Tout ce qu'on peut faire avec un billet de banque - LA SOCIÉTÉ

Tout ce qu'on peut faire avec un billet de banque - LA SOCIÉTÉ

Nova le matin • 11/12/2025 • 02:27

Anna Flori Lamour explore l'usage direct et indirect de nos biftons préférés

Transcription

Radio Nova.
La société a l'accord de problème.
La société a la mauvaise arène.
Monsieur, il n'est de bonne société qui ne se quitte.
Depuis la fin du mois de novembre,
circule un nouveau bifton de 100 rupis népalaises
orné d'une carte nationale
incluant la région du Calapagny,
un territoire revendiqué par le Népal et par l'Inde
depuis plusieurs décennies
sur la nationalité duquel flotte un flou artistique.
Ce billet, ce petit bout de papier
qu'on transpire à gagner et qui est toujours trop petit
et qui a besoin d'acheter, est en train entre ces deux pays
de réveiller de vieilles hostilités,
des risques géopolitiques carrément.
Parce que oui, le billet qui est au fond de ta poche
ne véhicule pas que sa propre valeur.
S'il permet aux États d'affirmer
les contours d'un territoire, voire d'un régime politique et économique,
s'il est régulièrement outil de propagande, carrément,
il peut aussi être un tract de désobéissance civile
par le peuple et pour le peuple.
Il y avait déjà les dessins anticléricaux
au début du 20e siècle, les tampons anti-nucléaires
dans les années 70,
ces dernières années, plusieurs artistes tout anonymes
se sont mis à griffonner à nouveau
de façon plus ou moins engagée.
Il y a quelques années, au Canada, on s'est mis, par exemple, à Spoké,
l'ancien premier ministre Wilfried Laurier
visible sur les billets de 5 dollars
en lui attribuant la coiffure
et les oreilles pointues du héros vulcain
de la série Star Trek.
On le dessine comme Spock de la série.
Et puis pendant les printemps arabes,
on écrivait sur les bifs des messages d'hostilité
aux dirigeants en Grèce.
Ils sont devenus illustrations de la crise économique
et de la déchéance sociale
sous le coup de crayon de l'artiste Stefanoz.
En Espagne, vecteur de messages indépendantistes catalans
ou de maudou manuscrit,
j'aime bien directement adresser
aux grands chefs européens.
Voilà l'inventivité donc de la désobéissance civile
et puisqu'il est question de billets d'où,
figurez-vous qu'il y a quelques jours
la Banque nationale du Portugal
l'a formellement démenti.
Non, il n'y aura pas de billets de 7 euros
à l'effigie du joueur numéro 7
de l'équipe nationale du Portugal,
Ronaldo, non ça n'existe pas.
Ah ouais, oh bah là je suis un peu déçu.
La rumeur a méga circulé.
Alors une fois qu'on sait tout ça, attention,
faut que je vous dise qu'en France c'est un délit
d'informations que d'écrire sur un billet,
vous en faites ce que vous voulez.
En tout cas, moi j'en mets ma main à couper au feu
la prochaine fois que vous irez au magasin.
Vous le regarderez un peu plus attentivement
avant de le tendre à la caisse,
votre tract de 5 euros.

A poursuivre

Vous aimerez aussi

Autres episodes proches

Articles lies