Nassira El Moaddem : Thriller politique - Personnage principal S01E13
Aujourd'hui, le personnage principal est @nassiraelmoaddem, journaliste et autrice d'une enquête sur la gestion d'une ville de Seine-Saint-Denis : Le Blanc-Mesnil.
Dans son livre, elle dévoile les coulisses d'une gouvernance clientéliste et calamiteuse, menée par un maire issu de la droite dure et proche des cercles zemmouristes. À quelques jours des municipales, cet ouvrage résonne comme un signal d'alarme, alors que l'extrême droite pourrait décrocher de nombreuses mairies.
Une interview à écouter en intégralité en podcast sur toutes les plateformes et sur YouTube.
Personnage Principal, c'est l'interview hebdomadaire de Nova le matin, dans laquelle Azzeddine Ahmed-Chaouch reçoit les premiers rôles de l'actualité.
Dans son livre, elle dévoile les coulisses d'une gouvernance clientéliste et calamiteuse, menée par un maire issu de la droite dure et proche des cercles zemmouristes. À quelques jours des municipales, cet ouvrage résonne comme un signal d'alarme, alors que l'extrême droite pourrait décrocher de nombreuses mairies.
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Transcription
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Les communes de Saint-Saint-Denis sont en majorité dirigées par la droite aujourd'hui.
On pense qu'elle n'est que des villes communistes ou LF-istes.
Oui, mais ce n'est pas du tout le cas.
La grande majorité sont de droite.
Il y a plusieurs droites.
Effectivement, moi ce que j'appelle une droite extrême ou une extrême droite.
On y reviendra.
Mais oui, c'est dur en fait.
C'est ça qui m'a beaucoup frappé.
Quand j'ai commencé à enquêter, j'ai commencé à documenter cette histoire en 2020.
Il y a 6 ans.
C'est 6 ans d'enquête.
Le livre est sorti le 11 février dernier.
Et tout ce que me racontait les habitants m'effrayait.
Et au départ, franchement, je me suis dit, mais on est en train de me raconter des histoires.
Ce n'est pas possible.
C'est beaucoup trop gros.
On y reviendra dans le détail, j'imagine.
Et en fait, c'est comme si j'avais un plot de laine, que je tirais comme ça
et ça ne s'arrête jamais.
Et jusqu'à présent, d'ailleurs, les histoires continuent à m'être rapportées.
Et donc, oui, c'était fraisant, mais je crois que c'est nécessaire d'ouvrir les yeux.
Pour raconter que, en fait, l'image médiatique de la Seine-Saint-Ny,
et je trouve absolument déformée et bien loin, bien loin de la réalité des habitants du 93.
C'est-à-dire ?
C'est-à-dire que, globalement, quand on parle de la Seine-Saint-Ny,
vous savez, c'est islamisme, délinquance et drogue.
C'est le triptyque.
On y a le droit quasiment à chaque fois.
C'est comme le quartier Nord de Marseille, en fait, la Seine-Saint-Ny.
Exactement.
Et surtout, ce qui moi me fascine, c'est que lorsqu'il y a des problèmes en Seine-Saint-Ny,
on va aller mettre le micro sous la bouche des habitants.
Or, partout ailleurs, lorsqu'il y a des problèmes dans les communes, dans les villes,
qui on va voir en premier ? On va voir les édiles, on va voir les élus locaux,
enfin les gens qui sont en responsabilité.
Et c'est pas ce qu'on fait avec la Seine-Saint-Ny,
comme si en fait les habitants étaient responsables de tout.
Et l'idée de ce livre, c'est de rappeler qu'il y a des responsables.
En fait, il y a des responsables qui ont été élus,
qui d'ailleurs se battent pour avoir ces places.
Parce qu'il ne faut pas croire, ils y tiennent à ces places d'élus en Seine-Saint-Ny.
Et en fait, c'est à eux qu'il faut demander des comptes.
C'est un peu comme la fin, Julien Suspect, je ne sais pas si vous vous souvenez,
avec Keiser Sosé, le grand méchant, il avance caché.
L'extrême droite ne dit pas qu'elle est d'extrême droite au Blanc-Ménile, évidemment.
C'est un peu plus assumé dans d'autres villes,
même si aujourd'hui, globalement, l'extrême droite dit,
attention, ne nous appelez plus l'extrême droite, mais Blanc-Ménile,
c'est encore plus vrai.
En fait, ce qui est très important à avoir en tête,
c'est qu'en 2014, la ville passe à droite.
Avant, elle était communiste pendant 90 ans,
comme un certain nombre de villes de la Seine-Saint-Ny.
Et puis, c'est le choc quand même,
parce que ça a été une des villes les plus communistes du département.
Et puis, effectivement, en 2014,
ce monsieur, Thierry Ménien, qui devient maire,
mais il ne devient pas maire comme ça, en fait.
Il connaît très peu les quartiers populaires,
et il sait que c'est grâce à eux qui va gagner.
Parce qu'il a un électorat qui a sa cause,
qui est l'électorat du centre-ville,
l'électorat dit pavillonaire,
des pavillons, c'est 70-70 % de la ville,
ce qui est vraiment parien.
Et ça aussi, ça rebonde de ce qu'on sait de la Seine-Saint-Ny,
de ce qu'on croit savoir de la Seine-Saint-Ny.
Et donc, qu'est-ce qu'il va faire pour gagner la ville ?
Bien, en fait, il va aller chercher avec les dents,
les votes dans les quartiers populaires,
qu'il ne connaît absolument pas.
Et il va s'allier avec des têtes de pont,
des leaders associatifs,
des gens qui sont connus dans les cités populaires
pour aller chercher ses voies.
Et ça va fonctionner.
Et ce qu'il va réussir à faire,
c'est de surfer sur la grande déception,
voire même le sentiment de trahison,
que ressentent les habitants des quartiers
à l'égard de la gauche et à l'égard des communistes.
Parce que les communistes,
jusqu'à maintenant,
n'ont jamais réussi à associer
les habitants des quartiers populaires
à l'exercice des responsabilités politiques,
au pouvoir, en fait.
On va proposer aux habitants
de faire des sorties culturelles,
de faire des sorties sociales,
les colonies de vacances, etc.
Mais jamais à les associer au pouvoir.
Et lui, il va réussir à faire ça.
C'est comme ça qu'il va remporter la ville.
C'est-à-dire, c'est responsable associatif ?
Il deviennent, pardon, mères adjoints.
Ah oui, donc il est récupéré.
Il est fait rentrer dans sa liste
et il leur permet de devenir mère adjoint,
ce qui n'avait jamais été le cas par la gauche.
Donc, en fait, il ne pouvait pas
se montrer comme étant d'extrême droite
à ce moment-là, parce qu'il avait besoin
de ses voix des quartiers populaires.
Et puis il va faire plein de promesses,
une promesse d'une école musulmane, etc.
qui évidemment ne verra pas le jour,
puisque son logiciel politique
est absolument d'extrême droite,
mais il le dissimule.
Il le dissimule et il ne montre pas,
parce que son objectif, c'est de gagner la ville.
Mais une fois qu'il est aux responsabilités,
et bien là, il peut dérouler ce logiciel politique.
Il y a un logiciel politique qui ressemble
franchement à la gestion politique
d'une ville par le Rassemblement national, par exemple.
Vous décrivez un maire par, hein.
Vous parlez beaucoup de clientélisme.
C'est vrai que c'est un mot, le clientélisme,
notamment en banlieue parisienne,
qu'on a souvent associé à la gauche,
on a dit, la gauche l'a souvent acheté les quartiers.
Et bien là, en fait, on prouve à travers ce livre
et cette enquête que le clientélisme de droite
et d'extrême droite, il existe aussi.
Il existe partout le clientélisme.
En fait, à partir du moment où on a des électeurs en face,
à partir du moment où il y a des scrutins,
et à partir du moment où aussi on a en face
des habitants qui sont en situation de vulnérabilité,
qui sont dans le besoin.
En fait, ça incite au clientélisme.
Parce qu'on va aller monnailler une voie,
des voies en fonction des besoins des gens.
Les gens sont dans des situations difficiles.
C'est un tiers de la population
qui vit sous le seuil de pauvreté au Blanc-Ménile.
Et c'est aussi le cas dans plein de villes du 93,
mais ailleurs en France.
Et donc les gens ont des besoins.
Une place en crèche, un logement,
un travail, quel qu'il soit au sein de la ville.
Et donc oui, ça incite à monnailler les voies,
surtout dans une ville comme dans d'autres,
d'ailleurs ailleurs en France,
où il y a un forte taux d'abstention.
En fait, il suffit de peu pour gagner une ville.
Là, en l'occurrence, en 2008,
ce maire qui est donc devenu maire en 2014,
il perd à cinq ans de voie près.
Et en 2014, il gagne avec seulement 200 voies d'avance
sur une ville qui fait 60 000 habitants.
Il faut vraiment les faire du porte à porte là.
Voilà, il fallait vraiment les chercher avec les dents.
Et donc oui, il y a une tentation clientéliste.
Il y a une tentation.
Et c'est vrai que ce qu'il fait,
c'est une addition d'intérêt individuel.
En fait, il voit dans les électeurs,
plein de communautés.
Et quand je dis communautés,
ce n'est pas uniquement les diasporas.
Alors c'est aussi les diasporas,
les Tamouls, les Chinois, les Roumains, etc.
Les Tamouls, on va leur promettre un mémorial.
Les musulmans, on va leur promettre
une école musulmane qui ne verra jamais le jour, évidemment.
Une mosquée.
Mais c'est aussi, par exemple,
les propriétaires des pavillons,
les propriétaires.
On va, par exemple,
là, c'est ce qu'il fait en ce moment,
sortir un énorme dossier de propagande électorale.
On va leur expliquer que,
grâce à la politique foncière du maire,
grâce à toutes les résidences privées
qui ont été construites depuis 12 ans,
ça fait monter le prix de leurs pavillons.
Ce n'est pas une politique d'intérêt général.
C'est une politique qui additionne
plein d'intérêts individuels.
Mais c'est vrai que c'est assez cocasse
quand on sait que la droite, par exemple,
s'ustige en permanence le communautarisme.
Mais le communautarisme, c'est intéressant.
Vous dites qu'il y a un communautarisme
des pavillons et des propriétaires aussi.
C'est ça que vous dites.
Alors que quand on pense communautarisme,
on pense communautarisme religieux,
j'irais quasi ethnique ou sociale.
En fait, le communautarisme,
c'est le fait de voir la communautéé générale
en petites communautés qui s'additionnent.
C'est ça le communautarisme.
Et le communautarisme électoral,
c'est de voir ces communautés ethniques, religieuses,
mais aussi, par exemple, ces propriétaires
en futurs électeurs uniquement.
Vous parlez aussi de chasse aux sorcières
dans votre livre.
C'est le titre d'un chapitre.
Tous ceux et celles qui s'opposent
aux maires sont dans le côté obscur.
C'est un peu ça.
C'est à l'ancienne.
C'est soit avec moi, soit et contre moi.
C'est vraiment ça, en fait.
C'est vraiment une politique clinique,
c'est-à-dire effectivement.
Si vous n'allez pas dans le sens
de la politique que je veux mener,
vous êtes forcément contre moi
et donc du coup, vous êtes à la marge.
Et quand je dis à la marge,
c'est-à-dire que vous n'existez plus
aux yeux de la nouvelle majorité politique.
Et donc, vous pouvez demander des salles,
par exemple, pour les associations.
Vous pouvez demander des subventions
pour des associations.
Quand on parle de subventions,
c'est quelques centaines d'euros,
quelques milliers d'euros.
Mais en fait, il faut faire allégeance.
Il faut faire allégeance
à la nouvelle majorité politique.
Les chasses aux sorcières,
elles ont toujours existé
dans les alternances.
C'est pas nouveau.
Dès qu'il y a un nouveau maire,
et surtout quand c'est un nouveau maire
d'une nouvelle majorité politique,
ben en fait, les gens partent de même,
ou on les incite à partir.
C'est quelque chose d'assez global,
droite et gauchin.
Là, ce qui va se passer,
c'est que ça va être très violent.
Très très violent,
au point où un des cadres de la ville,
six mois après l'arrivée
de la nouvelle majorité politique
de droite extrême,
eh bien va se suicider,
va se défenestrer du 14e étage
de sa tour.
Il s'appelait Philippe Hoang-Mang.
Il avait 46 ans.
C'était un cadre extrêmement
apprécié de la ville.
Il travaillait depuis 1999
en tant que directeur de la voiree.
Et il avait en charge
un marché très important
qui est le marché de l'eau.
C'est des millions d'euros
à l'échelle d'une ville
comme le Blanc-Ménile.
Et en fait,
il va avoir en charge ce marché.
Et c'est ça qui va le précipiter
et la pression autour de ce marché
qui va l'amener malheureusement
à mettre fin à ses jours.
Le sang cool quoi en fait.
Vous êtes en train de nous dire
quand même que,
je ne sais pas si on peut dire
il y a des morts,
mais il y a eu un mort en tout cas.
Il y a un suicide lié
indirectement ou pas
à la gestion clinique de cette ville.
Il y a un suicide.
Il y a beaucoup aussi
de tentatives de suicides.
Il y a des pensées suicidaires
qui m'ont été rappelées
par plusieurs témoins
qui parlent d'ailleurs
dans le livre.
Il y a
une ambiance extrêmement violente.
Il faut savoir que ce maire
Thierry Ménien,
donc quand il arrive en 2014,
c'est quelqu'un
qui ne connaît pas le fonctionnement
d'une mairie.
Il vient de la ville,
mais ça fait bien longtemps
qu'il y vit plus.
Il vit dans le 16e arrondissement
de Paris
près des ambassades étrangères.
Et comme il ne connaît pas
les villes,
comme il ne connaît pas
le fonctionnement
d'une collectivité territoriale
comme une mairie,
eh bien il va
prendre comme bras droit
un conseiller spécial.
Et ce conseiller spécial
c'est un personnage
très important
parce que c'est par lui
que cette politique-là
très dure
à l'égard des fonctionnaires,
très dure
à l'égard des gens
parce que tout le monde
est considéré comme un communiste,
tout le monde est considéré
comme un opposant.
Si on ne va pas
dans le sens de la mairie,
de la nouvelle majorité,
on est un opposant potentiel,
voire même un coco,
c'est comme ça
qu'on les appelle
les communistes.
Mais moi je pense
que ce maire
est un Trump avant l'heure.
Il est arrivé au pouvoir
en 2014,
Trump est arrivé
pour la première fois
au pouvoir en 2016
et en fait c'est un Trump
avant l'heure.
Et c'est vrai que c'est très violent
et il prend les services
d'un monsieur qui s'appelle
Gérard Le Suisse
et Gérard Le Suisse
est connu
pour cette méthode dure
à l'égard des fonctionnaires,
cette méthode dure
à l'égard des agents.
Il n'est lui-même
pas agent.
D'ailleurs, il a
une inversion
comme le maire
envers les fonctionnaires
qu'on considère
comme étant trop paresseux,
ne n'allant pas assez vite
et d'ailleurs
c'est aussi ce
à quoi s'est exposé
Philippe Poingman,
le cadre qui s'est suicidé.
Et donc oui,
si on ne va pas
prendre des services
de ce conseil spécial
et notamment
un certain serge d'assaut
qu'on n'est pas
dans le sens
qu'il faut absolument
éliminer
parce qu'il faut aller vite
parce qu'on considère
qu'on a pris la vie
le communiste.
Maintenant, il faut dérouler
et juste une chose
par rapport à ce
Gérard Le Suisse,
ce conseiller spécial
c'est pas n'importe qui
parce que plusieurs maires
de droite
qui ont réussi
à gagner
des villes
à la gauche
par exemple
le Plessis Robinson
dans les Hauts-de-Seine
dans les années 80
ou d'autres
d'assaut
qu'on connaît bien
à Corbeille et Seine
et donc il est connu
pour ça.
Il est connu
pour cette méthode dure,
cette efficacité
disent d'ailleurs
Thierry Ménien
et d'autres
sauf que les dégâts
sont considérables.
Est-ce que le scenario
que vous décrivez
dans votre livre
pour vous c'est
l'exemple
d'une gestion
celle du Blanc-Ménile
un cas d'école
pour les futurs gestions
de villes d'extrême droite
qui pourraient basculer
dans quelques jours
à l'occasion
des élections municipales
de Marseille
où on vit un moment
difficile
puisque le candidat RN
est très haut
dans les sondages
est-ce qu'il faudrait prendre cet exemple
dire aller voir
tous les mérits
où le RN est très haut
ou l'extrême droite
dire regarder ça se passe
comme ça là-bas.
Alors je me méfie des sondages
j'imagine peut-être toi aussi
donc je suis assez
prudente par rapport au sondage
mais en tout cas
tu as raison
sur
tout un tas
de DAX
que moi je documente
dans le livre
et qui correspondent
quand même beaucoup
sur la politique
des villes
sous pavillon
du Rassemblement national
et voire même
ce maire là a été plus loin
j'ai un exemple
vous connaissez tous
Robert Ménard
qui est donc maire
de baisier
qui est maire extrême droite
qui n'est pas RN
mais qui est proche
de ce parti
proche des cadres de ce parti
et au début
de son arrivée au pouvoir
en 2014
lui aussi
Robert Ménard
il avait pour idée
de faire fermer
la bourse du travail
la bourse du travail
c'est vraiment
de la politique
de la gauche
mais aussi
des libertés associatives
des associations
pour venir en aide
aux citoyens
aux habitants
de l'aide juridique
de l'aide sociale
bref
et en fait
Robert Ménard
il va reculer
il va pas le faire
il va pas fermer
la bourse du travail
j'imagine
qu'il considérait
que c'était un peu trop
Thierry Ménien
lui il l'a fait
et il l'a même fait
en faisant
changer les serrures
de la bourse du travail
un 31 décembre
lorsque tout le monde
est en famille
il va faire
changer les serrures
et c'est ça en fait
c'est la politique
qui est menée
et donc effectivement
il faut regarder
dans le détail
à quel point
la gestion
de cette villa
en Seine-Saint-Denis
ressemble beaucoup
effectivement
à la gestion des villes
qui sont aujourd'hui
des villes RN
c'est par exemple
la mise à mal
d'un certain nombre
d'associations
qui vont pas
dans le sens
de la municipalité
on leur coupe
les subventions
on leur coupe
l'accès au salle
de passer de plus en plus
au privé
parce qu'on considère
que le public
ne fait pas assez son travail
c'est tout ça en fait
et c'est vrai que c'est assez proche
de ce que font les villes RN
aujourd'hui
donc c'est peut-être
une alerte
votre livre
on est
là il y a peut-être
des gens
qui nous écoutent
qui nous regardent
qui peuvent hésiter
tout le monde
qui nous écoutent
qui peuvent se dire
ah ouais
si je vote
RN
ça me donne envie
parce que ça ressemble
à un vent de fraîcheur
la réalité
c'est ce qu'il y a dans ce livre
oui en fait
ce maire
par exemple
dit souvent
moi
je fais pas de politique
moi je suis là
pour agir
pour les blancs ménileurs
je suis à là
pour agir pour les habitants
alors trigger warning
quand vous avez quelqu'un
qui vous dit
qu'il ne fait pas de politique
en général
il fait une politique
et souvent c'est une politique
dure
de droite extrême
et c'est exactement
ce qui se passe
au blanc ménile
à tel point d'ailleurs
quand je dis
que c'est un maire
parce que moi j'assume
de le dire
alors évidemment lui
ne le dit pas comme ça
d'ailleurs
il est toujours étiqueté et l'air
son premier maire adjoint
qui est aujourd'hui
le vrai maire
parce qu'en fait
il est devenu sénateur
mais en fait
c'est lui
qui est réellement au manette
donc en fait
il y a un vrai faux maire
et lui
qui est le vrai faux maire aussi
enfin voilà
je sais pas
si vous comprenez
il a un peu de mal
avec la loi
de non cumul des mandats
ce monsieur
mais quand je dis
qu'il est de droite extrême
ou d'extrême droite
en fait
et Vijay Monani c'est qui ?
c'est quelqu'un
qui a été porte-parole
du parti reconquête
pour Eric Zemmour
en 2022
lors de l'élection présidentielle
Thierry Ménien aujourd'hui
on le voit
dans une vidéo
qui est accessible
à tous
à l'anniversaire
de Sarah Knapho
en compagnie d'Eric Zemmour
et d'Elisabeth Lévy
c'est quand même assez
fascinant
de se dire
qu'il est proche de gens
qui tous les jours
sur toutes les antennes
y compris même
un propre programme politique
vous savez qu'Eric Zemmour
demande la re-migration
la re-migration c'est quoi ?
c'est le fait que toi et moi
on retourne
dans nos pays
enfin les pays d'origine
de nos parents
du jour au lendemain
quand ils arrivent au pouvoir
les gens dont on parle
ce sont les habitants
du blanc-ménile
c'est-à-dire qu'il y a
un certain nombre d'habitants
du blanc-ménile
qui sont immigrés
étrangers
enfin d'immigrés
ce maire
enfin sénateur
qui est candidat
à sa réélection
et donc proche
de partie
proche de personnalité
qui tous les jours
vomissent leur haine
à l'égard des étrangers
et donc les habitants
du blanc-ménile
Sarah Knapho
toute petite anecdote
on est en décembre 2020
j'assiste au conseil municipal
de la ville du blanc-ménile
j'ai assisté à quasiment
tous les conseils municipaux
dans le cadre de mon enquête
à ma gauche
il y a une personne
très apprêtée
une jeune femme
qui a l'air très excitée
à l'idée
d'être au conseil municipal
du blanc-ménile
et arrive le vote
d'une subvention
20 000 euros
pour une association
inconnue au bataillon
qui s'appelle Alexandre et Aristote
c'est le maire Thierry Ménien
qui prend la parole
et qui nous explique
que cette association
va faire un travail formidable
va aider les lycéens
du blanc-ménile
à avoir accès à la culture
parce qu'évidemment
les lycéens du blanc-ménile
ne lisent pas
et puis on est très étonnés
on se regarde un petit peu
tous là
au conseil municipal
parce qu'on est tous
quasiment les mêmes
à assister au conseil municipal
tous les mois
et on se demande
mais quelle est cette association
puis 20 000 euros
c'est énorme
dans une ville pauvre
comme le blanc-ménile
juste à titre comparaison
le secours populaire
qu'est une association importante
c'est 1500 euros
de subvention au blanc-ménile
contre 20 000 euros
la subvention est votée
la dame qui est à ma gauche
se lève
Thierry Ménien
la félicite
en disant
la présidente
de l'association
est là
et là on comprend
qu'on entend
qu'elle s'appelle Sarah Knapho
mais t'as connu à l'époque ça
à l'époque elle était peu connue
alors elle était connue
quand même des confrères
qui suivent l'extrême droite
dans un certain nombre de médias
puisqu'elle était derrière
notamment la fameuse convention
des extrême droite
en 2019
donc elle commençait déjà
un peu émergée
en fait je me suis évidemment
intéressé à cette association
je me suis intéressé
à ces 20 000 euros
qu'est-ce qu'il est devenu
de ces 20 000 euros
elle a touché 20 000 euros
d'une ville pauvre
du blanc-ménile
de Saint-Denis
pour faire
des activités
d'accès à la culture
je demande d'avoir accès
au compte bancaire
je les ai à peine
on me donne des relevés
avec 6 euros
7 euros
je comprends qu'on ne veut pas
me donner l'information
j'appelle Sarah Knapho
qui me raccroche onné
dans le cadre de l'enquête
et puis en fait
finalement je me rends compte
que les actions
pour lesquelles
cette association
a touché 20 000 balles
n'ont pas été faites
aucune action
alors je me dis
c'est du pénal là
c'est quand même étonnant
quand même
et donc du coup
je me dis
bon ben très bien
et donc j'interroge
le maire adjoint à la culture
Karim Boumejane
dans le cadre
de mon enquête
je lui envoie des questions
bon les réponses
me satisfont pas
et puis l'ops
à l'aune de la
sortie de mon livre
sort un papier
sur justement
cette fameuse subvention
des 20 000 euros
et interroge la mairie
et qu'est ce que dit la mairie
la mairie nous explique
que en fait
Sarah Knapho
a remboursé
les 20 000 euros
donc si Sarah Knapho
a remboursé les 20 000 euros
c'est qu'en fait
en fait
l'association était bidon
c'est à dire que
l'objet pour lequel
elle avait eu cet argent
n'a pas été respecté
et on nous dit que
l'argent a été remboursé
au moment de la dissolution
de l'association
sauf qu'on nous dit pas
à quel moment
alors l'association
je vous le dis
n'a pas été dissoute
ni en 2020
ni en 2021
ni en 2022
l'association a été dissoute
en décembre 2025
et pourquoi elle a été
dissoute en décembre 2025
l'association
et donc l'argent aurait été
remboursé à ce moment là
parce que un c'est au moment
où j'envoie mes questions
et surtout
deux c'est au moment
où Sarah Knapho
s'apprête
à devenir candidat
à la mairie de Paris
donc en fait
elle a soldé
tout ce passif
parce que
il fallait pas
laisser de traces
d'une association bidon
et de 20 000 euros
qui ont été prélevées
d'une ville pauvre
et moi je demande
et si ces 20 000 euros
n'ont pas servi
à financer
le début
de la campagne électorale
présidentielle
d'Erik Zemmour
pourquoi et c'est mon dernier mot
parce que quand elle touche
ces 20 000 euros
on est en décembre 2020
et on sait
de la part de ces propres lieutenants
que les premiers rendez-vous
de Sarah Knapho
pour la campagne électorale
d'Erik Zemmour en 2022
commencent
en janvier 2021
ou ça
dans son appartement parisien
appartement parisien
qui était l'adresse
de domiciliation
de son association bidon
et bien c'est clair
là comme ça
les accusations
il y a une enquête judiciaire là
ou pas
sur ça
pas ma connaissance
parce qu'il peut y avoir
une tentative
des tournements de fonds public
je pense
c'est une question qui se pose
vous travaillez actuellement
pour le média
vous décryptez
l'actu médiatique
pour vous
le paysage médiatique
aujourd'hui
c'est quel film
Apocalypse Now
car on ne parle que de choses
horribles pour faire peur
à tout le monde
le crime de l'oriente express
car les grands méchants
sont toujours les arabes
je t'ai content de celle-là
ou la marche de l'empereur
car on sait que la conclusion
de ça
c'est la victoire de l'extrême droite
en 2027
les deux
les deux mon général
les deux dernières références
que tu as mentionné
moi je suis très inquiète
je suis très inquiète
pour toutes les raisons
qu'on a déjà exposé
puisque ce livre
comme tu le dis
et cette ville
est un cas d'école malheureusement
de ce qui pourrait arriver
dans plein de communes
en France
mais je suis très inquiète
sur ce qui va arriver
en 2027
moi je suis mère de famille
j'ai un garçon
qui a 13 ans
et je suis absolument
terrifié à l'idée
que l'extrême droite
arrive au pouvoir
et je crois que
ces élections municipales
doivent être
un avertissement
pour nous
évidemment que c'est
difficile de s'engager
évidemment que c'est
difficile
de s'informer aussi
parce que
cette histoire c'est aussi
une histoire de manque
d'informations en fait
moi je me suis rendu compte
dans le cadre de l'enquête
encore plus
que les gens sont
abreuvés
abreuvés d'éléments
de communication
y compris d'ailleurs
dans leur propre ville
mais qu'ils ne sont pas informés
ils ne sont peu informés
ils sont peu informés
de ce qui se passe
dans leur commune
et ça c'est absolument
terrifié en fait
et donc oui
je suis assez inquiète
de ce qui va arriver
mais je crois que
collectivement
avec des espaces comme ici
Radio Nova
ou d'autres espaces médiatiques
il faut qu'on se serre les coudes
en fait
parce qu'en face
en face
ils ont
très peu de scrupules
justement
en fait des passes fantastiques
des passes décisives
des passes
de la fachosphère
qui vous a déjà ciblé
c'était en avril 2024
vous aviez tweeté
après un article
de RMC Sport
évoquant une interdiction
par la Fédération Française
de football
du port de casque
de colant
et de
ouais de voile
on se lube les voiles
on va être clair
non c'était plutôt des colants
c'est pour ça que moi
j'ai trouvé ça assez dingue
oui mais ils ont
on va dire c'était la première
Pierre
au nom de la laïcité
c'était cette interdiction
de la Fédération Française
de football
dans ce tweet
vous écriviez
pas de raciste dégénéré
pays de raciste dégénéré
pardon
pays de raciste dégénéré
pardon j'ai mal écrit
pays de raciste dégénéré
il n'y a pas d'autre mot
la honte
consécration
on va écouter le goutte
à parler de vous en direct
je trouve ça très révélateur
le tweet
de Nassira El-Mouadem
qui je connais d'ailleurs
parce qu'elle est passée
par feu itélé
j'ai travaillé avec elle
et je trouve intéressant
son tweet qu'elle a écrit
après la décision
de la Fédération Française
de football
et on va le revoir
ce tweet
parce que j'y vois
mais je peux me tromper
je peux me tromper
j'y vois
une défiance
sur notre culture
la culture française
je veux dire
son histoire
il n'y a pas que lui
vous aviez eu aussi
les honneurs
du porte-parole
je demande à la patronne de Radio France
madame Sibylveille
de la suspendre
parce que cette dame
est payée avec l'argent des Français
elle est sur le service public
de l'audiovisuel
elle est journaliste
sur France Inter
elle est payée
chaque année
par l'argent des Français
c'est intolérable
qu'elle traite notre pays
notre peuple
de racistes
donc si elle est pas contente
elle se casse
voilà c'est violent
elle se casse
on va revenir
sur cette phrase
elle se casse
je rappelle à l'époque
vous travaillez aussi
pour France Inter
non justement
je ne travaillais plus
à France Inter
c'est pour ça que c'est
une grande opération
de désinformation
en tout cas lui
il a utilisé un ancien boulot
à France Inter
pour vous attaquer
pour me demander
un licenciement
alors que je ne travaille
plus à Radio France
il me demande une occupée
pour vous
et en plus
derrière
il demande mon expulsion
on en rigole là
mais à l'époque
je n'en rigole pas du tout
moi je trouve ça très grave
vous étiez victime
de cyber harcèlement
culturel
sur une chaîne
de télé
on peut dire des choses
comme ça
et vous attaquez
directement
et vous demandez
même de partir de France
la chaîne de télé
en l'occurrence
c'est nul
c'est un organe
de propagande
d'extrême droite
il faut rappeler
d'où ces gens parlent
que d'il y a
tellement de choses
à dire
là en entendant
ces deux extraits
d'abord rappeler
que à l'époque
je ne travaillais pas
pour France Inter
que j'ai travaillé
avant pour France Inter
et que j'ai été
où je donnais la parole
à des enfants d'immigrés
à des immigrés
et de raconter
à quel point c'est difficile
de faire sa place
en France
quand on n'est pas né
dans ce pays
et quand on a
un parcours semé d'embouche
y compris
et par les médias
et par l'administration
je vais faire une apparentesse
mais pourquoi c'est grave
parce qu'il y a tellement
de mensonges
en fait
en l'espace
de quelques secondes
et c'est terrible
parce que derrière
il faut rattraper tout ça
et donc vous voyez bien
comment ça fonctionne
ces extraits en suite
sont diffusés sur les réseaux sociaux
et qui va aller vérifier
que c'est pas que dû
cyberharcèlement
dont j'ai été victime
j'ai eu des menaces
de viol
des menaces de mort
y compris
adressé directement
au domicile de ma mère
qui n'a elle évidemment
rien demandé
et je sais pas si
enfin
oui ils ont gagné
peut-être la bataille
parce qu'on leur donne leur
en fait
en fait on devrait les ignorer
ces gens là
on devrait
ne même pas parler d'eux
on devrait les laisser
dans les poubelles
de l'histoire
Julien Odoul
c'est un monsieur
qui me donne la leçon
alors qu'il a été condamné
par le tribunal
de Paris
pour détournement
de fonds publics européens
dans l'affaire
dans l'affaire
des assistants
parlementaires européens
du rassemblement national
c'est quelqu'un
qui se moque
et qui rigole
du suicide
des agriculteurs
français
moi ces gens là
je les renvoie
aux poubelles de l'histoire
ils ne
ils ne représentent rien
pour moi
et j'aimerais
c'est ça qui est difficile
mais c'est pour ça qu'il faut
qu'à chaque fois
que ces gens là
sont invités
parce que comme tu le dis
ils sont députés
ils sont élus etc
moi j'aimerais en fait
que les confrères et les consoeurs
leur rappellent
leur fait d'armes
pour quelle raison
lorsqu'il va sur BFM TV
ou lorsqu'il va sur d'autres
organes de presse
on rappelle pas à ces gens là
à quel point ils sont violents
à quel point
ils osent
avoir
ces propos discriminatoires
d'appel à la haine
pour quelle raison en fait
on ne le rappelle pas c'est mes faits
je veux dire
on le ferait avec n'importe quelle
autre personne
pour quelle raison
une seule personne l'a fait
c'était il y a quelques jours
c'est Rokaia Diallo
que je remercie
qu'il l'a fait en direct
sur le plateau
il n'y a pas longtemps avant vous
il l'a fait sur le plateau
de BFM TV
et il était visiblement
très péné
ce monsieur de répondre
il bégeait
donc quand je dis
qu'il faut les renvoyer
dans les poubelles de l'histoire
ce que je veux dire c'est
qu'il faut les renvoyer
à leur désinformation
à leur appel à la haine
c'est de la haine ça
et la haine c'est condamnable
en fait
par la justice
et il devrait pas pouvoir
être si détendu
pour dire cela
sur c'est news
et pour le répéter
ensuite
par tout ailleurs
pardon
film américain
Donald Trump
pour vous
c'est un héros de film dramatique
comique
ou le héros d'un thriller
Alton
aucun des trois
d'accord
c'est un personnage
qui m'effraie
et j'ai l'impression
qu'il y a beaucoup de personnels
politiques en France
qui voudraient
devenir des potentiels
Donald Trump
partout où ils sont
Donald Trump c'est quoi
c'est la négation de l'histoire
c'est le fait
de mentir
tout le temps
c'est le fait
d'appeler à la haine
les étrangers
contre les étrangers pardon
c'est le fait
de supprimer
des millions
et des milliards d'euros
pour aider les plus pauvres
c'est le fait
de ne plus laisser
les chercheurs
et les scientifiques
faire leur travail
c'est un modèle
en politique
c'est très inquiétant
justement la police
la fameuse ICE
vous pensez
comme certains et certaines
qu'on pourrait
se retrouver
qu'une police similaire
en France
si demain
l'extrême d'oie
de gagne
et accède à l'Elysée
au pouvoir
mais je crois que
le terreau
est déjà là
la France a été
condamnée
à plusieurs reprises
par la cour européenne
des droits de l'homme
pour les traitements inhumains infligés à un certain nombre d'étrangers retenus dans les
centres de rétention administrative, c'est pas moi qui le dis, c'est la justice européenne. Je crois
que malheureusement il y a un terreau propice à cela, on sait aussi, et ça ce sont les universitaires
et les chercheurs qui nous le disent, qu'il y a un certain nombre de policiers qui votent à
l'extrême droite. Il y a des syndicats d'extrême droite dans la police qui ont pignons sur eux et
surtout micro ouverts dans plusieurs émissions du paysage audiovisuel français. Donc tout ça,
mi bout à bout, fait qu'effectivement, si l'extrême droite au pouvoir, moi je suis très inquiète
sur l'utilisation qu'elle fera de la police. Aïs à la française, c'est pas qu'un fantasme alors.
Mais les violences policières, elles ne sont pas que américaines. Je veux dire,
on les connaît, les victimes des violences policières en France. D'ailleurs je trouve que c'est souvent
très facile de faire plein d'émissions sur la violence de la politique américaine, la violence
de la police américaine, alors même qu'on pourrait faire des heures et des heures d'émissions
d'antenne sur les violences à l'égard d'un certain nombre d'habitants, des quartiers populaires,
à l'égard de d'étrangers, de mineurs, etc. en France. Donc je crois qu'il faut d'abord
regarder ce qui se passe chez nous.
Avec parfois, est-ce que vous avez le sentiment d'une justice ? Je ne sais pas si elle ferme
les yeux mais qui ne va pas enquêter assez en profondeur ou être sévère, qui ne va pas
retrouver l'auteur ou l'autrice d'un tir de LBD qui va nous dire que la caméra ne fonctionnait pas
à la caméra piéton. Est-ce que vous avez ce sentiment là ? Que moi, j'ai parfois, je me mouille.
Moi, ce n'est pas un sentiment, ce sont des faits. Les chercheurs sur la question des
biais sociaux de la justice nous expliquent et ça, c'est les statistiques qui le prouvent que les
juges sont souvent plus durs à l'égard des personnes accusées issus de milieux populaires
qu'à l'égard des cadres et à l'égard de ce qu'on appelle l'école blanc. Ça,
ce sont les faits. Ce n'est pas un sentiment, ce n'est pas un ressenti, ce sont les faits.
Et quand on regarde effectivement certains jugements, on s'interroge sur des sanctions
extrêmement dures à l'égard de certaines personnes, notamment les habitants des quartiers
populaires et les sanctions à l'égard de ce qu'on appelle la délinquance en colle blanc.
Et ça, je trouve que c'est terrible parce que lorsque, comment dire, les gens ne sont pas
dus, c'est-à-dire qu'ils savent décrypter un jugement, ils savent décrypter une décision
judiciaire. Et donc, oui, je crois que c'est important de remettre de l'égalité républicaine dans
tout ça. La justice, elle se fait au nom du peuple français, donc au nom de toi, de moi,
de toi aussi en Régis. Et donc, oui, je crois que c'est un gros sujet, ça a la question des
biais sociaux de la justice française. Pour finir, je pose toujours cette question,
c'est une petite tradition, on aime bien être tradition, c'est bien être tradition aussi.
Si on était dans une série actuellement, on serait dans quelle série, dans le monde,
la convie ou votre vie d'ailleurs, ce que vous voulez, mais dans quelle série on serait selon vous ?
Écoute, en faisant ce travail d'enquête, je me suis dit, mais c'est complètement surréaliste,
en fait, ce qui se passe. Au départ, je n'y croyais pas. Vraiment, je ne croyais pas tous
les témoignages qui me remontaient, je ne croyais pas tous les documents auxquels j'ai eu accès.
Je me suis dit, mais ce n'est pas possible, en fait, je suis dans les montis pitons.
Sauf qu'en fait, non, c'est la réalité. Et ça revient, je pense qu'on boucle avec ton introduction,
la réalité dépasse la fiction. Sauf qu'on n'est pas dans un film, on est dans la vraie vie,
et en fait, on peut agir. On peut agir en s'informant, on peut agir en allant donner un
peu d'argent aux médias indépendants quand on peut, c'est très important. On peut agir en allant
regarder aussi ce qui se passe dans les conseils municipaux. Il faut qu'on s'empare tous, en fait,
de la chose publique, parce que sinon, c'est elle qui s'occupe de nous et en général, ça se passe mal.
Nacirelle Moadem, merci. Je rappelle votre livre, Mambas sur la Ville, Enquête au Blanc-Ménile,
territoire trahie de la République. C'est aux éditions stock et vous êtes évidemment
présentatrice depuis 2020 de l'émission hebdomadaire, arrêt sur image. Merci. Merci de l'accueil.
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Harmonie Mutuelle avant son collectif.
Les communes de Saint-Saint-Denis sont en majorité dirigées par la droite aujourd'hui.
On pense qu'elle n'est que des villes communistes ou LF-istes.
Oui, mais ce n'est pas du tout le cas.
La grande majorité sont de droite.
Il y a plusieurs droites.
Effectivement, moi ce que j'appelle une droite extrême ou une extrême droite.
On y reviendra.
Mais oui, c'est dur en fait.
C'est ça qui m'a beaucoup frappé.
Quand j'ai commencé à enquêter, j'ai commencé à documenter cette histoire en 2020.
Il y a 6 ans.
C'est 6 ans d'enquête.
Le livre est sorti le 11 février dernier.
Et tout ce que me racontait les habitants m'effrayait.
Et au départ, franchement, je me suis dit, mais on est en train de me raconter des histoires.
Ce n'est pas possible.
C'est beaucoup trop gros.
On y reviendra dans le détail, j'imagine.
Et en fait, c'est comme si j'avais un plot de laine, que je tirais comme ça
et ça ne s'arrête jamais.
Et jusqu'à présent, d'ailleurs, les histoires continuent à m'être rapportées.
Et donc, oui, c'était fraisant, mais je crois que c'est nécessaire d'ouvrir les yeux.
Pour raconter que, en fait, l'image médiatique de la Seine-Saint-Ny,
et je trouve absolument déformée et bien loin, bien loin de la réalité des habitants du 93.
C'est-à-dire ?
C'est-à-dire que, globalement, quand on parle de la Seine-Saint-Ny,
vous savez, c'est islamisme, délinquance et drogue.
C'est le triptyque.
On y a le droit quasiment à chaque fois.
C'est comme le quartier Nord de Marseille, en fait, la Seine-Saint-Ny.
Exactement.
Et surtout, ce qui moi me fascine, c'est que lorsqu'il y a des problèmes en Seine-Saint-Ny,
on va aller mettre le micro sous la bouche des habitants.
Or, partout ailleurs, lorsqu'il y a des problèmes dans les communes, dans les villes,
qui on va voir en premier ? On va voir les édiles, on va voir les élus locaux,
enfin les gens qui sont en responsabilité.
Et c'est pas ce qu'on fait avec la Seine-Saint-Ny,
comme si en fait les habitants étaient responsables de tout.
Et l'idée de ce livre, c'est de rappeler qu'il y a des responsables.
En fait, il y a des responsables qui ont été élus,
qui d'ailleurs se battent pour avoir ces places.
Parce qu'il ne faut pas croire, ils y tiennent à ces places d'élus en Seine-Saint-Ny.
Et en fait, c'est à eux qu'il faut demander des comptes.
C'est un peu comme la fin, Julien Suspect, je ne sais pas si vous vous souvenez,
avec Keiser Sosé, le grand méchant, il avance caché.
L'extrême droite ne dit pas qu'elle est d'extrême droite au Blanc-Ménile, évidemment.
C'est un peu plus assumé dans d'autres villes,
même si aujourd'hui, globalement, l'extrême droite dit,
attention, ne nous appelez plus l'extrême droite, mais Blanc-Ménile,
c'est encore plus vrai.
En fait, ce qui est très important à avoir en tête,
c'est qu'en 2014, la ville passe à droite.
Avant, elle était communiste pendant 90 ans,
comme un certain nombre de villes de la Seine-Saint-Ny.
Et puis, c'est le choc quand même,
parce que ça a été une des villes les plus communistes du département.
Et puis, effectivement, en 2014,
ce monsieur, Thierry Ménien, qui devient maire,
mais il ne devient pas maire comme ça, en fait.
Il connaît très peu les quartiers populaires,
et il sait que c'est grâce à eux qui va gagner.
Parce qu'il a un électorat qui a sa cause,
qui est l'électorat du centre-ville,
l'électorat dit pavillonaire,
des pavillons, c'est 70-70 % de la ville,
ce qui est vraiment parien.
Et ça aussi, ça rebonde de ce qu'on sait de la Seine-Saint-Ny,
de ce qu'on croit savoir de la Seine-Saint-Ny.
Et donc, qu'est-ce qu'il va faire pour gagner la ville ?
Bien, en fait, il va aller chercher avec les dents,
les votes dans les quartiers populaires,
qu'il ne connaît absolument pas.
Et il va s'allier avec des têtes de pont,
des leaders associatifs,
des gens qui sont connus dans les cités populaires
pour aller chercher ses voies.
Et ça va fonctionner.
Et ce qu'il va réussir à faire,
c'est de surfer sur la grande déception,
voire même le sentiment de trahison,
que ressentent les habitants des quartiers
à l'égard de la gauche et à l'égard des communistes.
Parce que les communistes,
jusqu'à maintenant,
n'ont jamais réussi à associer
les habitants des quartiers populaires
à l'exercice des responsabilités politiques,
au pouvoir, en fait.
On va proposer aux habitants
de faire des sorties culturelles,
de faire des sorties sociales,
les colonies de vacances, etc.
Mais jamais à les associer au pouvoir.
Et lui, il va réussir à faire ça.
C'est comme ça qu'il va remporter la ville.
C'est-à-dire, c'est responsable associatif ?
Il deviennent, pardon, mères adjoints.
Ah oui, donc il est récupéré.
Il est fait rentrer dans sa liste
et il leur permet de devenir mère adjoint,
ce qui n'avait jamais été le cas par la gauche.
Donc, en fait, il ne pouvait pas
se montrer comme étant d'extrême droite
à ce moment-là, parce qu'il avait besoin
de ses voix des quartiers populaires.
Et puis il va faire plein de promesses,
une promesse d'une école musulmane, etc.
qui évidemment ne verra pas le jour,
puisque son logiciel politique
est absolument d'extrême droite,
mais il le dissimule.
Il le dissimule et il ne montre pas,
parce que son objectif, c'est de gagner la ville.
Mais une fois qu'il est aux responsabilités,
et bien là, il peut dérouler ce logiciel politique.
Il y a un logiciel politique qui ressemble
franchement à la gestion politique
d'une ville par le Rassemblement national, par exemple.
Vous décrivez un maire par, hein.
Vous parlez beaucoup de clientélisme.
C'est vrai que c'est un mot, le clientélisme,
notamment en banlieue parisienne,
qu'on a souvent associé à la gauche,
on a dit, la gauche l'a souvent acheté les quartiers.
Et bien là, en fait, on prouve à travers ce livre
et cette enquête que le clientélisme de droite
et d'extrême droite, il existe aussi.
Il existe partout le clientélisme.
En fait, à partir du moment où on a des électeurs en face,
à partir du moment où il y a des scrutins,
et à partir du moment où aussi on a en face
des habitants qui sont en situation de vulnérabilité,
qui sont dans le besoin.
En fait, ça incite au clientélisme.
Parce qu'on va aller monnailler une voie,
des voies en fonction des besoins des gens.
Les gens sont dans des situations difficiles.
C'est un tiers de la population
qui vit sous le seuil de pauvreté au Blanc-Ménile.
Et c'est aussi le cas dans plein de villes du 93,
mais ailleurs en France.
Et donc les gens ont des besoins.
Une place en crèche, un logement,
un travail, quel qu'il soit au sein de la ville.
Et donc oui, ça incite à monnailler les voies,
surtout dans une ville comme dans d'autres,
d'ailleurs ailleurs en France,
où il y a un forte taux d'abstention.
En fait, il suffit de peu pour gagner une ville.
Là, en l'occurrence, en 2008,
ce maire qui est donc devenu maire en 2014,
il perd à cinq ans de voie près.
Et en 2014, il gagne avec seulement 200 voies d'avance
sur une ville qui fait 60 000 habitants.
Il faut vraiment les faire du porte à porte là.
Voilà, il fallait vraiment les chercher avec les dents.
Et donc oui, il y a une tentation clientéliste.
Il y a une tentation.
Et c'est vrai que ce qu'il fait,
c'est une addition d'intérêt individuel.
En fait, il voit dans les électeurs,
plein de communautés.
Et quand je dis communautés,
ce n'est pas uniquement les diasporas.
Alors c'est aussi les diasporas,
les Tamouls, les Chinois, les Roumains, etc.
Les Tamouls, on va leur promettre un mémorial.
Les musulmans, on va leur promettre
une école musulmane qui ne verra jamais le jour, évidemment.
Une mosquée.
Mais c'est aussi, par exemple,
les propriétaires des pavillons,
les propriétaires.
On va, par exemple,
là, c'est ce qu'il fait en ce moment,
sortir un énorme dossier de propagande électorale.
On va leur expliquer que,
grâce à la politique foncière du maire,
grâce à toutes les résidences privées
qui ont été construites depuis 12 ans,
ça fait monter le prix de leurs pavillons.
Ce n'est pas une politique d'intérêt général.
C'est une politique qui additionne
plein d'intérêts individuels.
Mais c'est vrai que c'est assez cocasse
quand on sait que la droite, par exemple,
s'ustige en permanence le communautarisme.
Mais le communautarisme, c'est intéressant.
Vous dites qu'il y a un communautarisme
des pavillons et des propriétaires aussi.
C'est ça que vous dites.
Alors que quand on pense communautarisme,
on pense communautarisme religieux,
j'irais quasi ethnique ou sociale.
En fait, le communautarisme,
c'est le fait de voir la communautéé générale
en petites communautés qui s'additionnent.
C'est ça le communautarisme.
Et le communautarisme électoral,
c'est de voir ces communautés ethniques, religieuses,
mais aussi, par exemple, ces propriétaires
en futurs électeurs uniquement.
Vous parlez aussi de chasse aux sorcières
dans votre livre.
C'est le titre d'un chapitre.
Tous ceux et celles qui s'opposent
aux maires sont dans le côté obscur.
C'est un peu ça.
C'est à l'ancienne.
C'est soit avec moi, soit et contre moi.
C'est vraiment ça, en fait.
C'est vraiment une politique clinique,
c'est-à-dire effectivement.
Si vous n'allez pas dans le sens
de la politique que je veux mener,
vous êtes forcément contre moi
et donc du coup, vous êtes à la marge.
Et quand je dis à la marge,
c'est-à-dire que vous n'existez plus
aux yeux de la nouvelle majorité politique.
Et donc, vous pouvez demander des salles,
par exemple, pour les associations.
Vous pouvez demander des subventions
pour des associations.
Quand on parle de subventions,
c'est quelques centaines d'euros,
quelques milliers d'euros.
Mais en fait, il faut faire allégeance.
Il faut faire allégeance
à la nouvelle majorité politique.
Les chasses aux sorcières,
elles ont toujours existé
dans les alternances.
C'est pas nouveau.
Dès qu'il y a un nouveau maire,
et surtout quand c'est un nouveau maire
d'une nouvelle majorité politique,
ben en fait, les gens partent de même,
ou on les incite à partir.
C'est quelque chose d'assez global,
droite et gauchin.
Là, ce qui va se passer,
c'est que ça va être très violent.
Très très violent,
au point où un des cadres de la ville,
six mois après l'arrivée
de la nouvelle majorité politique
de droite extrême,
eh bien va se suicider,
va se défenestrer du 14e étage
de sa tour.
Il s'appelait Philippe Hoang-Mang.
Il avait 46 ans.
C'était un cadre extrêmement
apprécié de la ville.
Il travaillait depuis 1999
en tant que directeur de la voiree.
Et il avait en charge
un marché très important
qui est le marché de l'eau.
C'est des millions d'euros
à l'échelle d'une ville
comme le Blanc-Ménile.
Et en fait,
il va avoir en charge ce marché.
Et c'est ça qui va le précipiter
et la pression autour de ce marché
qui va l'amener malheureusement
à mettre fin à ses jours.
Le sang cool quoi en fait.
Vous êtes en train de nous dire
quand même que,
je ne sais pas si on peut dire
il y a des morts,
mais il y a eu un mort en tout cas.
Il y a un suicide lié
indirectement ou pas
à la gestion clinique de cette ville.
Il y a un suicide.
Il y a beaucoup aussi
de tentatives de suicides.
Il y a des pensées suicidaires
qui m'ont été rappelées
par plusieurs témoins
qui parlent d'ailleurs
dans le livre.
Il y a
une ambiance extrêmement violente.
Il faut savoir que ce maire
Thierry Ménien,
donc quand il arrive en 2014,
c'est quelqu'un
qui ne connaît pas le fonctionnement
d'une mairie.
Il vient de la ville,
mais ça fait bien longtemps
qu'il y vit plus.
Il vit dans le 16e arrondissement
de Paris
près des ambassades étrangères.
Et comme il ne connaît pas
les villes,
comme il ne connaît pas
le fonctionnement
d'une collectivité territoriale
comme une mairie,
eh bien il va
prendre comme bras droit
un conseiller spécial.
Et ce conseiller spécial
c'est un personnage
très important
parce que c'est par lui
que cette politique-là
très dure
à l'égard des fonctionnaires,
très dure
à l'égard des gens
parce que tout le monde
est considéré comme un communiste,
tout le monde est considéré
comme un opposant.
Si on ne va pas
dans le sens de la mairie,
de la nouvelle majorité,
on est un opposant potentiel,
voire même un coco,
c'est comme ça
qu'on les appelle
les communistes.
Mais moi je pense
que ce maire
est un Trump avant l'heure.
Il est arrivé au pouvoir
en 2014,
Trump est arrivé
pour la première fois
au pouvoir en 2016
et en fait c'est un Trump
avant l'heure.
Et c'est vrai que c'est très violent
et il prend les services
d'un monsieur qui s'appelle
Gérard Le Suisse
et Gérard Le Suisse
est connu
pour cette méthode dure
à l'égard des fonctionnaires,
cette méthode dure
à l'égard des agents.
Il n'est lui-même
pas agent.
D'ailleurs, il a
une inversion
comme le maire
envers les fonctionnaires
qu'on considère
comme étant trop paresseux,
ne n'allant pas assez vite
et d'ailleurs
c'est aussi ce
à quoi s'est exposé
Philippe Poingman,
le cadre qui s'est suicidé.
Et donc oui,
si on ne va pas
prendre des services
de ce conseil spécial
et notamment
un certain serge d'assaut
qu'on n'est pas
dans le sens
qu'il faut absolument
éliminer
parce qu'il faut aller vite
parce qu'on considère
qu'on a pris la vie
le communiste.
Maintenant, il faut dérouler
et juste une chose
par rapport à ce
Gérard Le Suisse,
ce conseiller spécial
c'est pas n'importe qui
parce que plusieurs maires
de droite
qui ont réussi
à gagner
des villes
à la gauche
par exemple
le Plessis Robinson
dans les Hauts-de-Seine
dans les années 80
ou d'autres
d'assaut
qu'on connaît bien
à Corbeille et Seine
et donc il est connu
pour ça.
Il est connu
pour cette méthode dure,
cette efficacité
disent d'ailleurs
Thierry Ménien
et d'autres
sauf que les dégâts
sont considérables.
Est-ce que le scenario
que vous décrivez
dans votre livre
pour vous c'est
l'exemple
d'une gestion
celle du Blanc-Ménile
un cas d'école
pour les futurs gestions
de villes d'extrême droite
qui pourraient basculer
dans quelques jours
à l'occasion
des élections municipales
de Marseille
où on vit un moment
difficile
puisque le candidat RN
est très haut
dans les sondages
est-ce qu'il faudrait prendre cet exemple
dire aller voir
tous les mérits
où le RN est très haut
ou l'extrême droite
dire regarder ça se passe
comme ça là-bas.
Alors je me méfie des sondages
j'imagine peut-être toi aussi
donc je suis assez
prudente par rapport au sondage
mais en tout cas
tu as raison
sur
tout un tas
de DAX
que moi je documente
dans le livre
et qui correspondent
quand même beaucoup
sur la politique
des villes
sous pavillon
du Rassemblement national
et voire même
ce maire là a été plus loin
j'ai un exemple
vous connaissez tous
Robert Ménard
qui est donc maire
de baisier
qui est maire extrême droite
qui n'est pas RN
mais qui est proche
de ce parti
proche des cadres de ce parti
et au début
de son arrivée au pouvoir
en 2014
lui aussi
Robert Ménard
il avait pour idée
de faire fermer
la bourse du travail
la bourse du travail
c'est vraiment
de la politique
de la gauche
mais aussi
des libertés associatives
des associations
pour venir en aide
aux citoyens
aux habitants
de l'aide juridique
de l'aide sociale
bref
et en fait
Robert Ménard
il va reculer
il va pas le faire
il va pas fermer
la bourse du travail
j'imagine
qu'il considérait
que c'était un peu trop
Thierry Ménien
lui il l'a fait
et il l'a même fait
en faisant
changer les serrures
de la bourse du travail
un 31 décembre
lorsque tout le monde
est en famille
il va faire
changer les serrures
et c'est ça en fait
c'est la politique
qui est menée
et donc effectivement
il faut regarder
dans le détail
à quel point
la gestion
de cette villa
en Seine-Saint-Denis
ressemble beaucoup
effectivement
à la gestion des villes
qui sont aujourd'hui
des villes RN
c'est par exemple
la mise à mal
d'un certain nombre
d'associations
qui vont pas
dans le sens
de la municipalité
on leur coupe
les subventions
on leur coupe
l'accès au salle
de passer de plus en plus
au privé
parce qu'on considère
que le public
ne fait pas assez son travail
c'est tout ça en fait
et c'est vrai que c'est assez proche
de ce que font les villes RN
aujourd'hui
donc c'est peut-être
une alerte
votre livre
on est
là il y a peut-être
des gens
qui nous écoutent
qui nous regardent
qui peuvent hésiter
tout le monde
qui nous écoutent
qui peuvent se dire
ah ouais
si je vote
RN
ça me donne envie
parce que ça ressemble
à un vent de fraîcheur
la réalité
c'est ce qu'il y a dans ce livre
oui en fait
ce maire
par exemple
dit souvent
moi
je fais pas de politique
moi je suis là
pour agir
pour les blancs ménileurs
je suis à là
pour agir pour les habitants
alors trigger warning
quand vous avez quelqu'un
qui vous dit
qu'il ne fait pas de politique
en général
il fait une politique
et souvent c'est une politique
dure
de droite extrême
et c'est exactement
ce qui se passe
au blanc ménile
à tel point d'ailleurs
quand je dis
que c'est un maire
parce que moi j'assume
de le dire
alors évidemment lui
ne le dit pas comme ça
d'ailleurs
il est toujours étiqueté et l'air
son premier maire adjoint
qui est aujourd'hui
le vrai maire
parce qu'en fait
il est devenu sénateur
mais en fait
c'est lui
qui est réellement au manette
donc en fait
il y a un vrai faux maire
et lui
qui est le vrai faux maire aussi
enfin voilà
je sais pas
si vous comprenez
il a un peu de mal
avec la loi
de non cumul des mandats
ce monsieur
mais quand je dis
qu'il est de droite extrême
ou d'extrême droite
en fait
et Vijay Monani c'est qui ?
c'est quelqu'un
qui a été porte-parole
du parti reconquête
pour Eric Zemmour
en 2022
lors de l'élection présidentielle
Thierry Ménien aujourd'hui
on le voit
dans une vidéo
qui est accessible
à tous
à l'anniversaire
de Sarah Knapho
en compagnie d'Eric Zemmour
et d'Elisabeth Lévy
c'est quand même assez
fascinant
de se dire
qu'il est proche de gens
qui tous les jours
sur toutes les antennes
y compris même
un propre programme politique
vous savez qu'Eric Zemmour
demande la re-migration
la re-migration c'est quoi ?
c'est le fait que toi et moi
on retourne
dans nos pays
enfin les pays d'origine
de nos parents
du jour au lendemain
quand ils arrivent au pouvoir
les gens dont on parle
ce sont les habitants
du blanc-ménile
c'est-à-dire qu'il y a
un certain nombre d'habitants
du blanc-ménile
qui sont immigrés
étrangers
enfin d'immigrés
ce maire
enfin sénateur
qui est candidat
à sa réélection
et donc proche
de partie
proche de personnalité
qui tous les jours
vomissent leur haine
à l'égard des étrangers
et donc les habitants
du blanc-ménile
Sarah Knapho
toute petite anecdote
on est en décembre 2020
j'assiste au conseil municipal
de la ville du blanc-ménile
j'ai assisté à quasiment
tous les conseils municipaux
dans le cadre de mon enquête
à ma gauche
il y a une personne
très apprêtée
une jeune femme
qui a l'air très excitée
à l'idée
d'être au conseil municipal
du blanc-ménile
et arrive le vote
d'une subvention
20 000 euros
pour une association
inconnue au bataillon
qui s'appelle Alexandre et Aristote
c'est le maire Thierry Ménien
qui prend la parole
et qui nous explique
que cette association
va faire un travail formidable
va aider les lycéens
du blanc-ménile
à avoir accès à la culture
parce qu'évidemment
les lycéens du blanc-ménile
ne lisent pas
et puis on est très étonnés
on se regarde un petit peu
tous là
au conseil municipal
parce qu'on est tous
quasiment les mêmes
à assister au conseil municipal
tous les mois
et on se demande
mais quelle est cette association
puis 20 000 euros
c'est énorme
dans une ville pauvre
comme le blanc-ménile
juste à titre comparaison
le secours populaire
qu'est une association importante
c'est 1500 euros
de subvention au blanc-ménile
contre 20 000 euros
la subvention est votée
la dame qui est à ma gauche
se lève
Thierry Ménien
la félicite
en disant
la présidente
de l'association
est là
et là on comprend
qu'on entend
qu'elle s'appelle Sarah Knapho
mais t'as connu à l'époque ça
à l'époque elle était peu connue
alors elle était connue
quand même des confrères
qui suivent l'extrême droite
dans un certain nombre de médias
puisqu'elle était derrière
notamment la fameuse convention
des extrême droite
en 2019
donc elle commençait déjà
un peu émergée
en fait je me suis évidemment
intéressé à cette association
je me suis intéressé
à ces 20 000 euros
qu'est-ce qu'il est devenu
de ces 20 000 euros
elle a touché 20 000 euros
d'une ville pauvre
du blanc-ménile
de Saint-Denis
pour faire
des activités
d'accès à la culture
je demande d'avoir accès
au compte bancaire
je les ai à peine
on me donne des relevés
avec 6 euros
7 euros
je comprends qu'on ne veut pas
me donner l'information
j'appelle Sarah Knapho
qui me raccroche onné
dans le cadre de l'enquête
et puis en fait
finalement je me rends compte
que les actions
pour lesquelles
cette association
a touché 20 000 balles
n'ont pas été faites
aucune action
alors je me dis
c'est du pénal là
c'est quand même étonnant
quand même
et donc du coup
je me dis
bon ben très bien
et donc j'interroge
le maire adjoint à la culture
Karim Boumejane
dans le cadre
de mon enquête
je lui envoie des questions
bon les réponses
me satisfont pas
et puis l'ops
à l'aune de la
sortie de mon livre
sort un papier
sur justement
cette fameuse subvention
des 20 000 euros
et interroge la mairie
et qu'est ce que dit la mairie
la mairie nous explique
que en fait
Sarah Knapho
a remboursé
les 20 000 euros
donc si Sarah Knapho
a remboursé les 20 000 euros
c'est qu'en fait
en fait
l'association était bidon
c'est à dire que
l'objet pour lequel
elle avait eu cet argent
n'a pas été respecté
et on nous dit que
l'argent a été remboursé
au moment de la dissolution
de l'association
sauf qu'on nous dit pas
à quel moment
alors l'association
je vous le dis
n'a pas été dissoute
ni en 2020
ni en 2021
ni en 2022
l'association a été dissoute
en décembre 2025
et pourquoi elle a été
dissoute en décembre 2025
l'association
et donc l'argent aurait été
remboursé à ce moment là
parce que un c'est au moment
où j'envoie mes questions
et surtout
deux c'est au moment
où Sarah Knapho
s'apprête
à devenir candidat
à la mairie de Paris
donc en fait
elle a soldé
tout ce passif
parce que
il fallait pas
laisser de traces
d'une association bidon
et de 20 000 euros
qui ont été prélevées
d'une ville pauvre
et moi je demande
et si ces 20 000 euros
n'ont pas servi
à financer
le début
de la campagne électorale
présidentielle
d'Erik Zemmour
pourquoi et c'est mon dernier mot
parce que quand elle touche
ces 20 000 euros
on est en décembre 2020
et on sait
de la part de ces propres lieutenants
que les premiers rendez-vous
de Sarah Knapho
pour la campagne électorale
d'Erik Zemmour en 2022
commencent
en janvier 2021
ou ça
dans son appartement parisien
appartement parisien
qui était l'adresse
de domiciliation
de son association bidon
et bien c'est clair
là comme ça
les accusations
il y a une enquête judiciaire là
ou pas
sur ça
pas ma connaissance
parce qu'il peut y avoir
une tentative
des tournements de fonds public
je pense
c'est une question qui se pose
vous travaillez actuellement
pour le média
vous décryptez
l'actu médiatique
pour vous
le paysage médiatique
aujourd'hui
c'est quel film
Apocalypse Now
car on ne parle que de choses
horribles pour faire peur
à tout le monde
le crime de l'oriente express
car les grands méchants
sont toujours les arabes
je t'ai content de celle-là
ou la marche de l'empereur
car on sait que la conclusion
de ça
c'est la victoire de l'extrême droite
en 2027
les deux
les deux mon général
les deux dernières références
que tu as mentionné
moi je suis très inquiète
je suis très inquiète
pour toutes les raisons
qu'on a déjà exposé
puisque ce livre
comme tu le dis
et cette ville
est un cas d'école malheureusement
de ce qui pourrait arriver
dans plein de communes
en France
mais je suis très inquiète
sur ce qui va arriver
en 2027
moi je suis mère de famille
j'ai un garçon
qui a 13 ans
et je suis absolument
terrifié à l'idée
que l'extrême droite
arrive au pouvoir
et je crois que
ces élections municipales
doivent être
un avertissement
pour nous
évidemment que c'est
difficile de s'engager
évidemment que c'est
difficile
de s'informer aussi
parce que
cette histoire c'est aussi
une histoire de manque
d'informations en fait
moi je me suis rendu compte
dans le cadre de l'enquête
encore plus
que les gens sont
abreuvés
abreuvés d'éléments
de communication
y compris d'ailleurs
dans leur propre ville
mais qu'ils ne sont pas informés
ils ne sont peu informés
ils sont peu informés
de ce qui se passe
dans leur commune
et ça c'est absolument
terrifié en fait
et donc oui
je suis assez inquiète
de ce qui va arriver
mais je crois que
collectivement
avec des espaces comme ici
Radio Nova
ou d'autres espaces médiatiques
il faut qu'on se serre les coudes
en fait
parce qu'en face
en face
ils ont
très peu de scrupules
justement
en fait des passes fantastiques
des passes décisives
des passes
de la fachosphère
qui vous a déjà ciblé
c'était en avril 2024
vous aviez tweeté
après un article
de RMC Sport
évoquant une interdiction
par la Fédération Française
de football
du port de casque
de colant
et de
ouais de voile
on se lube les voiles
on va être clair
non c'était plutôt des colants
c'est pour ça que moi
j'ai trouvé ça assez dingue
oui mais ils ont
on va dire c'était la première
Pierre
au nom de la laïcité
c'était cette interdiction
de la Fédération Française
de football
dans ce tweet
vous écriviez
pas de raciste dégénéré
pays de raciste dégénéré
pardon
pays de raciste dégénéré
pardon j'ai mal écrit
pays de raciste dégénéré
il n'y a pas d'autre mot
la honte
consécration
on va écouter le goutte
à parler de vous en direct
je trouve ça très révélateur
le tweet
de Nassira El-Mouadem
qui je connais d'ailleurs
parce qu'elle est passée
par feu itélé
j'ai travaillé avec elle
et je trouve intéressant
son tweet qu'elle a écrit
après la décision
de la Fédération Française
de football
et on va le revoir
ce tweet
parce que j'y vois
mais je peux me tromper
je peux me tromper
j'y vois
une défiance
sur notre culture
la culture française
je veux dire
son histoire
il n'y a pas que lui
vous aviez eu aussi
les honneurs
du porte-parole
je demande à la patronne de Radio France
madame Sibylveille
de la suspendre
parce que cette dame
est payée avec l'argent des Français
elle est sur le service public
de l'audiovisuel
elle est journaliste
sur France Inter
elle est payée
chaque année
par l'argent des Français
c'est intolérable
qu'elle traite notre pays
notre peuple
de racistes
donc si elle est pas contente
elle se casse
voilà c'est violent
elle se casse
on va revenir
sur cette phrase
elle se casse
je rappelle à l'époque
vous travaillez aussi
pour France Inter
non justement
je ne travaillais plus
à France Inter
c'est pour ça que c'est
une grande opération
de désinformation
en tout cas lui
il a utilisé un ancien boulot
à France Inter
pour vous attaquer
pour me demander
un licenciement
alors que je ne travaille
plus à Radio France
il me demande une occupée
pour vous
et en plus
derrière
il demande mon expulsion
on en rigole là
mais à l'époque
je n'en rigole pas du tout
moi je trouve ça très grave
vous étiez victime
de cyber harcèlement
culturel
sur une chaîne
de télé
on peut dire des choses
comme ça
et vous attaquez
directement
et vous demandez
même de partir de France
la chaîne de télé
en l'occurrence
c'est nul
c'est un organe
de propagande
d'extrême droite
il faut rappeler
d'où ces gens parlent
que d'il y a
tellement de choses
à dire
là en entendant
ces deux extraits
d'abord rappeler
que à l'époque
je ne travaillais pas
pour France Inter
que j'ai travaillé
avant pour France Inter
et que j'ai été
où je donnais la parole
à des enfants d'immigrés
à des immigrés
et de raconter
à quel point c'est difficile
de faire sa place
en France
quand on n'est pas né
dans ce pays
et quand on a
un parcours semé d'embouche
y compris
et par les médias
et par l'administration
je vais faire une apparentesse
mais pourquoi c'est grave
parce qu'il y a tellement
de mensonges
en fait
en l'espace
de quelques secondes
et c'est terrible
parce que derrière
il faut rattraper tout ça
et donc vous voyez bien
comment ça fonctionne
ces extraits en suite
sont diffusés sur les réseaux sociaux
et qui va aller vérifier
que c'est pas que dû
cyberharcèlement
dont j'ai été victime
j'ai eu des menaces
de viol
des menaces de mort
y compris
adressé directement
au domicile de ma mère
qui n'a elle évidemment
rien demandé
et je sais pas si
enfin
oui ils ont gagné
peut-être la bataille
parce qu'on leur donne leur
en fait
en fait on devrait les ignorer
ces gens là
on devrait
ne même pas parler d'eux
on devrait les laisser
dans les poubelles
de l'histoire
Julien Odoul
c'est un monsieur
qui me donne la leçon
alors qu'il a été condamné
par le tribunal
de Paris
pour détournement
de fonds publics européens
dans l'affaire
dans l'affaire
des assistants
parlementaires européens
du rassemblement national
c'est quelqu'un
qui se moque
et qui rigole
du suicide
des agriculteurs
français
moi ces gens là
je les renvoie
aux poubelles de l'histoire
ils ne
ils ne représentent rien
pour moi
et j'aimerais
c'est ça qui est difficile
mais c'est pour ça qu'il faut
qu'à chaque fois
que ces gens là
sont invités
parce que comme tu le dis
ils sont députés
ils sont élus etc
moi j'aimerais en fait
que les confrères et les consoeurs
leur rappellent
leur fait d'armes
pour quelle raison
lorsqu'il va sur BFM TV
ou lorsqu'il va sur d'autres
organes de presse
on rappelle pas à ces gens là
à quel point ils sont violents
à quel point
ils osent
avoir
ces propos discriminatoires
d'appel à la haine
pour quelle raison en fait
on ne le rappelle pas c'est mes faits
je veux dire
on le ferait avec n'importe quelle
autre personne
pour quelle raison
une seule personne l'a fait
c'était il y a quelques jours
c'est Rokaia Diallo
que je remercie
qu'il l'a fait en direct
sur le plateau
il n'y a pas longtemps avant vous
il l'a fait sur le plateau
de BFM TV
et il était visiblement
très péné
ce monsieur de répondre
il bégeait
donc quand je dis
qu'il faut les renvoyer
dans les poubelles de l'histoire
ce que je veux dire c'est
qu'il faut les renvoyer
à leur désinformation
à leur appel à la haine
c'est de la haine ça
et la haine c'est condamnable
en fait
par la justice
et il devrait pas pouvoir
être si détendu
pour dire cela
sur c'est news
et pour le répéter
ensuite
par tout ailleurs
pardon
film américain
Donald Trump
pour vous
c'est un héros de film dramatique
comique
ou le héros d'un thriller
Alton
aucun des trois
d'accord
c'est un personnage
qui m'effraie
et j'ai l'impression
qu'il y a beaucoup de personnels
politiques en France
qui voudraient
devenir des potentiels
Donald Trump
partout où ils sont
Donald Trump c'est quoi
c'est la négation de l'histoire
c'est le fait
de mentir
tout le temps
c'est le fait
d'appeler à la haine
les étrangers
contre les étrangers pardon
c'est le fait
de supprimer
des millions
et des milliards d'euros
pour aider les plus pauvres
c'est le fait
de ne plus laisser
les chercheurs
et les scientifiques
faire leur travail
c'est un modèle
en politique
c'est très inquiétant
justement la police
la fameuse ICE
vous pensez
comme certains et certaines
qu'on pourrait
se retrouver
qu'une police similaire
en France
si demain
l'extrême d'oie
de gagne
et accède à l'Elysée
au pouvoir
mais je crois que
le terreau
est déjà là
la France a été
condamnée
à plusieurs reprises
par la cour européenne
des droits de l'homme
pour les traitements inhumains infligés à un certain nombre d'étrangers retenus dans les
centres de rétention administrative, c'est pas moi qui le dis, c'est la justice européenne. Je crois
que malheureusement il y a un terreau propice à cela, on sait aussi, et ça ce sont les universitaires
et les chercheurs qui nous le disent, qu'il y a un certain nombre de policiers qui votent à
l'extrême droite. Il y a des syndicats d'extrême droite dans la police qui ont pignons sur eux et
surtout micro ouverts dans plusieurs émissions du paysage audiovisuel français. Donc tout ça,
mi bout à bout, fait qu'effectivement, si l'extrême droite au pouvoir, moi je suis très inquiète
sur l'utilisation qu'elle fera de la police. Aïs à la française, c'est pas qu'un fantasme alors.
Mais les violences policières, elles ne sont pas que américaines. Je veux dire,
on les connaît, les victimes des violences policières en France. D'ailleurs je trouve que c'est souvent
très facile de faire plein d'émissions sur la violence de la politique américaine, la violence
de la police américaine, alors même qu'on pourrait faire des heures et des heures d'émissions
d'antenne sur les violences à l'égard d'un certain nombre d'habitants, des quartiers populaires,
à l'égard de d'étrangers, de mineurs, etc. en France. Donc je crois qu'il faut d'abord
regarder ce qui se passe chez nous.
Avec parfois, est-ce que vous avez le sentiment d'une justice ? Je ne sais pas si elle ferme
les yeux mais qui ne va pas enquêter assez en profondeur ou être sévère, qui ne va pas
retrouver l'auteur ou l'autrice d'un tir de LBD qui va nous dire que la caméra ne fonctionnait pas
à la caméra piéton. Est-ce que vous avez ce sentiment là ? Que moi, j'ai parfois, je me mouille.
Moi, ce n'est pas un sentiment, ce sont des faits. Les chercheurs sur la question des
biais sociaux de la justice nous expliquent et ça, c'est les statistiques qui le prouvent que les
juges sont souvent plus durs à l'égard des personnes accusées issus de milieux populaires
qu'à l'égard des cadres et à l'égard de ce qu'on appelle l'école blanc. Ça,
ce sont les faits. Ce n'est pas un sentiment, ce n'est pas un ressenti, ce sont les faits.
Et quand on regarde effectivement certains jugements, on s'interroge sur des sanctions
extrêmement dures à l'égard de certaines personnes, notamment les habitants des quartiers
populaires et les sanctions à l'égard de ce qu'on appelle la délinquance en colle blanc.
Et ça, je trouve que c'est terrible parce que lorsque, comment dire, les gens ne sont pas
dus, c'est-à-dire qu'ils savent décrypter un jugement, ils savent décrypter une décision
judiciaire. Et donc, oui, je crois que c'est important de remettre de l'égalité républicaine dans
tout ça. La justice, elle se fait au nom du peuple français, donc au nom de toi, de moi,
de toi aussi en Régis. Et donc, oui, je crois que c'est un gros sujet, ça a la question des
biais sociaux de la justice française. Pour finir, je pose toujours cette question,
c'est une petite tradition, on aime bien être tradition, c'est bien être tradition aussi.
Si on était dans une série actuellement, on serait dans quelle série, dans le monde,
la convie ou votre vie d'ailleurs, ce que vous voulez, mais dans quelle série on serait selon vous ?
Écoute, en faisant ce travail d'enquête, je me suis dit, mais c'est complètement surréaliste,
en fait, ce qui se passe. Au départ, je n'y croyais pas. Vraiment, je ne croyais pas tous
les témoignages qui me remontaient, je ne croyais pas tous les documents auxquels j'ai eu accès.
Je me suis dit, mais ce n'est pas possible, en fait, je suis dans les montis pitons.
Sauf qu'en fait, non, c'est la réalité. Et ça revient, je pense qu'on boucle avec ton introduction,
la réalité dépasse la fiction. Sauf qu'on n'est pas dans un film, on est dans la vraie vie,
et en fait, on peut agir. On peut agir en s'informant, on peut agir en allant donner un
peu d'argent aux médias indépendants quand on peut, c'est très important. On peut agir en allant
regarder aussi ce qui se passe dans les conseils municipaux. Il faut qu'on s'empare tous, en fait,
de la chose publique, parce que sinon, c'est elle qui s'occupe de nous et en général, ça se passe mal.
Nacirelle Moadem, merci. Je rappelle votre livre, Mambas sur la Ville, Enquête au Blanc-Ménile,
territoire trahie de la République. C'est aux éditions stock et vous êtes évidemment
présentatrice depuis 2020 de l'émission hebdomadaire, arrêt sur image. Merci. Merci de l'accueil.
