le fait parce qu'on le sait pourquoi on le fait
mais non non c'est surtout
déjà engagé, en fait moi ce que je me dis
régulièrement c'est que
quand je vois mes collègues l'engagement qu'ils ont
quotidiennement heureusement qu'on a cet engagement
heureusement qu'ils l'ont et tout parce que c'est pour ça que ça tient
c'est accepter de serger
à 23h00 minuit alors qu'on devrait plus serger
à cette heure-ci alors qu'on est là depuis 13h00
et tout le temps c'est malheureusement encore un petit budget
petite question perso
est-ce que ça vous a déjà arrivé
d'être victime de racisme
vous êtes d'origine marocaine
en tant que magistrat
dans votre vie oui
comme nous tous
d'origine malgrémine mais en tant que magistrat
vous sentez parfois même chez un prévenu
en avocat je sais pas mais chez un prévenu
vous avez déjà senti ça ou vous prenez le petit arabe
non
non par contre il m'est déjà arrivé d'avoir
des prévenus
quand on expliquait la peine pas content
pas content pas content et en bout du bout
du bout d'argument nous traités de raciste
bon voilà ce qui me faisait
oui donc il me ressemble
comme vous et moi et voilà et donc du coup
j'ai dit non raciste pas moi là-dessus
voilà non mais ça m'a rappelé
ça m'a rappelé
parce que je faisais à l'école primaire
au collège quand j'étais pris en porte-à-faux
par des professeurs voilà et que du coup je disais
de toute façon vous me dites ça parce que je suis maghribin
donc c'était une manière
de m'esquiver
de me défoncer exactement de me dédoiner
mais non non non on m'a déjà traité de raciste
mais c'est sur le coup de la colère en fait
les gens prennent mal une peine
et voilà mais non non j'ai jamais été victime de racisme
par contre on m'a pris pour beaucoup beaucoup beaucoup
d'autres fonctions que celle que j'exerce
au tribunal ah oui mais ça a pas du racisme ça a par exemple
bah par exemple il n'y a pas plus tard qu'un an
on m'a refusé l'entrée
de mon propre tribunal
quelqu'un que je vois toujours parce qu'en fait
ça a l'air incendie et donc du coup il était
n'était autorisé car entrer et le personnel n'est pas les prévenus
voilà donc j'ai mal pris sur le coup
il vous a pris pour un prévenu ?
bah si mais j'étais avec ma doux de voune et tout donc
voilà on m'a demandé de déplacer
des cartons à un couloir
on m'a demandé si j'étais quelqu'un du service informatique
pour réparer son sac, son port usb
on m'a demandé si j'étais moi le chauffeur du
président du tribunal et tout donc
oui bien sûr bien sûr mais c'est pour ça
je vous dis que c'est pour ça que je vous dis que ce sujet
quand je dis 800 000 visages c'est que
tant qu'on n'entrera pas dans un tribunal
et qu'on changera pas le logiciel
à savoir
le prévenu il est noir ou arabe et le tribunal
la composition est forcément blanche
et bah en fait on aura encore des idées
j'en veux même pas ces personnes là c'est jusque dans leurs imaginaires
ils se sont dit il est forcément
ils sont victimes d'un système quelque part ?
oui c'est le système en fait qui est comme ça
c'est dans l'ordre des choses en fait
on met dans des cases et voilà
et on met dans ces cases là tout simplement
c'est fou c'est marrant parce que par plus d'heures
j'ai quand même commencé par me dire
non non je suis pas victime de racisme
et derrière vous me racontez l'histoire
si c'est du racisme ordinaire en fait
mais en fait c'est pas ce que votre question
c'était par rapport au prévenu mais non non
c'est plutôt par rapport à la structure
vous savez quand j'ai décroché contre la magistrature
j'étais heureux même pas aidé heureux
et pendant des années
j'habitais donc je suis originaire de Sergi
pendant des années j'ai envoyé des candidatures
pour faire un stage à Pontoise qui est le tribunal du ressort
j'ai jamais eu de réponse
des candidatures et tout je me suis dit c'est pas grave
j'étais passionné par les procès
passionné quand j'étais jeune
j'allais quand je savais qu'il y avait un procès entre des bandes
avec un mort et puis j'en avais entendu parler
parce qu'on connaissait tout ce quelqu'un
j'allais aux assises et je regardais
et donc du coup je me disais j'aimerais bien faire un stage
puis je regardais le président poser les questions
je me disais il est pas bon c'est pas ça qu'il fallait demander
vous avez un avis d'association
j'avais 18-19 ans quoi
et quand j'ai été pris à l'ONM
vous avez on commence par faire à l'époque
encore en 2007 nous on commençait en 2008
on commençait par faire un stage découvert de 15 jours
par principe en petite vengeance
j'ai choisi le tribunal de Pontoise
puisque du coup là on choisissait le tribunal et on y allait
j'ai le tribunal de Pontoise j'arrive le premier jour
mais encore une fois je l'excuse parce qu'elle était adorable par la suite
ma coordinatrice c'était une jupe des enfants
je me présente le premier jour
j'arrive devant elle ouvre la porte
elle me hurle dessus
elle me dit monsieur vous êtes convoqué à quelle heure
et là moi j'étais tout jeune
j'avais 24-25 ans donc j'étais tout
impressionné je lui dis
non je suis pas convoqué je me dis alors vous n'avez rien à faire ici vous partez
et donc je repartis
je me dis merde elle m'a pris pour un prévenu
pour un mineur convoqué
je pars je retrouve mes co-ditories je le raconte on rigole
on arrive et en fait
elle me remet même pas en fait
donc et j'en ai jamais parlé avec elle
j'en ai jamais parlé avec elle j'aurais jamais osé
elle va peut-être le dégrouver
non je pense qu'elle s'en souvient pas
je pense qu'elle s'en souvient pas
mais oui bien sûr
c'est une parenthèse et j'espère qu'il m'en voudra pas de
parce qu'on a beaucoup parlé par ailleurs c'est pas
mais mon collègue et ami abdel crimgrini
il est procureur
de la république d'alès il est procureur
c'est lui qui est le chef du parquet
sur ce ressort-là il est appelé parce qu'il y a
une affaire crimnelle qui vient de se passer
il y a quelqu'un alors
peut dire c'est un député du rassemblement sonal soit
mais il y a quelqu'un sur X
qui voit son nom mécaniquement
qu'il le prend
pour le possible auteur
de l'assassinat
de
de croix que c'est aboubacar si c'est ça
j'espère que j'ai crois son nom
et voilà le fidèle de la mosquée
et voilà il y a même pas de réflexion
c'est le procureur de la république
on a dit ça on a tout dit
vous souvenez de ça on a dit ça on a tout dit
sauf que moi je pense que
ces sujets là il faut parfois en parler
parce que c'est sujet de société
et parce que ça dit beaucoup aussi
d'une manière de fonctionner
je le raconte
ma compagne
elle a découvert
le racisme avec moi
elle a découvert le racisme en vivant avec moi
je l'ai vu
je l'ai vu peu de fois s'énerver
très peu de fois s'énerver
je l'ai vu une fois vrier vraiment
on était sur une plage avec nos enfants
dans le sud de la France
et on s'installe
il y avait encore peu de monde
il y a une dame qui arrive et qui vrit
je dis écoutez ma dame il n'y a pas le nom
et elle me regarde et elle pète un câble
elle me dit toutes sortes de choses très émables
mais notamment elle me dit monsieur
n'oubliez jamais qu'on est chez nous ici
et en fait elle découvre
moi je lui racontais je pense qu'elle devait se dire
peut-être qu'il exagère parfois
elle a découvert ce jour-là et le racisme
pourquoi je dis que c'est important d'en parler
parce qu'en fait ce jour-là ça l'a impacté
parce qu'il y avait nos enfants
et parce que du coup ça l'a concerné
même si elle sait très bien ce que c'est
mais ça pour vous dire pourquoi je me sers
de cet exemple-là c'est que
les gens ils ne comprennent pas quand ils sont pas concernés
c'est ça que je veux dire et je pense que vous le savez
tout comme moi donc on l'a pas vécu
on ne sait pas ce que c'est
comme le fait par exemple de s'asseoir dans un métro
et d'avoir une dame qui prend automatiquement
son sac
sans savoir que moi
une fois sur deux au tribunal
c'est moi qui... voilà c'est personne
voilà mais c'est pas grave
je me dis juste qu'il y a encore un énorme travail à faire
malheureusement
pour autant on est en France
la septième ou huitième puissance mondiale
qu'on ait le pays des lumières et je me dis
parfois il y a encore tellement de progrès à faire
parfois faudrait l'allumer la lumière
c'est quoi le film ou la série qui pour vous
représente le mieux, le métier de juge
en grenache est bien ou pas ?
j'allais dire en grenache
vous m'avez coupé l'herbe sous le pied
en grenache c'était
très très très bien fait
c'était vraiment très très bien fait
une petite erreur mais j'ai compris qu'il y avait des magistrats
des avocats qui étaient allés
à l'écriture
c'était très très bien fait
après ouais
en grenache je dirais
après moi il y a peu de films qui m'ont marqué
sur la justice très peu
beaucoup de clichés ouais
ouais beaucoup de clichés il y en a un qui mais c'est pas tout
sur la procédure française c'est la procédure américaine
celui qui m'a mis une tarte et qui m'en remet toujours une
parce que je trouve très fort sur l'audience
c'est ce film là qui a évolué
je voulais devenir avocat c'est Philadelphia
bon Philadelphia il y a tout dedans
tout c'est incroyable il y a tout
et en fait ils ont tout compris les américains
voilà il y a l'histoire qui touche d'importe qui
est-ce qu'il est licencié parce qu'il est homosexuel ou pas
alors qu'il était voilà il y a le fait
qu'il est complètement ostracisé il y a cette scène
dans la bibliothèque avec Denzel Washington
qui en fait a des principes
et quand même des principes un peu arrêtés
de je sais pas dire l'expression ce que j'en pense mais voilà
et en fait finalement il est touché par ce mec
qui est tout seul du coup il se dit qu'il est
quand même avocat ce n'a pas séparé dessus
il y a des moments d'audience incroyables
et puis les scènes avec les jurés
à la fin je trouve ça génial quand il dit
quand ils sont en train de se prendre la tête
savoir s'il a été licencié parce qu'il est homosexuel ou pas
et que le juré dit expliquez moi ça comme si j'avais 4 ans
voilà c'est parfois en fait
parfois il faut se reposer des questions aussi simples et basiques
ouais Philadelphia moi je...
j'avais noté 12 hommes en colère pour moi
vous savez ce film est tout simplement colère c'est très bon
donc on explique pour ceux qui ne connaissent pas
il y a un délibéré d'assies
un délibéré d'assies et un crime et au début
il y a une personne qui est contre toutes les autres
qui est convaincue de...
enfin qui ne croit pas la culpabilité
de l'accusé elle arrive à convaincre tout le monde
il est retourne tous ouais en fait
film il se raconte même pas il faut le voir
il est retourne tous avec
Henri Fonda
comme je crois que c'est lui d'ailleurs qui ne croit pas au début
et ouais ouais incroyable incroyable
c'est pas comme ça les jurés
tout le monde pense que ça se passe comme ça
c'est-à-dire qu'on est ensemble dans une salle et on peut se convaincre
bah oui bah tout ça pour vous dire moi
que ça se passe comme ça en correctionnelle
en correctionnelle on est parfois pas d'accord puis on évolue
puis parfois alors il y a des gens qui évoluent pas
mais on essaie de les convaincre on essaie de discuter
oui mais je trouve que c'est ça qui est
c'est ça qui est précieux en fait c'est que les gens
comprennent qu'on part dans un tribunal on arrive dans
une salle de danse rien n'est joué ça c'est vraiment hyper important
pour finir
selon vous n'est dans quelle série actuellement
franchement je...
j'avais une série
que j'ai vu récemment mais j'arrive plus à me souvient du nom
avec
Benjamin Biolet
ah la fièvre
je dirais la fièvre
avec l'extrême droite qui monte
la fièvre on est dedans
je crois qu'on a dépassé la fièvre
mais ça m'a marqué
cette série elle m'a marqué
merci en tout cas Youssef Bader
et puis bon courage et je rappelle votre
livre c'est pour une justice
visage et vous êtes l'un de ces mille visages
merci à vous merci beaucoup
Radio Nova
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Bienvenue dans Personnage principal à Radio Nova.
On pense que la réalité, elle a dépassé la fiction.
Donc on sait de la fiction pour analyser l'actualité et la société.
Une fois par semaine, on va la rencontre des premiers rôles de l'actualité.
Aujourd'hui, dans Personnage principal, c'est un homme qui représente une des professions
les plus présentes dans les films, particulièrement les Polars.
C'est ni un flic, ni un voyou, ni un avocat, il est magistrat.
Bonjour, Youssef Badra.
Bonjour.
Ça va, vous allez bien ?
Très bien.
Vous avez commencé, je faisais une petite bio, vous me dites si je me trompe au tribunal de grande instance de mots.
Ça.
Puis par Quitte Bobigny, Tégéie de Paris, vous avez été également...
C'est là que je vous ai croisé pour la première fois, porte-parole du ministère de la Justice.
C'est ça.
Là, les journalistes vous appellent pour avoir des infos.
C'est de m'être chiant, mon dieu.
On a pu devenir premier vice-président adjoint au tribunal judiciaire de Bobigny, c'est ça.
Vous avez aussi créé une association court-échelle destinée à lutter contre le décrochage universitaire.
Vous avez 44 ans.
Ça, je suis pas mal là, ça va ?
C'est très bien.
Tous les personnages principaux ont une histoire forte.
Vous avez créé un livre sur la vôtre.
Ça s'appelle Une justice à mille visages.
Et c'est quoi, justement, votre origine story ?
Ça, on dit souvent ça dans les séries, votre origine story.
Comment vous en êtes arrivé là ?
Et je crois que c'est décisif dans ce que vous faites.
Est-ce que vous vous écrivez ?
Comment j'en suis arrivé aujourd'hui.
Oui, aujourd'hui.
C'est vrai.
Et à représenter, est-ce que vous voulez représenter ?
C'est vrai, dès 2026.
C'est un long chemin.
Un long chemin fait de haut, de bas, d'incertitude, de questionnement.
Arrivé en fac de droit, vraiment, par pur hasard.
Parce que c'était le seul cursus qu'il y avait voulu de moi.
Ah oui, c'était pas une vocation, bon.
Non, c'est pas du tout une vocation.
J'ai atterri à lutter de Viltaneuse.
Donc, il y a un institut d'université de technologie.
Ah ouais, rien à voir.
Voilà, ça n'avait rien à voir au départ.
Je voulais faire une école de commerce, j'ai pas pu,
parce que j'avais des bulletins qui n'étaient pas très bons en première.
Donc, j'y arrivais.
Puis, finalement, j'ai un coup de cœur avec le droit.
Et donc, du coup, c'est ce...
Je poursuis mes années d'études, première année, deuxième année.
Ça marche plutôt très bien.
Troisième année, je laisse tout tomber,
parce qu'il fallait que je travaille.
J'ai cumulé plein de jobs étudiants.
Enfin, j'ai tout fait, livrer des repas à la défense,
distribuer des tracts devant des collèges,
travailler dans le bâtiment, je fais les marchés.
Et donc, je ne pouvais plus aller à la fac.
Deuxième année, je n'y vais pas plus,
mais je rencontre un prof qui me dit,
pas ce tour à Trapage.
Ce serait dommage que tu gâches tes deux premières années et tout.
Donc, je passe tout au Trapage.
Je l'ai.
Et je me dis, bon, c'est un signe du destin.
C'est un signe de Dieu.
Je me dis, il faut continuer.
Et donc, du coup, maîtrise.
Et en fait, comment j'en suis arrivé là aujourd'hui ?
On est en pleine, juste après les émeutes de 2005,
même en pleine émeute,
on est en discussion avec un prof
dans l'amphithéâtre à Ville Taneuse,
donc en Seine-Saint-Denis.
Et voilà, et puis on discute un peu
du rapport qu'on a à la police, à la justice,
quand on s'appelle Yusef Maudibault et tout ça.
Et puis, lui, il me dit cette phrase,
il me dit, tu peux être avocat si tu veux,
c'est très bien,
mais si tu veux avoir un poids sur les choses,
en matière de justice, il faut être magistrat.
Voilà, et c'est comme ça que ça...
Voilà, après la suite,
elle serait trop longue à raconter ici,
en accéléré, mais deux ans après,
j'ai intégré l'école de la magistrature
après deux années de prépare.
Je rebondis sur quelque chose que vous venez de dire.
C'est vrai qu'on a plus d'avocats
venant de milieux, on va dire, populaires,
et d'enfants d'immigrés qui deviennent avocats
que de magistrats, pourquoi ?
Alors, je pense que la raison est très simple.
C'est que l'école nationale de la magistrature,
il y a deux raisons, en mon avis, principale.
La première, c'est que
l'examen du barreau, non pas qu'il soit facile,
c'est un examen.
Le NM, c'est un concours.
Un examen, il faut avoir la moyenne.
Un concours, il faut être dans les premiers.
Et que je pense qu'il y a déjà un tri,
il y a un tri, en fait,
effectivement, une sélection qui existe.
Concours, examen, c'est pas du tout la même chose.
La deuxième chose, c'est que je pense
qu'il y a encore, moi, un gros travail aussi
de démocratisation du métier de magistrat
qui fait qu'en fait, on peut venir
d'un quartier, on peut venir de province,
on peut venir d'un milieu modeste
et aspirer à des fonctions magistrat.
Je pense qu'il y en a encore beaucoup qui se mettent des barrières.
Il y a un sentiment d'illégitimité,
c'est-à-dire qu'on va comme représenter la justice,
donc la France, il est la Français.
Exactement.
Alors qu'à vos cas, quelque part,
on va défendre des intérêts privés
et puis on va se faire un peu d'argent.
Est-ce qu'il y a cette vision-là ?
Franchement, je ne sais pas.
Moi, je pense qu'il y a deux professions
qui sont complètement différentes
dans l'organisation quotidienne.
Il y en a une, c'est une profession libérale.
Vous girez comme un médecin,
c'est un peu de la propre structure.
Effectivement, c'est pour le meilleur comme pour le pire,
j'allais dire, en termes financiers,
en termes de responsabilité avec tout ce qu'il y a avec.
L'autre, c'est autre chose.
L'autre, c'est un engagement au service de l'Etat.
C'est vraiment deux choses radicalement différentes
avec beaucoup d'avantage, mais aussi des...
Bah oui, des quelque part des contraintes
qui font que, bah...
Évidemment, je mets de côté le devoir d'exemplarité,
ce qui est évident, mais après,
je ne suis pas moi sur le devoir de réserve et tout ça,
tout ça fait que...
Puis, on rend la justice au nom du peuple français, donc c'est pas rien.
Moi, je pense que c'est deux visions complètement différentes
des études de droit.
J'imagine que le système judiciaire,
c'est un endroit où tout le monde a son rôle.
Si on compare, par exemple, un tournage,
le magistrat, il serait quoi ?
Il serait réalisateur, scénariste, producteur...
Ah, le magistrat, il serait quoi ?
Je pense qu'il serait réalisateur.
Il serait réalisateur et puis même...
Qu'on appelle, celui qui écrit l'histoire...
Le scénariste et le réalisateur.
Parce qu'en fait, en tout cas, la place qu'il a mis en aujourd'hui
dans un procès pour caricaturer,
mais c'est pour les gens, il y a une vision très claire.
Vous rentrez dans une salle d'audience,
il y a une sonnerie qui sonne,
le tribunal rentre, il y a donc un président de d'assesseurs.
Moi, je suis le président de la personne au milieu.
Quelqu'un m'a dit un jour, une chose très vraie,
un procès, la manière dont il va se passer,
c'est la manière dont le président va l'aborder,
la manière dont le président va...
Lui, le chef d'orchestre, le metteur en scène,
c'est lui qui va écrire l'histoire du procès.
Si un procès se passe bien,
ça repose en grande partie aussi sur la personnalité.
Je pense du président et la manière d'amener les choses.
Si ça se passe mal, il y a de forte chance aussi
que ça puisse être imputable au président.
Donc je dirais que c'est lui qui est le...
Ouais, le chef d'orchestre...
Mais alors, ça se soulève quand même une question,
celle de l'égalité devant la justice,
parce qu'on se dit, selon le magistrat,
qui va me juger,
ou celui avant qui a instruit une affaire,
et c'est une affaire avec information judiciaire,
je ne vais pas être traité de la même manière.
Alors oui et non.
Non, parce qu'on juge d'abord des faits.
Et ça, je pense qu'il faut vraiment...
il faut vraiment enlever cette image,
cette idée reçue,
qui est qu'en fonction du juge,
s'il a mangé, pas mangé, s'il est bien luné, pas luné,
vous allez vous faire cartonner, c'est pas vrai ça.
Parce que d'abord, ce que vous jugez, c'est un dossier.
Un dossier, vous ne pouvez pas le travestir.
Si c'est un dossier d'agression sexuelle,
je ne sais pas moi sur une mineur de 5 ans,
le truc en tous les sens, les faits restent graves, s'ils sont établis.
Et ensuite, vous jugez un homme,
une femme avec sa personnalité,
c'est dans le positionnement qu'il a par rapport au fait.
Après, oui, dans la mesure où
c'est vrai, on est tous le fruit de son histoire,
on a tous des choses qui nous touchent,
on a tous des rapports, une perception des choses
différentes, mais je vous dirais que ça reste
quand même estomper dans la mesure où les affaires les plus graves, elles sont jugées
à 3, et que de toute façon,
pourquoi est-ce qu'on dit que la justice c'est
l'émanation de la démocratie, c'est que pour arriver
à une décision de justice,
il faut qu'il y ait une majorité de deux voix au moins
qui se soient prononcées en faveur de la culpabilité
et ensuite en faveur de la peine.
Donc de toute façon, le président ou la présidente
tout seul admettant qu'il ne vous aime pas,
il ne pourra jamais faire la loi tout seul,
ça est heureusement.
Même si il y a cette notion,
l'interprétation parfois des juges ou des magistrats
et parfois dans certaines affaires,
je vais discuter avec les avocats des deux parties,
et les deux vont me dire,
dans cette affaire, ça peut basculer d'un côté comme de l'autre,
à l'issue des débats, ça arrive à sourire.
Mais non, c'est simple.
Vous savez, j'ai toujours une idée
sur un dossier avant d'y aller,
parce que j'ai lu le dossier, je me dis que c'est grave,
j'ai toujours une idée
d'aller 98% des cas,
ça vole complètement,
c'est bousculé à l'issue de l'audience.
Heureusement, c'est-à-dire que quand on écoute
la partie civile, quand on écoute le prévenu
ou l'accusé aux assises, quand on écoute le procureur,
quand on écoute des avocats,
il y a des avocats.
Moi, c'est ça que je trouve beau dans mon métier,
c'est de me dire, je suis arrivé avec une idée
et l'avocat nous a convaincus d'autres choses.
Et ça, je trouve que c'est beau en fait.
Quoi, c'est la vérité, de l'oralité
des débats ?
C'est des moments d'audience qui arrivent à être captés.
Parfois, c'est le prévenu.
Vous allez l'écouter, il va vous toucher,
parce qu'il va vous dire, attendez,
inversement.
Parfois, vous pouvez aussi vous dire, bon,
et en fait, le prévenu, vous vous rendez compte
qu'en fait, c'est quelqu'un d'un peu inquiétant
dans le positionnement.
Je trouve que c'est bien,
c'est beau parce que c'est
la magie de l'audience
et je pense qu'il faut encore s'attarder là-dessus, heureusement.
Le métier de magistrat, il est, comme on dirait,
dans une série qui s'appelle Sèvrance,
mystérieux et important.
Vous avez l'impression que votre rôle, il est bien compris,
parce qu'on comprend pas trop le rôle
de la magistrat d'égé à plusieurs types de magistrats.
Il y a les juges, les procureurs, les juges d'assurctions,
juges du siège, tout ça, tout ça.
Quand on a fait un peu de magistrats du siège,
quand on a fait un peu de droit,
quand on a fait le métier, vous dites quoi ?
Quand je connais pas les gens, je ne dis pas la vérité.
Pour être parfaitement honnête.
Je ne dis pas la vérité parce que je sais
dans quoi je vais m'embarquer.
Après, quand je connais les gens
ou que j'ai une idée de me faire griller
pour éviter de passer pour un menteur,
je dis que je suis dans le milieu du droit
et après, quand on creuse un peu,
parce que tout le monde a toujours eu quelqu'un
qui a eu affaire à quelqu'un
et qui a eu un mauvais souvenir.
Donc c'est vrai que c'est très compliqué.
Moi, je pense qu'il y a vraiment
deux écoles.
Il y a les gens
qui ont entendu des histoires
ou qui regardent les médias
qui ont une image négative
parce qu'ils ont vu un sujet
sur une image négative de la magistrature
ou de la justice en général.
Et puis il y a ceux
qui ont franchi les portes d'un tribunal,
qui parfois ont fait un stage
ou parfois ont un enfant, un cousin, un oeuf
et qui là sont beaucoup plus nuancés
par la importance de ce métier
du rôle capital qu'on a
et deuxièmement
qui se rendent compte que c'est pas tout blanc
ou tout noir, c'est beaucoup plus nuancé que ça.
Moi, je me...
Comment définition du magistrat ?
Moi, on m'a dit un jour quelque chose de très juste
quand j'étais auditeur de justice, donc magistrat en formation
il y a 18 ans.
On m'a dit quelque chose de très juste, on m'a dit
n'oublie jamais une chose et c'est vrai.
Dans le meilleur des cas, bien je dis bien dans le meilleur des cas
un magistrat il fait un mécontent
et il se fait dans le meilleur des cas.
Je suis qui est condamné, il ne me dit jamais merci, rarement merci
dans la majorité des cas il fait de mécontents.
Donc moi, ce auquel je me rattache
généralement, c'est de me dire
on a fait de notre mieux
mais qu'en fait on est aussi des empêcheurs de tourner en rond
on est là aussi à en donner pour sanctionner un interdit
pour dire à des gens de non, ça c'est pas possible
ça c'est puni par la loi
et puis parfois les partis civils
elles sont indemnisées mais pas auteurs de ce qu'elles voudraient
donc elles sont pas contents, voilà.
Moi je pars du principe que j'essaye de être le plus pédagoc possible
d'essayer de donner la meilleure image de la justice
et puis après il en reste ce qu'il en reste
et justement
dans certains procès
les prévenus
ou les accusés qui sont face à vous
on a l'impression d'être dans un film américain
et ils reprennent les codes
des films américains, le fameux votre honneur
ils vous le servent aussi
bien sûr mais on a le droit à votre honneur
chef, beaucoup
chef, je dépargne
je reprenais et maintenant je laisse
parce qu'en fait il y a aussi des tics de langage
votre honneur
quelqu'un nous a dit un jour objection
non il nous a dit objection
parce que l'avocat posait une question
à un autre dossier
je lui dis que c'était pas comme ça, oui bien sûr
et regarde, je pense que parfois ils doivent s'attendre
à ce qu'on tape avec un marteau mais ça n'existe pas
mais pas de marteau non
c'est un con d'ailleurs c'est un marteau
c'est pour remettre le silence
c'est pour remettre un peu d'ordre oui j'imagine
mais non on n'a pas de marteau non
alors heureusement ça a rarement été le chaos
quand ça l'est parfois oui il peut y avoir des incidents
ça fait partie aussi parce qu'il y a des moments de tension
ce qui est normal
on rappelle tout le monde à l'ordre et si jamais
généralement
ça a un coup de
première avertissement ça suffit
et si jamais ça marche pas on suspend l'audience
il y a des rôles qui marquent des acteurs
est-ce qu'il y a une affaire vous qui vous a marqué plus qu'une autre
et que vous voulez
nous partager ici
il y aura une affaire qui m'a marqué plus qu'autre
il y en a plein
honnêtement il y en a plein peut-être une
oui
une affaire qui m'a
deux affaires qui m'a le plus marqué
c'était
oui un viol collectif
que j'avais eu
j'étais au parquet à popini il y a
13 ans et voilà
et en fait c'est
ça m'a marqué parce que
j'ai jamais compris comment c'était possible
d'infliger
des actes pareils
il y a une jeune gamine
de 18 ans
et que dans la foulée
des 15-20 personnes qui étaient
il n'y en a aucun qui se dit
j'ai franchi la ligne et ça
à 20 km du périph donc
oui ça me fait partie des affaires qui marquent
c'est pas la seule il y en a plein d'autres
pour des
en fait des petits détails qui vous marquent
j'avais été marqué une fois je me souviens
par un prévenu
qui donc on comprenait pas
l'engrenage qui était impliqué
implanté dans un trafic de drogue depuis très longtemps
il a été pour des violences très très grave
avec une affaire de séquestration
et en fait quand on avait creusé un peu
enfin pas besoin de creuser on s'était rendu compte
que tout était parti d'un événement marquant
dans sa vie de mineur
il était parti en vacances un été
avec des copains
sa maman biologique était morte
et donc est élevé par son père et sa belle-mère
il était revenu de vacances et sa famille avait déménagé
donc c'est à dire qu'il était revenu
il avait 17 ans et il avait trouvé
toute sa famille avec son père
et tout l'avait laissé donc il s'est retrouvé à la rue
je vous avoue que c'est des choses qui
dans un procès comme ça quand vous voulez
quand il vous raconte ça et l'impact
que ça a eu sur lui il a 17 ans tout le monde a un gain
peut avoir un enfant un cousin un neveu
de 17 ans on se rend compte de la vulnérabilité
dans lequel on est en fait il y a plein de choses
qui m'ont marqué dans ma vie professionnelle
c'est là j'en livre quelques-unes comme ça
parce que mais c'est les choses qui
qui vous impactent directement humanement parce que c'est difficile
de ne pas voir
la ouais l'impact
que ça a pu avoir sur lui
et quelque part un peu d'expliquer
bah en fait la suite de sa trajectoire
délinquante donc quoi c'est les petits trucs
que vous prenez comme ça dans le coeur
vous faites
on en discute entre nous après entre collègues
parce qu'on discute souvent entre nous
et c'est sain et heureusement mais c'est des trucs
qui vous laissent pas indemnés évidemment et vous dites
en fait l'être humain il est capable du meilleur
comme du pire en fait
est-ce que pour vous un tribunal un prétoire
c'est là où se passe le meilleur
de l'être humain
ou le pire le meilleur
parce qu'on accepte
de se conférer à des lois
démocratiques quand même et du contradictoire
dans des moments où c'est pas facile
on l'a vu dans des procès par exemple
en matière de terrorisme
par exemple ou de viol
ou est-ce que c'est là où on voit le pire
de l'être humain
non moi je pense qu'un procès
pour moi un procès c'est vraiment
un moment
un moment d'attente
important pour
d'ailleurs que soit des prévenus d'accusés
ou des parties civiles et ça doit être un moment
un moment de dialogue
un moment de réalité où en fait les choses elles doivent être redites
pour moi c'est ce que je dis souvent en prévenu
en correctionnelle même si parfois on est pris un peu par le temps
je leur dis tout à l'heure il sera trop tard
et vraiment donc s'il y a des choses à dire
ou des choses à
même des déclarations sur lesquelles vous souhaitez évoluer
parce qu'il y a beaucoup d'éléments
qui permettent de penser que
vous avez commis les faits
et c'est maintenant qu'il faut le dire
pour moi c'est vraiment le lieu
où les choses elles doivent être redites
c'est pas tellement une question de pire ou de meilleur
c'est que pour moi le procès
c'est le lieu où on doit tout dire
où tout doit être mis sur la table
pour pas qu'il y ait de regrets à commencer par nous parfois
nous arrive parfois de partir en délibérer
on n'a pas parlé de ça
moi j'ai jamais considéré
vraiment
j'ai jamais considéré qu'il y avait
des monstres devant moi
quelque soit à gravité effets
par contre il y a des gens qui ont commis des actes monstrueux
il y a des gens qui ont commis des choses très très dures
mais par contre
je vous dis je suis souvent arrivé
à l'audience avec des idées
sur un dossier et puis
souvent ma perception a
beaucoup bougé parfois avalcée
volé en éclats
sur la justice
et se dire
que c'est un moment de dialogue
moi j'ai suivi
j'ai couvert le procès du 13 novembre
et c'est ça qu'on a eu
comme impression toutes les personnes
les journalistes parce qu'il y avait ce qui se passait
à l'intérieur du paix de justice
et de la cour d'assises
et puis à côté juste en face
il y avait le bar du paix de justice
et on voyait même
toutes les parties
et certains accusés qui étaient là
ceux qui comprenaient ces livres avec les parties
en fait je ne sais plus
avec qui j'en discutais récemment
mais les moments où j'ai le plus appris
sur mon métier
c'est les moments où on a levé l'audience
on est partis
devant le tribunal de Bovini il y a un grand parvis
il m'est arrivé régulièrement de me faire gentiment
à le paguer
ou interpeller par des parents
des frères et sœurs
des prévenus parfois libres
qui ont discuté avec eux et leurs avocats
là ils se disent plus de choses
beaucoup plus de choses en réalité
presque que dans une salle d'audience
et en fait là c'est marrant de te voir
et c'est intéressant de voir que
en fait les gens y comprennent
je me souviens d'un jour d'une mère qui m'a dit
je vous ai trouvé très dur avec mon fils
mais pas de problème
je comprends, il a fait une faute
il est sanctionné, je comprends
mais je vous ai trouvé très dur
et moi donc mère je voulais vous le dire
mais après je me suis dit
j'en ai discuté le lendemain avec mes collègues
je vous disais en fait nous on est là aussi
pour sanctionner l'interdit en fait
et souvent oui, bien sûr ça ne nous empêche pas
c'est pas parce que j'ai jugé quelqu'un
que ça me dispense de le considérer
de discuter avec lui ou même quelqu'un de sa famille
heureusement c'est absolument normal ça
et vous n'avez pas peur comme ça après un procès
parce que là vous me dites que par exemple
à Bovini vous sortez j'imagine
que tout le monde sait
qu'on est là à la porte de sortie des juges
on sort tous par là
je pense que les gens ils savent
ils savent que le tribunal c'est un lieu
et puis on manque pas de respect
au prévenu, on leur manque pas de respect
on les écoute, on est là pour les juger
ils le savent très bien et puis il y a aussi
un élément qui est quand même important
déjà je pense que les gens sont responsables
et la deuxième main c'est qu'ils m'estiment aussi beaucoup
le boulot qui fait par les avocats
les avocats aussi expliquent
expliquent les peines, expliquent le processus
expliquent la procédure, c'est aussi quelque part
oui des rampards
des filtres aussi entre
entre nous mais moi j'ai jamais refusé de discuter
avec un prévenu avec des parents
devant le tribunal et j'estime que c'est normal
il faut se mettre aussi à hauteur de justice
il y a des films dont le scénario
intéresse plus que d'autres
j'ai l'impression que ça s'applique parfois au crime
là aussi je balaye devant notre porte
nous les médias notamment les crimes racistes
qui ont parfois du mal à atteindre
la une des journaux
je prends par exemple un crime qui est lieu
en janvier, la victime c'est Ismaël Allil
elle est retrouvée mort à Lyon
en janvier et on n'a pas vu
beaucoup de responsables politiques
on n'a pas vu beaucoup de chaînes d'infos
en parler pourquoi selon vous
alors qu'il y a aujourd'hui des actes
et des crimes
ou des liens caractéristiques
Honnêtement, je ne sais même pas si j'en ai moi-même
entendu parler donc c'est plus aussi
révélateur du fait que
ça n'a pas été couvert médiatiquement
pourquoi ça n'a pas été couvert médiatiquement
je sais pas, honnêtement
c'est décalifié par le...
peut-être que c'est aussi à nous
peut-être de plus communiquer dessus
peut-être de faire un communiqué de près
c'est de l'envoyer aux différents journalistes
pour les justices parce que c'est aussi comme ça
que l'information elle circule et c'est comme ça que l'information elle est relayée
honnêtement moi je n'en avais même pas entendu parler
pourquoi je ne saurais pas l'expliquer
je sais juste
qu'il m'arrive parfois de
croiser quelques journalistes avec lesquels j'ai eu
l'occasion de travailler à Bobigny
qui m'ont dit ah je suis passé, j'ai passé une tête
dans une salle d'audience j'ai vu un procès hyper intéressant
je me rends compte parfois que
l'information sur les procès ou sur les procédures
en cours ou sur les actes qui viennent de se passer
elle n'arrive pas souvent
aux organes de presse aussi parce que nous on a aussi
d'autres prérogatives et d'autres contraintes
mais je pense que c'est à mon avis c'est juste
pour moi c'est juste une circulation
de l'information en fait
bon après on va arriver et vous avez été porte-parole
donc du ministère de la Justice, moi journaliste
il y a aussi de la volonté politique
c'est à dire que le parquet
où les services de police demandent
aux différentes services
de communiquer aux journalistes telles infos
et nous les journalistes je me rappelle quand j'étais par exemple
parisien, on fait la tournée, on appelle
les différents parquets et les services de police
et donc là il choisit
selon aussi...
le parquet je pense pas, sincèrement le parquet je pense pas
le parquet je pense qu'il y a autre chose à faire
honnêtement je pense qu'il y a d'autres prérogatives
ici ce qui s'est passé dans la journée il dit au journaliste
le parquet je pense que si on l'appelle il répond
en fait si vous voulez l'actualité
l'activité d'un parquet est tellement dense
et tellement importante que lui il peut pas se permettre
pour moi un procureur ou un parquet
d'aller faire le filtre et de se dire ça on donne
ça on donne pas non je pense que
à mon avis c'est plutôt à la presse je pense aujourd'hui
d'aller chercher et c'est plutôt souvent ça qui revient
c'est on n'est pas informé de l'un, on n'a pas l'info
je pense plutôt que c'est vraiment
franchement pour moi je pense pas que c'est une volonté
de dédiverer
d'accord non mais il n'y a pas parfois
une commande dire
on devance
l'intérêt médiatique parce qu'il y a une thématique
il manque je pense pas de l'isocuté
il y en avait beaucoup et là ça c'est politique
ça c'est pour le coup c'est d'un point de vue politique
d'un point de vue judiciaire moi
il n'y a pas d'instruction du ministre de la Justice au parquet
au parquet je sais pas parce que je ne suis plus
mais moi en tout cas j'y ai passé 8 ans de ma vie
j'ai jamais vu d'instruction on nous a jamais dit
ça il faut communiquer ça il faut pas communiquer
il nous arrivait parfois quand il y avait des procès importants
d'en parler à le journaliste local du parisien
parce que c'était important aussi pour plein de raisons
c'est vraiment l'activité aujourd'hui fait qu'on a plus du tout le temps
de rater là dedans
ah bah non non bien sûr déjà au porte-parole
c'était mon activité j'avais du mal
tellement il y avait de sujets à couvrir et tout
alors là l'activité d'une juridiction si vous voulez
dans les films américains le FBI
travaille main dans la main
avec le procureur
et le juge en France
dans la vraie vie c'est pas trop ça les rapports
polyjustices écoutez par exemple ce que disait
c'est je crois il y a 5 ans le secret
international du syndicat de police alliance
soyons clairs le problème de la police
c'est la justice
c'est grave comme propos ça
non vous en pensez quoi c'est un policier qui dit ça
un repris en temps policier
oui oui sur le coup moi j'avais trouvé ça
oui j'avais trouvé ça
j'avais trouvé ça préoccupant
la part d'un fonctionnaire de police
surtout que c'est pas du tout les relations que moi
au parquet que j'ai eu
vous disiez tout à l'heure que le FBI travaillait main dans la main
avec le procureur mais c'est comme ça en fait
dans la vraie vie ici aussi
dans deux sections
importante une abobignée et une appareil
quand on dit que le procureur
de la république dirige
la police judiciaire oui c'est la vérité parce qu'en fait
il nous appelle pour un placement en garde à vue
pour des stratégies d'enquête
bien avant la garde à vue toutes les stratégies
les techniques spéciales d'enquête ça passe par le ministère public
on en discute entre nous donc
non c'est pas vrai moi je pense que
ce qui est visé là dessus c'est
j'imagine peut-être le laxisme il me semble
je crois que c'était ça
il y a deux choses pour moi
il n'y a qu'à voir le taux de surpopulation carcéral
je veux dire aujourd'hui
il y a un taux de surpopulation carcéral qui est
stratosphérique
vous savez on dit souvent les hommes mentent mais pas les chiffres
les chiffres aujourd'hui démontrent qu'il n'y a
jamais eu autant de peine d'en prisonnement ferme
avec un carcération qui ont été prononcés
sur les dernières années
le taux de population carcéral
est très élevé il n'y a qu'à franchir
l'apport d'un tribunal nous on se le comparer
sur mesiat pour se rendre compte
qu'en fait la justice elle est
tout sauf laxiste en fait
il n'y a pas de félicité du fait qu'elle est sévère
mais je pense qu'on donne
l'exacte qualification
et l'exacte peine que
les faits le justifient
après je vais vous dire honnêtement
cette déclaration là moi je l'ai pris avec beaucoup de recul
parce que c'est une déclaration d'un syndicaliste
et voilà et par principe si vous voulez
voilà j'y accrante pas beaucoup de crédit
mais une parole qui a de l'écho quand même
au sein des rangs policiers
une parole syndicaliste et moi ce qui m'importe
moi c'est ce qu'on fait quotidiennement au tribunal
voilà mais c'est un
impact dans la société c'est-à-dire
les gens qui l'entendent
les gens qui l'entendent se disent forcément
si il le dit c'est qu'il va y avoir une part de vérité
mais moi j'invite les gens à franchir
l'apport d'un tribunal voilà
mais justement sur ce point là vous êtes un peu pris en sandwich
parce qu'il y a donc les policiers
parfois sur les syndicales pour être plus précis
de l'autre vous avez aussi on en parlait un peu
les responsables politiques
qui parfois parlent de laxisme
et qui vous accusent d'idéologie
c'est quoi la place justement
de cette idéologie dans le métier de magistrat est-ce que
on peut
tout à l'heure vous m'avez dit
on est le fruit de son histoire
c'est pas pour ça qu'on est idéologiques
moi je sais pas ce qu'une idéologie c'est
avoir une idée arrêtée sur quelque chose
et être complètement imprégné de ça
encore une fois c'est-à-dire la magistrature est pas de gauche
et ce que dit souvent
moi je sais pas moi je sais pas s'indiquer
donc de manière très claire donc moi
ça n'engage que ma parole j'ai eu une carte de maman
dans ma vie celle du club de roté
donc je me sens très
très libre là dessus non non mais c'est quand même important
de préciser parce que moi souvent on me dit
bah de part ce qu'il fait il est
c'est un magistrat de gauche non en fait je suis une gauche de droite
en fait moi j'ai un dossier dans lequel il y a des faits
voilà il y a des faits
je dois juger une personne mais en fait
vous savez parfois il faut revenir au fondamentaux
je pense que attaquer la magistrature
ou attaquer les juges sur une idéologie
parce que ce serait des juges rouges et tout
c'est la meilleure manière quelque part
de en fait faire un écran de fumée
pour pas regarder en fait la réalité
la réalité du métier juge
vous prenez un dossier et puis vous savez qu'on est quand même
vachement normé et vachement quadré
vous prenez un dossier vous ne pouvez pas faire n'importe quoi
avec un dossier c'est quand même hyper important de le dire aux gens
vous ne pouvez pas faire n'importe quoi
je sais pas moi par exemple je prends quelqu'un qui a conduit sans permis
il conduit sans permis
il a jamais été condamné
il se fait interpeller une première fois il arrive devant le tribunal
il travaille il est devant vous
il vous dit bon bah je suis désolé vraiment je recommencerai pas
je suis allé chercher ma mère
et tout j'aurais jamais dû et tout
voilà on prend compte tous ces éléments là
il a jamais été condamné tout ça
généralement ça va être une peine d'amende, un stage
vous prenez quelqu'un qui est un multirécidiviste
qui a déjà mis la vie des gens en danger
qui roule comme un dingue qui a fait un refus au tempéré
vous vous doutez bien que c'est pas la même peine
qui va être prononcée
et à partir de là quand vous prenez ce raisonnement là
vous vous rendez compte que vous ne pouvez pas
faire n'importe quoi d'une part parce que vous avez un dossier
parce que vous vous rendez la justice publiquement
donc ça veut dire que les gens sont dans les salles
vous regardes la personne qui est jugée avant
qui est jugée après il vous regarde
il vous scrute les avocats vous regardes le procureur de la République
vous regardes il peut interjeter appel
ça c'est une première réalité
la deuxième c'est que vous vous rendez une décision
s'il y en a un qui est pas content
qui dit ça a été rendu par un juge rouge ou par un juge déologue
ou un juge qui fait n'importe quoi il fait appel
vous croyez vraiment que un juge va prendre le risque
de rendre une décision
imprégné de son idéologie pour dire non
moi j'estime que tous les gens qui sont
qui ont les jeux blonds il faut les relaxer
voilà parce que c'est ma conviction profonde
vous doutez bien que la cour d'appel
va mettre son nez dedans
va affirmer la décision et puis ça va descendre
on va dire attendez ce juge là il est problématique
ça pour vous dire que quand vous êtes juge
faut faire attention aux accusations
qu'on porte sur la magistrature parce que
vous ne pouvez pas faire n'importe quoi
ça vous a fait mal
quand dans des décisions
des procès récents on a mis
en cause le travail des juges
je parle de la faire Sarkozy
Libye Sarkozy Marine Le Pen
quand le juge quelque part il devient le personnage principal
et tout le monde est sur lui
c'est dangereux pour la démocratie ?
moi ça me fait pas mal parce que je
suffisamment peut-être que c'est l'âge
faisant qui fait que je...
ça me fait pas mal
dire que ça me fait mal ce serait mentir
par contre ça m'inquiète
ça m'inquiète sur deux choses
c'est la cible qu'on met sur des magistrats
et ça je pense que c'est très inquiétant parce qu'il y en a quand même
qui ont été placés sous protection policière
et ça je pense que c'est très important
de le dire parce que
des juges on en a besoin
on a besoin de gens qui puissent rendre la justice
de manière sereine et la deuxième
c'est peut-être la méconnaissance énorme
je veux dire stratosphérique
je veux dire c'est une méconnaissance
mais énorme du fonctionnement
la justice je vous donne un exemple très simple
mais vraiment basique pour que les gens comprennent
admettant qu'on dise que la décision
est rendue contre Nicolas Sarkozy
est une décision politique
mais les juges ils ont jugé sur la base de quoi
sur la base d'une enquête, l'enquête elle est faite par qui
elle est faite par des fonctionnaires de police
donc en fait ça signifie quoi
que vous avez aussi une police politique
c'est ça que ça signifie vous vous rendez compte
quand vous commencez à gratter un tout petit peu
vous voyez bien en fait que ça n'a aucun sens
vous dites ces gens qui ne connaissent pas mais
là on parle de responsabilité politique
de premier plan
c'est à la loi c'est volontaire
c'est pour faire un écran de fumée
c'est pour amener le sujet ailleurs
voilà c'est pour amener le sujet ailleurs
mais les juges dans cette procédure là
puisque le jugement était rendu public
n'ont fait qu'appliquer la loi tout simplement
et tout ce qui a été décidé par
des années et des années de
responsables politiques tout simplement
nous on ne peut pas inventer une peine
il ne faudrait pas plutôt apprendre des notions de droit
il y avait notre époque
parce qu'on a quasiment le même âge il y avait un peu de droit civique
mais on a l'impression qu'il y a
on n'a pas de culture juridique
et une culture aussi de nos institutions
est-ce que ça faudrait pas peut-être
en primaire ou au collège expliquer
aux enfants
ce que c'est être juge, que c'est être avocat
ce que c'est de rendre la justice
bien sûr il faut l'expliquer, il faut le réexpliquer
c'est pas fait aujourd'hui vraiment
c'est pas fait, ils savent pas ce que c'est qu'un avocat un juge
ils savent pas comment la justice elle est rendue
moi ce que je rendrai obligatoire c'est
un stage
parce que la justice c'est quand même pas rien
comme pouvoir, c'est comme institution
comme élément moteur
et indispensable de la démocratie
je rendrai obligatoire un stage dans un tribunal
ou une matinée, une matinée d'échange
avec des magistrats, avec des griffiers, avec des avocats
pour leur expliquer
parce que moi je me dis souvent t'en as pas marre
d'entendre les politiques et tout
moi je leur dis c'est pas les politiques que je vis
c'est le justiciable, c'est le citoyen
moi je pense qu'on aura gagné
ou en tout cas on aura fait un grand pas le jour où les gens diront
comment la justice elle est rendue
pour y avoir été, parce que je sais, parce que je connais
parce que j'ai fait un stage, parce que mon enfant a fait si
ou mon enfant m'a expliqué que ça
je pense que c'est au justiciable qu'il faut expliquer
c'est pour eux qu'on rend la justice, parce qu'on a rendu le peuple français
c'est à eux qu'on doit des explications
et c'est vers eux qu'on doit
tendre notre pédagogie
je le dis, on le dit, on le répète
à longueur d'année, la justice elle est publique
je le dis toujours aux gens, franchissez les portes
d'un tribunal, venez, venez
mais on a plein plein plein
on se rend compte que
moi j'ai jamais compris
à part la statistique
l'élément que je vous donnais tout à l'heure, un satisfaire mécontent
pourquoi est-ce qu'il y avait autant de défiance
vis-à-vis de l'institution alors qu'au final
on fait du mieux qu'on peut
tous les jours
avec des conditions, des moyens
qui sont faibles
depuis des années
et pourquoi il y a une telle défiance
en fait envers l'institution, je vous avoue que je n'ai pas la réponse
à cette question
on a un élément de réponse
déjà les discours politiques
qui ont alimenté pas mal
et peut-être aussi une mécolescence
parce que quand on sort du discours politique
les gens ont pas une mauvaise image juge
en fait on trouve ça
même dans les idées de famille
on trouve ça honorable d'être juge
par exemple, on te dit est-ce que tu veux pas être juge
comme médecin, il y a une bonne image
tout n'est pas perdu
au niveau des étudiants droits
certains quand vous leur parlez, ils vous disent tout
non c'est vraiment, il y avait du grand public
ou sinon c'est que les gens disent n'importe quoi
au sondage en fait, sinon
ils répondent autre chose
moi j'ai l'impression d'avoir
de plus en plus de jeunes autour de moi
qui ont envie de se tourner vers ce métier-là
de parler à l'assaut
j'ai rencontré énormément
c'est pour ça que je vous dis
j'ai du mal à comprendre d'où vient cette statistique
Juste quand on parle de l'assaut
on va reparler de votre livre
dans le ciné il y a beaucoup de nepo baby
comme on dit, dans votre livre on voit que c'est pas
vraiment votre cas évidemment
est-ce que maintenant vous avez l'impression
de faire partie de l'élite ou pas
je sais pas si je fais partie de l'élite
je sais pas si je fais partie de l'élite
j'ai exercé d'une fonction
à responsabilité importante, j'en suis conscient tous les jours
je me considérais pas comme étant
faisant partie de l'élite
mais non, non je vous dirais que non
j'ai exercé un métier à responsabilité
avec des responsabilités importantes
j'en suis conscient c'est plutôt ça
c'est les mille visages de la France
la France
et c'est pas, faut pas que ça fait partie
d'eux mais faut pas que ça arrêtait qu'à ça
c'est évidemment Black Blamber
mais il faut pas ça arrêter qu'à ça
c'est la petite fille d'agricultrice
la petite fille de postier qui habite
à Chartres, Adre
il y a le fils
d'ouvrier, le fils de
oui, de celui qui vient du Nord
qui est convaincu que c'est pas fait pour lui
les habitants de Roubaix, c'est voilà
c'est tout ça, c'est
rentrer dans un tribunal et se dire
le tribunal il a l'image de la société française
voilà, c'est ça
il manque de juge ou pas aujourd'hui, est-ce qu'il y a des campagnes du recrutement
parce qu'à moi il y a une époque, je me rappelle, il y avait des grandes affiches comme ça
quand on passait au cœur de Paris
on manque toujours de juge
bien sûr on est toujours en situation compliquée
même s'il y a eu des recrutements
importants faits
on manque toujours de juge parce qu'on a eu des années 17
et qu'on rattrape pas
on se dit
c'est un beau métier
je dirais pas que c'est bien payé mais c'est
correct, c'est honorable
on est correctement sa vie, on est pas à plein de
mais surtout, comme je vous le disais tout à l'heure, c'est vraiment
deux conceptions différentes entre le métier d'avocat et le métier de magistrat
on s'engage au service de l'état
et voilà, c'est avec tout ce que ça signifie
et c'est pas rien
donc en termes de symbolique c'est aussi
pas la même
non, je pense que ça attire
beaucoup beaucoup d'étudiants droits
beaucoup de jeunes quand on en parle
c'est vrai que le sujet c'est plutôt
sur le nombre de postes ouverts en fait
c'est le nombre de place au concours en fait
c'est entre les mains de la chancellerie
c'est surtout ça en fait, l'enjeu
je vais vous faire écouter une bio de films
un film que
comme ça je me dis que vous aimez
en tout cas, on est de la même génération je pense
déjà vous le connaissez, mais j'en suis sûr vous allez aimer
c'est la bio
un des morceaux de la bio
de la N
vous avez fait l'amour
j'ai vu ce que j'ai vu avec plus de
vice que le dealer de ma rue
vous avez déjà fait l'objet d'une tentative de corruption
non
c'est vraiment dans les films ça
moi je pense que c'est dans les films
j'imagine ça doit exister, le ministre en a parlé
j'imagine ça doit exister
moi j'en ai jamais fait
l'objet
et même au-delà de ça
je trouve qu'il y a un respect
et ça il faut le dire aussi vis-à-vis des prévenus
c'est pas rien de rentrer dans un tribunal
je me suis retrouvé face à
une composition de 3 magistrats
donc non j'ai jamais fait ça
beaucoup de gens dans mon entourage
proche, semi proche
m'ont dit, ah quelqu'un qui aurait une question
à te poser tout, généralement je me
suis toujours rangé pour les tenir éloignés de moi
mais voilà toujours quelqu'un qui a un service
à vous demander tout ça, c'est plutôt ça
quand on est, voilà donc moi je leur dis non
ça je fais pas, je ne renseigne pas
il faut aller voir un avocat
c'est plutôt dans ce sens là, mais tentative de corruption
quand quelqu'un vient me voir avec une mallette d'argent
vous avez déjà entendu des collègues
il y a toujours un collègue qui vous... non
moi j'ai jamais entendu autour de moi
maintenant les stupes
j'ai jamais entendu
c'est une réalité
pour vous
vous connaissez du monde quand même
vous êtes au coeur de la machine judiciaire
pour vous la justice en France c'est une super production
ou un film à petit budget
un film à petit budget
un film à petit budget mais avec des acteurs
engagés, c'est ça que je dirais
on a l'impression que c'est un film à petit budget
qui on demande de faire beaucoup d'entrée
qu'on demande de faire beaucoup d'efforts
on le fait parce qu'on le sait pourquoi on le fait
mais non non c'est surtout
déjà engagé, en fait moi ce que je me dis
régulièrement c'est que
quand je vois mes collègues l'engagement qu'ils ont
quotidiennement heureusement qu'on a cet engagement
heureusement qu'ils l'ont et tout parce que c'est pour ça que ça tient
c'est accepter de serger
à 23h00 minuit alors qu'on devrait plus serger
à cette heure-ci alors qu'on est là depuis 13h00
et tout le temps c'est malheureusement encore un petit budget
petite question perso
est-ce que ça vous a déjà arrivé
d'être victime de racisme
vous êtes d'origine marocaine
en tant que magistrat
dans votre vie oui
comme nous tous
d'origine malgrémine mais en tant que magistrat
vous sentez parfois même chez un prévenu
en avocat je sais pas mais chez un prévenu
vous avez déjà senti ça ou vous prenez le petit arabe
non
non par contre il m'est déjà arrivé d'avoir
des prévenus
quand on expliquait la peine pas content
pas content pas content et en bout du bout
du bout d'argument nous traités de raciste
bon voilà ce qui me faisait
oui donc il me ressemble
comme vous et moi et voilà et donc du coup
j'ai dit non raciste pas moi là-dessus
voilà non mais ça m'a rappelé
ça m'a rappelé
parce que je faisais à l'école primaire
au collège quand j'étais pris en porte-à-faux
par des professeurs voilà et que du coup je disais
de toute façon vous me dites ça parce que je suis maghribin
donc c'était une manière
de m'esquiver
de me défoncer exactement de me dédoiner
mais non non non on m'a déjà traité de raciste
mais c'est sur le coup de la colère en fait
les gens prennent mal une peine
et voilà mais non non j'ai jamais été victime de racisme
par contre on m'a pris pour beaucoup beaucoup beaucoup
d'autres fonctions que celle que j'exerce
au tribunal ah oui mais ça a pas du racisme ça a par exemple
bah par exemple il n'y a pas plus tard qu'un an
on m'a refusé l'entrée
de mon propre tribunal
quelqu'un que je vois toujours parce qu'en fait
ça a l'air incendie et donc du coup il était
n'était autorisé car entrer et le personnel n'est pas les prévenus
voilà donc j'ai mal pris sur le coup
il vous a pris pour un prévenu ?
bah si mais j'étais avec ma doux de voune et tout donc
voilà on m'a demandé de déplacer
des cartons à un couloir
on m'a demandé si j'étais quelqu'un du service informatique
pour réparer son sac, son port usb
on m'a demandé si j'étais moi le chauffeur du
président du tribunal et tout donc
oui bien sûr bien sûr mais c'est pour ça
je vous dis que c'est pour ça que je vous dis que ce sujet
quand je dis 800 000 visages c'est que
tant qu'on n'entrera pas dans un tribunal
et qu'on changera pas le logiciel
à savoir
le prévenu il est noir ou arabe et le tribunal
la composition est forcément blanche
et bah en fait on aura encore des idées
j'en veux même pas ces personnes là c'est jusque dans leurs imaginaires
ils se sont dit il est forcément
ils sont victimes d'un système quelque part ?
oui c'est le système en fait qui est comme ça
c'est dans l'ordre des choses en fait
on met dans des cases et voilà
et on met dans ces cases là tout simplement
c'est fou c'est marrant parce que par plus d'heures
j'ai quand même commencé par me dire
non non je suis pas victime de racisme
et derrière vous me racontez l'histoire
si c'est du racisme ordinaire en fait
mais en fait c'est pas ce que votre question
c'était par rapport au prévenu mais non non
c'est plutôt par rapport à la structure
vous savez quand j'ai décroché contre la magistrature
j'étais heureux même pas aidé heureux
et pendant des années
j'habitais donc je suis originaire de Sergi
pendant des années j'ai envoyé des candidatures
pour faire un stage à Pontoise qui est le tribunal du ressort
j'ai jamais eu de réponse
des candidatures et tout je me suis dit c'est pas grave
j'étais passionné par les procès
passionné quand j'étais jeune
j'allais quand je savais qu'il y avait un procès entre des bandes
avec un mort et puis j'en avais entendu parler
parce qu'on connaissait tout ce quelqu'un
j'allais aux assises et je regardais
et donc du coup je me disais j'aimerais bien faire un stage
puis je regardais le président poser les questions
je me disais il est pas bon c'est pas ça qu'il fallait demander
vous avez un avis d'association
j'avais 18-19 ans quoi
et quand j'ai été pris à l'ONM
vous avez on commence par faire à l'époque
encore en 2007 nous on commençait en 2008
on commençait par faire un stage découvert de 15 jours
par principe en petite vengeance
j'ai choisi le tribunal de Pontoise
puisque du coup là on choisissait le tribunal et on y allait
j'ai le tribunal de Pontoise j'arrive le premier jour
mais encore une fois je l'excuse parce qu'elle était adorable par la suite
ma coordinatrice c'était une jupe des enfants
je me présente le premier jour
j'arrive devant elle ouvre la porte
elle me hurle dessus
elle me dit monsieur vous êtes convoqué à quelle heure
et là moi j'étais tout jeune
j'avais 24-25 ans donc j'étais tout
impressionné je lui dis
non je suis pas convoqué je me dis alors vous n'avez rien à faire ici vous partez
et donc je repartis
je me dis merde elle m'a pris pour un prévenu
pour un mineur convoqué
je pars je retrouve mes co-ditories je le raconte on rigole
on arrive et en fait
elle me remet même pas en fait
donc et j'en ai jamais parlé avec elle
j'en ai jamais parlé avec elle j'aurais jamais osé
elle va peut-être le dégrouver
non je pense qu'elle s'en souvient pas
je pense qu'elle s'en souvient pas
mais oui bien sûr
c'est une parenthèse et j'espère qu'il m'en voudra pas de
parce qu'on a beaucoup parlé par ailleurs c'est pas
mais mon collègue et ami abdel crimgrini
il est procureur
de la république d'alès il est procureur
c'est lui qui est le chef du parquet
sur ce ressort-là il est appelé parce qu'il y a
une affaire crimnelle qui vient de se passer
il y a quelqu'un alors
peut dire c'est un député du rassemblement sonal soit
mais il y a quelqu'un sur X
qui voit son nom mécaniquement
qu'il le prend
pour le possible auteur
de l'assassinat
de
de croix que c'est aboubacar si c'est ça
j'espère que j'ai crois son nom
et voilà le fidèle de la mosquée
et voilà il y a même pas de réflexion
c'est le procureur de la république
on a dit ça on a tout dit
vous souvenez de ça on a dit ça on a tout dit
sauf que moi je pense que
ces sujets là il faut parfois en parler
parce que c'est sujet de société
et parce que ça dit beaucoup aussi
d'une manière de fonctionner
je le raconte
ma compagne
elle a découvert
le racisme avec moi
elle a découvert le racisme en vivant avec moi
je l'ai vu
je l'ai vu peu de fois s'énerver
très peu de fois s'énerver
je l'ai vu une fois vrier vraiment
on était sur une plage avec nos enfants
dans le sud de la France
et on s'installe
il y avait encore peu de monde
il y a une dame qui arrive et qui vrit
je dis écoutez ma dame il n'y a pas le nom
et elle me regarde et elle pète un câble
elle me dit toutes sortes de choses très émables
mais notamment elle me dit monsieur
n'oubliez jamais qu'on est chez nous ici
et en fait elle découvre
moi je lui racontais je pense qu'elle devait se dire
peut-être qu'il exagère parfois
elle a découvert ce jour-là et le racisme
pourquoi je dis que c'est important d'en parler
parce qu'en fait ce jour-là ça l'a impacté
parce qu'il y avait nos enfants
et parce que du coup ça l'a concerné
même si elle sait très bien ce que c'est
mais ça pour vous dire pourquoi je me sers
de cet exemple-là c'est que
les gens ils ne comprennent pas quand ils sont pas concernés
c'est ça que je veux dire et je pense que vous le savez
tout comme moi donc on l'a pas vécu
on ne sait pas ce que c'est
comme le fait par exemple de s'asseoir dans un métro
et d'avoir une dame qui prend automatiquement
son sac
sans savoir que moi
une fois sur deux au tribunal
c'est moi qui... voilà c'est personne
voilà mais c'est pas grave
je me dis juste qu'il y a encore un énorme travail à faire
malheureusement
pour autant on est en France
la septième ou huitième puissance mondiale
qu'on ait le pays des lumières et je me dis
parfois il y a encore tellement de progrès à faire
parfois faudrait l'allumer la lumière
c'est quoi le film ou la série qui pour vous
représente le mieux, le métier de juge
en grenache est bien ou pas ?
j'allais dire en grenache
vous m'avez coupé l'herbe sous le pied
en grenache c'était
très très très bien fait
c'était vraiment très très bien fait
une petite erreur mais j'ai compris qu'il y avait des magistrats
des avocats qui étaient allés
à l'écriture
c'était très très bien fait
après ouais
en grenache je dirais
après moi il y a peu de films qui m'ont marqué
sur la justice très peu
beaucoup de clichés ouais
ouais beaucoup de clichés il y en a un qui mais c'est pas tout
sur la procédure française c'est la procédure américaine
celui qui m'a mis une tarte et qui m'en remet toujours une
parce que je trouve très fort sur l'audience
c'est ce film là qui a évolué
je voulais devenir avocat c'est Philadelphia
bon Philadelphia il y a tout dedans
tout c'est incroyable il y a tout
et en fait ils ont tout compris les américains
voilà il y a l'histoire qui touche d'importe qui
est-ce qu'il est licencié parce qu'il est homosexuel ou pas
alors qu'il était voilà il y a le fait
qu'il est complètement ostracisé il y a cette scène
dans la bibliothèque avec Denzel Washington
qui en fait a des principes
et quand même des principes un peu arrêtés
de je sais pas dire l'expression ce que j'en pense mais voilà
et en fait finalement il est touché par ce mec
qui est tout seul du coup il se dit qu'il est
quand même avocat ce n'a pas séparé dessus
il y a des moments d'audience incroyables
et puis les scènes avec les jurés
à la fin je trouve ça génial quand il dit
quand ils sont en train de se prendre la tête
savoir s'il a été licencié parce qu'il est homosexuel ou pas
et que le juré dit expliquez moi ça comme si j'avais 4 ans
voilà c'est parfois en fait
parfois il faut se reposer des questions aussi simples et basiques
ouais Philadelphia moi je...
j'avais noté 12 hommes en colère pour moi
vous savez ce film est tout simplement colère c'est très bon
donc on explique pour ceux qui ne connaissent pas
il y a un délibéré d'assies
un délibéré d'assies et un crime et au début
il y a une personne qui est contre toutes les autres
qui est convaincue de...
enfin qui ne croit pas la culpabilité
de l'accusé elle arrive à convaincre tout le monde
il est retourne tous ouais en fait
film il se raconte même pas il faut le voir
il est retourne tous avec
Henri Fonda
comme je crois que c'est lui d'ailleurs qui ne croit pas au début
et ouais ouais incroyable incroyable
c'est pas comme ça les jurés
tout le monde pense que ça se passe comme ça
c'est-à-dire qu'on est ensemble dans une salle et on peut se convaincre
bah oui bah tout ça pour vous dire moi
que ça se passe comme ça en correctionnelle
en correctionnelle on est parfois pas d'accord puis on évolue
puis parfois alors il y a des gens qui évoluent pas
mais on essaie de les convaincre on essaie de discuter
oui mais je trouve que c'est ça qui est
c'est ça qui est précieux en fait c'est que les gens
comprennent qu'on part dans un tribunal on arrive dans
une salle de danse rien n'est joué ça c'est vraiment hyper important
pour finir
selon vous n'est dans quelle série actuellement
franchement je...
j'avais une série
que j'ai vu récemment mais j'arrive plus à me souvient du nom
avec
Benjamin Biolet
ah la fièvre
je dirais la fièvre
avec l'extrême droite qui monte
la fièvre on est dedans
je crois qu'on a dépassé la fièvre
mais ça m'a marqué
cette série elle m'a marqué
merci en tout cas Youssef Bader
et puis bon courage et je rappelle votre
livre c'est pour une justice
visage et vous êtes l'un de ces mille visages
merci à vous merci beaucoup
Radio Nova
