Celles qui réparent des créatures - La chronique de Juliette Arnaud
(mais c’est des hommes. Foutu syndrome de l’infirmière)
La chronique de Juliette Arnaud dans La dernière du dimanche 23 novembre 2025 sur Radio Nova.
La dernière, le dimanche à 18h en direct sur Radio Nova et à tout moment en podcast et en vidéo.
La chronique de Juliette Arnaud dans La dernière du dimanche 23 novembre 2025 sur Radio Nova.
La dernière, le dimanche à 18h en direct sur Radio Nova et à tout moment en podcast et en vidéo.
Transcription
Depuis plusieurs mois, des orques attaquent des bateaux au sud de l'Espagne.
Fascinés par ces animaux, Roxane part enquêter sur ce mystérieux phénomène,
mais la découverte du coordonnageur sur une plage
radive les tensions entre pêcheurs et défenseurs de l'environnement.
Dans un récit hal temps, Guillaume-Maurice explore nos difficultés à communiquer
et à cohabiter avec les autres espèces.
Sans tendre, le nouveau roman de Guillaume-Maurice,
aux éditions Les Arenes, actuellement librairie.
Radio Nova.
La dernière.
Reste avec nous Ravelle, on a parlé de chiffres,
mais parlons un peu de lettres,
puisque c'est l'heure de la chronique de Juliette Arnaud.
Faites-nous fessier à l'île,
C'est pas marqué dans les livres
Faites-nous fessier à l'île, autant
Plus important la vie, bref
Regarde !
Juliette Arnaud, en avant les histoires
Allez.
Si, moi aussi, je suis contente.
Je suis contente parce que le réalisateur et scénariste mexicain,
Guillaume-Maurice Del Toro,
vient d'adapter Frankenstein,
c'est-à-dire une énième adaptation du roman écrit par ma chère,
Mary Shelley, en 1818 ça, plus de deux siècles d'histoire.
Et le travail de Del Toro à beau enthousiasmé en général,
j'étais un peu tendue à l'idée qu'à nouveau,
un type mette ses grosses pattes dans cette merveille de romans.
Un peu tendue, je fais mise,
j'étais littéralement au pied de béton.
Et ben, j'avais tort.
Et je m'en suis remise d'avoir tort.
Je me trompais, j'ai l'habitude, j'en sors, j'y retourne !
Pourtant, le scénariste Guillaume-Maurice Del Toro,
il remanie le roman et notamment il transforme un personnage très secondaire
et il le pousse devant la lumière, un personnage féminin de jeune fille,
une jeune fille qui s'appelle Elizabeth,
ce qui est Fino, parce que ce roman,
il l'a été écrit par une jeune fille, Mary Shelley,
et Fino également parce que l'attitude de la jeune fille face aux monstres est remarquable.
Mais pour arriver au Frankenstein de Guillaume-Maurice Del Toro,
je crois qu'il faut d'abord passer par le magicien d'Ause,
film de Victor Fleming de 1939.
Au centre de ce film, du magicien d'Ause,
il y a une petite jeune fille qui s'appelle Dorothe,
qui a deux traises rousses,
rousse c'est important, vous allez comprendre,
et qui est dans une grosse galère dans son Kansas natal.
Il y a un énorme ragan,
la maison en bois où elle cherche refuge, sans vol,
et elle atterrit...
Et fait spéciaux.
Et elle atterrit à Ause, qui est un pays magique en technicolore,
un pays caché derrière la cancielle,
haut très haut, somewhere over the rainbow,
way up high, there's a land that I heard of once,
in a lullaby.
Très chouette, le pays d'Ause, très bien décoré,
mais bon Dorothe, elle veut retrouver son foyer,
et elle connaît pas le chemin,
et il y a une méchante sorcière qui lui veut du mal,
et comme si c'était pas suffisamment pénible,
Dorothe va devoir prendre en charge des créatures,
un épouvantail sans cervelle,
un homme en fer blanc, dépourvu de cœur,
et un lion dénué de courage.
Bien, bien, bien.
Je vous cache pas que je me suis un peu projetée.
La chose qui nous intéresse, c'est que Dorothe n'est pas,
n'est non seulement pas effrayée par eux,
et curée par leur apparence,
mais qu'en suce, elle va s'employer les trois à les réparer,
sans doute parce qu'elle a de la jujotte, du cœur et du courage,
mais enfin bon, on nage en plein foutu syndrome de l'infirmière.
Alors on va foutre le camp de 1939 et arriver en 2025,
avec Elisabeth, chez guilleur modèle taureau,
dans son Frankenstein à lui,
Elisabeth elle est rousse également,
et il en fait la belle-sœur du docteur Victor Frankenstein,
celui qui se prend pour Dieu,
puisqu'il essaye de fabriquer un être humain.
Elisabeth, c'est un personnage qui est animé par deux patients
qui font difficilement bon ménage,
une lucidité extrême et une compassion tout aussi radicale.
Elle est lucide face à Victor Frankenstein, elle dit de lui,
il est effroyable et grotesque,
il essaye de contrôler et manipuler tout le monde.
En bon tirant, il se plaît à jouer les victimes.
Et quand elle est face à la créature, elle est compassionnelle.
Elle est fascinée, elle est émue,
elle le regarde droit dans les yeux,
et reçoit le pauvre petit cadeau qui lui fait,
une feuille morte, comme si c'était le plus rare des bijoux.
Marie Chellet faisait dire aux monstres,
quand il commence à comprendre l'humanité,
tous les hommes haïssent les malheureux, tous,
mais pas Elisabeth,
parce que le monstre, avant d'être vangeur,
il est malheureux, puisqu'il est rejeté.
Elisabeth, comme Dorothe, ne nous montre ni rejet,
ni peur, ni effroi, pourquoi ?
Parce que Guillermo del Toro, il fait d'Elisabeth
une scientifique passionnée également.
Elle, c'est par les insectes,
notamment les papillons,
dont elle parle de la sorte dès le début du film.
Elle dit deux, farouche, envoûtant,
mais si étrange, trois coeurs, des yeux multiples,
le semblant et un fascinant manque de choix.
Dès lors, comment aurait-elle peur du monstre ?
Elisabeth est-elle en mesure de réparer la créature,
ou mieux, de lui frailler un chemin ?
Moi, je sais, j'ai vu le film, et ça m'a brisé le coeur.
Je m'en remettrai de ça aussi.
Faites quand même inscrire sur ma pierre tombale.
Guillaume Meurice lui avait dit 257 fois
qu'elle n'avait pas les diplômes pour faire l'infirmière.
Elle avait préféré chanter dans sa tête.
Juliette Arnaud !
Merci beaucoup, Juliette,
qu'il n'a pas les diplômes de rappel.
Merci pour cette chronique qu'on retrouve en podcast,
et on peut retrouver sur ton Instagram,
Juliette Arnaud-Pénélope.
Fascinés par ces animaux, Roxane part enquêter sur ce mystérieux phénomène,
mais la découverte du coordonnageur sur une plage
radive les tensions entre pêcheurs et défenseurs de l'environnement.
Dans un récit hal temps, Guillaume-Maurice explore nos difficultés à communiquer
et à cohabiter avec les autres espèces.
Sans tendre, le nouveau roman de Guillaume-Maurice,
aux éditions Les Arenes, actuellement librairie.
Radio Nova.
La dernière.
Reste avec nous Ravelle, on a parlé de chiffres,
mais parlons un peu de lettres,
puisque c'est l'heure de la chronique de Juliette Arnaud.
Faites-nous fessier à l'île,
C'est pas marqué dans les livres
Faites-nous fessier à l'île, autant
Plus important la vie, bref
Regarde !
Juliette Arnaud, en avant les histoires
Allez.
Si, moi aussi, je suis contente.
Je suis contente parce que le réalisateur et scénariste mexicain,
Guillaume-Maurice Del Toro,
vient d'adapter Frankenstein,
c'est-à-dire une énième adaptation du roman écrit par ma chère,
Mary Shelley, en 1818 ça, plus de deux siècles d'histoire.
Et le travail de Del Toro à beau enthousiasmé en général,
j'étais un peu tendue à l'idée qu'à nouveau,
un type mette ses grosses pattes dans cette merveille de romans.
Un peu tendue, je fais mise,
j'étais littéralement au pied de béton.
Et ben, j'avais tort.
Et je m'en suis remise d'avoir tort.
Je me trompais, j'ai l'habitude, j'en sors, j'y retourne !
Pourtant, le scénariste Guillaume-Maurice Del Toro,
il remanie le roman et notamment il transforme un personnage très secondaire
et il le pousse devant la lumière, un personnage féminin de jeune fille,
une jeune fille qui s'appelle Elizabeth,
ce qui est Fino, parce que ce roman,
il l'a été écrit par une jeune fille, Mary Shelley,
et Fino également parce que l'attitude de la jeune fille face aux monstres est remarquable.
Mais pour arriver au Frankenstein de Guillaume-Maurice Del Toro,
je crois qu'il faut d'abord passer par le magicien d'Ause,
film de Victor Fleming de 1939.
Au centre de ce film, du magicien d'Ause,
il y a une petite jeune fille qui s'appelle Dorothe,
qui a deux traises rousses,
rousse c'est important, vous allez comprendre,
et qui est dans une grosse galère dans son Kansas natal.
Il y a un énorme ragan,
la maison en bois où elle cherche refuge, sans vol,
et elle atterrit...
Et fait spéciaux.
Et elle atterrit à Ause, qui est un pays magique en technicolore,
un pays caché derrière la cancielle,
haut très haut, somewhere over the rainbow,
way up high, there's a land that I heard of once,
in a lullaby.
Très chouette, le pays d'Ause, très bien décoré,
mais bon Dorothe, elle veut retrouver son foyer,
et elle connaît pas le chemin,
et il y a une méchante sorcière qui lui veut du mal,
et comme si c'était pas suffisamment pénible,
Dorothe va devoir prendre en charge des créatures,
un épouvantail sans cervelle,
un homme en fer blanc, dépourvu de cœur,
et un lion dénué de courage.
Bien, bien, bien.
Je vous cache pas que je me suis un peu projetée.
La chose qui nous intéresse, c'est que Dorothe n'est pas,
n'est non seulement pas effrayée par eux,
et curée par leur apparence,
mais qu'en suce, elle va s'employer les trois à les réparer,
sans doute parce qu'elle a de la jujotte, du cœur et du courage,
mais enfin bon, on nage en plein foutu syndrome de l'infirmière.
Alors on va foutre le camp de 1939 et arriver en 2025,
avec Elisabeth, chez guilleur modèle taureau,
dans son Frankenstein à lui,
Elisabeth elle est rousse également,
et il en fait la belle-sœur du docteur Victor Frankenstein,
celui qui se prend pour Dieu,
puisqu'il essaye de fabriquer un être humain.
Elisabeth, c'est un personnage qui est animé par deux patients
qui font difficilement bon ménage,
une lucidité extrême et une compassion tout aussi radicale.
Elle est lucide face à Victor Frankenstein, elle dit de lui,
il est effroyable et grotesque,
il essaye de contrôler et manipuler tout le monde.
En bon tirant, il se plaît à jouer les victimes.
Et quand elle est face à la créature, elle est compassionnelle.
Elle est fascinée, elle est émue,
elle le regarde droit dans les yeux,
et reçoit le pauvre petit cadeau qui lui fait,
une feuille morte, comme si c'était le plus rare des bijoux.
Marie Chellet faisait dire aux monstres,
quand il commence à comprendre l'humanité,
tous les hommes haïssent les malheureux, tous,
mais pas Elisabeth,
parce que le monstre, avant d'être vangeur,
il est malheureux, puisqu'il est rejeté.
Elisabeth, comme Dorothe, ne nous montre ni rejet,
ni peur, ni effroi, pourquoi ?
Parce que Guillermo del Toro, il fait d'Elisabeth
une scientifique passionnée également.
Elle, c'est par les insectes,
notamment les papillons,
dont elle parle de la sorte dès le début du film.
Elle dit deux, farouche, envoûtant,
mais si étrange, trois coeurs, des yeux multiples,
le semblant et un fascinant manque de choix.
Dès lors, comment aurait-elle peur du monstre ?
Elisabeth est-elle en mesure de réparer la créature,
ou mieux, de lui frailler un chemin ?
Moi, je sais, j'ai vu le film, et ça m'a brisé le coeur.
Je m'en remettrai de ça aussi.
Faites quand même inscrire sur ma pierre tombale.
Guillaume Meurice lui avait dit 257 fois
qu'elle n'avait pas les diplômes pour faire l'infirmière.
Elle avait préféré chanter dans sa tête.
Juliette Arnaud !
Merci beaucoup, Juliette,
qu'il n'a pas les diplômes de rappel.
Merci pour cette chronique qu'on retrouve en podcast,
et on peut retrouver sur ton Instagram,
Juliette Arnaud-Pénélope.
