Ceux qui ont fait une terrible erreur - La chronique de Juliette Arnaud

Ceux qui ont fait une terrible erreur - La chronique de Juliette Arnaud

La chronique de Juliette Arnaud • 09/03/2026 • 04:55

Références : Le conformiste/ Alberto Moravia - Les vestiges du jour/James Ivory
La chronique de Juliette Arnaud dans La dernière du dimanche 8 mars 2026 sur Radio Nova.
La dernière, le dimanche à 18h en direct sur Radio Nova et à tout moment en podcast et en vidéo.

Transcription

Nova aime, plus fort que le diable, le 25 mars au cinéma.
Une comédie méchamment drôle avec Melville Poupaud, heureux de retrouver son fils.
Salut !
C'est quoi, 10-12 ans ?
C'est 21 ans.
Et Asien Argento.
Il y a quelque chose qui te dérange.
Recouverte de tatouage nazi.
Ça ?
C'est un symbole asiatique, papé.
Qui vont s'associer pour kidnapper Marine Vacte.
Ça fait combien de temps que vous faites ce trafic ?
Tatoupe Sivre, ok ?
Plus fort que le diable, une comédie recommandée par Radio Nova, le 25 mars au cinéma.
Radio Nova.
La dernière.
Merci de nous aider.
Vous avez vu le niveau en barre de va, mais tu nous aides à nous y retrouver.
Dans tout ça, dans toute cette grande histoire.
C'est elle qui arpente les personnages qui peuvent le lire chronique de Juliette Arnaud.
Je suis pas marqué dans les livres.
Je suis pas marqué dans les livres.
Je suis pas marqué dans les livres.
Je suis pas marqué dans les livres.
Je suis pas marqué dans les livres.
Je suis pas marqué dans les livres.
C'est que nous prestiez à lire autant.
Plus important à vivre.
Regarde !
Juliette Arnaud.
En avant les histoires.
Et celui d'après, c'est les municipales.
Qui gagnera, qui perdra, qui, s'il perd, déclarera la mine grave, cette maxime attribuée à Nelson Mandela, je ne perds jamais.
Soit je gagne, soit j'apprends.
Chaque fois que j'entends cette phrase, je pense, c'est complètement con.
Alors, rien contre Monsieur Mandela, bien sûr.
C'est juste que je l'ai trop entendu dans la bouche de Valérie Pecresse, de Nicolas Sarkozy,
ou sous la plume de n'importe quel auteur de livre de développement personnel qui t'explique la vie.
C'est pas plus compliqué qu'une omelette.
Si.
C'est plus compliqué.
Du coup, je propose qu'aujourd'hui, on ait un petit regard vers ceux qui ne gagnent pas.
Et peut-être, on n'apprenne fréquemment rien.
Monsieur Stevens, dans les vestiges du jour, un film de James Ivory qui date de 1993.
Alors, Monsieur Stevens, il est majeur d'homme.
Il est incarné par Anthony Hopkins.
C'est le plus haut placé de la domesticité.
En l'occurrence, nombreuse d'une demeure faramineuse d'un compte anglais dans les années 30.
Monsieur Stevens, c'est un homme fier de son travail pour Lord Darlington.
Il observe et fait observer toutes les règles avec précision, loyété et dévouement total.
Ne comptant pas ses heures, Stevens travaille et ne vit que pour son travail.
Il ne remet jamais en cause les règles et son patron.
Il y compris lorsque, sous ses yeux, le Lord se met à recevoir fastieusement
quantité de dignitaire nazi.
On n'allait pas croire, c'est pas un fachot, Lord Darlington.
Il œuvre pour la paix.
C'est marrant, ça me rappelle un truc.
Bref, en tout cas, c'est ça qui pense, c'est ça qui dit,
et c'est ainsi que va penser à son tour Stevens.
Il y compris lorsque l'intendant de la maison, dont Stevens n'est pas foutu de se rendre compte
qu'il est amoureux d'elle, et potentiellement elle de lui,
y compris donc lorsque cette femme, jouée par Emma Thompson,
lui indique que virer deux jeunes réfugiés juifs allemandes récemment embouchés,
c'est pas génial comme comportement.
Peut-être que non seulement c'est pas ouf, mais qu'en plus c'est pas noble
comme attitude, et ce qui est fascinant dans le film, c'est qu'à un moment
quand même Stevens va réaliser qu'il a merdé,
que Lord Darlington était un abruti colossal
et que l'intendante était sa chance.
Question rhétorique, le moment, ce moment,
est-ce que c'était encore le bon moment rhétorique,
parce que moi je sais, je vous laisse en suspense.
Pour aller voir Marcello, personnage principal du roman d'Alberto Moravia,
le conformiste publié en 1951.
Marcello, il est adulte dans ses mêmes années fatidiques, les années 30,
mais lui, il est en Italie sous Mussolini,
donc bien placé pour voir le fascisme, et il y a des réplénements.
Il est fonctionnaire en ministère de l'Intérieur.
Avant ça, Moravia nous a raconté l'enfance de Marcello,
et croyez-moi, c'est pas Marcel Pagnol.
Une enfance pleine de solitude, des parents névrotiques,
et absent un jardin où il est seul en désirant tuer des lézards,
où le chat des voisins voit le fils des voisins,
et puis finit par rencontrer un prêtre pédophile.
Pas Marcel Pagnol, du tout.
Quelques années plus tard, le régime fasciste au pouvoir
fait l'apologie de la normalité et de la santé.
Au sein de ce régime fasciste, Marcello est enfin, je le cite,
un homme, il se sent enfin un homme comme la plupart des autres,
et il s'en réjouit, on peut le comprendre,
un homme plus à l'aise, bizarrement,
enfin moi ça m'a fait bizarre, avec la foule qu'avec les individus.
Marcello trouve dans la foule, je le cite,
le sentiment réconfortant d'une communion
allant de la bousculade des autobus,
à l'enthousiasme patriotique des réunions politiques.
Et puis à un moment, Marcello, on va lui demander
de participer à la mise à mort d'un dissident politique,
un dissident, un intellectuel qui a été son prof à la fac.
Et Marcello va obéir.
Et c'est pas grave, c'est pas anormal,
car maintenant, il ne serait plus jamais seul.
Enfin ça, c'est sa croyance,
parce que le roman avance à nouveau dans le temps,
on est en 1943, le régime fasciste est tombé,
les alliés bombardent Rome,
et objectivement, Marcello a misé sur le mauvais cheval.
Quant à sa prise de conscience potentielle,
pff, moi je l'ai lu.
En tout cas, ça me fait une épitave d'enfer,
veuiller écrire à l'image de sa mère,
elle n'était pas soluble dans le groupe,
à présent, c'est pour toujours.

A poursuivre

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