Les syndicats sont-ils des figurants ? Sophie Binet (CGT) - Personnage principal S01E04

Les syndicats sont-ils des figurants ? Sophie Binet (CGT) - Personnage principal S01E04

Nova le matin • 02/12/2025 • 31:22

Personnage Principal, c'est l'interview hebdomadaire de Nova le matin, dans laquelle Azzeddine Ahmed-Chaouch reçoit les premiers rôles de l'actualité.
Aujourd'hui, mardi 2 décembre, jour de mobilisation générale, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet est venue nous parler du rôle des syndicats dans les rapports de force avec les pouvoirs en place, et aussi du plus beau mot de la langue française : camarade. Une interview à retrouver aussi sur Youtube !

Transcription

Cet ensemble de gestes portes à noms, l'éco-santé.
En imaginant l'éco-santé, Harmonie Mutuelle vous aide à agir plus tôt, plus vite et autrement sur votre santé.
L'éco-santé, c'est un mouvement pour tous.
Faites de petits gestes quotidiens qui changent tout.
Une balade à vélo, un rendez-vous chez le dentiste, ou chez le gynécologue, ou même le recyclage de vos lunettes.
Des actions simples et concrètes qui préservent votre santé.
Découvrez l'éco-santé sur harmonietirémutuelle.fr slash éco-santé.
Harmonie Mutuelle, avant son collectif.
Personnage principal.
As-Dinamech-Aouche.
Bienvenue dans Personnage principal.
Aradyonova en pense que la réalité elle a dépassé la fiction.
Donc on se sert en fait de la fiction pour analyser l'actualité.
Et une fois par semaine, on va la rencontre des premiers rôles de l'actualité.
Aujourd'hui, dans Personnage principal, on remonte le temps.
On va parler de western spaghetti, de duel où on se demande qui dégale en premier.
De thriller où la vengeance est dans la peau des protagonistes.
Pas tous.
De face-à-face qui tourne au clash.
Bref, on va parler des syndicats et du pouvoir.
D'autant que ce 2 décembre, une grande journée de mobilisation est prévue dans toute la France.
On va s'intéresser à comment cette saga éclatante de duel entre le pouvoir et le peuple
qui, dans des discussions récentes sur le budget, a plutôt tourné au film muet pour les syndicats
et parfois pour la CGT.
Pour comprendre ce changement, notre personnage principal aujourd'hui est la secrétaire nationale de la CGT.
Sophie Binet.
Bonjour Sophie Binet.
Bonjour.
Pour commencer cet entretien, je vais vous faire écouter celui qui aimerait couper le volume de satellite
lors des grandes journées de mobilisation.
On l'écoute.
Je regrette qu'aucune force syndicale n'est proposée un compromis.
Et c'est ça aussi, il faut voir depuis le début.
Là où historiquement, des forces syndicales pouvaient proposer des compromis.
Faites pas 65 ans, 63 ans et demi augmenter la durée.
On nous a dit aucune réforme.
Ça s'était en mars 2023 pendant le débat sur la réforme des retraites.
Pourquoi Emmanuel Macron vous voit toujours comme le grand méchant ?
Parce que là aussi encore, il salue presque tous les partis.
Mais alors les syndicats, c'est vous qui ne êtes pas responsables, qui ne voulez pas négocier.
Parce que Emmanuel Macron pense qu'il sait tout, surtout, et qu'il peut tout décider tout seul.
Je pense que c'est un des problèmes centraux de son exercice du pouvoir.
Et donc effectivement, les syndicats sont le caillou dans sa chaussure.
Parce que justement, on est un peu comme dans un film, je dirais, de revanche, peut-être entre vous et Macron.
Un peu à la Batman, vous allez voir, on va faire pas mal de métaphores.
Mais il croyait vous avoir tué, mais il a eu un ennemi encore moins contrôlable après.
C'est les Gilets jaunes.
Est-ce que la pire erreur des deux quinquennats d'Emmanuel Macron,
c'est d'avoir voulu tuer les corps intermédiaires ?
C'est souvent un reproche qu'on lui fait.
Plutôt parler avec des syndicats, peut-être qu'avec un peuple un peu déchaîné
avec lequel on n'a pas forcément de prise.
Oui, en fait, si on cherche la cohérence dans ce que fait Emmanuel Macron,
il y a un fil rouge, c'est qu'il est systématiquement au service du capital,
au service de la finance.
Surtout le reste, il a beaucoup changé de position sur les questions sociétales,
sur les questions internationales.
On a réussi à ce que, par exemple, il change la position de la France
et qu'il défend de la reconnaissance de l'état de Palestine
alors que auparavant, il était complètement opposé.
Bon, sur le reste, il est plastique.
Il est pas cité, tu que ça, alors ?
Sauf sur ça, sur la question de la défense des milieux d'affaires,
la défense du capital, la défense de la finance.
Il est venu pour ça.
Il a été porté par les milieux d'affaires au pouvoir.
C'est eux qui l'ont amené.
Le peuple français l'a élu quand même.
Oui, mais c'est le patronat.
Emmanuel Macron, c'est la fabrication.
C'est quelqu'un qui a été fabriqué par les milieux d'affaires.
Et donc, c'est pour ça qu'il a voulu,
il a mis toute son énergie pour sortir les syndicats du jeu.
C'est pour ça.
C'est parce que non seulement on est en désaccord
avec sa pratique très verticale du pouvoir,
c'est quand même lui qui s'est baptisé lui-même Jupiter.
C'est quand même assez incroyable.
Le Dieu des dieux.
C'est lui qui dit qu'il est lui-même Jupiter.
C'est le titre de mon film.
Tiens, je suis Jupiter.
Voilà, tout à fait.
C'est une bonne idée.
Et puis le deuxième point de désaccord frontal
avec Emmanuel Macron, c'est sur le fond,
sur le fait qu'il mette l'appareil d'État,
les moyens de l'État au service des puissants,
des milieux économiques, des multinationales.
On est à un montant record des aides publiques distribuées
aux grandes entreprises, 211 milliards chaque année,
sans condition ni contrepartie.
C'est ça, le bilan du macronisme.
Dans un film, ce serait le méchant-méchant.
Parfois, dans un film, il y a des méchants
qui sont un peu plus complexes,
une part d'humanité.
Est-ce que là, vous me décrivez quand même
le portrait de celui qui veut contrôler tout
et avec lequel on ne peut pas discuter.
Est-ce que quand même vous voyez
des bons points chez lui ?
J'essaye, vous voyez,
de faire dire des choses gentilles sur lui.
Ce que je lui reconnais, c'est qu'il n'est pas
d'extrême droite.
Et donc derrière, il y a des méchants
encore plus méchants.
C'est ça le grand danger.
Mais le problème d'Emmanuel Macron,
c'est que, par sa politique,
il a d'ailleurs de façon assez lucide et consciente
ouvert grand les portes au Rassemblement national,
puisque quand il dissout l'Assemblée nationale
l'année dernière,
il sait très bien que c'est l'extrême droite
qui est en position de force
et que c'est l'extrême droite
qui peut rentrer à Matignon.
Et là, à l'automne,
même là pour la suite,
il n'a pas de problème à installer
l'extrême droite à Matignon.
C'est grave.
Et pourquoi ?
C'est parce qu'il préfère
ne pas changer de politique économique,
quitte à devoir installer
l'extrême droite au pouvoir,
que de devoir changer de politique économique,
que la gauche exigerait
si elle rentrait à Matignon.
C'est ça le souci.
Vous dites quoi
qu'il est presque
un camarade de circonstance
de l'extrême droite.
Ça veut dire qu'il préférerait donc
voir Jordan Bardella à Matignon,
que Mathilde Panot
ou Jean-Luc Mélenchon.
C'est ça ?
De fait, c'est ce qu'il pratique.
Mais en fait,
c'est pas juste une psychologie
d'Emmanuel Macron.
C'est à l'image des milieux d'affaires
qui aujourd'hui préfèrent voir
rentrer l'extrême droite
à Matignon
plutôt que de devoir
partager les richesses.
C'est ça qui est très inquiétant.
C'est que le capital,
le patronat est en train
de changer de position
et considère
que l'extrême droite
au pouvoir,
c'est moins pire que
si la gauche arrivait
avec la possibilité
de mettre en place
quelques conquêtes sociales
pour les travailleurs.
Comme on l'a dit,
en Amors,
on se sert de la fiction
pour expliquer la réalité
qui est parfois complexe.
Les syndicats
sont plutôt des scénaristes,
des acteurs,
des réalisateurs
ou des spectateurs
du monde
qui est en train
de se passer
sur nos yeux
du monde politique, notamment.
Alors pas des spectateurs.
Et donc nous,
notre objectif
c'est d'utiliser
tout le terrain de jeu.
Donc évidemment
les acteurs du jeu.
Et après,
le problème c'est
que les règles
du jeu
sont très biaisées,
qu'il faut les transformer.
Donc on ne veut pas seulement
être des acteurs
d'un scénario
écrit par d'autres,
mais si on peut
reprendre
les commandes du scénario
pour changer le film,
c'est l'idéal.
Et donc c'est pour ça
qu'il faut du rapport de force
pour nous permettre
d'agir
sur tous les tableaux.
Parfois vous ne dites pas,
on est un peu
des figurants.
Par exemple là aujourd'hui,
c'est vrai que
dans les discussions
sur le budget,
alors c'est vrai
qu'il y a beaucoup
de discussions politiques,
mais on entend beaucoup
les partis
défendent des positions,
négocier,
faire pression.
Le PS, par exemple,
la droite,
sur par exemple
la taxe Zuckman.
On entend un peu moins
les syndicats.
C'est pour ça
que je vais parler
de films muets.
Est-ce que,
parfois vous dites là,
dans la séquence actuelle,
on est un peu plus figurant
qu'à une autre époque
où on pouvait
faire plier le gouvernement.
Quelque part c'est normal,
parce que nous n'avons pas de...
les choses se passent au parlement.
Nous n'avons pas de députés,
nous ne sommes pas
représentés au parlement.
À noter et à comprendre,
c'est que la vie politique
française,
elle se fait toujours
sur le fond des rapports
de forces économiques
et sociaux.
Et qu'est-ce qui s'est passé
en cette rentrée ?
On a eu,
au mois de septembre,
octobre,
une mobilisation inédite
avec le 10 septembre,
le 18 septembre,
le 2 octobre,
2 millions de personnes
en tout,
qui se sont mobilisées.
Et,
depuis cela,
on a parlé
de la justice fiscale,
comme jamais.
Jamais,
on avait autant
entendu parler
de justice fiscale
mais on a forcé le gouvernement
à mettre de l'eau dans son vin
sur un certain monde d'aspect.
Alors, c'est loin d'être fini.
C'est pour cela qu'on appelle
les salariés à se mobiliser
ceux de décembre.
C'est parce que
il faut qu'on revienne
sur le devant de la scène
dans cette séquence
qui est décisive.
Là,
à partir du 2 décembre,
d'aujourd'hui,
c'est le projet
de loi de financement
de la Sécurité sociale
qui arrive,
qui revient à l'Assemblée
nationale.
Ça va durer jusqu'au 9 décembre.
Et c'est le dernier temps
de débat
de l'Assemblée nationale
sur le budget
de la Sécurité sociale.
Donc c'est le moment décisif.
On va être rendu
les arbitrages définitifs.
C'est pour ça qu'on fait
cette journée de mobilisation
ceux de décembre.
C'est justement pour mettre
sous pression
le débat parlementaire
et pour faire en sorte
que les députés
nettoient ce budget
de toutes les horreurs
qu'il contient
et il y a beaucoup,
beaucoup de boulot.
Pour vous,
votre personnage principal
de négociation,
c'est qui ?
Emmanuel Macron
ou alors un premier ministre
mais qui peut-être
FMR, c'est pas évident
de discuter en disant
peut-être que dans une semaine
à mois de mois,
c'est plus le même premier ministre
qui vous voulez
rencontrer aujourd'hui.
Le grand grand grand patron
c'est quand même
peut-être mieux non ?
Normalement traditionnellement
vous allez voir le premier ministre
ou le ministre du Travail.
Oui, après
la question c'est pas forcément
on n'a pas forcément besoin
de rencontrer
pour faire bouger les lignes
et puis il y a un acteur
que vous n'avez pas cité
c'est le patronat.
Parce qu'en fait
celui-là ne change pas
et c'est lui
qui tire les ficelles derrière
et on a un patronat
et notamment un MEDEF
qui brille par son intransigeance
qui refuse
tout partage
des richesses
et qui d'ailleurs mélange
son propre patrimoine
avec celui des entreprises
parce que c'était quand même
très choquant
d'entendre le MEDEF
grimper au mur
sur l'attaque Zucman
qui va mettre
à contribution
les quelques milliards d'air français
et taxer leurs patrimoines
mais là on parle pas
de taxer les entreprises
mais en fait
ça a permis
de faire bal et masque
sur le fait que
le MEDEF
ne défend pas les entreprises
mais défend les plus riches
et donc aujourd'hui
on a un patronat
qui non seulement
s'oppose
aux mesures de répartition
des richesses
mais qui en plus
là dans les entreprises
actuellement c'est
les négociations salariales
qui commencent
et ces négociations salariales
elles sont à zéro partout
parce qu'ils veulent
utiliser le contexte
budgétaire
le budget d'austérité
que le gouvernement
veut faire voter
pour dire bah voyez
c'est l'austérité
donc dans les entreprises
on ne va pas augmenter
les salaires
comme ça c'est triple peine
pour les salariés
on va avoir
si on ne réussit pas
à changer le scénario
des dépenses
qui vont augmenter
beaucoup en 2026
notamment les dépenses de santé
avec les franchises médicales
et des restes à charge
qui pourraient atteindre
350 euros par personne
deuxième problème
les prestations sociales
vont baisser
parce que le gouvernement
veut les geler
donc ça ne va pas suivre
l'augmentation des prix
notamment les pensions
l'allocation adulte
handicapée
l'allocation logement
les allocations familiales
etc etc
et puis troisième
cerise sur le gâteau
troisième problème
le patronat
gèle les salaires
dans les entreprises
soit un reproche qui revient
alors qui était aussi alimenté
par on va dire la Macronie
vous ne représenteriez plus
assez les travailleurs français
le syndicalisme est-il encore
selon vous représentatif
des travailleurs français
est-ce que ce n'est pas un vieux film
en noir et blanc
qu'il faudrait trouver
une autre manière
de représenter les salariés
et de contester
d'abord souvent
ceux qui disent ça
c'est-à-dire des responsables politiques
feraient bien de balayer
devant leur porte
parce que les syndicats français
moi je pense qu'il faudrait qu'on ait
beaucoup plus de syndiqués
mais la CGT a plus de 600 000 syndiqués
et si on cumule
tous les syndiqués
de tous les syndicats français
on est au-dessus de 2 millions
donc à peu près 10 fois plus
que tous les partis politiques réunis
donc voilà
1er fait
ça c'est un élément très factuel
et on ne triche pas
sur notre nombre d'adhérents
et ensuite la 2ème chose
c'est que la France est marquée
par un niveau de mobilisation
très important
avec des manifestations
des grèves qui sont très suivies
on l'a vu en 2023
donc toutes celles et ceux
à commencer par Emmanuel Macron
qui pensaient que les syndicats
ça ne représentait plus rien
et que c'était l'ancien monde
parce que c'est quand même ça
le scénario qu'Emmanuel Macron
a voulu vendre
c'est la startup nation
dans laquelle les syndicats
n'avaient plus leur place
en faisant comme si nous
on était des organisations
du 19e siècle
et en fait
cette mobilisation
contre la réforme des retraites
a montré
a confirmé le rôle central
que jouent les organisations syndicales
dans le pays
justement sur cette question
du syndicalisme
de la représentativité
des travailleurs
aujourd'hui on a le sentiment
qu'il y a une autre entité
qui parle mieux
ou en tout cas
qu'il y a l'oreille des travailleurs
des ouvriers
des professions
on va dire
plus précaires
c'est le rassemblement national
est-ce que RN
et CGT c'est incompatible
oui totalement
il n'y a pas pire ennemis
pour les travailleurs
de l'extrême droite
on est très clairs là-dessus
il y a eu
la semaine dernière
un débat à l'Assemblée
sur la nationalisation
d'Arcelor-Mittal
et ce débat a permis
encore de le confirmer
on a gagné
une victoire historique
avec l'Assemblée
qui a voté la nationalisation
d'Arcelor-Mittal
de notre sidérurgie
c'est central pour l'industrie
contre qui avons nous bataillé
contre le rassemblement national
qui avait déposé
280 amendements
pour empêcher
que le vote est lieu
à l'Assemblée
alors que ce sont les mêmes
qui se font passer
pour des défenseurs des travailleurs
pour des défenseurs
de l'industrie française
avec ce qu'ils ont fait
jeudi dernier
à l'Assemblée nationale
ils ont montré
qu'ils sont au service
d'une famille de milliardaires
des multinationales
de la finance, du capital
mais certainement pas
des travailleurs et des travailleuses
donc le problème
c'est l'imposture sociale
de l'extrême droite
qui fait comme si
elle était au service
des travailleurs et des travailleuses
alors que son fonds de commerce
en fait
c'est de mettre
en opposition les travailleurs
les travailleuses
de faire dominer
les clivages identitaires
de faire comme si
c'était Nicolas
qui payait
pour Mohamed et Fatimata
alors que le problème
c'est que c'est
Nicolas, Mohamed et Fatimata
qui paye
pour Bernard Arnaud
et Vincent Bolloré
il est là le souci
et avec les stratégies
de mise en opposition
de l'extrême droite
Bernard Arnaud et Vincent Bolloré
ils se frottent les mains
parce qu'ils sont bien tranquilles
mais alors vous dans vos rangs
j'imagine qu'il y a
des cas gérés
vous avez
des encartés
donc ils sont
CGT, CGTIS
comme on dit
c'est pas ce moment
en tout cas membre de la CGT
et qui sont
des sympathisants
ou peut-être même
des militants
ou des rangs
du R&D
vous gérer comment
c'est cas
de gens qui s'affirment
qui affirment
leur conviction politique
parce que
avant politique
et syndicalisme
c'était pas forcément
incompatible
on était
globalement
plutôt à gauche
et syndicaliste
aujourd'hui
sauf
l'extrême droite
qui est incompatible
avec la CGT
et donc on gère
de façon très simple
c'est écrit dans nos statues
on ne peut pas
on ne peut pas porter
des valeurs d'extrême droite
et être militant
ou militante à la CGT
donc c'est l'exclusion
parce que c'est vrai
que ce vote ouvrir
pourquoi aujourd'hui
il se déporte vers
enfin ce vote
ou cette conscience ouvrière
il se déporte aujourd'hui
vers le rassemblement national
moins que les parties de gauche
et peut-être
pour certains
peut-être moins que le syndicalisme
ou la défense via les syndicats
il y a plusieurs choses
importantes à rappeler
d'abord la première
c'est que si avec eux
les ouvriers qui votaient
pour le rassemblement national
ils ne seraient pas au port du pouvoir
ensuite la deuxième
c'est que le premier parti
chez les ouvriers
c'est pas le rassemblement national
c'est l'abstention
et on l'a encore vu
au dernier législatif
malgré la mobilisation énorme
qu'il y a eu
il y a une majorité
d'ouvriers et d'ouvrières
qui se sont abstenus
et puis
la troisième chose
pourquoi est-ce que
les ouvriers s'abstiennent
et ensuite
ils votent pour
l'extrême droite
mais parce qu'on a été
trahi
parce qu'on a été
trahi
par toute une série
d'envoches
et l'histoire d'Arcelor
elle est emblématique
l'histoire d'Arcelor
c'est quoi ?
c'est notre fleuron
industriel
qui
donc issu
en plus d'une entreprise
nationalisée qui s'appelait
usinor
c'est avec ça qu'on a
reconstruit le pays
qu'on a reconstruit l'Europe
qui est mis à mal
par une opéa
conduite par Mital
il y a 20 ans
et Mital rachète
donc Arcelor
en disant la main
sur le cœur
je ne licensirai pas
je maintiendrai l'emploi
deux ans après
Gendrange
il ferme les sites
et là
je ne sais pas
je vais empêcher ça
résultat il ne sait rien passer
Rebellott
2012
Florange
Mital
veut fermer Florange
avec 600 licenciements
François Hollande
vient
monte sur la camionnette
de la CGT
et dit
moi élu
mon ennemi c'est la finance
et donc je ne laisserai pas
faire ça
et il s'était engagé
à nationaliser
Arcelor Mital
et sitôt élu
Arnaud Montebourg
prépare la nationalisation
temporaire
d'Arcelor Mital
et Hollande
décide de reculer
et ne nationalise pas
et donc
à chaque fois qu'on ferme
une usine
c'est un député
d'extrême droite qu'on fait
élire
c'est renoncement
face à la finance
face au multinational
qui font le lit
de l'extrême droite
c'est pour ça que c'est
très important
ce qui s'est passé jeudi
à l'Assemblée nationale
c'est que
c'est toute la gauche
qui s'est unie
pour voter la nationalisation
d'Arcelor Mital
c'est l'extrême droite
qui a tenté
de l'empêcher
et pour nous
ça montre
ça doit enclencher
un changement d'approche
sur les questions industrielles
et un grand signal
à plus
la finance, les multinationales
dicter le tempo
et faire la pluie et le beau temps
dans le pays
on reprend la main
vous l'avez votre héros
votre candidat favori
pour la présidentielle
à CGT
ou alors
votre neutralité
vous oblige à ne pas me répondre
notre candidat
c'est toujours le projet
c'est que
en fait
on sait
l'histoire nous le montre
qu'il n'y a pas
d'homme ou de femme
présidentielle
mais la présidentielle
c'est
une femme ou un homme
qui se présente
oui d'accord
mais pour nous
l'enjeu c'est
ou un courant de pensée
ben
nous
notre courant de pensée
c'est les travailleurs
et les travailleuses
et c'est les propositions
qui correspondent
aux besoins des travailleurs
et des travailleuses
à commencer
par l'abrogation
de cette réforme des retraites
la retraite
à 60 ans
le fait de
d'avoir une vraie
stratégie industrielle
pour
reprendre en main
le modèle productif
décarboner
pour pouvoir
répondre aussi
aux enjeux environnementaux
c'est Sophie Mélenchon
c'est plus Sophie Binel
tu parles
non
enfin du tout
c'est les propositions
de la CGT
et
vraiment
j'alerte sur
les tentatives de chercher
un homme
ou une femme providentielle
en France
on est en difficulté
à cause de la 5e République
qui a un fonctionnement
par en haut
ou toujours le sujet
c'est oui mais qui
mais en fait
si on regarde
il y a une liste
de personnes potentielles
mais qui est longue
comme le bras
le problème c'est pas ça
le problème c'est d'avoir
un rassemblement
sur des propositions
et ensuite
nous
comme la prunelle
de nos yeux
à notre indépendance
c'est qu'on sait que
si tout est lu
derrière
il y a des rapports de force
sociaux
et donc le capital
reprend ses droits
et même quand on
réussit à amener la gauche
au pouvoir
le capital va tout faire
pour l'empêcher
de mettre en place
ses réformes
et donc il y a besoin
d'un rapport de force
sociale
des salariés
pour forcer
à ce qui est
des réformes
en faveur
du monde du travail
c'est pour ça
que notre indépendance
est centrale
le 2 décembre pardon
donc c'est la grande journée
de mobilisation
alors je spoil
je pense
qu'à l'issue de cette journée
le gouvernement
le député
ne changeant pas
de manière révolutionnaire
la loi
alors j'ai une question
sur les moyens d'action
il faudrait pas
des moyens d'action
plus impactants
on avait vu par exemple
les coupures d'électricité
ça savait
ça avait
paralysé
ça avait choqué
donc ça avait interpellé
ce que vous pourriez
vous pensez qu'il faudrait
radicaliser
votre action
pour redevenir
le personnage principal
de la grande histoire
des travailleurs
travailleuses
l'action la plus radicale
et la plus impactante
c'est l'action
qui embarque le plus grand nombre
c'est toujours ça
et donc la CGT
ne s'interdit rien
évidemment
à l'exception
des violences contre les personnes
mais on a tout un panel
d'action
à notre disposition
et je ne suis pas d'accord
avec vous
sur l'annonce
de la défaite annoncée
c'est d'ailleurs
ce que disent
tous les éditorialistes
de droite
pour décourager
les gens
de se mobiliser
mais en tout cas
c'est les stratégies en face
pour démobiliser
en disant
de toute manière mobilisez-vous
ça ne sert rien à rien
je veux dire même s'il y a du monde
ça serait une victoire pour vous
mais je veux dire
sur la loi
par exemple budgétaire
qui est en cours de discussion
enfin qui n'arrête pas de faire
des navettes
je parie vraiment
tout ce que j'ai
j'ai pas beaucoup en ce moment
ça sera pas pris en compte
en fait la mobilisation
et vous allez perdre
donc j'espère que
vous n'avez pas beaucoup
et que vous allez vite
vous reconstruire
j'aimerais perdre
voilà
non vous allez perdre pourquoi
parce que
le gouvernement
est dans une situation
de fragilité inédite
et c'est pas par magie
c'est grâce à notre mobilisation
qu'il est si fragile
puisque
Emmanuel Macron
a payé
son passage en force
sur la réforme d'air traite
au prix fort
il a voulu maintenir
à tout prix sa politique
économique et sociale
du coup il a dû sacrifier
cinq premiers ministres
il n'a plus aucune majorité
à l'Assemblée nationale
et donc depuis la réforme
d'air traite
il n'a réussi à passer
aucune réforme
aucune réforme
c'est très important quand même
à dire
c'est une catastrophe
et donc la situation c'est quoi
c'est que
à l'Assemblée nationale
soit
le gouvernement fait des compromis
avec les députés
de l'Assemblée nationale
soit il va être censuré
et donc nous
nous interpellons
les députés
sur 10 points
ces 10 points
nous allons les porter
donc dans cette journée
de mobilisation
et puis ensuite
jusqu'au 9 décembre
interpeller les députés
suivre les débats
pour être sûr que ces 10 points
soient retirés
du budget
de la sécurité sociale
et forcément
il y aura des bougés
ça c'est sûr
un ou une gêne
qui voudrait s'encarté
aujourd'hui
qu'il n'a pas une grande conscience syndicale
comment le ou la convaincre
comment dépoussiérer
un peu l'image
du syndicalisme
de la CGT
comment lui faire comprendre
que le temps des moustaches
des sosies de Charles Bronson
il est révolu ce temps
Faites gaffe
la moustache revient à la mode
donc faut toujours
faire attention avec le vintage
mais en fait
pour moi
l'argument essentiel
c'est que
ce syndiqué
c'est pas soutenir
des grandes idées
ou des personnes
qui potentiellement
pourraient sauver le pays
ou ça nous on n'y croit pas du tout
ni Dieu ni maître
ni César ni Tribun
c'est l'international
c'est notre champ de référence
producteur sauvons nous nous-mêmes
et donc ce syndiqué justement
c'est dire
producteur sauvons nous-mêmes
donc comme salariés
c'est nous qui produisons les richesses
et on s'organise
pour prendre le pouvoir
face à l'employeur
face au gouvernement
on s'organise avec ses collègues
moi quand je me...
moi mon métier c'est d'être CPE
en lycée professionnelle
et je me suis syndiqué
avec mes collègues CPE
et ce qui a changé la donne
dans mon lycée
j'y étais en 2010
pendant la mobilisation
contre la réforme d'air retraite
on est parti en grève reconductible
et pendant un mois et demi
on a enchaîné les manifestations
les grèves etc.
on a syndiqué tout le lycée
et après ça a complètement changé
l'ambiance de l'établissement
il y avait une solidarité incroyable
et ça nous a permis
nous juste
les trois CPE
par exemple on avait un problème
de notre temps de travail
parce que
on faisait des heures et des heures
pour défendre nos élèves
parce que quand j'avais une élève
qui arrivait me voir
à 18h en me disant
je suis mise à la rue chez moi
je pouvais pas lui dire
bah non j'ai fini mon boulot
je rentre
je m'occupais d'elle jusqu'à 20h
pour lui trouver un hébergement
etc.
et donc grâce à cette solidarité
au fait que les 3 CPE
de l'établissement
était syndiqué
bah on a réussi par exemple
très concrètement
à se faire payer nos heures
supplémentaires
à gagner des récupérations
des heures supplémentaires
et à changer
notre travail
on a réussi aussi
à poser
qu'on travaillerait différemment
il y a des trucs que le chef voulait
nous faire faire
qu'on a refusé de faire
parce que les 3 ont été solidaires
et tous les jours de grève
les 3 CPE
étaient toujours en grève
et ça s'est envoyé un signal
très fort
donc vraiment
tous les auditeurs et les auditrices
se syndiquaient
c'est génial
se syndiquaient
c'est sémansipé
c'est avoir plein d'infos
sur plein de trucs
et réussir aussi
à avoir des clés
de compréhension
qu'on n'a pas forcément
rencontrer plein de gens
qu'on aurait pas rencontré sinon
et apprendre
le plus beau mot
pour moi de la langue française
c'est le mot camarade
c'est un mot peut-être
qui est un peu vintage
peut-être pour vous
oui il est beau
il est beau
je l'aime bien camarade
voilà merci
et en fait ce mot camarade
qu'est-ce qui signifie
quand on est syndiqué
on n'a pas
d'amis, de collègues
etc
on a des camarades
c'est des gens avec lesquels
je serai pas forcément ami
je ne partage pas
forcément de goût
on a des histoires
complètement différentes
des métiers totalement
différents
des religions
des parcours de vie
qui n'ont aucun rapport
mais par contre
on partage
des convictions
et donc quand on est syndiqué
on est plus seul
et on se sert les coudes
sur cette question
sur la jeunesse
est-ce que
vous ne devriez pas
vous modernisez un peu
par exemple en termes de communication
est-ce qu'il faudrait pas
une belle bande annonce
par exemple pour le 2 décembre
être sur TikTok
de manière un peu plus incisive
être sur Instagram
comme le font certains partis politiques
qui ont réussi
à draguer comme ça
des jeunes
est-ce que là-dessus
il y a un travail à faire
à la CGT
il y a un travail à faire
mais on est sur TikTok
et Instagram
mais oui bien sûr
il y a un travail à faire
tiens
en parlant de moustache chute
vous avez des nouvelles
de l'ancien personnage principal
de votre syndicat
Alex Vaudette de la CGT
Monsieur Philippe Martinez
oui
il profite d'une retraite bien méritée
bon ben on le salue
on l'a fait pas mal en interview
c'était comme on dit
un bon client pour les journalistes
vous êtes 2 femmes aujourd'hui
à la tête
des 2 principaux syndicats
Marie-Lise Léon à la CFDT
vous même
les directions syndicales
est-ce qu'elles ont fait
leur révolution culturelle
ou alors c'est une vitrine
et derrière c'est pas encore
exactement le cas
alors je revendique le fait
de n'être pas seulement
une vitrine quand même
mais
ce qui est important de dire
c'est que si
au bout de 130 ans d'histoire
on a enfin à la CGT
amené une femme
secrétaire générale
de la CGT
c'est venu grâce
au bataille
des femmes dans la CGT
et des féministes
dans la CGT
et ensuite
donc moi avant d'être
secrétaire générale de la CGT
on charge justement
des questions féministes
dans la CGT
et ce que j'ai tout de suite appris
c'est que
quand on est en responsabilité
il faut se dire qu'on a
une responsabilité par rapport
à toutes les femmes
et par rapport
à toutes les femmes salariées
et par rapport à toutes les femmes
syndiquées
et donc c'est ce que j'essaie
de mettre en oeuvre
c'est-à-dire d'utiliser
le fait que je sois
secrétaire générale
pour faciliter
l'accès des femmes
aux responsabilités
dans toute l'organisation
et puis
faire des enjeux
d'égalité professionnelle
au travail
contre les violences sexistes
et sexuelles au travail
et dans la vie
une priorité
est pas
juste une question
secondaire
et je pense que ça
fait changer les choses
oui concrètement
par exemple
il y a la semaine dernière
lundi dernier
on a présenté
à l'Assemblée nationale
avec 110 députés
un projet de loi intégrale
contre les violences
sexistes et sexuelles
ce projet de loi
il a été rédigé
depuis un an
par la CGT
les associations féministes
vous êtes un peu inspiratrice
vous pensez que
des jeunes femmes
même des jeunes filles
parlons
on va dire
voyons plus grand
quand elles vous voient
elles se disent
je peux être responsable
d'un syndicat
donc je peux aussi être
cadre dans une entreprise
donc je peux être PDG
donc je peux être président
de la République
vous pensez comme ça
parce qu'on vous voit
quand même
à la manœuvre
en responsabilité
ça peut donner envie
à une femme
en tout cas
ce que je vois
c'est beaucoup de syndiqués
des femmes mais aussi
des hommes d'ailleurs
qui viennent me voir
en me disant
qu'ils sont super fiers
ça a un impact
oui c'est sûr
et des militantes
qui me disent que
ça les rend fiers
ça les rend fortes
et que ça les porte
donc c'est super
est-ce que votre agenda
il ressemble à celui
d'une comédie
nous avait des moments forts
des représentations publiques
les grèves, les manifs
et en dehors
c'est beaucoup plus calme
c'est quoi votre quotidien
on se demande ça
on vous voit la télé
on va faire des manifs
après on dit
qu'est-ce qu'elle fait
j'aimerais bien avoir
de temps en temps
d'être en calme
mais j'en ai pas trop en fait
donc effectivement
c'est vrai que
parfois on imagine
que je ne fais que
ce qui se voit
à l'extérieur
mais il y a tout le travail
c'est pas la question
j'imagine que non
non
et donc
d'abord la CGT
c'est une organisation
démocratique
donc on prend
les décisions ensemble
ça veut dire
beaucoup de cadres de débats
parce que quand on est
600 000
il faut rassembler large
donc j'ai beaucoup
de temps
de débats
de
de travail
avec
les fédérations
les territoires
la direction confédérale
j'ai aussi
beaucoup j'essaye
de beaucoup me déplacer
sur le terrain
notamment pour venir
soutenir des luttes
et pour pouvoir
amener à la victoire
un maximum
de salariés
et puis
aller
rencontrer les militantes
et militants
rencontrer les travailleurs
et travailleuses
par exemple
la semaine dernière
j'ai visité
le chantier
de la ligne 17
du Grand Paris
du Paris Express
avec
les militants
et militantes
de la CGT
de la construction
et pourquoi est-ce que
j'ai fait ça
parce qu'on a mené
une grande bataille
depuis 2 ans
contre les morts
et les accidents
du travail
et on a forcé
la direction
du Grand Paris Express
à prendre des mesures
de prévention
qu'on fait
reculer les accidents
et les morts au travail
donc c'est ce que
je suis venue constater
puis je vais constater
qu'il y avait
encore quelques petits points
sur lesquels
il fallait travailler
notamment pour réduire
la précarité
et l'intérim
vous avez peut-être changé d'avis
avez-vous envie un jour
de changer de rôle
et de devenir
une femme politique ?
non pas du tout
non mais
véridique
en fait
dans mon parcours militant
moi j'ai commencé
à militer
à l'âge de 15 ans
quand j'étais en seconde
et que je me suis rendu compte
des inégalités sociales
et à l'époque
je ne savais pas du tout
ce que c'était
que le syndicalisme
donc je m'intéressais
un peu à tout
mais tout de suite
je suis allé
sur des formes
d'actions syndicales
parce que j'avais envie
de partir
du concret
d'études
à l'époque
j'ai commencé comme ça
et puis
en fait
ce que
moi j'aime beaucoup
dans le syndicalisme
c'est que c'est un militantisme
qui est
beaucoup plus concret
immédiat
et surtout
beaucoup plus collectif
on n'a pas
de mandats
électifs
qu'on va chercher
individuellement
donc on n'est pas
en concurrence
les uns avec les autres
la solidarité
c'est notre quotidien
et j'ai une dernière question
selon vous
on est dans
quelle série
actuellement
la fiction
en fait
matinale après matinale
on constatait
que le
le monde réel
était plus fou
plus dingue
plus ce qu'on veut
que le monde fictif
est-ce que
pour vous on est dans une série
si oui dans laquelle
ou dans une fiction
un film
un livre
alors Joker
le Joker
on a pu être une bonne réponse
le Joker mais
ah oui
mais en fait
le souci c'est que
je vis un peu
dans un tunnel
et j'ai pas le temps
de regarder des séries
et donc
j'ai jamais le temps
de regarder
une seule série
en entier
et donc
peut-être
je suis en train de lire
un livre
qui ressemble beaucoup
à la réalité
malheureusement
qui fait référence au passé
qui s'appelle
Les Irresponsables
de Johan Chaputo
et qui parle
de ce qui s'est passé
en Allemagne
entre 1930
et 1933
et comment
est-ce que Hitler
est arrivé au pouvoir
et en fait
c'est saisissant
parce que
malheureusement
on coche
toutes les cases
toutes les responsables politiques
à le lire
notamment les responsables politiques
de gauche
puisque
ce qu'on voit
c'est que
l'extrême droite arrive au pouvoir
notamment
à cause de la division
de la gauche
merci
Sophie Binet
secrétaire national
de la CGT
je suis secrétaire général
j'ai dit national
moi je vous donne déjà
je vous vois
déjà au gouvernement
c'est pour ça
mais non
je n'irai jamais
je serai toujours
en face
de tous les ministres
pour justement
les rappeler
à leurs promesses
à l'intérêt des travailleurs
et des travailleuses
merci à vous
personnage principal
Aziz Namel Shahouj

A poursuivre

Vous aimerez aussi

Autres episodes proches

Articles lies