Pourquoi on s'identifie autant à nos animaux - CULTURE PURE

Pourquoi on s'identifie autant à nos animaux - CULTURE PURE

Nova le matin • 11/12/2025 • 02:35

Anna Flori-Lamour nous parle de courses de varan et de concours d'animaux de compagnie.

Transcription

On les élève, on les bouffe, on les prend pour des dieux ou pour des idiots, on les aime,
on les déteste, on les anthropomorphise à gogo, en courant, en concourant et en fiction.
Qu'est-ce que les animaux disent de nous qu'on ne peut pas dire nous-mêmes ? Alors
on va y aller direct, sans être Brigitte Bardot, si je devais décrire la relation
chaud-froid que lui m'a entreti avec la bête, je dirais quand même qu'on ait des
méga pervers narcissiques. On l'étoise comme pour mieux mettre à distance cette
curieuse animalité qui est en nous, en même temps on les aime plus que nos
gosses et on les animothérapie. C'est, c'est, c'est, c'est !
Exemple, par exemple, exemple, les concours de beauté, on les champouine comme
des mises, mais figurez-vous qu'il existe aussi depuis 50 ans un concours
moins connu. En août, Pétunia, la famelle bulldog français dans la
particularité de ne pas avoir de poils, a gagné le prix de l'animal le plus
lait de l'année. Mais non !
Oui, un concours qui se veut inclusif pour que tous les animaux aient leur place.
Et puis en voilà du nouveau, la Thaïlande organise carrément un truc qui ressemble
à des giots, avec des médailles à la place des croquettes, d'immenses
compétitions pour voir son bébé se distinguer dans toutes sortes
d'épreuves du concours de chalecheur au mangeur de Sommon, à la course de
Varan, et c'est le Varan numéro 1 qui double le numéro 2. Pas ouf, pas ouf, on
est d'accord, mais qui permet quand même de réfléchir plus loin, c'est peut-être
le seul avantage de la fontaine aux nouveaux autopies au cinéma, pourquoi
passer par l'animal pour raconter l'humain, pour plusieurs raisons qui
excusent peut-être en partie, qui excusent peut-être en partie nos
attitudes. D'abord, se distancier, on regarde plus facilement le monde
animal dans ses travers que nous-mêmes, et c'est bien humain.
Et puis ça permet de dénoncer tout en protégeant des auteurs de la
censure, l'histoire l'approuvée, et puis, ben c'est pas rien, et puis ça
permet aussi de protéger nos sensibilités de lecteurs et de
spectateurs atténuer l'horreur de la seconde guerre avec les souris,
de maus, ou l'horreur d'être orphelin avec les yeux de biche, de
bambis. Voilà où le règne animal n'a pas fini de régner sur nos
histoires du soir. Rien de change ou plutôt si une chose, c'est qu'on
continue quand même de casser les stéréotypes, les animaux ne
sont plus cantonnés à une seule caractéristique en témoignent le
méchant Renard qui devient un héros gentil dans l'autopie et qu'à
plein d'autres qualités. Et cette multiplicité alors, par effet de
miroir nous permet à nous spectateurs d'imaginer possible d'être
qui on veut. Oui, à bon entendeur.

A poursuivre

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