Swann Arlaud : "La Condition", un rôle à la frontière du trouble
Au programme du Score : Swann Arlaud, acteur aussi essentiel que mystérieusement discret, accompagne la sortie de La Condition, le nouveau film de Jérôme Bonnell. Entre domination, héritage et violences tues, il prête son regard d’une précision rare à un rôle complexe, au cœur d’un drame d’époque terriblement contemporain. Swann Arlaud répond aux questions de Charline Roux.
Côté actualité culturelle, retour sur la vidéo qui a enflammé la journée d’hier et relancé le débat autour des mots, du pouvoir et de celles qu’on tente encore de renvoyer au silence. Face aux propos visant des militantes féministes de #NousToutes, ce podcast relaie une réponse collective nécessaire et sans détour.
Côté actualité culturelle, retour sur la vidéo qui a enflammé la journée d’hier et relancé le débat autour des mots, du pouvoir et de celles qu’on tente encore de renvoyer au silence. Face aux propos visant des militantes féministes de #NousToutes, ce podcast relaie une réponse collective nécessaire et sans détour.
Transcription
Elephant est de retour.
Après leurs inoubliables tubes Time for a Change, Catcher in the Rye ou encore Maryland,
découvrez Love, Earth, Repeat, le nouvel album du duo électropope français disponible dès le 3 avril.
Un disque sensible et puissant où leurs pop mélodique élégante se teinte d'accent rock
et qui transforme les félures en refrain universelle.
Retrouvez toutes les dates de tournée et l'actualité d'Elephant sur leurs réseaux sociaux.
Le score du bon son de la conversation sur Radio Nova avec Charline Roux.
I wanna be your lover, Prince remixé par Dimitri from Paris.
Et bienvenue dans le score.
Aujourd'hui c'est le comédien Swan Arlow qui vient partager sa playlist et nous parler de sa filmographie.
Et notamment du film de Jérôme Bonnel qui sera dans les salles.
Demain, la condition, on le retrouve juste après l'actu du jour.
Le score, l'actu du jour.
Et je voudrais revenir sur une vidéo qui a beaucoup circulé hier.
Oh, si, si, vous savez très bien.
On y voyait la première dame en conversation avec un humoriste accusé de viol
avant que l'instruction d'Aboutis a un non-lieu et non pas comme il l'a trop souvent été répété à la preuve de son innocence.
Elle est qualifiée des militantes féministes du collectif Nous Toutes
venu manifester avant la tenue du spectacle de Salkon.
Ceci est notre réponse collective.
Bonjour, je suis Ségora Fétan et moi aussi, je suis une Salkon.
Bonjour, je suis Celeste Métigroulier, je suis aussi une Salkon.
Bonjour, je suis Raphaël et je suis une Salkon.
Bonjour, je m'appelle Guillaume Maurice et je pensais pas dire ça un jour,
mais je suis une Salkon, la vie est pleine de surprises.
Bonjour, je suis Amric Lompré, je suis une Salkon.
Bonjour, je suis Quentin Bresson de Radio Nova, je suis une Salkon.
Bonjour, je suis Asdina Metchiaouche et je suis une Salkon.
Salut, je suis Laurie Perret et je suis une Salkon.
Je suis Céliens et je suis une Salkon.
Je suis Vincent Piguet et selon Brigitte Macron,
je suis une Salkon vrai ou faux.
Et bien c'est vrai et j'en suis fier.
Bonjour, je suis Ninon et je suis une Salkon.
Bonjour, bonjour, je m'appelle Pierre-Emmanuel Barré et je suis une Salkon.
Et attention, parce qu'on est plein, plein, plein.
Faudrait voir à pas trop nous faire chier non plus.
Bonjour, je suis Malou Williams de Radio Nova et je suis une Salkon.
Salut, c'est Melvin Schlemmer du Nova Club
et je tenais à vous dire que je suis une Salkon.
Salut, c'est Paul Ducor et je suis une Salkon.
Oui, bonjour, je m'appelle Juliette Arnaud et je suis une Salkon.
Vous, ça va bien ?
Ben, moi, je juge forcément.
Je suis Charline Roux, je suis une Salkon,
force à toutes et message de service.
Si vous ne voulez pas que nous soyons collectivement des Salkons,
ne nous forcez pas à l'être.
Dans un instant un comédien,
dont je ne doute pas un instant qu'il soit lui aussi une Salkon,
soit Narlot, juste après Aaron Fraser avec Payback.
Comment être à la fois présent, voire indispensable et discret ?
La réponse à ce paradoxe porte le nom de mon invité.
Alors la vie n'est certes pas une compète,
il n'empêche que 100 à 10, aucune.
Je peux le classer dans le top 3 des meilleurs acteurs français.
Prove n°1, je ne l'ai jamais vu mauvais ni même...
Mais...
Prove n°2, la liste qui suit.
Les anarchistes, délivagements, petits paysans,
du Bercharewell, grâce à Dieu de François Ouson,
Perdry, d'Héroine Le Duc,
anatomies d'une chute de Justin Trillet,
ceci n'est qu'une infime partie de sa filmographie
à laquelle j'ajoute la condition
de Jérôme Bonnel dans les salles de main.
Tout ça sans la moindre photo instagram
poussant l'air, la moindre choré TikTok
sur Doja 4, le moindre poste
sponsor vantant les mérites, d'une montre,
d'une voiture, d'une tenue gracieusement offerte.
Mais comment fait-il ?
Je lui pose la question, non sans le saluer.
Mais comment fais-tu ?
Je ne sais pas.
Je n'aime pas ça.
C'est une réponse suffisante.
Ça va dire non, peut-être.
Oui, ça va dire non.
Ce n'est pas plus compliqué que ça.
Là, je trouve qu'en ce moment, je ne suis pas hyper discret.
Tu as beaucoup d'actualités.
Ça ne veut pas dire que tu te mets forcément en avant
à des endroits où tu n'as pas envie de l'être, j'imagine.
Oui, bien sûr.
J'ai une petite question
qui n'a pas grand-chose avec ce que je viens de dénoncer,
mais qui a un rapport avec un truc que j'ai fait juste avant.
Est-ce que tu es une salcone comme genre de garçon ?
Moi, je suis vraiment une salcone.
Là, j'espère que le hashtag salcone
va vraiment faire un putain de carton.
Vous êtes des salcones aussi, ou pas ?
Moi, je suis vraiment une salcone.
Mais comme je le disais préalablement,
ne nous obligez pas à être des salcones.
Peut-être, c'est ça la solution.
Peut-être.
Je ne sais pas ce que tu en penses.
C'est tous des salcones.
Est-ce que tu as toujours un petit stress
avant la sortie d'un film ?
Ou pas du tout ?
Est-ce que c'est fait ? C'est tourné,
ton travail est accompli,
et ça ne dépend plus de toi.
C'est vrai que c'est un peu injuste
pour ce qui réalise, distribue,
produit, c'est tout.
Je crois que je m'en fiche un peu.
Et en même temps, c'est pas tout à fait vrai.
Par exemple, là,
j'ai envie que le film marche.
J'aime beaucoup le film.
Je trouve que Jérôme a vraiment réussi
quelque chose d'assez subtil.
Je serai un peu déçu
qui ne rencontre pas son public.
Mais bon, c'est vrai que pour moi,
ce n'est pas un enjeu aussi important
que pour tout un tas de gens
qui jouent énormément
sur la réussite d'un film.
Et peut-être que j'ai été chanceux
jusqu'à maintenant.
C'est que...
Les films ont quand même...
Je peux donner un exemple.
C'est le film de Claire Simon.
Vous ne désirez que moi.
Il y a un film que j'aime énormément
qui est presque un des films
que j'aime le plus auquel j'ai participé.
Et voilà, il a fait très peu d'entrée.
Il est sorti un moment très difficile
de couvre au feu, machin et tout ça.
Et ouais, c'est un peu triste.
C'est triste.
Moi, j'espère également que la condition
de Jérôme Bonnel qui sera dans les salles
de main va marcher pour tout un tas de raisons
que je vais expliquer après.
Je vais vous parler dans les playlists de Nova.
Pour démarrer, tu as choisi Billie Eilish
avec Lunch, on l'écoute, on en parle juste après.
Oui.
Le score
jusqu'à 20h
sur Radio Nova.
Paolo Conte est sur Nova
et ce titre choisit pour Swan Arlo.
Un titre qui donc te poursuit.
Car tu as dû dire une ou deux fois
en interview que tu l'aimais.
Et dorénavant, à chaque fois que tu seras
accueillant Radio, tu l'entendras.
Mais moi maintenant.
C'est que quand j'étais enfant, j'étais vraiment persuadé
que ma mère écoutait ça et disait
Swan Full et Swan Full.
Et j'étais vraiment persuadé que c'était ça,
que c'était mon prénom.
Et j'ai dit ça.
Oui, ça, c'est Swan Full.
Swan Full,
c'est un...
C'est moi en plus, plus.
Swan Full, ça veut dire...
Non, mais c'est Swaner.
Swan Full.
Bravo.
Et en effet, j'ai dû dire ça
une fois, il y a longtemps.
Et maintenant, ça me poursuit.
Et voilà, je n'échappe pas la règle.
On parle aujourd'hui de la condition
les films de Jérôme Bonnel qui sera donc
dans les salles demain, retour en 1908
dans la demeure bourgeoise de Victoire et André.
Dans cette maison, vit aussi le personnel
de maison, notamment Céleste, la jeune bonne.
Je peux débarrasser madame ?
Oui, s'il vous plaît Céleste.
Je suis si heureux de te retrouver ma chérie.
Il y a une grande harmonie entre une...
You get me dit que tu t'étais trouvé mal ?
C'est rien, sans doute la chaleur.
Il faut que tu te reposes, que tu prennes soin de toi.
Je t'ai fait peur.
Ne connaissez pas la dernière, Céleste, notre petit ?
Enfin, qu'est-ce qu'il y a ?
Il va sans dire que c'est le grossesse des hommes dans notre maison.
Madame, je ne peux rien faire.
Tu comprends pas ce que je te propose ?
Mais à une condition...
Que tu ne t'approches plus jamais de mon lit.
Céleste, nous voudrions garder l'enfant.
Vous voulez dire qu'il ne saurait jamais que je suis sa mère ?
Si madame se refuse à monsieur,
monsieur se tourne vers celle dont il croit qu'elle lui appartient.
Je me dois prévenir.
Les auditeurs et auditrices, il va être question de violence sexuelle.
Le film est librement adapté du roman de Léonore de Récondeau.
Amour, pluriel, devenu la condition.
Un titre à double entrée qui raconte
à la fois cette notion de rank et si cher
à la bourgeoisie de l'époque.
Je ne sais pas si je peux pas enlever de l'époque.
Et le marché passé entre l'épouse et le mari,
donc avant tout, un film sur la « Les dominations » selon toi ?
Oui, sur les rapports de pouvoir, les rapports de domination.
Et après, c'est aussi un film
sur la sororité, je dirais.
Je pense que c'est la grande force du film.
Et je ne peux pas en dire trop.
C'est bien de dire que c'est un film sur la sororité.
Je pense que ça laisse suffisamment de flou et suffisamment
sur la thématique.
Oui, c'est un film surprenant.
On pense à peu près à avoir compris
où on va et en fait, non.
Et on est dérouté plusieurs fois.
C'est pour ça que j'essaie de ne pas trop en dire
parce que ce serait dommage.
Je peux dire que ce mari, c'est toi.
Il serait extrêmement confortable
de le définir comme le grand méchant loup.
Sauf que, déjà au siècle dernier,
le violeur n'est pas le monstre tapis dans l'ombre.
Est-ce qu'il y a eu une nonce d'hésitation
à l'idée de s'approcher de ce genre de personnage ?
Non, pas du tout.
Pour plusieurs raisons,
d'abord, quand même, jouer les salauds,
jouer les méchants,
et je ne serais pas vraiment l'expliquer
pour que je réfléchisse à ça,
mais c'est quand même plus intéressant
que de jouer juste un type bon.
Triste à dire.
Mais je parle vraiment là, à l'endroit du jeu,
puisqu'il y a quelque chose de plus complexe
à trouver.
Et puis c'était Jérôme Bonnel
que je connais depuis longtemps,
avec qui on a failli...
On a essayé, on a voulu, on a failli travailler
plusieurs fois, ça ne s'est pas fait
pour différentes raisons.
Mais je connais bien son cinéma,
et je savais,
parce que vraiment,
il fait ça depuis ses premiers films.
Jérôme, il questionne la question.
Il questionne la question, ça c'est brillant.
Il veut déplacer
ce discours
sur le féminin, le masculin,
et il traite toujours les relations humaines, amoureuses,
avec beaucoup de finesse,
beaucoup de complexité.
Donc j'avais une grande confiance.
Et puis lui, il est venu me chercher pour ça.
Il m'a dit justement
il ne faut pas qu'on soit
dans cette violence confortable
de quelqu'un qu'on déteste évidemment,
parce que c'est trop facile
de les mettre dans des cases
comme si on n'était pas concernés.
Il dit au contraire,
il faut qu'on arrive à l'humaniser
sans jamais le sauver.
Ce personnage,
il a à mes yeux la maturité
d'un enfant capricieux.
Je trouve qu'il a vraiment le comportement
de cette petite personne
à qui on n'a jamais dit non.
Il a à la fois une voix douceureuse,
enfantine, par endroit,
et il est capable de démonstration
de violence inouïe.
Il faut un sens excusé.
Je le redis en préalable à chaque fois.
Oui, je n'irai pas penser, mais c'est assez juste.
Quelqu'un qui ne sait pas
ni gérer ses émotions
ni son désir
et qui considère que tout lui est dû
et qui se vit lui-même
comme étant sous le cou
d'une immense injustice.
Et donc à partir de là,
tous les droits.
Donc c'est vrai que c'est très enfantin,
mais je dirais que même chez un enfant
il serait vraiment un
sale gamin.
Je pense que même chez les enfants
en fait
il n'y a pas autant
de négation
de l'autre.
Non, c'est-à-dire qu'un enfant
et un moment, il y a au moins
l'idée, ou l'excuse, et encore une fois
je mets des r-guillemets
de se dire que c'est un problème d'éducation
mais passer un certain âge.
Quand on est plus un enfant,
c'est la différence.
Mais c'est ça qui est intéressant, c'est que
c'est la différence entre la justice et la psychologie
et que
évidemment
que face à la justice, il est
irrécuperable
mais que le cinéma permet
de montrer aussi la psychologie
et que donc certainement pour un
psychiatre, il y a quelque chose
à réparer chez cet homme-là.
Mais c'est ça qui est jérôme, il en parle
très bien, de dire qu'en fait le cinéma
permet les deux.
C'est-à-dire qu'on n'est pas en train d'excuser
ce personnage
on essaie de l'expliquer
sans l'excuser.
On poursuit la conversation
sur la condition dans un instant.
On passe au deuxième titre de ta playlist
en l'occurrence, c'est YoA avec Madi.
Pourquoi celui-là, en quelques mots ?
J'adore.
Elle est assez crue
dans ses paroles
et puis en même temps ça donne envie de danser aussi.
Voilà, j'aime beaucoup YoA.
The Clash sur Nova, Guns of Breakstone.
Alors là, ce n'est que pure projection.
J'ai choisi ce titre en me disant que
Swan Arlo devait écouter The Clash.
Tu n'as pas dit tout.
Si, j'ai écouté en plus cette chanson.
Ouais, ouais, j'ai écouté
ce clash.
Moi, j'ai écouté beaucoup plus
de rap
que de rock.
Je me suis dit que tu devais écouter de la musique
en colère à un endroit.
Oui, voilà, c'est ça, la musique en colère.
Oui, il y a quelque chose d'exutoire
dans la musique.
C'est étrange d'entendre ce genre de projection.
Je me dis qu'il devinait écouter ça.
Ah oui, tiens, pourquoi ?
Mais enfin, je ne comprends pas pourquoi.
Pourquoi vous projetez ça comme ça sur moi ?
Je ne sais pas, c'est pure projection.
C'est vraiment un domaine de l'intuition.
C'est pas faux.
La condition, les films de Jérôme Bonnel qui sera dans les salles.
Demain, on parlait de ton personnage.
André, un homme redoutable et un homme
face à 4 femmes et 4 figures extrêmement
différentes. Il y a Victoire,
sa femme, incarnée par Louise Chevillotte.
Il y a Céleste, la jeune bonne, incarnée par Galatea Belouji.
Huguette, la bonne plus âgée.
Emeline Alyx. Et la mère d'André.
Donc ta mère dans le film, Emmanuel de Vos.
Une femme qui ne peut plus parler et qui pourtant
fait preuve d'une rudesse absolue.
Comment est-ce que t'as interagie
et créé le relation
avec ces 4 figures féminines ?
D'abord,
ces 4 actrices
donc elles sont
elles sont différentes.
Elles, avant même les personnages
donc les relations sont différentes
déjà. Je crois pas qu'on
construit
vraiment quelque chose
par rapport au personnage.
C'est-à-dire qu'on part de soi
du lien qu'on peut avoir
entre nous
de ce que dégage l'autre
et des situations qu'on a jouées
dans les costumes dans lesquelles on est
en ayant appris le texte. Je crois que c'est aussi simple que ça.
Et sauf Emmanuel qui pour le coup
et là pour le coup vraiment dans un rôle de composition.
Donc c'était différent.
Emmanuel, j'avais déjà joué avec
qu'elle justement dans ce film de Karsimon
que j'aime beaucoup. Elle est très drôle
Emmanuel, on a beaucoup rit.
Et là, elle s'est amusée avec ce personnage.
Et ça c'est marrant parce que c'est la
elle est muette
mais en fait c'est celle qui est le plus frontal
et qui finalement dit les choses.
Et qui n'est dupe de rien.
Qui n'est dupe de rien.
Et voilà. Alors après
c'est toujours étonnant parce que
moi je parle, je parle, je parle et puis elle écrit
sur une ardoise donc c'est toujours assez long
d'attendre
en plus elle écrivait de la main gauche.
Alors elle s'était bien entraînée donc elle y arrivait pas mal
mais il fallait toujours attendre les réponses
donc ça participait aussi à l'agacement
d'André.
Mais dans un film où il y a de la cruauté
à tous les endroits parce que vraiment les rapports
entre ces 5 personnages sont faits
de ça, est-ce qu'on rit beaucoup
néanmoins ? Est-ce qu'on en a besoin ?
Ah oui, oui
d'une manière générale
j'ai jamais vraiment l'impression qu'on soit
affecté
par ce que racontent les films.
C'est vrai ? Toi t'es jamais impacté ?
Après.
Je me souviens que
à Dieu le film d'Ozon, ça avait été
très difficile après.
Ça avait été très difficile parce que aussi
on essayait de nous empêcher
de sortir le film.
Oui, parce que le film est sorti au moment où le procès
contre le prêtre en question
n'était pas complètement abouti, c'est ça ?
Il n'était pas complètement abouti. Après tout ce qu'il y avait dans le film
il n'y avait aucune révélation, tout ce qu'il y avait dans le film
et c'est sorti dans la presse et tout. Mais il y avait aussi
Régine Le Maire qui était une espèce de psychologue
de l'église qui était présente dans le film
etc. qui apportait plainte, cardinal barbarin
tout le monde a essayé de faire interdire le film
et ils ont tous perdu
mais c'était très très difficile
de les voir en plus
continuer à s'agiter
voilà et là
c'est vrai que là en ce moment
on fait des débats, des projections
des avant-premières et tout et le film est
pfff
mais bon il est enfin
je trouve le film très puissant
mais voilà c'est étrange
comme on est affecté par les histoires
une fois qu'elles sont là
enfin en tout cas pour ma part
j'ai pas du tout été affecté pendant le tournage
et en effet c'était assez joyeux
après il y avait ce truc où on était quand même
c'est un huit clos donc on a tourné
dans cette baraque là
passer nos journées, nos nuits là-dedans
c'était infernal, nous aussi on était
enfermés dans ce lieu quoi
ça c'était un peu lourd
je le redis
pour celles et ceux qui nous écoutent
il va être question de VSS
dans ce film tout repose
sur le regard posé sur ces personnages
notamment quand on filme des scènes de viol
après des années de male gaze
le cinéma a été
enfin ces scènes là ont été un minima
problématique quand elles étaient filmées
ne pas érotiser ce genre
de scènes c'était vraiment la mission
que s'était donnée Jérôme Bonnel
et on se sent très réussie
comment est-ce qu'on aborde ces scènes là
pour le coup
ça c'est jamais plaisant à faire
il en a parlé tout de suite
il avait vraiment ce truc où d'abord
il préférait
il préférait
l'ombre à la lumière
il préférait le son à l'image
donc on était beaucoup dans
dans le non dit
enfin dans ce qu'on
dans ce qu'on pressant
dans ce qu'on imagine mais pas vraiment dans ce qu'on voit
donc on en voit quand même des bouts
bon bah de toute façon
c'est aussi une question
d'entente
d'essayer d'être
d'être ok ensemble
je pense peut-être
chacun se donner le rôle
de protéger l'autre
mutuellement comme ça
et puis
là c'est vraiment aussi
de la mise en scène c'est-à-dire qu'est-ce qu'on filme
et je pense que ce qui a dû
être problématique pendant longtemps c'est qu'on se mettait
dans une position
ou du coup il y avait encore
cette possibilité du désir
en tout cas la femme était quand même objet de
désir
et moi je me souviens avoir dit à Jérôme
je pense que
comme si d'un coup j'avais des grandes idées
de mise en scène j'ai dit je pense que
c'est pas moi qu'il faut filmer
c'est plutôt elle
et il m'est dit
il me dit bah non
je pense qu'il faut filmer les deux mais
il faut les filmer elle aussi parce que
il y a cette espèce d'absence
de regard vide ou mon voix
qu'elle subisse etc et je pense qu'inconsciemment
j'avais tellement pas envie de me voir
que j'ai pensé
que c'était un raisonnement
juste de dire c'est plus fort
de filmer la personne
qui subit
alors qu'en fait filmer
aussi
le bourreau
enfin voilà
ce que je veux dire c'est qu'il filme les deux
et je pense que dans la question
du regard, du point de vue, de la mise en scène
c'est quelque chose
vraiment une question qui s'est posée
et alors je vous disais
c'est des scènes qui sont compliquées
à regarder pour les spectateurs, les spectatrices
qu'en est-il pour le comédien
c'est à dire que quand tu as
vu le film
il y a une dissociation en droit
tout aussi violent pour toi
que de regarder ces scènes-là
oui après la violence elle est
il y a plusieurs démonstrations de violence
chez ce personnage
en fait il y a des moments dans le film
où je suis violent
que j'ai plus de mal à regarder
que les scènes de viol étrangement
parce que les scènes de viol
il y avait quelque chose de très chorégraphier
et alors ça c'est
Jérôme qui disait ça le jour
j'avais oublié mais il disait que Galata
et moi en fait entre les prises
on éclatait de rire
j'imagine
une espèce de porte de sortie
et la violence elle est
presque elle est aussi
à un moment je lui fais mal et je lui dis
pardon et en fait ça
à regarder mais c'est horrible
mais à faire bon
voilà je sais pas
si tu dirais quelque chose
il y a certainement un petit côté
un peu pilote automatique et tout
alors qu'il y a d'autres trucs de violence
il y a un moment où je l'étrange
et où là en fait
là il y a toutes les veines
sur le visage et tout
et ça j'ai beaucoup de mal à regarder ça
la condition c'est dans les salles
de main avec soin Arlo
et de formidable comédienne
comme tu l'as dit sans trop en dévoiler
c'est un film aussi sur la sororité
dans un instant je t'ai préparé quelques extraits
de films censés amener
quelques réactions
mais bon on verra comment ça marche
peut-être c'est pas gagné on écoutera aussi Tiff
ce sera juste après la pub
le score sur Radio Nova
Tiff avec Hinata
dans la playlist de soin Arlo
et c'est le deuxième soir de suite
qu'on écoute Tiff preuve de la qualité
de la musique de ce jeune homme
mais pourquoi est-ce que toi tu l'as choisi ?
j'adore cette chanson
mais en fait il y a un peu un truc
de vieux
le rap c'était mieux avant
c'est sûr que
moi j'étais adolescent dans les années 90
donc le rap c'était quelque chose
c'était très très fort
pour notre génération
et c'était ce qu'on appelle le rap conscient
donc c'était du rap à texte
pour moi
c'est toute ma jeunesse
c'est des souvenirs très forts
donc j'ai une espèce de nostalgie de ça
et puis en fait mon frère m'a fait écouter
et me dit c'est aujourd'hui il y a quand même des trucs hyper bien
et notamment Tiff
d'un coup j'écoute et je me dis ah oui
et ça n'est plus du tout le rap que j'écoutais moi
et je me dis c'est trop bien
en fait ce qu'il faut maintenant
très bien
on poursuit avec quelques extraits
de films qui normalement devrait évoquer
2 ou 3 choses
on sent la naquette
vraiment en marchant sur des yeux
eh ben essayons
c'est Fargo
ben voilà c'est gagné
Frances McDormand dans Fargo des frères Cohen
tu as à de multiples reprises
répété que
ton entrais dans le cinéma c'était l'amour des comédiennes
avant même
de regarder les comédiens
oui c'est possible
elle en particulier
elle en particulier
mais
enfin non mais parce que ce film
c'est vrai que elle c'est un personnage extraordinaire
et j'adore ce film
mais en fait
moi j'ai très mauvaise mémoire donc là je vais un peu sécher
mais en tout cas
j'ai eu à l'adolescence j'avais accès
une espèce de videotech chez moi
il y avait des tonnes de VHS
et euh
VHS
oui VHS
peut-être qu'on explique aux gens qui nous écoutent si toutefois il y a des gens très jeunes
un peu comme un DVD
ah ça marche pas non plus
c'est un moyen de regarder les films
et donc j'ai regardé
mais juste pour tuer l'ennui
j'ai regardé vraiment beaucoup beaucoup de films
et en effet j'ai compris plus tard
j'ai compris plus tard qu'en fait c'était ça moi
je ne regardais pas du tout
la manière dont les films étaient
l'enchaînement des plans, les cadrages
la lumière et tout en fait je ne regardais pas ça
je regardais les acteurs et ça me fascinait
les acteurs, les actrices
beaucoup des actrices ouais c'est vrai
catégorie inspiration je te propose
bah celui-là
dommage
mais plus qu'à espérer que je sois coupable maintenant
parce que si j'avais tué les gamines
on dirait où y a le sadique
ça pouvait s'arranger
si j'ai tué personne
les sadiques changent de camp
bon record
c'est gardé à vue
gardé à vue de Claude Miller, dialogue
d'Odya et là c'est une scène entre
Ventura et Céro
Michel Céro
Michel Céro je sais pas pourquoi
c'est sa voix
et puis son
il est
très singulier et il a joué beaucoup
de personnages ordinaire
je sais pas
cette voix en fait
ouais c'est comme
c'est comme le temps
retrouvé je sais pas c'est comme la maison
elle est ronde, elle me fait du bien
et puis y a beaucoup de films
y a beaucoup de films avec Céro
qui sont des films importants
il y a gardé à vue c'est exceptionnel mais
Néli et Monsieur Arnaud qui a fait que j'aime beaucoup
voilà
et peut-être cette capacité en dossé
toutes les facettes
de la m humaine
j'imagine que c'est
avec elle tendent tous les acteurs
et actrices mais chez lui
y a quand même cette particularité là d'être allé
dans tous les registres absolument
ouais ouais et notamment
aussi les monstres
évidemment
extrait suivant
oui y a le moment c'est moi c'est Laurence
pour peut-être aller prendre une marche
parce que ça va pas dans le moment c'est important
j'ai jamais eu l'impression que t'étais ma mère
mais moi j'ai jamais eu l'impression que t'étais mon fils
pas quand j'ai l'impression que t'étais ma fille
un extrait que j'ai choisi pour une double raison
Laurence and the Ways de Xavier Dolan
puisque tu as déclaré
dans le journal 3 couleurs
que ça fait partie des réalisateurs avec qui t'aimerais
tourner un jour et aussi parce que
Laurence and the Ways c'est Melville Poupaud
qui était ton partenaire dans la série
dans le bras
oui
Melville en fait je le connais depuis longtemps
on a
on avait tourné
dans un film
qui s'appelait L'autre Monde
oui
et on s'est recroisé
à plusieurs reprises voilà
et donc on a
on a tourné il n'y a pas longtemps
dans cette série
série passionnante qui est toujours en accélibre
sur France.tv dans lequel tu joues un appareil
et qui est vraiment
une série assez facile à regarder
voilà j'aime beaucoup
Melville c'est quelqu'un d'assez
mystérieux
on y revient
mystérieux et discret
peut-être encore une fois les qualités d'un acteur désirable
c'est vrai
et Xavier Dolan
oui c'est sûr que j'ai eu
des émotions
esthétiques très très fortes
avec le cinéma
de Dolan
Momi c'est une claque énorme
mais en fait
tout de suite
si j'ai tué ma mère
le premier
tout de suite je me suis dit
wow c'est qui ce mec et en plus si je jouais dedans
il était exceptionnel et tout
et je pense que
parfois
peut-être en France
alors faut pas faire de généralité mais
parfois
nous on est
comment dire
une version
minimaliste des choses
même moi je dis souvent pour les acteurs
je dis moi je suis un acteur français donc ça veut dire
underplay
on est pas les américains on fait pas des caisses et tout
et je pense que dans les films c'est pareil
ce côté un peu
un peu porno
de mettre du ralenti
de la couleur de la musique
genre paf
et bah Dolan il y va
c'est au cinéma
mommie j'ai pris une énorme claque
je vais rencontrer Xavier
on a tourné ensemble sur le film de Stéphane de Moustier
voilà je lui dis
l'inconnu de la grande arche
j'ai dit c'est quand tu veux
et dernier extrait
commissaire
vous avez une minute il faut que je demande quelque chose
une photo de mur
une belle photo
une belle photo de mur
bien construite
une belle photo de mur
c'est quoi d'après vous
ah oui en effet
j'aurais dit une petite heure
non non c'est un orteil on a déjà fait les analyses
bah alors pourquoi vous me demandez
si vous avez déjà fait les analyses
Benoît Poulverd dans
Au poste de Quentin Dupieux
alors encore une fois c'est vraiment
pour deux raisons
d'une part parce que bah la comédie
forcément la question de revenir
assez souvent pourquoi ne te vois-t-on
dans des comédies et Benoît Poulverd
c'est parce que tu as tourné avec lui
dans comment je suis devenu super héros
et pas seulement j'ai tourné avec lui
dans les émotifs anonymes aussi de Jean-Pierre Améris
c'est un acteur
absolument dément
dément
et pas du tout que
acteur
de comédie etc
dans la tragédie il est
incroyable
c'est sa
c'est sa folie
son immense sensibilité
après il est très lunatique
il y a des jours avec il y a des jours sans
mais j'ai beaucoup beaucoup beaucoup rie
avec lui
il a une grande liberté
donc ça fait partie vraiment des acteurs fascinants
il peut faire des mauvais films
de toute façon quand il est là
on le regarde
et d'ailleurs
en vieux super héros à la retraite
dans le film de Douglas Attal
c'est un film que j'adore
il est exceptionnel
je fais un super méchant
quel pied de faire ça
Benoît exceptionnel
et la comédie
d'ailleurs au poste
qui est quand même
j'adore ce film
il y a aussi Marc Fraise
avec son oeil flou
mais qu'est ce que c'est drôle
j'adore
et avec Grégoire Ludigou
qui était à l'école
on était au lycée ensemble
dans les Yvelines
Grégoire et David
du palma show
la comédie en fait
c'est juste que les gens m'appellent pas
les gens pensent que je suis triste
ça m'est arrivé
souvent de faire des films
et à la fin on me dit
mais en fait
en fait on pourrait écrire des rôles
de mecs drôles en fait
c'est marrant il y a une interview de Louis Garrel
il y a pas longtemps qui dit ça
et qui dit en fait les gens me disent
en fait t'es drôle
alors moi je sais pas si on me dit vraiment
en fait t'es drôle
mais en tout cas moi j'adorerais
après
c'est
faut que ce soit bien
ça a pu m'arriver
d'en recevoir
des trucs que j'avais pas forcément envie de faire
il y a le film Der Juan le Duc
Pérdri qui est quand même une comédie
après c'est vraiment les autres qui sont drôles
et moi je suis un peu le type
qui regarde les autres en disant
mais qu'est-ce qu'ils sont drôles mais qui suis-je
voilà je sais pas du tout
si j'ai la capacité
si j'ai la fibre acteur comique
mais je pense qu'il y a un créneau à trouver
moi je te verrai bien chez Dupieux
par exemple
pourquoi pas ouais
mais il m'a
il m'a pas appelé en tout cas
il fait 4 films par an donc t'es encore quelque chance
d'avoir la fin du mois de décembre
c'est possible qu'il y a un moment où on tombe
ouais mais non non
mais je serais ravi de faire de la comédie
j'ai pas du tout
je suis pas du tout envie de faire que des drames
on poursuit en musique avec un autre de tes choix
l'occurrence Tinari Wen
je te laisse expliquer pourquoi
musique du désert
Tinari Wen j'ai fait quelques films dans le désert
qui sont des souvenirs
très forts de cinéma
de rencontres
voilà
et
je crois que la première fois c'était le dernier vol
film de Karim Dridi
et où on était
à Merzuga au port du désert
et il y avait plein
de maliens
qui avaient fait toute la rouboute
qui était venue et qui figurait dans le film
et qui avait installé leur tante dans la cour
de l'hôtel
et il y avait des espèces de grands plats
comme ça le soir
ils recouvraient avec
une espèce de
de
caoutchouc
et puis ils jouaient là dessus et les femmes se cachaient
la bouche pour chanter et raconter le voyage
mais
c'est des moments absolument
marqués au fer rouge
dans ma vie d'émotion musical
de trucs à pleurer
tellement c'est beau
et de choses où on est invité
dans un monde, un autre
monde qu'on connaît pas
et en fait ça m'est resté
et Tinari Wen il représente ça pour moi
c'est cette musique du désert, c'est le voyage
et tu vois c'est marrant parce qu'on en revient
c'est que finalement pour moi la musique
elle est liée
au mouvement
au voyage
encore
sur Radio Nova
Nova
toujours en compagnie de Swan Harlow
on écoute 50 Cent P.A.M.P
mais pourquoi ce choix musical quel film
et ça j'habilement d'amener
peut-être celui dont tu dis qu'il a changé
le regard qu'on pouvait porter sur le comédien que tu es
un atommé d'une chute de Justine Trillet
je voulais te demander en quoi t'as senti que le regard
justement avait changé
moi je dirais que c'est mon premier rôle d'adulte
même si ça veut rien dire
mais j'ai toujours fait
très très jeune
et donc
d'un coup
ce rôle
d'avocat était
un rôle d'homme je sais pas comment dire
et en même temps avec
cette représentation
de la masculinité
pas
viriliste quoi c'est un amoureux
et conduit il se met au service de cette femme
et puis après
ce film
quel grand film
et puis quel succès
donc
ça aussi forcément ça change quelque chose
succès y compris international
parce que t'as accompagné le film aux Oscars
parce que pas rien j'imagine
et non c'est pas rien
c'était un moment assez dingue
j'ai passé uniquement trois jours mais c'était dingue
et de vivre ça ensemble
avec Sandra
une immense actrice et voilà quelqu'un
que j'apprécie beaucoup
et qui m'a
enfin c'est fascinant
de la regarder travailler
justement parce que le travail se voit pas
elle est tellement terrestre
et tellement là est tellement
pleine
et Justine
avec sa folie
son talent
cette espèce d'organisation du chaos
dès que quelque chose commence à romper
il faut tout péter
donc avec ces gens là
de vivre ça
voilà
c'est fort
et avec Antoine Reinhardt très frustré nous a-t-il dit ici
que personne ne le reconnaisse parce qu'il avait changé
de couple de cheveux au moment d'aller aux Oscars
avec de fait
les gens ne le reconnaissaient pas
en même temps quand il le reconnaissait
il est tellement
il est tellement bien dans ce rôle
de mec horrible
que
parfois c'est pas plus mal qu'on le reconnaisse pas
mais
voilà là parce que donc on faisait des très longues prises
et en fait il y avait d'abord
tout le moment d'Antoine et puis pof
et après c'était à moi et tout mais donc
moi j'étais aussi spectateur
incroyable de le regarder
de le regarder faire la bouger
dans tous les sens avec ce que je me disais
mais bon ça en même temps c'est ça qui est bien aussi dans ce métier
j'ai l'impression que ça fait partie
d'une espèce d'exigence qu'on se met
pour essayer d'être toujours mieux
c'est qu'en fait on regarde les autres
et on se dit wow
et on a toujours ce sentiment
de pas être au niveau
et en fait je pense que
ce sentiment de doute là
c'est aussi le sentiment qui nous permet
d'être juste dans un personnage
parce que les personnages en fait sont fragiles
les personnages sont faillibles
les personnages doutent
les personnages doutent
voilà et donc j'ai des souvenirs de ça
de regarder Antoine et de me dire wow mec
comment je vais faire mais pas moi
soit face à Antoine
moi Vincent l'avocat face
face à ce mec
il est trop fort
une machine de guerre
donc ce rôle t'a valu le César
du meilleur second rôle en 2024
un César récupéré par Sandra Hulère
car tu étais en tournage
c'était ton troisième dans la même catégorie
de François Ozon
et dans ton discours tu regrettais
que ce ne soit pas un ex-éco avec Denis Ménochet
alors est-ce que c'est pareil est-ce que Denis Ménochet
t'a été spectateur de ce qui proposait dans le film d'Ozon
oui oui et puis c'était
enfin
en fait c'est
c'est toujours triste
parce que
un prix comme ça pour un rôle
c'est un prix pour le film
c'est un prix pour tout le monde en fait
parce que
on peut être bien dans un film
si le film n'est pas bien
on ne sera même pas nommé
ou même parfois
si le film ne marche pas alors que le film est formidable
que tout
c'est comme si ça n'existait pas
donc un prix c'est jamais pour soi
donc quand il se trouve
un endroit de compétition avec quelqu'un
avec qui on a construit ça
alors Denis
la différence c'est que comme ce film est une sorte
de triptique on n'avait pas énormément
d'ensemble mais il y a un passage de relais
donc c'est une course
c'est un triathlon et donc à un moment
si on gagne on gagne à 3 quoi
et donc c'était trop important
de leur dire
à tous les deux parce qu'il y avait Melville aussi
qui n'était pas nommé dans la même catégorie
mais
ouais
c'est forcément
c'est forcément un peu
décevant des obtains pour qu'on monte pas
ensemble
et catégorie César toujours
en 2018 tu as obtenu celui
du meilleur acteur pour petit paysan
d'Hubert Charvel et sur scène tu disais
ceci
oui quand même
plus jeune j'étais fasciné
par les acteurs dans les films ce qui me fascinait
c'était les acteurs enfin les actrices
surtout
je me disais mais
où est-ce qu'ils vont chercher tout ça
je me disais peut-être qu'ils sont un peu
fous
je savais pas que j'allais faire ce métier
j'y pensais même pas
j'étais pas vraiment sûr d'ailleurs
que ce soit vraiment un métier
les acteurs et les actrices
sont-ils
fous et folles et est-ce que c'est un métier
soin Arlo
ils sont pas forcément tous
fous et folles
moi par exemple je pense pas être fou
et je regrette un peu parfois
quand il y a de la folie
faut pas que ce soit une posture
non non mais
il y a quelque chose
il y a quelque chose vraiment
de fascinant quoi on parlait
de poulevard il y a ça
mais par exemple il y a ça chez Raphaël Keunar
il y a une espèce de folie où on regarde ça
et en fait
en fait la liberté
il y a quelque chose qui corrélait
je sais pas de quelle manière
mais ce que j'appelle la folie parfois c'est peut-être
la liberté
en tout cas
cette question de lâcher complètement prise
de ne plus être en maîtrise de ce qu'on fait
moi c'est ça qui me touche
quand je vois quelqu'un qui est sur le fil
et je me dis ouah il va tomber
il sait pas ce qu'il fait
et c'est bouleversant
ce métier extraordinaire
encore plus
à regarder qu'à faire
enfin voilà et donc
la folie chez les actrices
c'est
est-ce que c'est un métier
bah
qu'est-ce que c'est un métier
je veux dire bon à partir du moment
où on fait quelque chose pour lequel on est payé
qu'on a des contrats etc
est-ce qu'on peut considérer que ça c'est un travail
que c'est un métier
oui peut-être
mais on le voit il y a quand même beaucoup
de films dans lesquels on va chercher
des gens qui ne sont absolument pas comédiens
et qui peuvent être
formidables
donc
c'est pas un métier dans le sens où
peut-être qu'au théâtre
c'est plus un métier
peut-être que ça s'apprend plus
il y a quelque chose là sur la nature
c'est inné
ou c'est pas inné tout ça veut pas dire qu'après
il n'y a pas une nécessité de travail
mais on est sur des natures
donc
donc il y a une forme
de justice d'abord
parce que ce n'est pas forcément les plus travailleurs
qui réussissent
je ne suis pas sûr
de le considérer vraiment
toujours comme un métier
même si c'est mon métier
mais d'abord c'est joué
qu'est-ce que ça veut dire
pour un enfant
un adulte
c'est quoi ton travail ?
je joue à être
on disait
paysans, on disait qu'on était ceux-ci
qu'on était ceux-là donc
on rentre dans des histoires, on rentre dans des mondes
on rencontre des gens
et en même temps
on n'est jamais affecté
profondément
par les drames
qu'on traverse
et pour autant
on rencontre des gens qui les ont traversés
donc
ce métier est incroyable
pour ça
c'est tellement de l'amusement
que c'est là où c'est difficile de dire
oui c'est un métier
en tout cas
question un peu actuelle
la pénibilité au travail
je pense que nous ne sommes pas concernés
par la pénibilité au travail
même si parfois il y a des conditions
qui sont des conditions plus difficiles que d'autres
mais ça reste
ça reste un jeu
en attendant de lancer la campagne
Swanarlo 2027
déjà mon vote
j'annonce que dans un instant
dans un instant je te
soumettrai aux questionnaires musicales du score
on écoutera aussi Jabberwocky et tout ça
ça sera juste après la pub
Jabberwocky est photomaton dans la playlist
de Swanarlo
quand je laisse un blanc comme ça c'est que je n'ai même pas envie de libérer une question
c'est à toi de, à toi
comme dans les concerts, à vous
je vais dire encore un truc qui n'a aucun intérêt
j'aime bien cette chanson, en fait
c'est une playlist
très longue avec plein de trucs
j'y connais pas grand chose en musique
j'écoute toujours les mêmes trucs en boucle
j'attends que des amis
ou ma famille me fasse écouter
des nouveaux sons donc je suis assez nul
et là d'un coup je me suis dit ah tiens
je la connais je l'ai écouté pendant un temps
ça fait partie des chansons que j'ai écouté en boucle
voilà
les chansons que tu as écouté en boucle on va y revenir
c'est l'occasion idéale, c'est l'heure du questionnaire musical du score
l'idée c'est de répondre du tac au tac
je n'ai pas le droit de te demander de justifier tes réponses
bref je n'ai pas le droit de te juger
je te cache pas que je vais pas m'en priver non plus
mais voilà c'est ça l'idée est-ce que tu es prêt
8 fois un tac au tac ça va pas être
ça va pas être un goût
quel est le titre qui symbolise le mieux l'enfant
soit en tout cas la tienne
un titre qui te ramène à cet endroit-là quand t'étais enfant
t'écoutes quoi
non mais on en a parlé tout à l'heure
moi je penserais comme ça tout de suite à paolo conté mais
c'est bien ça
la chanson de ton adolescence
la chanson de mon adolescence
ma fille a tracé
sur le mauvais chemin
un chemin dont jamais on ne revient
donc jamais on ne revient
ton hit de karaoke
voilà je suis pas du tout
si on va dire
peut-être cabrel la corrida
ah ouais
monsieur incarne le taureau
ok le comédien
le titre qui te propulse immédiatement sur la piste de danse
ou qui te fait danser seul chez toi
parce que j'ai bien compris que la pratique était solitaire
non sur la piste de danse
il faut de la transe
ou de l'électro
voilà je vais pas avoir
les petites là mais
non mais ça me donne une idée de la nature de la musique
fin de ce questionnaire j'arrête ici la torture
je rappelle que la condition
de jérôme bonnel c'est dans les salles de main
je rappelle également
qu'on peut entendre soin harlot
dans harcault le formidable film d'animation du go bienvenu
qu'on peut toujours voir soin harlot
dans l'inconnu de la grande arche de stéphane de moussier
qu'on peut voir également soin harlot dans l'étranger
de François-Auson dans une série
merteuil en l'occurrence et qu'on le retrouvera
dans suquen island de vladimir de fontenet
le 18 février
tu reviendras ?
ah ouais bah avec plaisir
de toute façon nova maintenant
moi je viens plus que sur nova
eh bah c'est parfait rendez vous et pris
j'annonce que dans un instant on a rendez vous avec david blow et le nova club
et on se quitte avec le dernier titre que tu as choisi
kenny arkana ?
ah oui la rage
c'est d'actualité non ?
voilà la rage du peuple
les temps sont durs
Après leurs inoubliables tubes Time for a Change, Catcher in the Rye ou encore Maryland,
découvrez Love, Earth, Repeat, le nouvel album du duo électropope français disponible dès le 3 avril.
Un disque sensible et puissant où leurs pop mélodique élégante se teinte d'accent rock
et qui transforme les félures en refrain universelle.
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Le score du bon son de la conversation sur Radio Nova avec Charline Roux.
I wanna be your lover, Prince remixé par Dimitri from Paris.
Et bienvenue dans le score.
Aujourd'hui c'est le comédien Swan Arlow qui vient partager sa playlist et nous parler de sa filmographie.
Et notamment du film de Jérôme Bonnel qui sera dans les salles.
Demain, la condition, on le retrouve juste après l'actu du jour.
Le score, l'actu du jour.
Et je voudrais revenir sur une vidéo qui a beaucoup circulé hier.
Oh, si, si, vous savez très bien.
On y voyait la première dame en conversation avec un humoriste accusé de viol
avant que l'instruction d'Aboutis a un non-lieu et non pas comme il l'a trop souvent été répété à la preuve de son innocence.
Elle est qualifiée des militantes féministes du collectif Nous Toutes
venu manifester avant la tenue du spectacle de Salkon.
Ceci est notre réponse collective.
Bonjour, je suis Ségora Fétan et moi aussi, je suis une Salkon.
Bonjour, je suis Celeste Métigroulier, je suis aussi une Salkon.
Bonjour, je suis Raphaël et je suis une Salkon.
Bonjour, je m'appelle Guillaume Maurice et je pensais pas dire ça un jour,
mais je suis une Salkon, la vie est pleine de surprises.
Bonjour, je suis Amric Lompré, je suis une Salkon.
Bonjour, je suis Quentin Bresson de Radio Nova, je suis une Salkon.
Bonjour, je suis Asdina Metchiaouche et je suis une Salkon.
Salut, je suis Laurie Perret et je suis une Salkon.
Je suis Céliens et je suis une Salkon.
Je suis Vincent Piguet et selon Brigitte Macron,
je suis une Salkon vrai ou faux.
Et bien c'est vrai et j'en suis fier.
Bonjour, je suis Ninon et je suis une Salkon.
Bonjour, bonjour, je m'appelle Pierre-Emmanuel Barré et je suis une Salkon.
Et attention, parce qu'on est plein, plein, plein.
Faudrait voir à pas trop nous faire chier non plus.
Bonjour, je suis Malou Williams de Radio Nova et je suis une Salkon.
Salut, c'est Melvin Schlemmer du Nova Club
et je tenais à vous dire que je suis une Salkon.
Salut, c'est Paul Ducor et je suis une Salkon.
Oui, bonjour, je m'appelle Juliette Arnaud et je suis une Salkon.
Vous, ça va bien ?
Ben, moi, je juge forcément.
Je suis Charline Roux, je suis une Salkon,
force à toutes et message de service.
Si vous ne voulez pas que nous soyons collectivement des Salkons,
ne nous forcez pas à l'être.
Dans un instant un comédien,
dont je ne doute pas un instant qu'il soit lui aussi une Salkon,
soit Narlot, juste après Aaron Fraser avec Payback.
Comment être à la fois présent, voire indispensable et discret ?
La réponse à ce paradoxe porte le nom de mon invité.
Alors la vie n'est certes pas une compète,
il n'empêche que 100 à 10, aucune.
Je peux le classer dans le top 3 des meilleurs acteurs français.
Prove n°1, je ne l'ai jamais vu mauvais ni même...
Mais...
Prove n°2, la liste qui suit.
Les anarchistes, délivagements, petits paysans,
du Bercharewell, grâce à Dieu de François Ouson,
Perdry, d'Héroine Le Duc,
anatomies d'une chute de Justin Trillet,
ceci n'est qu'une infime partie de sa filmographie
à laquelle j'ajoute la condition
de Jérôme Bonnel dans les salles de main.
Tout ça sans la moindre photo instagram
poussant l'air, la moindre choré TikTok
sur Doja 4, le moindre poste
sponsor vantant les mérites, d'une montre,
d'une voiture, d'une tenue gracieusement offerte.
Mais comment fait-il ?
Je lui pose la question, non sans le saluer.
Mais comment fais-tu ?
Je ne sais pas.
Je n'aime pas ça.
C'est une réponse suffisante.
Ça va dire non, peut-être.
Oui, ça va dire non.
Ce n'est pas plus compliqué que ça.
Là, je trouve qu'en ce moment, je ne suis pas hyper discret.
Tu as beaucoup d'actualités.
Ça ne veut pas dire que tu te mets forcément en avant
à des endroits où tu n'as pas envie de l'être, j'imagine.
Oui, bien sûr.
J'ai une petite question
qui n'a pas grand-chose avec ce que je viens de dénoncer,
mais qui a un rapport avec un truc que j'ai fait juste avant.
Est-ce que tu es une salcone comme genre de garçon ?
Moi, je suis vraiment une salcone.
Là, j'espère que le hashtag salcone
va vraiment faire un putain de carton.
Vous êtes des salcones aussi, ou pas ?
Moi, je suis vraiment une salcone.
Mais comme je le disais préalablement,
ne nous obligez pas à être des salcones.
Peut-être, c'est ça la solution.
Peut-être.
Je ne sais pas ce que tu en penses.
C'est tous des salcones.
Est-ce que tu as toujours un petit stress
avant la sortie d'un film ?
Ou pas du tout ?
Est-ce que c'est fait ? C'est tourné,
ton travail est accompli,
et ça ne dépend plus de toi.
C'est vrai que c'est un peu injuste
pour ce qui réalise, distribue,
produit, c'est tout.
Je crois que je m'en fiche un peu.
Et en même temps, c'est pas tout à fait vrai.
Par exemple, là,
j'ai envie que le film marche.
J'aime beaucoup le film.
Je trouve que Jérôme a vraiment réussi
quelque chose d'assez subtil.
Je serai un peu déçu
qui ne rencontre pas son public.
Mais bon, c'est vrai que pour moi,
ce n'est pas un enjeu aussi important
que pour tout un tas de gens
qui jouent énormément
sur la réussite d'un film.
Et peut-être que j'ai été chanceux
jusqu'à maintenant.
C'est que...
Les films ont quand même...
Je peux donner un exemple.
C'est le film de Claire Simon.
Vous ne désirez que moi.
Il y a un film que j'aime énormément
qui est presque un des films
que j'aime le plus auquel j'ai participé.
Et voilà, il a fait très peu d'entrée.
Il est sorti un moment très difficile
de couvre au feu, machin et tout ça.
Et ouais, c'est un peu triste.
C'est triste.
Moi, j'espère également que la condition
de Jérôme Bonnel qui sera dans les salles
de main va marcher pour tout un tas de raisons
que je vais expliquer après.
Je vais vous parler dans les playlists de Nova.
Pour démarrer, tu as choisi Billie Eilish
avec Lunch, on l'écoute, on en parle juste après.
Oui.
Le score
jusqu'à 20h
sur Radio Nova.
Paolo Conte est sur Nova
et ce titre choisit pour Swan Arlo.
Un titre qui donc te poursuit.
Car tu as dû dire une ou deux fois
en interview que tu l'aimais.
Et dorénavant, à chaque fois que tu seras
accueillant Radio, tu l'entendras.
Mais moi maintenant.
C'est que quand j'étais enfant, j'étais vraiment persuadé
que ma mère écoutait ça et disait
Swan Full et Swan Full.
Et j'étais vraiment persuadé que c'était ça,
que c'était mon prénom.
Et j'ai dit ça.
Oui, ça, c'est Swan Full.
Swan Full,
c'est un...
C'est moi en plus, plus.
Swan Full, ça veut dire...
Non, mais c'est Swaner.
Swan Full.
Bravo.
Et en effet, j'ai dû dire ça
une fois, il y a longtemps.
Et maintenant, ça me poursuit.
Et voilà, je n'échappe pas la règle.
On parle aujourd'hui de la condition
les films de Jérôme Bonnel qui sera donc
dans les salles demain, retour en 1908
dans la demeure bourgeoise de Victoire et André.
Dans cette maison, vit aussi le personnel
de maison, notamment Céleste, la jeune bonne.
Je peux débarrasser madame ?
Oui, s'il vous plaît Céleste.
Je suis si heureux de te retrouver ma chérie.
Il y a une grande harmonie entre une...
You get me dit que tu t'étais trouvé mal ?
C'est rien, sans doute la chaleur.
Il faut que tu te reposes, que tu prennes soin de toi.
Je t'ai fait peur.
Ne connaissez pas la dernière, Céleste, notre petit ?
Enfin, qu'est-ce qu'il y a ?
Il va sans dire que c'est le grossesse des hommes dans notre maison.
Madame, je ne peux rien faire.
Tu comprends pas ce que je te propose ?
Mais à une condition...
Que tu ne t'approches plus jamais de mon lit.
Céleste, nous voudrions garder l'enfant.
Vous voulez dire qu'il ne saurait jamais que je suis sa mère ?
Si madame se refuse à monsieur,
monsieur se tourne vers celle dont il croit qu'elle lui appartient.
Je me dois prévenir.
Les auditeurs et auditrices, il va être question de violence sexuelle.
Le film est librement adapté du roman de Léonore de Récondeau.
Amour, pluriel, devenu la condition.
Un titre à double entrée qui raconte
à la fois cette notion de rank et si cher
à la bourgeoisie de l'époque.
Je ne sais pas si je peux pas enlever de l'époque.
Et le marché passé entre l'épouse et le mari,
donc avant tout, un film sur la « Les dominations » selon toi ?
Oui, sur les rapports de pouvoir, les rapports de domination.
Et après, c'est aussi un film
sur la sororité, je dirais.
Je pense que c'est la grande force du film.
Et je ne peux pas en dire trop.
C'est bien de dire que c'est un film sur la sororité.
Je pense que ça laisse suffisamment de flou et suffisamment
sur la thématique.
Oui, c'est un film surprenant.
On pense à peu près à avoir compris
où on va et en fait, non.
Et on est dérouté plusieurs fois.
C'est pour ça que j'essaie de ne pas trop en dire
parce que ce serait dommage.
Je peux dire que ce mari, c'est toi.
Il serait extrêmement confortable
de le définir comme le grand méchant loup.
Sauf que, déjà au siècle dernier,
le violeur n'est pas le monstre tapis dans l'ombre.
Est-ce qu'il y a eu une nonce d'hésitation
à l'idée de s'approcher de ce genre de personnage ?
Non, pas du tout.
Pour plusieurs raisons,
d'abord, quand même, jouer les salauds,
jouer les méchants,
et je ne serais pas vraiment l'expliquer
pour que je réfléchisse à ça,
mais c'est quand même plus intéressant
que de jouer juste un type bon.
Triste à dire.
Mais je parle vraiment là, à l'endroit du jeu,
puisqu'il y a quelque chose de plus complexe
à trouver.
Et puis c'était Jérôme Bonnel
que je connais depuis longtemps,
avec qui on a failli...
On a essayé, on a voulu, on a failli travailler
plusieurs fois, ça ne s'est pas fait
pour différentes raisons.
Mais je connais bien son cinéma,
et je savais,
parce que vraiment,
il fait ça depuis ses premiers films.
Jérôme, il questionne la question.
Il questionne la question, ça c'est brillant.
Il veut déplacer
ce discours
sur le féminin, le masculin,
et il traite toujours les relations humaines, amoureuses,
avec beaucoup de finesse,
beaucoup de complexité.
Donc j'avais une grande confiance.
Et puis lui, il est venu me chercher pour ça.
Il m'a dit justement
il ne faut pas qu'on soit
dans cette violence confortable
de quelqu'un qu'on déteste évidemment,
parce que c'est trop facile
de les mettre dans des cases
comme si on n'était pas concernés.
Il dit au contraire,
il faut qu'on arrive à l'humaniser
sans jamais le sauver.
Ce personnage,
il a à mes yeux la maturité
d'un enfant capricieux.
Je trouve qu'il a vraiment le comportement
de cette petite personne
à qui on n'a jamais dit non.
Il a à la fois une voix douceureuse,
enfantine, par endroit,
et il est capable de démonstration
de violence inouïe.
Il faut un sens excusé.
Je le redis en préalable à chaque fois.
Oui, je n'irai pas penser, mais c'est assez juste.
Quelqu'un qui ne sait pas
ni gérer ses émotions
ni son désir
et qui considère que tout lui est dû
et qui se vit lui-même
comme étant sous le cou
d'une immense injustice.
Et donc à partir de là,
tous les droits.
Donc c'est vrai que c'est très enfantin,
mais je dirais que même chez un enfant
il serait vraiment un
sale gamin.
Je pense que même chez les enfants
en fait
il n'y a pas autant
de négation
de l'autre.
Non, c'est-à-dire qu'un enfant
et un moment, il y a au moins
l'idée, ou l'excuse, et encore une fois
je mets des r-guillemets
de se dire que c'est un problème d'éducation
mais passer un certain âge.
Quand on est plus un enfant,
c'est la différence.
Mais c'est ça qui est intéressant, c'est que
c'est la différence entre la justice et la psychologie
et que
évidemment
que face à la justice, il est
irrécuperable
mais que le cinéma permet
de montrer aussi la psychologie
et que donc certainement pour un
psychiatre, il y a quelque chose
à réparer chez cet homme-là.
Mais c'est ça qui est jérôme, il en parle
très bien, de dire qu'en fait le cinéma
permet les deux.
C'est-à-dire qu'on n'est pas en train d'excuser
ce personnage
on essaie de l'expliquer
sans l'excuser.
On poursuit la conversation
sur la condition dans un instant.
On passe au deuxième titre de ta playlist
en l'occurrence, c'est YoA avec Madi.
Pourquoi celui-là, en quelques mots ?
J'adore.
Elle est assez crue
dans ses paroles
et puis en même temps ça donne envie de danser aussi.
Voilà, j'aime beaucoup YoA.
The Clash sur Nova, Guns of Breakstone.
Alors là, ce n'est que pure projection.
J'ai choisi ce titre en me disant que
Swan Arlo devait écouter The Clash.
Tu n'as pas dit tout.
Si, j'ai écouté en plus cette chanson.
Ouais, ouais, j'ai écouté
ce clash.
Moi, j'ai écouté beaucoup plus
de rap
que de rock.
Je me suis dit que tu devais écouter de la musique
en colère à un endroit.
Oui, voilà, c'est ça, la musique en colère.
Oui, il y a quelque chose d'exutoire
dans la musique.
C'est étrange d'entendre ce genre de projection.
Je me dis qu'il devinait écouter ça.
Ah oui, tiens, pourquoi ?
Mais enfin, je ne comprends pas pourquoi.
Pourquoi vous projetez ça comme ça sur moi ?
Je ne sais pas, c'est pure projection.
C'est vraiment un domaine de l'intuition.
C'est pas faux.
La condition, les films de Jérôme Bonnel qui sera dans les salles.
Demain, on parlait de ton personnage.
André, un homme redoutable et un homme
face à 4 femmes et 4 figures extrêmement
différentes. Il y a Victoire,
sa femme, incarnée par Louise Chevillotte.
Il y a Céleste, la jeune bonne, incarnée par Galatea Belouji.
Huguette, la bonne plus âgée.
Emeline Alyx. Et la mère d'André.
Donc ta mère dans le film, Emmanuel de Vos.
Une femme qui ne peut plus parler et qui pourtant
fait preuve d'une rudesse absolue.
Comment est-ce que t'as interagie
et créé le relation
avec ces 4 figures féminines ?
D'abord,
ces 4 actrices
donc elles sont
elles sont différentes.
Elles, avant même les personnages
donc les relations sont différentes
déjà. Je crois pas qu'on
construit
vraiment quelque chose
par rapport au personnage.
C'est-à-dire qu'on part de soi
du lien qu'on peut avoir
entre nous
de ce que dégage l'autre
et des situations qu'on a jouées
dans les costumes dans lesquelles on est
en ayant appris le texte. Je crois que c'est aussi simple que ça.
Et sauf Emmanuel qui pour le coup
et là pour le coup vraiment dans un rôle de composition.
Donc c'était différent.
Emmanuel, j'avais déjà joué avec
qu'elle justement dans ce film de Karsimon
que j'aime beaucoup. Elle est très drôle
Emmanuel, on a beaucoup rit.
Et là, elle s'est amusée avec ce personnage.
Et ça c'est marrant parce que c'est la
elle est muette
mais en fait c'est celle qui est le plus frontal
et qui finalement dit les choses.
Et qui n'est dupe de rien.
Qui n'est dupe de rien.
Et voilà. Alors après
c'est toujours étonnant parce que
moi je parle, je parle, je parle et puis elle écrit
sur une ardoise donc c'est toujours assez long
d'attendre
en plus elle écrivait de la main gauche.
Alors elle s'était bien entraînée donc elle y arrivait pas mal
mais il fallait toujours attendre les réponses
donc ça participait aussi à l'agacement
d'André.
Mais dans un film où il y a de la cruauté
à tous les endroits parce que vraiment les rapports
entre ces 5 personnages sont faits
de ça, est-ce qu'on rit beaucoup
néanmoins ? Est-ce qu'on en a besoin ?
Ah oui, oui
d'une manière générale
j'ai jamais vraiment l'impression qu'on soit
affecté
par ce que racontent les films.
C'est vrai ? Toi t'es jamais impacté ?
Après.
Je me souviens que
à Dieu le film d'Ozon, ça avait été
très difficile après.
Ça avait été très difficile parce que aussi
on essayait de nous empêcher
de sortir le film.
Oui, parce que le film est sorti au moment où le procès
contre le prêtre en question
n'était pas complètement abouti, c'est ça ?
Il n'était pas complètement abouti. Après tout ce qu'il y avait dans le film
il n'y avait aucune révélation, tout ce qu'il y avait dans le film
et c'est sorti dans la presse et tout. Mais il y avait aussi
Régine Le Maire qui était une espèce de psychologue
de l'église qui était présente dans le film
etc. qui apportait plainte, cardinal barbarin
tout le monde a essayé de faire interdire le film
et ils ont tous perdu
mais c'était très très difficile
de les voir en plus
continuer à s'agiter
voilà et là
c'est vrai que là en ce moment
on fait des débats, des projections
des avant-premières et tout et le film est
pfff
mais bon il est enfin
je trouve le film très puissant
mais voilà c'est étrange
comme on est affecté par les histoires
une fois qu'elles sont là
enfin en tout cas pour ma part
j'ai pas du tout été affecté pendant le tournage
et en effet c'était assez joyeux
après il y avait ce truc où on était quand même
c'est un huit clos donc on a tourné
dans cette baraque là
passer nos journées, nos nuits là-dedans
c'était infernal, nous aussi on était
enfermés dans ce lieu quoi
ça c'était un peu lourd
je le redis
pour celles et ceux qui nous écoutent
il va être question de VSS
dans ce film tout repose
sur le regard posé sur ces personnages
notamment quand on filme des scènes de viol
après des années de male gaze
le cinéma a été
enfin ces scènes là ont été un minima
problématique quand elles étaient filmées
ne pas érotiser ce genre
de scènes c'était vraiment la mission
que s'était donnée Jérôme Bonnel
et on se sent très réussie
comment est-ce qu'on aborde ces scènes là
pour le coup
ça c'est jamais plaisant à faire
il en a parlé tout de suite
il avait vraiment ce truc où d'abord
il préférait
il préférait
l'ombre à la lumière
il préférait le son à l'image
donc on était beaucoup dans
dans le non dit
enfin dans ce qu'on
dans ce qu'on pressant
dans ce qu'on imagine mais pas vraiment dans ce qu'on voit
donc on en voit quand même des bouts
bon bah de toute façon
c'est aussi une question
d'entente
d'essayer d'être
d'être ok ensemble
je pense peut-être
chacun se donner le rôle
de protéger l'autre
mutuellement comme ça
et puis
là c'est vraiment aussi
de la mise en scène c'est-à-dire qu'est-ce qu'on filme
et je pense que ce qui a dû
être problématique pendant longtemps c'est qu'on se mettait
dans une position
ou du coup il y avait encore
cette possibilité du désir
en tout cas la femme était quand même objet de
désir
et moi je me souviens avoir dit à Jérôme
je pense que
comme si d'un coup j'avais des grandes idées
de mise en scène j'ai dit je pense que
c'est pas moi qu'il faut filmer
c'est plutôt elle
et il m'est dit
il me dit bah non
je pense qu'il faut filmer les deux mais
il faut les filmer elle aussi parce que
il y a cette espèce d'absence
de regard vide ou mon voix
qu'elle subisse etc et je pense qu'inconsciemment
j'avais tellement pas envie de me voir
que j'ai pensé
que c'était un raisonnement
juste de dire c'est plus fort
de filmer la personne
qui subit
alors qu'en fait filmer
aussi
le bourreau
enfin voilà
ce que je veux dire c'est qu'il filme les deux
et je pense que dans la question
du regard, du point de vue, de la mise en scène
c'est quelque chose
vraiment une question qui s'est posée
et alors je vous disais
c'est des scènes qui sont compliquées
à regarder pour les spectateurs, les spectatrices
qu'en est-il pour le comédien
c'est à dire que quand tu as
vu le film
il y a une dissociation en droit
tout aussi violent pour toi
que de regarder ces scènes-là
oui après la violence elle est
il y a plusieurs démonstrations de violence
chez ce personnage
en fait il y a des moments dans le film
où je suis violent
que j'ai plus de mal à regarder
que les scènes de viol étrangement
parce que les scènes de viol
il y avait quelque chose de très chorégraphier
et alors ça c'est
Jérôme qui disait ça le jour
j'avais oublié mais il disait que Galata
et moi en fait entre les prises
on éclatait de rire
j'imagine
une espèce de porte de sortie
et la violence elle est
presque elle est aussi
à un moment je lui fais mal et je lui dis
pardon et en fait ça
à regarder mais c'est horrible
mais à faire bon
voilà je sais pas
si tu dirais quelque chose
il y a certainement un petit côté
un peu pilote automatique et tout
alors qu'il y a d'autres trucs de violence
il y a un moment où je l'étrange
et où là en fait
là il y a toutes les veines
sur le visage et tout
et ça j'ai beaucoup de mal à regarder ça
la condition c'est dans les salles
de main avec soin Arlo
et de formidable comédienne
comme tu l'as dit sans trop en dévoiler
c'est un film aussi sur la sororité
dans un instant je t'ai préparé quelques extraits
de films censés amener
quelques réactions
mais bon on verra comment ça marche
peut-être c'est pas gagné on écoutera aussi Tiff
ce sera juste après la pub
le score sur Radio Nova
Tiff avec Hinata
dans la playlist de soin Arlo
et c'est le deuxième soir de suite
qu'on écoute Tiff preuve de la qualité
de la musique de ce jeune homme
mais pourquoi est-ce que toi tu l'as choisi ?
j'adore cette chanson
mais en fait il y a un peu un truc
de vieux
le rap c'était mieux avant
c'est sûr que
moi j'étais adolescent dans les années 90
donc le rap c'était quelque chose
c'était très très fort
pour notre génération
et c'était ce qu'on appelle le rap conscient
donc c'était du rap à texte
pour moi
c'est toute ma jeunesse
c'est des souvenirs très forts
donc j'ai une espèce de nostalgie de ça
et puis en fait mon frère m'a fait écouter
et me dit c'est aujourd'hui il y a quand même des trucs hyper bien
et notamment Tiff
d'un coup j'écoute et je me dis ah oui
et ça n'est plus du tout le rap que j'écoutais moi
et je me dis c'est trop bien
en fait ce qu'il faut maintenant
très bien
on poursuit avec quelques extraits
de films qui normalement devrait évoquer
2 ou 3 choses
on sent la naquette
vraiment en marchant sur des yeux
eh ben essayons
c'est Fargo
ben voilà c'est gagné
Frances McDormand dans Fargo des frères Cohen
tu as à de multiples reprises
répété que
ton entrais dans le cinéma c'était l'amour des comédiennes
avant même
de regarder les comédiens
oui c'est possible
elle en particulier
elle en particulier
mais
enfin non mais parce que ce film
c'est vrai que elle c'est un personnage extraordinaire
et j'adore ce film
mais en fait
moi j'ai très mauvaise mémoire donc là je vais un peu sécher
mais en tout cas
j'ai eu à l'adolescence j'avais accès
une espèce de videotech chez moi
il y avait des tonnes de VHS
et euh
VHS
oui VHS
peut-être qu'on explique aux gens qui nous écoutent si toutefois il y a des gens très jeunes
un peu comme un DVD
ah ça marche pas non plus
c'est un moyen de regarder les films
et donc j'ai regardé
mais juste pour tuer l'ennui
j'ai regardé vraiment beaucoup beaucoup de films
et en effet j'ai compris plus tard
j'ai compris plus tard qu'en fait c'était ça moi
je ne regardais pas du tout
la manière dont les films étaient
l'enchaînement des plans, les cadrages
la lumière et tout en fait je ne regardais pas ça
je regardais les acteurs et ça me fascinait
les acteurs, les actrices
beaucoup des actrices ouais c'est vrai
catégorie inspiration je te propose
bah celui-là
dommage
mais plus qu'à espérer que je sois coupable maintenant
parce que si j'avais tué les gamines
on dirait où y a le sadique
ça pouvait s'arranger
si j'ai tué personne
les sadiques changent de camp
bon record
c'est gardé à vue
gardé à vue de Claude Miller, dialogue
d'Odya et là c'est une scène entre
Ventura et Céro
Michel Céro
Michel Céro je sais pas pourquoi
c'est sa voix
et puis son
il est
très singulier et il a joué beaucoup
de personnages ordinaire
je sais pas
cette voix en fait
ouais c'est comme
c'est comme le temps
retrouvé je sais pas c'est comme la maison
elle est ronde, elle me fait du bien
et puis y a beaucoup de films
y a beaucoup de films avec Céro
qui sont des films importants
il y a gardé à vue c'est exceptionnel mais
Néli et Monsieur Arnaud qui a fait que j'aime beaucoup
voilà
et peut-être cette capacité en dossé
toutes les facettes
de la m humaine
j'imagine que c'est
avec elle tendent tous les acteurs
et actrices mais chez lui
y a quand même cette particularité là d'être allé
dans tous les registres absolument
ouais ouais et notamment
aussi les monstres
évidemment
extrait suivant
oui y a le moment c'est moi c'est Laurence
pour peut-être aller prendre une marche
parce que ça va pas dans le moment c'est important
j'ai jamais eu l'impression que t'étais ma mère
mais moi j'ai jamais eu l'impression que t'étais mon fils
pas quand j'ai l'impression que t'étais ma fille
un extrait que j'ai choisi pour une double raison
Laurence and the Ways de Xavier Dolan
puisque tu as déclaré
dans le journal 3 couleurs
que ça fait partie des réalisateurs avec qui t'aimerais
tourner un jour et aussi parce que
Laurence and the Ways c'est Melville Poupaud
qui était ton partenaire dans la série
dans le bras
oui
Melville en fait je le connais depuis longtemps
on a
on avait tourné
dans un film
qui s'appelait L'autre Monde
oui
et on s'est recroisé
à plusieurs reprises voilà
et donc on a
on a tourné il n'y a pas longtemps
dans cette série
série passionnante qui est toujours en accélibre
sur France.tv dans lequel tu joues un appareil
et qui est vraiment
une série assez facile à regarder
voilà j'aime beaucoup
Melville c'est quelqu'un d'assez
mystérieux
on y revient
mystérieux et discret
peut-être encore une fois les qualités d'un acteur désirable
c'est vrai
et Xavier Dolan
oui c'est sûr que j'ai eu
des émotions
esthétiques très très fortes
avec le cinéma
de Dolan
Momi c'est une claque énorme
mais en fait
tout de suite
si j'ai tué ma mère
le premier
tout de suite je me suis dit
wow c'est qui ce mec et en plus si je jouais dedans
il était exceptionnel et tout
et je pense que
parfois
peut-être en France
alors faut pas faire de généralité mais
parfois
nous on est
comment dire
une version
minimaliste des choses
même moi je dis souvent pour les acteurs
je dis moi je suis un acteur français donc ça veut dire
underplay
on est pas les américains on fait pas des caisses et tout
et je pense que dans les films c'est pareil
ce côté un peu
un peu porno
de mettre du ralenti
de la couleur de la musique
genre paf
et bah Dolan il y va
c'est au cinéma
mommie j'ai pris une énorme claque
je vais rencontrer Xavier
on a tourné ensemble sur le film de Stéphane de Moustier
voilà je lui dis
l'inconnu de la grande arche
j'ai dit c'est quand tu veux
et dernier extrait
commissaire
vous avez une minute il faut que je demande quelque chose
une photo de mur
une belle photo
une belle photo de mur
bien construite
une belle photo de mur
c'est quoi d'après vous
ah oui en effet
j'aurais dit une petite heure
non non c'est un orteil on a déjà fait les analyses
bah alors pourquoi vous me demandez
si vous avez déjà fait les analyses
Benoît Poulverd dans
Au poste de Quentin Dupieux
alors encore une fois c'est vraiment
pour deux raisons
d'une part parce que bah la comédie
forcément la question de revenir
assez souvent pourquoi ne te vois-t-on
dans des comédies et Benoît Poulverd
c'est parce que tu as tourné avec lui
dans comment je suis devenu super héros
et pas seulement j'ai tourné avec lui
dans les émotifs anonymes aussi de Jean-Pierre Améris
c'est un acteur
absolument dément
dément
et pas du tout que
acteur
de comédie etc
dans la tragédie il est
incroyable
c'est sa
c'est sa folie
son immense sensibilité
après il est très lunatique
il y a des jours avec il y a des jours sans
mais j'ai beaucoup beaucoup beaucoup rie
avec lui
il a une grande liberté
donc ça fait partie vraiment des acteurs fascinants
il peut faire des mauvais films
de toute façon quand il est là
on le regarde
et d'ailleurs
en vieux super héros à la retraite
dans le film de Douglas Attal
c'est un film que j'adore
il est exceptionnel
je fais un super méchant
quel pied de faire ça
Benoît exceptionnel
et la comédie
d'ailleurs au poste
qui est quand même
j'adore ce film
il y a aussi Marc Fraise
avec son oeil flou
mais qu'est ce que c'est drôle
j'adore
et avec Grégoire Ludigou
qui était à l'école
on était au lycée ensemble
dans les Yvelines
Grégoire et David
du palma show
la comédie en fait
c'est juste que les gens m'appellent pas
les gens pensent que je suis triste
ça m'est arrivé
souvent de faire des films
et à la fin on me dit
mais en fait
en fait on pourrait écrire des rôles
de mecs drôles en fait
c'est marrant il y a une interview de Louis Garrel
il y a pas longtemps qui dit ça
et qui dit en fait les gens me disent
en fait t'es drôle
alors moi je sais pas si on me dit vraiment
en fait t'es drôle
mais en tout cas moi j'adorerais
après
c'est
faut que ce soit bien
ça a pu m'arriver
d'en recevoir
des trucs que j'avais pas forcément envie de faire
il y a le film Der Juan le Duc
Pérdri qui est quand même une comédie
après c'est vraiment les autres qui sont drôles
et moi je suis un peu le type
qui regarde les autres en disant
mais qu'est-ce qu'ils sont drôles mais qui suis-je
voilà je sais pas du tout
si j'ai la capacité
si j'ai la fibre acteur comique
mais je pense qu'il y a un créneau à trouver
moi je te verrai bien chez Dupieux
par exemple
pourquoi pas ouais
mais il m'a
il m'a pas appelé en tout cas
il fait 4 films par an donc t'es encore quelque chance
d'avoir la fin du mois de décembre
c'est possible qu'il y a un moment où on tombe
ouais mais non non
mais je serais ravi de faire de la comédie
j'ai pas du tout
je suis pas du tout envie de faire que des drames
on poursuit en musique avec un autre de tes choix
l'occurrence Tinari Wen
je te laisse expliquer pourquoi
musique du désert
Tinari Wen j'ai fait quelques films dans le désert
qui sont des souvenirs
très forts de cinéma
de rencontres
voilà
et
je crois que la première fois c'était le dernier vol
film de Karim Dridi
et où on était
à Merzuga au port du désert
et il y avait plein
de maliens
qui avaient fait toute la rouboute
qui était venue et qui figurait dans le film
et qui avait installé leur tante dans la cour
de l'hôtel
et il y avait des espèces de grands plats
comme ça le soir
ils recouvraient avec
une espèce de
de
caoutchouc
et puis ils jouaient là dessus et les femmes se cachaient
la bouche pour chanter et raconter le voyage
mais
c'est des moments absolument
marqués au fer rouge
dans ma vie d'émotion musical
de trucs à pleurer
tellement c'est beau
et de choses où on est invité
dans un monde, un autre
monde qu'on connaît pas
et en fait ça m'est resté
et Tinari Wen il représente ça pour moi
c'est cette musique du désert, c'est le voyage
et tu vois c'est marrant parce qu'on en revient
c'est que finalement pour moi la musique
elle est liée
au mouvement
au voyage
encore
sur Radio Nova
Nova
toujours en compagnie de Swan Harlow
on écoute 50 Cent P.A.M.P
mais pourquoi ce choix musical quel film
et ça j'habilement d'amener
peut-être celui dont tu dis qu'il a changé
le regard qu'on pouvait porter sur le comédien que tu es
un atommé d'une chute de Justine Trillet
je voulais te demander en quoi t'as senti que le regard
justement avait changé
moi je dirais que c'est mon premier rôle d'adulte
même si ça veut rien dire
mais j'ai toujours fait
très très jeune
et donc
d'un coup
ce rôle
d'avocat était
un rôle d'homme je sais pas comment dire
et en même temps avec
cette représentation
de la masculinité
pas
viriliste quoi c'est un amoureux
et conduit il se met au service de cette femme
et puis après
ce film
quel grand film
et puis quel succès
donc
ça aussi forcément ça change quelque chose
succès y compris international
parce que t'as accompagné le film aux Oscars
parce que pas rien j'imagine
et non c'est pas rien
c'était un moment assez dingue
j'ai passé uniquement trois jours mais c'était dingue
et de vivre ça ensemble
avec Sandra
une immense actrice et voilà quelqu'un
que j'apprécie beaucoup
et qui m'a
enfin c'est fascinant
de la regarder travailler
justement parce que le travail se voit pas
elle est tellement terrestre
et tellement là est tellement
pleine
et Justine
avec sa folie
son talent
cette espèce d'organisation du chaos
dès que quelque chose commence à romper
il faut tout péter
donc avec ces gens là
de vivre ça
voilà
c'est fort
et avec Antoine Reinhardt très frustré nous a-t-il dit ici
que personne ne le reconnaisse parce qu'il avait changé
de couple de cheveux au moment d'aller aux Oscars
avec de fait
les gens ne le reconnaissaient pas
en même temps quand il le reconnaissait
il est tellement
il est tellement bien dans ce rôle
de mec horrible
que
parfois c'est pas plus mal qu'on le reconnaisse pas
mais
voilà là parce que donc on faisait des très longues prises
et en fait il y avait d'abord
tout le moment d'Antoine et puis pof
et après c'était à moi et tout mais donc
moi j'étais aussi spectateur
incroyable de le regarder
de le regarder faire la bouger
dans tous les sens avec ce que je me disais
mais bon ça en même temps c'est ça qui est bien aussi dans ce métier
j'ai l'impression que ça fait partie
d'une espèce d'exigence qu'on se met
pour essayer d'être toujours mieux
c'est qu'en fait on regarde les autres
et on se dit wow
et on a toujours ce sentiment
de pas être au niveau
et en fait je pense que
ce sentiment de doute là
c'est aussi le sentiment qui nous permet
d'être juste dans un personnage
parce que les personnages en fait sont fragiles
les personnages sont faillibles
les personnages doutent
les personnages doutent
voilà et donc j'ai des souvenirs de ça
de regarder Antoine et de me dire wow mec
comment je vais faire mais pas moi
soit face à Antoine
moi Vincent l'avocat face
face à ce mec
il est trop fort
une machine de guerre
donc ce rôle t'a valu le César
du meilleur second rôle en 2024
un César récupéré par Sandra Hulère
car tu étais en tournage
c'était ton troisième dans la même catégorie
de François Ozon
et dans ton discours tu regrettais
que ce ne soit pas un ex-éco avec Denis Ménochet
alors est-ce que c'est pareil est-ce que Denis Ménochet
t'a été spectateur de ce qui proposait dans le film d'Ozon
oui oui et puis c'était
enfin
en fait c'est
c'est toujours triste
parce que
un prix comme ça pour un rôle
c'est un prix pour le film
c'est un prix pour tout le monde en fait
parce que
on peut être bien dans un film
si le film n'est pas bien
on ne sera même pas nommé
ou même parfois
si le film ne marche pas alors que le film est formidable
que tout
c'est comme si ça n'existait pas
donc un prix c'est jamais pour soi
donc quand il se trouve
un endroit de compétition avec quelqu'un
avec qui on a construit ça
alors Denis
la différence c'est que comme ce film est une sorte
de triptique on n'avait pas énormément
d'ensemble mais il y a un passage de relais
donc c'est une course
c'est un triathlon et donc à un moment
si on gagne on gagne à 3 quoi
et donc c'était trop important
de leur dire
à tous les deux parce qu'il y avait Melville aussi
qui n'était pas nommé dans la même catégorie
mais
ouais
c'est forcément
c'est forcément un peu
décevant des obtains pour qu'on monte pas
ensemble
et catégorie César toujours
en 2018 tu as obtenu celui
du meilleur acteur pour petit paysan
d'Hubert Charvel et sur scène tu disais
ceci
oui quand même
plus jeune j'étais fasciné
par les acteurs dans les films ce qui me fascinait
c'était les acteurs enfin les actrices
surtout
je me disais mais
où est-ce qu'ils vont chercher tout ça
je me disais peut-être qu'ils sont un peu
fous
je savais pas que j'allais faire ce métier
j'y pensais même pas
j'étais pas vraiment sûr d'ailleurs
que ce soit vraiment un métier
les acteurs et les actrices
sont-ils
fous et folles et est-ce que c'est un métier
soin Arlo
ils sont pas forcément tous
fous et folles
moi par exemple je pense pas être fou
et je regrette un peu parfois
quand il y a de la folie
faut pas que ce soit une posture
non non mais
il y a quelque chose
il y a quelque chose vraiment
de fascinant quoi on parlait
de poulevard il y a ça
mais par exemple il y a ça chez Raphaël Keunar
il y a une espèce de folie où on regarde ça
et en fait
en fait la liberté
il y a quelque chose qui corrélait
je sais pas de quelle manière
mais ce que j'appelle la folie parfois c'est peut-être
la liberté
en tout cas
cette question de lâcher complètement prise
de ne plus être en maîtrise de ce qu'on fait
moi c'est ça qui me touche
quand je vois quelqu'un qui est sur le fil
et je me dis ouah il va tomber
il sait pas ce qu'il fait
et c'est bouleversant
ce métier extraordinaire
encore plus
à regarder qu'à faire
enfin voilà et donc
la folie chez les actrices
c'est
est-ce que c'est un métier
bah
qu'est-ce que c'est un métier
je veux dire bon à partir du moment
où on fait quelque chose pour lequel on est payé
qu'on a des contrats etc
est-ce qu'on peut considérer que ça c'est un travail
que c'est un métier
oui peut-être
mais on le voit il y a quand même beaucoup
de films dans lesquels on va chercher
des gens qui ne sont absolument pas comédiens
et qui peuvent être
formidables
donc
c'est pas un métier dans le sens où
peut-être qu'au théâtre
c'est plus un métier
peut-être que ça s'apprend plus
il y a quelque chose là sur la nature
c'est inné
ou c'est pas inné tout ça veut pas dire qu'après
il n'y a pas une nécessité de travail
mais on est sur des natures
donc
donc il y a une forme
de justice d'abord
parce que ce n'est pas forcément les plus travailleurs
qui réussissent
je ne suis pas sûr
de le considérer vraiment
toujours comme un métier
même si c'est mon métier
mais d'abord c'est joué
qu'est-ce que ça veut dire
pour un enfant
un adulte
c'est quoi ton travail ?
je joue à être
on disait
paysans, on disait qu'on était ceux-ci
qu'on était ceux-là donc
on rentre dans des histoires, on rentre dans des mondes
on rencontre des gens
et en même temps
on n'est jamais affecté
profondément
par les drames
qu'on traverse
et pour autant
on rencontre des gens qui les ont traversés
donc
ce métier est incroyable
pour ça
c'est tellement de l'amusement
que c'est là où c'est difficile de dire
oui c'est un métier
en tout cas
question un peu actuelle
la pénibilité au travail
je pense que nous ne sommes pas concernés
par la pénibilité au travail
même si parfois il y a des conditions
qui sont des conditions plus difficiles que d'autres
mais ça reste
ça reste un jeu
en attendant de lancer la campagne
Swanarlo 2027
déjà mon vote
j'annonce que dans un instant
dans un instant je te
soumettrai aux questionnaires musicales du score
on écoutera aussi Jabberwocky et tout ça
ça sera juste après la pub
Jabberwocky est photomaton dans la playlist
de Swanarlo
quand je laisse un blanc comme ça c'est que je n'ai même pas envie de libérer une question
c'est à toi de, à toi
comme dans les concerts, à vous
je vais dire encore un truc qui n'a aucun intérêt
j'aime bien cette chanson, en fait
c'est une playlist
très longue avec plein de trucs
j'y connais pas grand chose en musique
j'écoute toujours les mêmes trucs en boucle
j'attends que des amis
ou ma famille me fasse écouter
des nouveaux sons donc je suis assez nul
et là d'un coup je me suis dit ah tiens
je la connais je l'ai écouté pendant un temps
ça fait partie des chansons que j'ai écouté en boucle
voilà
les chansons que tu as écouté en boucle on va y revenir
c'est l'occasion idéale, c'est l'heure du questionnaire musical du score
l'idée c'est de répondre du tac au tac
je n'ai pas le droit de te demander de justifier tes réponses
bref je n'ai pas le droit de te juger
je te cache pas que je vais pas m'en priver non plus
mais voilà c'est ça l'idée est-ce que tu es prêt
8 fois un tac au tac ça va pas être
ça va pas être un goût
quel est le titre qui symbolise le mieux l'enfant
soit en tout cas la tienne
un titre qui te ramène à cet endroit-là quand t'étais enfant
t'écoutes quoi
non mais on en a parlé tout à l'heure
moi je penserais comme ça tout de suite à paolo conté mais
c'est bien ça
la chanson de ton adolescence
la chanson de mon adolescence
ma fille a tracé
sur le mauvais chemin
un chemin dont jamais on ne revient
donc jamais on ne revient
ton hit de karaoke
voilà je suis pas du tout
si on va dire
peut-être cabrel la corrida
ah ouais
monsieur incarne le taureau
ok le comédien
le titre qui te propulse immédiatement sur la piste de danse
ou qui te fait danser seul chez toi
parce que j'ai bien compris que la pratique était solitaire
non sur la piste de danse
il faut de la transe
ou de l'électro
voilà je vais pas avoir
les petites là mais
non mais ça me donne une idée de la nature de la musique
fin de ce questionnaire j'arrête ici la torture
je rappelle que la condition
de jérôme bonnel c'est dans les salles de main
je rappelle également
qu'on peut entendre soin harlot
dans harcault le formidable film d'animation du go bienvenu
qu'on peut toujours voir soin harlot
dans l'inconnu de la grande arche de stéphane de moussier
qu'on peut voir également soin harlot dans l'étranger
de François-Auson dans une série
merteuil en l'occurrence et qu'on le retrouvera
dans suquen island de vladimir de fontenet
le 18 février
tu reviendras ?
ah ouais bah avec plaisir
de toute façon nova maintenant
moi je viens plus que sur nova
eh bah c'est parfait rendez vous et pris
j'annonce que dans un instant on a rendez vous avec david blow et le nova club
et on se quitte avec le dernier titre que tu as choisi
kenny arkana ?
ah oui la rage
c'est d'actualité non ?
voilà la rage du peuple
les temps sont durs
