Lecture du journal d’un prisonnier - La chronique de Guillaume Meurice

Lecture du journal d’un prisonnier - La chronique de Guillaume Meurice

La chronique de Guillaume Meurice • 14/12/2025 • 04:50

Attention, chronique éprouvante dans l’intimité de la tragédie d’un homme. Et pas n’importe lequel : Nicolas Sarkozy.
La chronique de Guillaume Meurice dans La dernière du dimanche 14 décembre 2025 sur Radio Nova.
La dernière, le dimanche à 18h en direct sur Radio Nova et à tout moment en podcast et en vidéo.

Transcription

Et si vous découvriez la cité du vin à Bordeaux ?
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Et cette année, la cité du vin fête ses 10 ans.
Un anniversaire marqué par une programmation exceptionnelle
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Radio Nova...
La dernière...
Allez, dernière chronique pour vous préparer au réveillon de fin d'année
avec cette question qui ne manquera pas d'arriver dans le débat
et le livre de Nicolas Sarkozy.
Alors vous l'avez lu ?
Le livre de Sarko, il se venu.
Est-ce que vous condamnez le Hamas ?
C'est un classique.
Alors, en revanche, je sais que votre temps est compté.
Moi, bon, ben, je suis un professionnel.
Qu'est-ce que j'ai fait ?
Je l'ai lu, je l'ai lu.
Je l'ai lu.
Et j'en suis encore bouleversé.
Voilà, je dois vous le dire, je vais vous en lire quelques extraits.
Disclaimer, il faut être prêt.
Si vous êtes trop sensible d'écouter parce qu'il suffit, ça peut heurter.
Malo, musique.
En ce matin, on se liait.
Alors que je traversais Paris vers la prison de la santé,
je devais bien convenir que l'impensable était arrivé.
Qu'est-ce qui avait bien pu me faire tomber du mauvais côté de l'histoire ?
Qu'avais-je fait pour mériter un tel traitement ?
Quel crime avais-je bien pu commettre ?
Je dois reconnaître aujourd'hui la profondeur de ma naïveté.
Et je vous avais prévenu, hein.
Eh ouais, Nicolas, Nicolas le naïf, comme on l'appelle,
qui aurait pu prédire qu'en envoyant tes copains rencontrer un terroriste libyen,
Saint-Pour-et-Malto, on est comme ça.
Ah, Nicolas, Nicolas le tête en l'air.
Nicolas le romantique.
Car là, serrait ma main,
avec un amour et une force qui me bouleverse encore,
alors que j'écris ses lignes.
C'est elle qui...
Pas bon.
C'est elle qui m'a permis de tenir.
Je la sentais au bord du gouffre, malgré toute sa volonté.
Le moment de la séparation était là,
nous ne pouvions plus le retarder.
Ou l'éviter.
Excusez-moi.
C'est très éprouvant.
Très éprouvant pour moi aussi, 21 jours sans Carla.
21 jours.
Pardon, putain.
Je suis une éponge, je suis une éponge.
Toute la détresse du monde, je l'apprends sur moi, je suis désolé.
21 jours de privation, d'humiliation.
Ne souhaitant ni ne sachant cuisiner sur la petite plaque chauffante
de ma cellule,
je me contentais depuis mon arrivée de l'étage
de barres de céréales, d'eau minérale,
de jus de pommes et de quelques douceurs sucrés.
C'était en vérité le minimum.
Wouah, wouah, wouah, wouah, wouah, wouah.
Quelle indignité, il empêche
laisser un président se faire à manger tout seul, putain, mais c'est...
En parlant de président, certains de ses amis n'ont pas flanché.
Emmanuel Macron l'a invité à prendre un petit café à l'Elysée
et ça c'est chouette, il avait tout préparé,
pas besoin de coussin puisqu'ils étaient assis directement
sur la séparation des pouvoirs et la déontologie.
C'est assez confortable, c'est assez confortable quand on s'en s'en revient d'autu.
Mais, mais Nicolas a quand même hésité à y aller.
Certains de mes proches m'incitaient à refuser l'invitation,
argant que son attitude avait été déloyale.
Je décidais, à l'inverse, de l'honorer par respect
pour la fonction présidentielle
et aussi parce que je suis définitivement un incurable sentimentale
que l'on peut aisément faire fléchir par la gentillesse.
Et il est comme ça, il est comme ça !
Quand on pense Sarkozy, on pense gentillesse.
On pense pas à Karcher, brutalité, on pense douceur, chocolat chaud.
Quand on pense à Nicolas, on pense à Justice,
on pense Victor Hugo à Jersey, on pense Nelson Mandela,
on pense Joe Dalton, mais désormais,
on pense aussi à Alexandre Dumas, on pense Montécristaux.
Je pris une des feuilles blanches que j'avais emporté avec moi.
Je m'assis sur la chaise inconfortable face à la petite table de travail.
L'espace d'un instant, je me remémorais le bureau du Général de Gaulle,
qui avait été le mien cinq années durant à l'Elysée.
Quel nouvel bel leçon d'humilité.
Et le miracle se produisit.
La première phrase est venue, suivie de bien d'autres.
Je m'attelais au journal d'un prisonnier.
Voilà ! Bon, je vais pas plus loin
parce que je vous laisse découvrir vraiment l'œuvre
dans toutes les bonnes librairies éditées chez Faillard,
impropriété du groupe Bolloré.
Si vous ne voulez pas financer le fascisme,
vous pouvez toujours garder l'argent et garder la motivation
pour soutenir les familles des victimes de l'attentat du DC10 commandité par Kadhafi.
Vous trouverez toutes les infos sur Internet.
Merci pour eux.
Belle fun d'aller à toutes et à tous,
ces pensées particulières,
à celles et ceux qui sont en prison.
Merci, merci, William.

A poursuivre

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